Hávamál 66-67

 

« Mauvais invité et mauvais hôte »

 

 

*** Hávamál 66. ***

(Ódhinn explique en quoi il a pu être un mauvais invité – voyez l’explication definitive dans le commentaire de 67)

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

Beaucoup trop tôt

j’allais en de nombreux endroits,

mais trop tard à certains autres ;

La bière était bue,

(à d’autres endroits) elle n’était pas encore prête,

une personne odieuse et détestée rejoint rarement un groupe.

 

Explication en prose

 

Ódhinn avoue qu’il est arrivé trop tôt à certains endroits et trop tard à d’autres. Dans ces derniers, toute la bière était déjà bue et, dans les premiers, elle n’était pas encore prête. Sa conclusion est qu’il est ‘rare’ (= jamais) qu’une personne détestée, odieuse et désagréable atteigne/‘percute avec’/‘tombe dans’ ( = soit admise par) un groupe, un membre du groupe ou une partie charnière d’un groupe.

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

66.

Mikilsti snemma                 Beaucoup trop tôt

kom ek í marga staði         allais-je à de nombreux endroits

en til síð í suma;                mais trop tard dans certains.

öl var drukkit,                    la bière était bue

sumt var ólagat,                 certaine était non-prête,

sjaldan hittir leiðr í lið.      rarement atteint l’odieux dans un groupe.

 

Traduction de Bellows et Boyer

 

Bellows :

Trop tôt, à de nombreuses | réunions, j’arrivai,

Et quelques-unes, je les cherchai trop tard ;

La bière était toute bue, | ou pas encore brassée;

Celui qu’on déteste trouve peu.

Boyer :

Trop tôt / J'arrivai en maint lieu, / Mais trop tard en quelques-uns; / La bière était bue, / Ou bien elle n'était pas brassée, / Le fâcheux trouve rarement la jointure.

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Je trouve très beau le dernier vers par la richesse des allusions qu’il comporte. Il n’y a aucune difficulté à comprendre son sens général, mais il atteint ce sens par plusieurs voies.

Le verbe hitta (ici, soit à la 3ème personne du présent, soit sous forme nominalisée au nominatif, hittir) signifie ‘atteindre’, ‘rencontrer’, ‘frapper’, ‘frapper au sens de être frappé par’ et donc, métaphoriquement, ‘se rendre compte de, comprendre’. Ici le sens de ‘atteindre’ paraît le plus raisonnable. En somme, alors qu’en Français ‘frapper’ exprime essentiellement la brutalité sauf exception, comme dans « être frappé par une idée » ou «une façon de parler frappante », le verbe hitta exprime essentiellement le sens qui est exceptionnel en Français, et rarement le sens usuel en Français. Il contient l’idée de rapidité dissociée de l’idée de brutalité de la part de celui qui ‘hitta’, le hittir. Le Lexicon Poëticum montre ceci en traduisant hitta par « offendere, incidere in, invenire (= ‘se heurter contre’, ‘tomber sur/dans’, ‘trouver, rencontrer’) et le substantif hittir par « qui invenit (celui qui trouve, rencontre) ». [Notez que ‘choquer, offenser’, est un sens secondaire du verbe latin offendere.]

D’après C-V, l’adjectif leiðr signifie ‘détesté, odieux, désagréable’, il est visiblement utilisé ici comme un nom. De Vries donne ‘verhasst, leid’ (haï, qui apporte souffrance) et Lex. Poet. donne deux sens différents: ‘invisus’ (odieux) et ‘terribilis’ (terrifiant, terrible). Du fait qu’un nom classique d’Ódhinn soit Yggr (Terrible) et en se rappelant que la ligne 2 dit : « kom ek » (vins-je) », ce dernier sens ne devrait pas être négligé. Notez que nous avons déjà rencontré cette adjectif à la s. 35 dont le contexte supportait fort bien le sens ‘détesté’.

