Bibliographie

 

Ouvrages en Français, Anglais, Allemand, Vieux Norrois et quelques livres rares

 

D’abord, et bien qu’ils n’existent pas en Français, voici les deux dictionnaires de base pour comprendre les textes nordiques. Ils sont exclusivement du Vieux Norrois à Anglais ou Allemand. Bien souvent, il n’est pas nécessaire de parler le Vieux Norrois pour utiliser ces dictionnaires et trouver une information capitale qui changera votre point de vue sur l’interprétation du texte. Malheureusement, ils ne sont pas traduits, pas réédités et chers !

Richard Cleasby (l’initiateur du dictionnaire, mort en 1846) et Gudbrand Vigfusson, An Icelandic-English dictionary, édition de 1957, Clarendon Press (1962). (pdf en ligne)

Spécialisé dans l’Islandais ancien et moderne, avec de nombreuses explications et les formes irrégulières clairement indiquées, en Islandais ancien et moderne.

Jan de Vries, Altnordisches etymologisches Wörterbuch, Brill, 1961. En allemand, donc. Plus difficile à consulter que le Cleasby-Vigfusson, mais fournit des listes impressionnantes de mots équivalents dans les divers langages nordiques et n’hésite pas à souligner les parentés avec des mots méditerranéens. Honnête en plus : quand il ne sait pas, il dit ‘unklar’ et c’est tout. Son parlé allemand de Hollandais, sans majuscules aux noms, est un peu difficile à lire. C’est néanmoins ‘ma bible’. (pdf en ligne)

Pour traduire les textes poétiques, il est indispensable d’utiliser le dictionnaire de Sveinbjörn Egilsson, Lexicon poëticum antiquæ linguæ septentrionalis, en langue latine, ce qui le rend inaccessible à beaucoup. Je l’ai intensément utilisé lors de ma traduction du Hávamál. Cleasby-Vigfusson le cite souvent mais ne peut fournir autant de références déaillées sur l’utilisation des mots. (pdf en ligne)

 

Je signale quand même le Zoega qui est bien inférieur en qualité, mais qui est disponible en ligne ce qui en fait en pratique un dictionnaire Vieux Norrois <---> Anglais. Voir www.northvegr.org/zoega/

 

Les deux autres dictionnaires que j’utilise beaucoup sont

   R. Simek, H. Pálsson, Lexicon der altnordischen Literatur, Kröner, 1987.

   R. Simek, Dictionary of Northern Mythology, Brewer, 1993 (original allemand, 1984).

 

***************** Edda poétique et poésie scaldique

 

Il arrive souvent que ces diverses versions diffèrent largement. Finnur Jónsson donne consciencieusement les diverses versions selon les manuscrits, mais la plupart des éditeurs ne se donnent pas cette peine et présentent directement leur propre lecture du Vieux Norrois. Les traducteurs choisissent alors une de ces éditions, et ne disposent donc pas du même texte de base. Ajoutez à cela les vieilles erreurs qui se transmettent de traducteur en traducteur, et vous comprenez pourquoi les traductions sont si peu fiables. J’insiste là-dessus pour bien montrer leurs torts à ceux qui font des Edda une sorte de bible et pour justifier mon soin à retraduire les poésies que j’ai utilisées.

 

*** En Vieux Norrois

 

Poésies scaldiques :

 

Finnur Jónsson, Den Norsk-Islandske Skaldedigtning, Gyldenalske Boghandel, 1908-1912. Quatre gros volumes qui présentent exhaustivement la poésie scaldique en Vieux Norrois. Les deux volumes ‘A’ présentent les textes manuscrits. Les deux volumes ‘B’ présentent l’interprétation de Finnur Jónsson avec une traduction des poèmes en Danois. Cet ouvrage, tout comme celui de Kock ne comporte aucun index ce qui le rend difficile à utiliser.

