Voici les liens vers chacun des groupes de strophes comme expliqué ci-après dans l'introduction 

 

English version here  

Nouvelle version corrigée du 11/04/2017

Nouveau: Le Hávamál et l'örlög (les destinées)

Strophes 1-7 sur les relations entre invités

Strophes  8-9-10 sur l’usage de la magie

Strophes  11-14 sur le bon sens et la boisson

Strophes  15-35 sur la sagesse

Strophes  36-40 sur la possession de biens matériels

Strophes  41-46 sur les amis

Strophes  47-52 sur l’humanité

Strophes 53-56 « La sagesse ne rend pas particulièrement heureux »

Strophes  57-62  De quoi l'humain a-t-il vraiment besoin? 

Strophes  63-65 « Sur la puissance de la parole »

Strophes  66-67 « Mauvais invité et mauvais hôte »

Strophes 68-72 « L’admissible, le bien et le meilleur »

Introduction aux strophes 73-89 du Hávamál

De 73 à 110 les strophes semblent être en désordre quand on ne considère pas comme des ‘conseils normaux’ ceux qui traitent de la conduite en amour. J’ai ordonné ainsi ces strophes:

Strophes  73-84 « Un homme averti en vaut deux. 1. Pas d’avantages sans dangers »

Strophes  85-89 « Un homme averti en vaut deux. 2. Les dangers sans avantages »

À partir de 90 et jusqu’à 110, Óðinn raconte ses aventures amoureuses avec la jeune fille de Billingr et avec Gunnlöð.

Strophes 90-95 « Introduction à l’amour »

Strophes 96-102 « Pour l’amour de la fille de Billingr »

    Strophes 103-110  (L’amour de Gunnlödh) Nouvelle version modifiée, novembre 2014

    Strophes 111-137  « La parole de Dragon Minable »

    Strophes 138-145 : « Le langage des runes (Rúnatal) »

    Strophes 146-164 : « Ljódhatal. La liste de chants »

  

Introduction générale

 

Pourquoi me suis-je lancé dans cette nième traduction du Hávamál ?

En fait, ce que je propose ici n'est pas exactement une autre traduction de Hávamál. C'est plutôt un commentaire et une discussion de ses significations possibles. Cette discussion constitue une tentative de reconstruction des multiples significations que le texte pouvait porter pour un païen du dixième siècle. Comme dans n'importe quelle autre reconstruction, l'humilité est de règle ici puisque nous faisons simplement au mieux pour ‘reconstruire’ aussi honnêtement que possible.

 

La recherche académique a vu plusieurs parties dans le  Hávamál, comme cela est présenté ci-dessous. Cependant, cette reconstruction m’a conduit à reconnaître une autre structure sous-jacente, plus liée au poème vu en tant leçon destinée aux apprentis en magie runique. Dans cette perspective, le Hávamál se divise en trois parties.

La première colle assez bien à la structure académique, elle va des strophes 1 à 89 et contient des conseils qui définissent une sorte d’éthique, que j’appelle éthique runique. Vous trouverez une description intuitive de cette éthique à http://www.nordic-life.org/nmh/Ethiquerunique.htm , elle contient des conseils sur la bonne façon de vivre, c’est pourquoi je les qualifie de « éthiques ». On appelle habituellement ‘gnomiques’ ces strophes en utilisant le sens du mot anglais gnomic.

Les strophes 90-137 constituent une sorte de ‘repoussoir’ destinés à déstabiliser le lecteur superficiel. Les strophes 91-110 contiennent une description du comportement assez minable que le dieu Óðinn a montré vis-à-vis de deux femmes, la fille de Billingr et Gunnlöð. La fille de Billingr qu’il désirait s’est arrangée pour ne lui offrir que le corps de sa chienne et il a abandonné Gunnlöð qui lui avait sauvé la vie, avec sans doute un serment « sur l’anneau » rompu en prime. Les strophes 112-137 contiennent encore des conseils de vie adressée à un personnage appelé Loddfáfnir, ce que je traduis par « Dragon Minable »,  en accord avec l’aspect grotesque de certaines de ces strophes. Elles  reprennent certains conseils des strophes éthiques mais elles cachent des conseils de magie runique sous leur aspect au mieux insignifiant. C’est pourquoi je les appelle les strophes ésotériques.

Finalement, en accord avec le classement académique, les strophes 138-165 présentent au grand jour une connaissance certes difficile à comprendre mais mais sans fard. C’est pourquoi je les appelle les strophes exotériques du Hávamál.

Cette reconstruction conduit aussi à voir le Hávamál sous un jour nouveau dont voici les quatre principales composantes.

1. De nombreuses strophes contiennent des allusions à la magie, toujours ignorées par les traducteurs universitaires. Il arrive même que ce parti-pris conduise à des absurdités comme, par exemple, dans la strophe 8.

2. Un autre parti-pris, celui du mépris pour les croyances païennes conduit aussi à des absurdités comme dans la strophe 49.

3. À mon sens, les experts semblent un peu considérer le Hávamál comme construit de pièces disparates. En fait, je montre combien chaque strophe est parfaitement à sa place, et toutes s’inscrivent dans le contexte général de la structure du poème. Cette forme d’indifférence à la cohérence de l’ensemble du Hávamál conduit à des choix qui lui donnent parfois un sens étranger au contexte global. Un exemple frappant en est donné dans la strophe 84. Voyez aussi la façon cavalière dont la strophe 74 est traitée sous prétexte qu’elle contient (évidemment pour moi) un proverbe de marins dont nous ignorons le sens exact.