Pour dernier mot de la strophe, certains éditeurs ont vu líð (= cidre ; par exemple Mogk 1888), au lieu de lið. Je préfère ce dernier qui est choisi, par exemple, par Rask 1818, Bugge 1867, Finnur Jónsson 1932, Evans 1986. Ce mot est ici ambigu car il peut être l’accusatif singulier soit de lið (= groupe de personnes ou une aide), soit de liðr (= une articulation, un membre du corps, un membre d’un groupe). Bellows le traduit par ‘peu’. Dronke et Orchard profitent du sens positif de ‘frapper’ (to hit) en Anglais pour traduire par « (frapper au) ‘bon endroit’ et ‘bon moment’ ». Boyer le traduit par ‘jointure’ et lit donc liðr, ce qui l’amène quand même à une traduction rejoignant le sens général de la strophe.

Ainsi, dans un seul vers, vous rencontrez plusieurs frappés, plusieurs détestations et positions dans la société, plusieurs parties du corps. Je trouve particulièrement beau que tous ces sens possibles résonnent ensemble harmonieusement pour finir par exprimer toutes les nuances d’une seule et même idée.

 

Commentaire sur le sens

 

Nous avons ici un écho de la strophe 35 qui nous a dit qu’on se fait détester en exagérant la durée de son séjour. Dans 66, nous ne comprenons pas pourquoi n’être jamais à l’heure provoquerait une telle poussée de haine. Ce comportement ne provoque d’habitude rien d’autre qu’une contrariété ou une moquerie un peu méprisante.

Celui qui arrive toujours trop tôt ou trop tard sera ennuyeux pour les gens qui l’invitent parce que son comportement n’est pas en phase avec celui de son hôte. Maintenant, le dernier vers généralise ce cas particulier à celui d’une personne détestée qui sera donc toujours détestable pour ses hôtes. Ainsi, la détestation  n’est la conséquence du comportement de l’invité, mais elle est la cause du manque d’accord entre invité et hôte.

Il n’y a aucune raison pour qu’Ódhinn se décrive comme quelqu’un de détesté, par contre il sait bien qu’il est redouté et effrayant (yggr) ce qui est le second sens de leiðr. Maintenant, parmi toutes les frayeurs que provoque Ódhinn, pourquoi insiste-t-il sur son manque de ponctualité ? Je suppose que qu’il souligne ici un défaut qui appartient plus à la nature humaine qu’à lui.

Les humains sont d’étranges créatures. Quand ils désirent quelque chose, il faut toujours qu’ils trouvent que leur désir n’est jamais réalisé au bon moment. En voici deux exemples. Les humains trouvent que la vie est trop courte mais ceux qui survivent très âgés se plaignent d’avoir vécu trop longtemps. Si nous obtenons trop tôt la richesse matérielle, cela pourrit notre vie. Si nous l’obtenons trop tard, nous ne pouvons plus en profiter pleinement. En d’autres mots, cette strophe nous dit que, du point de vue d’Ódhinn, les humains sont des hôtes bien pénibles.

La strophe suivante va préciser cette affirmation.

 

Commentaire d’Evans

66

[Evans fait remarquer que les premiers éditeurs [non, pas Rask!] lisent líð ‘ale’ mais que ceci néglige les occurrences de la même expression dans diverses sagas où il est manifeste qu’on ne peut pas lire líð n. ‘ale'; On trouve aussi, dans Heiðreks saga : liðar verðr sá at leita, er lítit sax hefir [de (son) membre [ou ‘de sa boisson’ ?] il aura besoin d’aide, celui qui n’a guère de sabre]. Il suggère que l’on doit plutôt utiliser un sens métaphorique liðr ‘articulation du corps’ et supposer que cet usage vient de la nécessité de trouver les articulations pour démembrer une carcasse d’animal.

Enfin, le dernier vers est un proverbe actuel en Islande et le mot se prononce lið, et non líð.]

