Hávamál 36-40

 

(Sur la possession de biens matériels)

 

*** Hávamál 36. ***

« Auprès de chez-moi »

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

Le mieux est d'avoir un endroit où habiter

bien qu'il soit petit,

chacun est chez lui;

bien qu'il n'ait que deux chèvres

et que sa demeure (ne) soit couverte (que) par des cordages,

cela vaut mieux, cependant, que (d'être obligé) de demander.

 

Explication en prose (inutile)

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

 

er betra,                      Une habitation est mieux

þótt lítit ,                        bien que petite soit

halr er heima hverr;         homme est chez lui chacun;

þótt tvær geitr eigi            bien que deux chèvres il ait

ok taugreftan sal,              et cordage-couverte demeure,

þat er þó betra en bæn.    cela est néanmoins mieux qu’une prière [mendier].

 

Traduction de Bellows

 

Mieux vaut avoir une maison, | même si ce n'est qu'une hutte,

(Boyer: Un chez-soi est meilleur / Même s'il est petit)

(Dronke : A homestead is better / even though it may be bare)

Un homme est maître chez soi

Deux chèvres | et un toit rapiécé (Boyer: toit de chaume, Orchard: rough-roofed)

Valent bien mieux que mendicité.

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Le mot bæn signifie une prière (au sens chrétien), mais aussi une demande, une requête. Dans un contexte chrétien où les prières peuvent prendre la forme d'une supplication à Dieu pour qu'il vous aide, le sens propre de ‘prière (à Dieu)’ serait tout à fait cohérent. Dans un contexte germanique où on ne prie pas les dieux de cette façon, le sens de mendicité auprès d'autres humains est le plus vraisemblable et c’est bien le mot qu’utilisent les quatre traducteurs qui me servent de référence.

 

Commentaire sur le sens de la strophe

 

Du moment qu’aucune émendation satisfaisante n'a pu être proposée (voir Evans), il vaut mieux garder le texte tel que, même s’il semble ne pas obéir aux règles de la poésie scaldique:

« Si humble soit-il, mon chez moi, c’est chez moi. »

 Vous allez me dire que, là au moins, il n'y a aucune allusion, à la pratique du seidhr. En apparence oui, mais pourquoi les sorciers/ères islandais/es étudiés/ées par Dillmann sont en général des personnes bien intégrées dans leur société? Pourquoi les chamans/es sibériens/iennes participent-ils/elles toujours aux activités profanes du clan, en plus de leurs rôle spirituel? Tout simplement parce que la magie n'est pas un ‘travail’ mais une façon de vivre qui s'ajoute au travail normal que chacun doit fournir dans la société pour avoir droit à un ‘chez soi’. Ainsi, la strophe 36 dit que les magiciens, eux aussi, doivent au moins posséder leur propre maison pour pouvoir pratiquer leur art librement. Sinon, eux aussi, ne vaudront guère mieux qu’un mendiant. Le sens de cette strophe, mis sous forme de syllogisme par plaisanterie est:

Pratiquer la magie n’est pas un travail, seul le travail mérite salaire, ergo le magicien qui se fait payer est un mendiant.

Les remerciements de ceux qu’ils aident ne devraient pas être des salaires, mais des cadeaux faits librement. Dans la société actuelle, cet adage n’est plus applicable, surtout pour ceux qui pratiquent quelque forme de guérison magique.

 

Commentaires de Evans

 

2 n’a pas d’allitération. .. [On peut croire que] la supposition que 1-2 soient un vieux proverbe incorporé sans changement dans la poésie et… suggère que lítit présente un sens si parfait (ce qui est assez vrai) que le poète a décidé pour une fois de se passer d'allitération. Mais le manque de parallèles rend ceci invraisemblable. Aucune correction complètement convaincante, cependant, n'a été encore avancée. Parmi les substitutions suggérées pour lítit, il y a : búkot …, borlítit …, bjarglítit (…trouvé seulement en islandais moderne), búðþόt séi bragðlítit, , þόtt lítit, betra er, … en biðja , (ce qui réécrit plutôt que de modifier) … [Hors ‘règles’ formelles de la poésie scaldique, je trouve que les trois voyelles longues successives donnent tour allitératif à ce vers … mais ceci est un jugement purement personnel.]

   5 taugreptan (seulement ici) se rapporte évidemment à une maison dont raptar, les combles, sont de taug, cordes … au lieu de bois. Pour une caractérisation du type le plus humble de maison, comparez avec Rígsþula, là où þræll et þír élèvent des porcs et des chèvres (12) tandis que le fermier Karl est dépeint comme élevant des bœufs et construisant des bâtiments de bois (22).

 

 

*** Hávamál 37. ***

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

(trois premiers vers identiques à ceux de 36):

Le mieux est d'avoir un endroit où habiter

bien qu'il soit petit,

chacun est chez lui;

(trois derniers vers):

son cœur saigne,

celui qui doit mendier

quand il doit nourrir quelqu'un.