4. Enfin, et de façon indépendante de l’approche académique, une approche politique droitière a donné au Hávamál une aura de texte défendant des valeurs exclusivement guerrières. Ce n’est pas toujours faux, le Hávamál est un texte ‘dur’ comparé aux valeurs de compassion dont se targue notre société, mais c’est aussi oublier les strophes qui font preuve d’un profond humanisme. Voyez, par exemple, la strophe 57 sur l’importance de la parole dans la communauté des humains et surtout le fait que le suffisant, l’arrogant se coupe de cette communauté. Voyez aussi la strophe 71 sur l’utilité sociale des handicapés et les nombreuses strophes consacrées à recommander une vie honnête sans recherche de la richesse, comme 10, 68, 78 etc.

 

Ce long poème a été divisé en plusieurs parties par les commentateurs. Comme vous le voyez dans la liste des traductions en ligne, ci-dessous, je ne vais pas toujours utiliser leurs choix afin de couper en morceaux cet immense poème qu’est le Hávamál. Pour votre information, voici les choix classiques. Les strophes 1 - 78 sont souvent appelées les strophes gnomiques parce qu’elles contiennent des conseils sur la façon de vivre. La strophe 79 débute ce que nous pouvons appeler la complainte amoureuse d’Ódhinn bien que ce soit souvent encore de nature gnomique. Cela contient l’aventure d’Ódhinn avec Billings mær (la servante de Billing) et avec Gunnlöð. À la strophe 111 commence une nouvelle suite de strophes gnomiques adressée à un personnage appelé Loddfáfnir, d’où son nom: Loddfáfnismál. Alors commence la partie runique du poème, encore coupée en deux parties, le Rúnatal et le Ljóðatal

 

Si vous désirez discuter avec moi du Hávamál, vous pouvez m’envoyer un email que je vous donne comme une petite énigme facile, histoire de dérouter les automates spameurs :

Mon nom est Yves Kodratoff et mon nom de email commence avec les trois premières lettres de YVEs, suivies des trois premières lettres de KODratoff. Mon fournisseur d’accès est GMAIL international et se termine donc par COM. Ceci donne Y--K-- at GMAIL point COM.

 

 Ici, quelques explications sur mon parcours.

 

La meilleure structure que j'aie trouvée pour communiquer la teneur de la poésie est en sept points :

1. D’abord, je propose une traduction en français mais qui essaye de s’éloigner le moins possible du mot-à-mot.

2. Suit un traduction/explication essayant d’exprimer clairement les ambiguïtés implicites dans le texte original.

3. Vient alors une traduction mot à mot depuis le Vieux Norrois. Cette partie est pour les lecteurs intéressés à obtenir une vue de l’intérieur du poème.

4. Suivent une ou plusieurs traductions fournies par des universitaires, en particulier celle de Bellows qui est en accès libre sur internet. Je vous donne une version française de cette traduction. Depuis 2011, nous disposons de deux traductions nouvelles, dues à des spécialistes du Vieux Norrois. Je les utilise quand elles diffèrent de celle de Bellows : celle d’Ursula Dronke et celle d’Andy Orchard. Je me suis évidemment servi aussi de celle de Régis Boyer qui est un cas très spécial. D’une part, Boyer est un excellent spécialiste de la langue et de la civilisation norroises, mais il ne dissimule pas son parti pris en faveur d’une reconstruction imprégnée par la pensée chrétienne. Un exemple ancien en est sa thèse de doctorat « Vie religieuse en Islande (1116-1264) » où il tente de démontrer que plusieurs strophes du Hávamál sont inspirées par des textes bibliques. Un exemple récent est sa contribution au magazine Religions et Histoire, n°32, mai-juin 2010 où il tente de montrer que ce qu’on appelle le ‘miracle islandais’ a été initié par l’introduction de la religion chrétienne en Islande. Ses traductions sont imprégnées de cette croyance et sont souvent moins neutres que celles que j’ai citées plus haut. Son approche est donc celle d’une reconstruction chrétienne, opposée à la mienne, et il a été très intéressant pour moi de comparer le résultat de ces deux approches.

5. J'analyse alors le sens de quelques mots qui sont particulièrement significatifs pour une compréhension complète de la strophe. J'ai ici utilisé le travail d'Evans qui fournit une vue très bonne des choix universitaires pour la signification des mots, le Glossar zu den Liedern der Edda, de Hugo Gering, ainsi que les trois dictionnaires de base de la langue norroise, à savoir le dictionnaire Islandais-Anglais de Cleasby-Vigfusson, le Altnordisches etymologisches Wörterbuch de de Vries et le Lexicon Poëticum antiquæ Linguæ septentrionalis de Sveinbjörn Egilson. En fait, il existe deux éditions importantes de cet ouvrage, celle de 1860 qui date un peu mais a ‘l’avantage’ (pour moi) d’être rédigée en Latin. L’autre édition, de 1931, a l’énorme avantage d’avoir été corrigée par Finnur Jónsson, mais elle est rédigée en Danois.

6. Suit une discussion des divers sens que la strophe peut prendre, selon les choix d’interprétation des mots, discutés en 5.

7. En conclusion, je fournis un résumé du commentaire d'Evans sur certaines des strophes. Leur version complète, en anglais se trouve en ligne à :  http://www.vsnrweb-publications.org.uk/Text%20Series/Havamal.pdf .