 

*** Hávamál 67. ***

(Ódhinn explique en quoi on l’a mal invité)

 

 

Avertissement : cette strophe est difficile à comprendre et je serai obligé d’expliquer le sens de nombreux mots. Les traductions classiques y voient une histoire parlant de manger des jambons alors que j’y vois une exigence d’Ódhinn sur la façon de lui offrir des victimes sacrificielles … il faut bien que je m’explique en détail !

 

Traduction la plus proche possible du mot à mot

 

Ici et là,

mon apparence est annoncée dans un logis,

s’il n’est pas besoin de viande à mes non-repas,

ou bien, pendaient deux jambons (ou deux offrandes sacrificielles)

(offertes) par mon ami fidèle,

là où j’en avais déjà consommée une.

 

Explication en prose

 

Les traductions modernes de Dronke et Orchard, toutes les deux, disent que Ódhinn a été « invité à la maison », qu’il « n’avait pas besoin d’un repas » et que « deux jambons pendaient dans la maison d’un vrai ami, alors que j’en avais déjà mangé un (de jambon). » Ils évitent tous les deux une allusion à une ‘multiplication des jambons’ dont parle Evans. Leur traduction ne fait sens que si Ódhinn a déjà mangé un jambon avant de se rendre chez son vrai ami, chez qui deux jambons sont pendus, ce qui est infirmé par le « là où » du dernier vers.

Le sens prosaïque de cette strophe est donc que soit l’invité reste sur sa faim, soit on lui offre deux jambons bien qu’il en ait déjà mangé un.

Comment on obtient le sens mystique de cette strophe, n’est pas évident et nous allons en expliquer le pourquoi plus loin. Ódhinn peut être présent dans une maison même si on ne lui fait aucun sacrifice, ce qui clairement ‘n’est pas assez’. Inversement, si l’hôte est un dévot d’Ódhinn (il est son ‘ami sincère’) alors il accumule les sacrifices, il en offre deux alors qu’Ódhinn en a déjà accepté un (et Ódhinn trouve que c’est trop).

 

Texte et traduction mot à mot en pseudo-français :

 

67.

Hér ok hvar                                   Ici et là

myndi mér heim of boðit,               apparence mienne au logis à proclamer

ef þyrftak at málungi mat,              si besoin-non aux non-temps-de repas viande,

eða tvau lær hengi                         ou bien, deux cuisses avaient pendu

at ins tryggva vinar,                       à lui le fidèle ami,

þars ek hafða eitt etit.                    là où j’(en) avais une mangée.

 

Traduction de Bellows et Boyer

 

67. En leur demeure, on demanderait | moi ici et là.

Si au repas je n’avais pas besoin de viande,

Ou bien que deux jambons pendissent | en la demeure mon fidèle ami,

Où seulement un j’avais mangé.

 

Boyer 67. Ici et là, / On m'aurait invité / Si je n'avais pas eu besoin de manger / Ou si, chez l'ami fidèle, / Deux jambons avaient pendu / A la place de celui que j'avais mangé.

 

Commentaire sur le vocabulaire

 

Heim est ici un adverbe signifiant ‘à la maison’. Dans cette phrase, cela ne peut pas être l’accusatif de heimr (= demeure d’un peuple, village, notre monde) qui a un sens plus cérémonieux.

La conjonction ef signifie ‘si’ avec le sens conditionnel habituel en Français.

Þyrftak (=þyrft-ak = besoin-non) où *ak est un suffixe négatif.

Matr signifie ‘viande’, il est normalement ici à l’accusatif mais ce mot est irrégulier et peut aussi faire son datif singulier en ‘mat’.

Málungi est visiblement formé à partir de mál et du suffixe *gi qui apporte un sens négatif au substantif auquel il est accolé. On peut donc le traduire par non-mál où ce nom prend un de ses sens possibles. Il sera donc ‘non-temps-de-repas’ ou ‘non-parole’ ou ‘non-dessin’ ou ‘non-mesure’. Nous avons donc dans ce vers une double négation dont on attend qu’il finisse par signifier une affirmation, ce qui n’est pas le cas.

