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[Ici commence la deuxième version de l’auraicept qui est contenue par le BB, c’est le « livre de Ferchertne »]

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      Incipit le livre de Ferchertne. La place de ce livre, Emain Macha. Au temps de Conchobar MacNessa. La personne qui l’a composé, Ferchertne, le poète. La raison pour le composer, conduire les faibles et les grossiers à la science.

      Le Gaélique est mesuré selon sept caractères, la lettre et le pied du vers, la déclinaison et l’accent, la syllabe et le genre, et l’inflexion [l’inflexion est décrite en grand détail dans les pages que je n’ai pas encore traduites].

 

******la traduction s’interrompt*****

[Mais voici un résumé de la description de ces sept caractères]

****Début du résumé

Ces sept caractères définissent sept sciences.

1. « Fid, la lettre, » c'est-à-dire les voyelles, les diphtongues et les consonnes « excepté ‘h’ car ce n’est pas du tout une consonne, ut est: h non est litera sed nota aspirationis, h n’est pas une lettre mais la marque d’une aspiration. »

 

2. « Ensuite deach, le mètre poétique [un ‘pied’ en poésie] ». Comme on dit que l’alexandrin contient douze pieds, le deach est la division du vers en pieds qui font que l’on va diviser une syllabe en deux pieds, par exemple.

 

3. « Reim, le parcours, » . Du point de vue grammatical, ce sont les déclinaisons (et les ‘cas’ des mots dans la phrase), du point de vue poétique ce sont les allitérations. L’auraicept illustre ce terme par deux poèmes que vous trouverez plus bas. Le premier a été traduit par Calder mais le second ne l’a pas été.

 

4. « Maintenant quant à forbaid, » c’est l’accent qui, en Irlandais, désigne les longues et les brèves. Cela s’applique aussi aux mots qui sont courts ou longs.

 

5. « Alt venant du mot altus, c. à d., noble, » ce qui est nourri et mûri dans l’esprit. S’applique plutôt à la poésie qu’à la prose. Nous dirions que c’est le ‘souffle’ de la poésie.

 

6. « Maintenant indsce, genre, » en prose, c’est le genre habituel (masc ., fém., neutre). En poésie c’est ce qui permet de reconnaître le mètre de la poésie.

 

7. « Maintenant etargaire, inflexion, » c’est ce qui permet la comparaison et qui est rendu aussi par l’inflexion de la voix. Ranger dans un ordre est aussi etargaire. Il doit désigner une personne en particulier.

****Fin du résumé

 

      Quelle est la mesure par rapport à fid, lettre de l’Ogham?

Pas difficile. De sorte que tu puisses connaître leur nombre et leur unité, leur taille et leur petitesse, leur pouvoir et leur besoin de pouvoir, leur force et leur faiblesse. Tel est leur nombre: cinq Groupes Ogmiques,

c. à d., cinq hommes pour chaque groupe, et de un à cinq pour chacun d’eux, de sorte que leur signe puisse être différencié.

Voilà leurs signes: à droite du tronc, à gauche du tronc,

 

BB. 323 α 27            AURAICEPT         E. 25 α 43

 

croisant le tronc, au travers du tronc, autour du tronc. C’est ainsi qu’on grimpe à un arbre, à savoir, s’appuyer d’abord sur les racines de l’arbre et en premier avec ta main droite, en second avec ta main gauche. Ensuite, avec le tronc, et contre lui, et au travers de lui, autour de lui. Telles sont les différentes voyelles and diphthongues, ut est: aura1.jpg

      Question, pourquoi sont-elles appelées des bois, les voyelles? Pas difficile. Parce qu’elle sont mesurées par eux et cousues avec eux. [Commentaires sur cette phrase : « Parce qu’elle sont mesurées par eux et cousues avec eux »[original:  fobith (parce que) domiter (elles sont jugées) friu (contre) 7 (et) co (que) n-uaigiter (elles sont cousues) condaib (en s’insérant dans le mot)], « ut dicitur, la » [original: luis ailme], « ba » [original: beithi ailme]. Comment sont-elles, en tant que voyelles, mesurées aux consonnes? Pas difficile. En rythme, deux consonnes pour une voyelle et chaque groupe de deux lettres dans la rime: c. à d. que pour la rime, donc, il faut que ce soit la même voyelle qu’on rencontre dans les mots en correspondance, et que les consonnes trouvés dans ces mots soit en même nombre, ut est, bas et las: bras et gras: ceand et leand: dorn et corn: dond et cond. [La rime gaélique est donc plus complexe que la française : par exemple, en « franco-gaélique », ‘ange’ ne rime pas avec ‘mange’ ni avec ‘grange’, par contre ‘mange’ et ‘change’ riment, ainsi que ‘grange’ et ‘frange’ car la voyelle est encadrée par le même nombre de consonnes. Vous comprenez maintenant le sens de condaib : la voyelle s’insère dans le même nombre de consonnes.]