 

Explication en prose

 

Seul le dernier vers demande une forme d'explication. Le ‘quelqu'un’ à nourrir peut évidemment représenter le sujet lui-même seul, mais ce vers suggère plutôt qu'il s'agit de lui et de ses proches. Finalement, il n'y a rien à changer dans le mot à mot.

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

er betra,                      Une habitation est mieux

þótt lítit ,                        bien que petite soit

halr er heima hverr;         homme est chez lui chacun;

blóðugt er hjarta              saignant est le cœur

þeim er biðja skal             de celui qui mendier doit

sér í mál hvert matar.       pour soi en temps [aux temps où] quelqu’un il nourrit.

 

Traduction de Bellows

 

37. Mieux vaut avoir une maison, | même si ce n'est qu'une hutte,

Un homme est maître chez soi.

Son cœur saigne | à qui doit mendier

Quand nourriture à peine il a.

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Le ‘quelqu'un’ à nourrir dont j'ai parlé plus haut est rendu dans le texte par hvert, un neutre (nominatif ou accusatif – ici un accusatif) qui désigne clairement un sorte de ‘qui que ce soit’, lui-même et ses proches.

 

Commentaire sur le sens de la strophe

 

Les strophes 36 et 37 commençant par les mêmes vers représentent évidemment deux variations de la même idée. Leur point commun est que posséder un toit permet d'éviter de tomber dans la mendicité, leur différence est dans ce que 36 évoque l'humiliation personnelle que doit subir le mendiant et 37 fait allusion à la douleur de celui qui est incapable de nourrir sa famille. Autrement dit, celui qui tombe dans la mendicité doit abandonner sa fierté personnelle (36) et il fait le malheur de ses proches (37).

Ce genre de réflexion est tout à fait valide dans un monde 'sans limite' où on peut toujours s'en aller ailleurs pour y chercher du travail. Dans notre monde limité, elle demanderait à être reformulée.

 

 

*** Hávamál 38. ***

« Au loin de mon non ami »

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

De ses armes

l'humain de doit pas, sur le terrain,

(s'en) aller de plus d’un pied,

parce qu'il est non certain de connaître

combien, sur les chemins au-dehors,

l’homme aura besoin de (sa) la lance.

 

Explication en prose

 

Dans cette strophe, un segment de phrase est coupé en trois pièces, ce qui n'est pas du tout étonnant en poésie scaldique mais ce qui rend le mot à mot un peu difficile à comprendre :

 

L'humain ne doit pas, sur le terrain, s'éloigner d'un feti (d'un pied) de ses vápnum (armes) et rester nær (près de) sa geirs (de la lance). C'est-à-dire : (1ère moitié) De ses armes, l’humain ne doit pas, sur le terrain, s’éloigner d’un pied, (2ème moitié) parce qu’il n’est pas certain de connaître combien proche, sur les grands chemins, est le besoin de l’homme pour une lance.

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

38.

Vápnum sínum                  Des armes siennes

skal-a maðr velli á             doit-non l’humain le terrain sur [sur le terrain]

feti ganga framar,              un pied aller plus loin,

því at óvíst er at vita          parce que ‘à’ non-certain [ou non-sage] est ‘à’ connaître

nær verðr á vegum úti       près de devient sur les voies au-dehors [sur les ‘grands chemins’]

geirs um þörf guma.          de la lance au sujet du besoin de l’homme.

 

Traduction de Bellows

 

38. Au loin de ses armes | en terrain découvert

Un homme ne devrait pas s'éloigner d'un pied,

Car il ne sait jamais | quand le besoin d'une lance

Se fera sentir sur la route lointaine.

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Dans le deuxième vers, le 'á ' de velli á s'applique sans ambiguïté à velli qui est le datif de völlr = terrain, champ au sens général. Le champ de bataille se dit vígvöllr. et l’endroit encore connu sous le nom de Thingvellir, en effet placé au bord d’une vallée tectonique, ne signifie que « les terrains du Thing ».

 

Commentaire sur le sens de la strophe

 

Son sens est clair : Nous vivons dans un monde dangereux.

 

Commentaires de Evans

 

38

          2 velli á probablement ne signifie rien de plus que ‘au dehors’ (surement pas ‘sur le champ de bataille’ comme suggère Holtsmark 4, 147).

 

 

*** Hávamál 39. ***

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

Je n’ai pas trouvé de magnanime humain

autant qu’il nourrisse la bonté

(peut aussi signifier : autant qu’il désire afficher sa bonté)

qu’à recevoir il se taise

ou de richesse sienne

si peu généreux (ou avare)

à la voie de récompenses, s’il en reçoit.