Mynd signifie une forme, avec le sens figuré d’une image. Le mot est même traduit en allemand par ‘Gestalt’ qui a pris un sens si fort en psychologie. Tous les traducteurs rendent ce mot par ‘moi’ mais le texte dit clairement que ce n’est pas ‘moi’ qui aurait été proclamé présent mais ‘mon image’.

Le verbe boða ne signifie pas ‘inviter’ mais ‘proclamer, annoncer’, au point de prendre le sens ‘enjoindre, demander une présence’, comme c’est rendu par Bellows. Quand une myd (image, apparence) est boðit (proclamée) cela signifie clairement que la personne représentée par cette image n’est pas ici en personne. C’est plus une invocation qu’une présence physique et mynd peut alors signifier une ‘apparition’.

La conjonction eða peut être un simple ‘ou bien’ mais peut aussi exprimer une comparaison entre deux choses différentes. C’est ce sens que je comprends ici, si bien qu’Ódhinn dit que « ou bien il n’a pas besoin de se nourrir », ou bien etc. comme deux hypothèses alternatives.

Le mot neutre lær pour C-V, désigne la cuisse et, par extension, le jambon. Le Lexicon Poëticum ne donne pas exactement le même sens pour ce mot mais précise: « femur mactati animalis (= cuisse d’un animal immolé) » et de Vries ne donne que ‘cuisse’. Le sens de ‘jambon’ est donc une extrapolation admise seulement par C-V. et n’est pas plus admissible que l’extension suggérée par le Lexicon : offrande sacrificielle.

Le verbe eta (ici sous forme d’un participe passé au neutre, etit) signifie manger au propre comme au figuré. Par exemple, dans la strophe 121, sorg etr hjarta signifie ‘le souci ronge (consume, dévore) le cœur’, ou encore l’expression etandi öfund qui désigne une ‘dévorante envie’. Le fait que le texte parle de manger et de cuisse, a conduit les traducteurs à considérer seulement qu’il s’agissait de manger du jambon et non à se « repaître de sacrifices ».

Le verbe hanga (ici le subjonctif hengi) signifie ‘pendre, suspendre’ avec les sens auxiliaires de pendre pour fumer un jambon et pendre un condamné. La première personne du prétérit de hanga est hékk ou hekk. Ainsi, Ódhinn pour décrire sa position dans la strophe 138 « ek hekk (= j’ai pendu) » utilise le même verbe qu’ici. Le mot hangi désigne un corps pendu à la potence et l’expression « sitja undir hanga » (être assis sous le pendu) est utilisée, dans les mythes modernes, pour décrire la position d’Ódhinn pour acquérir la sagesse. Vous savez aussi que Hanga-Týr est un des noms d’Ódhinn et qu’il est considéré comme « le dieu des pendus », si bien qu’on peut sans problème désigner un pendu comme un sacrifice à Ódhinn. Ainsi, le contexte trivial : « avoir mangé un jambon puis en être offert deux » n’est pas plus confirmé que le contexte où Ódhinn avait accepté une victime sacrificielle puis qu’on lui en propose deux.

 

Commentaire sur le sens

 

 

Cette strophe n’a pas été vraiment comprise. Par exemple, Boyer en dit en note de bas de page :« L'ironie est un peu obscure. L’auteur veut-il dire etc. ?» Regardez aussi les commentaires d’Evans qui nous rapporte que certains ont vu là une opération magique d’un miracle de la « multiplication des jambons » sans doute inspirée du mythe chrétien de la « multiplication des pains ».

Cependant, en la comparant à la strophe 66, le sens prosaïque de 67 est assez évident. Dans 66, on décrit un mauvais invité qui arrive toujours trop tôt ou trop tard, et dans 67, on décrit un mauvais hôte qui offre jamais assez ou toujours trop, comme nous l’avons vu dans l’explication en prose ci-dessus.