      Qu’est une mesure relativement à fid, lettre de l’Ogham? À savoir, afin que tu puisses connaître leur nombre et leur unité, c. à d., leur nombre en cinq groupes et leur unité en un seul groupe; leur taille et leur petitesse, c. à d., leur taille en cinq traits et leur petitesse en traits isolés. Quelle est la différence entre leur pouvoir et leur force? Leur pouvoir d’abord: quand elles sont prononcées seules, c. à d., a, o, or u: Leur force, cependant, quand leur position première les inclut dans une syllabe, comme bais, lais. Quelle la différence entre leur besoin de pouvoir et leur faiblesse? Pas difficile. Besoin de pouvoir quand les voyelles subissent une nullification, comme par exemple fi[o]nd. C’est sûrement vrai, car les dernières lettres qui se trouvent dans ces doubles sons ne sont pas entendues, bien qu’elles soient prononcées d’un coup: faiblesse, cependant, quand elles sont en combinaisons

 

BB. 323 β 3             AURAICEPT         E.25 β 4

 

équivalentes à des diphtongues, et dans l’Ogham, des diphtongues comme fer et ben. [J’ai traduit ces phrases pour ne pas couper le texte mais il est évident que leur compréhension exige une bonne connaissance de la prononciation de l’Irlandais ancien.]

      Cinq lettres dans chaque groupe: et il y a de un [trait] à cinq [traits] pour chacune d’elles, c. à d., de un trait à cinq traits, ut est, b un seul, n cinq traits: ou encore une autre façon? Pas difficile. Besoin de pouvoir d’abord : quand elles subissent une nullification, ut quoniam quidem [de sorte qu’il en résulte quand même’ ( !)] en langue latine, ou quand trois voyelles se trouvent en une seule syllabe en langue gaélique, comme Briain, génitif de Brian, gliaid, un combat, feoil, la chair, beoir, la bière en langue gaélique. Faiblesse, cependant quand elles sont rendues consonnes, ut seruus, uulgus [= ut servus, vulgus] en langue latine, ut iarum, donc, cian, loin, ceir, cire, uull (ubull), pomme, et aball, pommier, en langue gaélique.

      Complète puissance, aussi en elles, aussi bien les voyelles que les consonnes, à l’exception de h [uath]. De sorte qu’on puisse les distinguer par leurs signes, c. à d., par leur apparence [leur manière d’être], à savoir, il est clair que leur condition doit varier. Voici leur manière d’être: À droite de la ‘tige’, c. à d., b à droite de la crête, c. à d. le groupe b [Le texte utilise les expressions deasdruim et deas in droma. Calder traduit  druim et drom par deux mots différents alors que dromm et druimm sont synonymes. Ils signifient 1. le dos, 2. l’arrière, 3. la crête (de montagne), 4. successivement ; et nous choisirons comme lui le sens de ‘crête’. Bien que le mot utilisé dans la suite ‘druim’ soit systématiquement traduit ‘tige’ (Anglais : stem) par Calder, je traduirai par crête] : À gauche [c’est à dire: ‘au Nord du soleil levant’. Ceci suppose que la crête soit donc orientée vers l’est.] de la crête à savoir, du côté gauche de la crête, ce qui est le groupe h: De part et d’autre [Le mot utilisé en irlandais est lesdruim.  Les ou leas, est soit un substantif sans rapport [[hum … les hanches, les cuisses ou les fesses]], soit une forme de  la préposition la, avec, signifiant ‘avec lui’. Une traduction mot à mot serait « avec la crête »] de la crête, à savoir, de part et d’autre et de toi et contre toi ou à moitié de part et d’autre de la crête, ce qui est le groupe m: Au travers de la crête, c. à d. le groupe a: Autour de la crête, c. à d. sur son côté, alors [c’est] le groupe des diphtongues. C’est ainsi qu’on y grimpe, à savoir, c’est même ainsi qu’il est gradué dans l’Ogham comme est graduée [l’ascension] d’un arbre, à savoir, ta main droite d’abord, c. à d., le groupe b: et, ta main gauche ensuite, c. à d., le groupe h: et après cela c’est [on grimpe] ‘de part et d’autre’ [je rappelle que l’original dit: ‘avec’, je trouve que le texte serait plus compréhensible ainsi] et contre, group m, à savoir, ‘de part et d’autre’ [avec] va de toi vers l’arbre [= tu t’aides de l’arbre], contre va de l’arbre vers toi [= c’est l’arbre qui t’aide]. Au travers, cependant, c’est le groupe a: Dessus, cependant, c’est le groupe des diphtongues. Ainsi sont différenciées les voyelles, les diphtongues, et les consonnes. Pourquoi sont-elles appelées voyelles? Pas difficile. Parce que les consonnes sont mesurées contre elles,