 

Explications en prose

 

[La notation « x [OU : y, z] » signifie que selon le manuscrit (comme donné par Gering, 1904) on peut lire x mais aussi y ou z. L’habituel [ou ceci] en italiques donne, (comme d’habitude) un autre sens possible fourni par les dictionnaires. Le [OU] ne signale donc pas une possible variation de sens, mais une variation dans les seuls traces qui nous restent du poème, et il nous faut faire avec.]

Vers 1-3 : Je n’ai pas trouvé de d’humain si doux (ou si magnanime) qui nourrisse la bonté (ou qui cultive tant sa bonté) qu’il exprime son acceptation [OU : qu’il exprime son refus d’accepter] [OU : qu’il soit silencieux quand il accepte] quand il reçoit quelque chose,

Vers 4-6 : ni que de sa richesse il soit peu généreux [OU :peu parcimonieux] en matière de récompenses (ou au prélèvement des récompenses), s’il en reçoit.

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

 

39.

 

Fannk-a ek mildan mann

 

eða svá matar góðan,

at væri-t [OU : væria, OU : væri] þiggja þegit,

eða síns féar

 

svági gjöflan [OU : glöggvan, OU : örvan],

 

at leið laun, ef þægi.

J’ai trouvé-non je le doux [ou magnanime] humain

ou ainsi il nourrit (ou en voulant se montrer) bon

à fût [OU : fût-non] recevoir [ou accepter] il se tait

ou de sienne richesse

 

pas tellement généreux [OU : parcimonieux, ouvert à]

à la voie [ou au prélèvement] soit récompenses, s’il reçoit.

 

Traduction de Bellows (qui inverse 39 et 40)

 

40. Nul si libre de ses dons | ni de sa nourriture n'ai-je trouvé

Qu'il ne reçoive pas un don avec joie,

Et non plus un qui si largement | ait dispersé sa fortune

Qu'il haïsse une récompense.

 

(Boyer: Point n'ai trouvé homme si généreux / Ou sur la nourriture si libéral / Qu'il ait refusé ce qu'on lui donnait, / Ou de son bien / Si peu pingre / Qu'il ait trouvé haïssable le dédommagement)

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Nous rencontrons deux versions parfaitement contradictoires pour deux mots de cette strophe. Væri-t est la négation de væri. Gjöflan signifie généreux alors que glöggvan signifie parcimonieux.

Les traducteurs n’insistent pas sur la subtilité du sens de l’adjectif góðr, ici à l’accusatif masculin, góðan. Bien entendu, il signifie ‘bon, riche’ mais il peut être aussi légèrement ironique. Par exemple, góðr matar a le sens de « il est un bon hôte qui nourrit bien ses invités » mais sous-entend aussi que l’hôte tient à être considéré comme bon (il aime à s’afficher comme un bon hôte).

 

Commentaire sur le sens de la strophe

 

Il est remarquable que, du fait des sens multiples de mots utilisés, et malgré les diverses versions existantes, le sens global de la strophe reste assez clair : il existe toujours une façon de comprendre qui colle avec l’idée qu’illustre cette strophe : les riches, d’une façon ou d’une autre, sont toujours près de leur sous.

L’interprétation la plus sévère que je vous propose critique de bout en bout l’homme généreux : il frime à jouer l’hôte bienveillant. Certes, il remercie quand il reçoit quelque chose, mais il est parcimonieux en matière de récompenses ou bien il est ‘généreux’ (avec lui-même) pour se faire rembourser.

 

Commentaires de Evans

39

          1-2 … (On) note des expressions similaires sur les épitaphes runiques suédoises: … quatre fils ont dressé une Pierre en la mémoire de leur père Dómara, mildan orða ok matar góðan, et … mildan við sinna ok matar góðan. Ces deux inscriptions sont en vers.

          3 La plupart des universitaires prennent ce vers comme présentant l’idée que ‘il n’acceptera pas un don qui lui serait offert’ ... Mais ce n’est guère la conséquence de 1-2 (car ils ne dénigrent pas la générosité d’un homme qui est aussi capable d’accepter un don) et … il est difficile de voir comment un tel sens peut se déduire du texte. 1-3 devraient plutôt signifier: ‘Je n’ai jamais rencontré un homme si généreux ou tellement prêt à distribuer de la nourriture que þiggja ne soit pas þegit, qu’accepter ne soit pas (reconnu comme) accepté, c. à d. que l’acceptation (de son hospitalité) ne soit pas (à ses yeux) un don (et donc exigeant paiement).

            5 … le sens général de 4-5 doit être quelque chose comme ‘ou si généreux de son argent’. La plupart des éditeurs insèrent gjöflan, d’autres örvan, mais ils laissent ou non le –gi [Suffixe négatif]

 

 

*** Hávamál 40. ***

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

De sa richesse

qu’il construit pour l’obtenir

l’humain ne devrait pas supporter le besoin.