La compréhension du sens religieux de cette strophe nécessite de faire appel à deux sentiments que nous ne mélangeons plus de nos jours. D’une part, comme le dit si bien Boyer, il y une ironie, et elle est clairement vis-à-vis des sacrifices offerts par l’humain qui cherche à honorer Ódhinn. Il est un dieu intelligent dont il n’est pas étonnant qu’il manie l’ironie, surtout s’il désire dérouter ceux qui ne sont pas « ses amis sincères » (3 premiers vers – il peut apparaître même si on ne lui sacrifie rien) et aussi ceux qui le sont (3 derniers vers – il peut être mécontent qu’on lui sacrifie trop). De plus, l’ironie tient ici en ce qu’il parle des fameux « pendus d’Ódhinn » comme étant des jambons qui eux aussi sont (sus)pendus. D’autre part, comme l’ont pressenti les commentateurs qui parlent de magie, cette strophe décrit comment acquérir la magie d’Ódhinn : il faut être un dévot d’Ódhinn de façon intelligente, c’est-à-dire qu’il faut lui offrir avec mesure des sacrifices, ni trop ni trop peu.

La strophe 67 a donc une structure semblable à celle de 66 où Ódhinn avoue s’être manifesté trop tôt ou trop tard à ses dévots : c’est sans doute aussi qu’ils lui offraient trop ou trop peu de sacrifices. Ódhinn s’amuse aussi à déjà préciser ce qu’il nous dira dans la strophe 145 où il affirme qu’il vaut mieux ne jamais ‘demander’ que trop sacrifier. La strophe 67 prévient déjà : le pire est bien de trop sacrifier, mais ne pas sacrifier du tout n’est pas un comportement admissible de la part d’un croyant.

 

Une traduction non prosaïque cette strophe

 

Voici une version interprétée de ce poème, selon les conventions que je viens de vous expliquer :

V1-2 : Mon image (= des sculptures considérées comme étant réellement le dieu qu’elles représentent et appelées des ‘idoles’ dans la tradition chrétienne des traductions) aurait été ici et là proclamée dans les logis.

V3 : Ou bien on a considéré qu’il n’était pas nécessaire de me ‘nourrir’ de sacrifices,

V4 : ou bien deux pendus sacrificiels

V5 : (m’offre) mon fidèle ami

V6 : au lieu du seul que j’avais déjà accepté.

 

Ceci peut se rendre en vers comme suit.

 

Ici et là,

mon image atteste de ma présence.

Il se peut que je ne reçoive pas de sacrifice,

ou bien il m’offre deux sacrifices,

mon ami fidèle,

après que j’en aie déjà accepté un.

                                                                                                                     

Commentaire d’Evans

 

67

  3 málungi c. à d. málum plus nég. particule -gi . [Cette hypothèse est celle du Lexicon Poëticum – elle ne semble pas faire l’unanimité.]

Le cours de cette strophe, particulièrement of 4-6, n’est pas clair. Finnur Jónsson ne fait aucun commentaire sauf de signaler que 1-3 décrit l’avarice et 4-6 la vraie générosité: un ami fidèle vous invite chez lui à manger le deuxième des jambons alors que vous avez déjà mangé le premier. D’autres pensent que les deux moitiés décrivent l’avarice (ce qui implique de prendre tryggva [fidèle] comme ironique). Sijmons et Gering pensent qu’un avare ne vous invitera à manger un jambon que si cela résulte en un doublement du nombre de jambon réalisé par magie. Wennstrom pense de même mais le doublement n’est pas magique, c’est une simple double compensation de l’invité (cf. le verbe tvígilda [double paiement] utilisé pour désigner de telles compensations dans les textes de loi). Plus plausiblement, Bo Almqvist m’a suggéré qu’il s’agit de dire qu’un ami fidèle ne vous invite chez lui que si une chose impossible devait arriver.