 

BB. 323 β 26            AURAICEPT         E.25 β 20

 

et les mots sont bellement tissés à partir d’elles, ut est l a, b a, à savoir, la, ba. C. à d. le possessif artificiel sans rime, sauf la rime des voyelles. Pas difficile [deuxième réponse]. Du fait qu’une seule voyelle principale est nécessaire pour référer à sept autres, ainsi sont nécessaires les consonnes existantes, [au nombre de] deux consonnes pour chaque, ut dicitur:

 

[Original irlandais]

Marcach atchonnac anne,

Etach uaime co ndath cro,

A dath is gilithear geis,

Uan tuinni dath a da o

 

[Traduction de Calder

A rider I saw yesterday,

Round him a cloak with hue of blood,

White as a swan his colour is,

Foam of wave his two ears hue.

            … c'est-à-dire :

J’ai vu hier un cavalier

Autour de lui un manteau de teinte sang,

Blanche comme celle du cygne est sa couleur,

Teinte de ses deux oreilles, écume de vague.]

 

[Glose de YK: « J’ai vu hier un cavalier », c'est-à-dire une voyelle qui s’avançait dans la phrase. « Autour de lui un manteau de teinte sang », c'est-à-dire que le mot contenant la voyelle est plein de vie et en bonne santé. « Blanche comme celle du cygne est sa couleur » Le cavalier qui conduit le mot en est l’ossature, c. à d. la voyelle, couleur blanche comme les os. « Teinte de ses deux oreilles, écume de vague. » La voyelle est entourée de deux consonnes, comme le dit le texte au-dessus. Les consonnes n’ont pas solidité, elles ne sont qu’une sorte d’écume qui entoure la voyelle qui est la structure fondamentale du mot.]

 

On trouve ici deux choses: l’identité combinée à la différence, comme bas et las, et cette combinaison est en accord avec la poésie trisyllabique, car la voyelle principale qu’ils contiennent est la même, ainsi que la consonne finale. Différente, cependant, est la consonne initiale, à savoir, l [et b]. Comment sont mesurées les consonnes autour des voyelles? Pas difficile. Chacune des deux consonnes est autour de la voyelle. C. à d. la proportion exacte, à savoir, la rime parfaite, ut est, bas, las. C. à d. l’unité dans l’identité, et l’unité sans  identité: et ceci est en accord avec la correspondance poétique, car la  voyelle principale qui est au milieu d’elles est la même, et il y a le même nombre de  consonnes; et c. à d. l’arrangement propre à la poésie trisyllabique

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      Dans l’alphabet une origine est exigée de l’un, son invention [de l’alphabet] est exigée de deux, son placement de trois, sa confirmation avec quatre,  et sa cohérence avec cinq, son amplification par six, sa division de sept, sa règle avec huit, sa  démonstration dans neuf,  son établissement en dix. En deux, Mac Etheoir avec lui; le troisième Mac Aingin; le quatrième Cae; le cinquième Amirgen fils de Naende fils de Nenual;

 

BB. 323 β 47            AURAICEPT         E. 25 β 27

 

le sixième Ferchertne; le septième, son élève,  le huitième Ceandfaelad; le neuvième, son élève; le dixième son établissement en un seul corps, à savoir, le Trefocal. [Donné à la fin de la troisième version]