Souvent on économise pour une personne déplaisante

ce qui était destiné à celui qu’on aime.

Les choses qui arrivent sont pires que ce dont on était conscient.

 

Explication en prose

 

Trois premiers vers (interprétation classique) :

N’hésitez pas à utiliser l’argent que vous avez gagné.

Trois premiers vers (interprétation personnelle) :

L’humain ne devrait pas (accepter de) d’entretenir le besoin (qu’il a) de sa richesse (= d’acquérir des richesses) par son travail. Autrement dit : il ne faut pas ressentir le besoin d’acquérir des richesses.

Trois derniers vers :

Car il arrive bien souvent que ce que l’on a construit ne revient pas à celui qu’on aime mais à celui qui nous déplait. Le pire arrive au lieu de ce quoi on s’attendait.

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

40.

Féar síns                            De sa richesse

er fengit hefr                      que ‘pour obtenir’ [forme gram. = supin] il élève

skyli-t maðr þörf þola;       ne devrait pas l’humain le besoin endurer;

oft sparir leiðum                souvent il/elle économise pour le déplaisant

þats hefr ljúfum hugat;      ce qu’il/elle élève pour le chéri (était) pensé.

margt gengr verr en varir. beaucoup va pire que l’on (en est) conscient.

 

Traduction de Bellows

 

39. Si un homme de la richesse | pour lui a acquise,

Qu'il ne se trouve jamais dans le besoin;

Souvent il épargne pour son ennemi | ce qu'il destinait à un ami,

Car maintes choses vont moins bien que nous le désirions.

 

Boyer, Dronke et Orchard (3 premiers vers) :

« De son argent / Et de ce qu'on a reçu, / On ne devrait pas se refuser de jouir »

« De ses biens propres / qu’il a gagnés, / un homme ne devrait jamais souffrir le manque »

« Les biens qu’un homme a acquis / il ne devrait pas se priver de les dépenser »

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Féars sins est un génitif (un complément de nom) évident. Le nom qu’il complémente peut être soit maðr (= un humain), soit þörf (= ‘besoin, nécessité). Un ‘homme de sa richesse’ ne fait guère sens car cela ne peut pas être dans le sens ‘un homme avec sa richesse’ (ce serait alors un datif), alors qu’un ‘besoin de sa richesse’ est évidemment un génitif.

Dans la ligne 3, fengit ne peut être un neutre puisqu’il n’y a pas d’autre mot neutre auquel il peut être associé, donc la forme du supin est certaine (le supin de ‘faire est ‘pour faire’).

Le verbe þola a deux sens principaux selon C.-V : l’un est ‘souffrir, supporter’, l’autre est ‘se sentir tranquille’. De Vries lui attribue seulement le sens de ‘souffrir’.

 

Commentaire sur le sens de la strophe

 

Vous voyez que ma compréhension de la première moitié de cette strophe se sépare complètement des autres traductions qui reviennent essentiellement, comme Evans le dit, à affirmer : « N’hésitez pas à utiliser votre argent ».

Ma traduction, elle, dit : « Résistez au besoin de gagner de l’argent » si bien que les trois derniers vers n’ont plus le sens un peu grossier de « (N’hésitez pas à utiliser votre argent) car d’autres que vos héritiers de cœur peuvent en profiter » mais de : « (Résistez au besoin de gagner de l’argent) car c’est une activité futile. » C’est encore une façon de condamner l’avidité temporelle, comme les strophes 20 et 21 le faisaient en évoquant la gloutonnerie.

 

Commentaires de Evans

40

Von See… croit que le sens de 1-3 est ‘Sois généreux (envers les autres)’. Mais ‘on ne devrait pas supporter d’avoir besoin de son argent, celui qu’on a acquis’ serait une façon très tortueuse, même impossible, d’exprimer cette notion simple, et il est inexact, comme il le prétend, que 4-5 impose cette interprétation. Le sens est plutôt ‘N’hésitez pas à utiliser votre argent; car, après tout, si vous l’économisez, il peut tomber entre les mains de quelqu’un que vous n’auriez pas choisi’.

 

Commentaire sur 36-40

 

Ces quatre dernières strophes ne semblent pas contenir d’information relative à la magie. Si j’ose poursuivre mon idée que l’enseignement de la magie imprègne le Hávamál, j’en suis réduit à admettre que l’avidité pour les choses matérielles n’est vraiment « rien que ruine de l’âme » du magicien … bien que l’excès d’indigence apporte honte et tristesse. Comme je le rappelle dans la s. 36, Dillmann a remarqué que les sorciers islandais sont plutôt bien intégrés à la société. Aucun d’entre eux ne semble être indigent, et aucun n’est vraiment intéressé par autre chose que la connaissance de la magie.