Un spécialiste suédois, Kock, a présenté une interprétation parfois différente des deux volumes ‘B’. Une première version en est donnée par 

E. A. Kock et R. Meissner, Skaldisches Lesebuch, Max Niemeyer, 1931.

L’édition définitive est

Ernst A. Kock, Den Norsk-Isländska Skaldediktningen, Lund 1946-1949. Son classement reprend exactement, mais sans le dire, celui de Jónsson et ne corrige que les volumes ‘B’. Cette dernière version a été systématiquement utilisée pour créer la plus complète des collections en ligne de poésies scaldiques : https://www.abdn.ac.uk/skaldic/db.php 

En conséquence, la version en ligne ne présente pas les diverses versions des manuscrits comme le font les deux volumes ‘A’ de Jónsson.

 

Edda poétique :

 

On peut voir sur le web le manuscrit Ny kgl. S. 1867 4º de la bibliothèque royale du Danemark, Edda Sæmundar, qu’il est difficile de trouver autrement qu’en y allant directement : http://www.kb.dk/en/nb/materialer/haandskrifter/HA/e-mss/e_mss.html .

Erasmus C. Rask Edda Sæmundar hinns Fróda, 1818. C’est Afzélius qui a écrit la préface de cet ouvrage et il le présente comme la première édition comparant les divers manuscrits de ce qu’on appelait l’Edda de Sæmund à l’époque. Il existe pourtant une édition, dite l’édition de Copenhague, parue trois étapes entre 1787 et 1828, mais je n’ai pas pu la consulter.

Theodor Möbius, Edda Sæmundar hins Fróda, Leipzig, 1860.

Sophus Bugge, (1867) version en ligne à http://etext.old.no/Bugge/

Finnur Jónsson, Eddalieder, Max Niemeyer, 1888.

Hugo Gering, Die Lieder der Älteren Edda (Sæmundar Edda), Paderborn, 1922 (première édition en 1904). Comporte aussi un Glossar zu den Liedern der Edda (1923) qui fournit une liste exhaustive des mots rencontrés dans les poèmes de l’Edda, avec le poème qui les contient et leur cas grammatical. J’ai systématiquement utilisé ce glossaire lorsque les mots rencontrés n’étaient pas répertoriés dans les dictionnaires de base cités plus haut.

Finnur Jónsson, De Gamle Eddadigte, Copenhague, 1932.

Hans Kuhn, Edda, Die Lieder des Codex Regius, Carl Winter, 1968. Comporte aussi un glossaire moins complet que celui de Gering.

On trouve aussi une version norroise dans les ouvrages de Bergmann et Dronke cité ci-dessous.

 

*** En Français

On ne trouve aucune édition exhaustive des poèmes scaldiques en Français. Des extraits sont donnés dans les ouvrages suivants.

 

F. G. Bergmann, Poëmes islandais (Voluspa, Vafthrudnismal, Lokasenna), par autorisation du Roi à l’Imprimerie Royale, 1838.

F. G. Bergmann, Le Message de Skirnir et les Dits de Grimnir, Veuve Berger- Levrault et fils, 1871.

Après 1871, Bergmann a publié en Allemand et je n’ai pas trouvé ces ouvrages.

Renauld-Krantz, Anthologie de la poésie nordique ancienne, Gallimard, 1964. (Une traduction très honnête d’une sélection de poèmes de l’Edda poétique et de la poésie scaldique)

Régis Boyer, L'Edda poétique, Fayard, 1992.

 

*** En Anglais et Allemand

 

J’ai utilisé plusieurs versions de l'Edda poétique. La version allemande classique est

Felix Genzmer, Die Edda, Diederichs München, 1992. Celle de

Ulf Diederichs, Germanische Götterlehre, Eugen Diederichs Verlag, 1993, contient quelques poèmes de l'Edda poétique, et l'Edda en prose.

Il existe plusieurs versions anglaises, et principalement un travail magistral, encore incomplet (et dont j’ai peur qu’il le reste car elle annonce dans son livre de 1997 que les volumes III et IV sont déjà bien avancés …)

Ursula Dronke, The Poetic Edda, Vol. I, Heroic Poems, Clarendon, 1969 ; Vol. II, Mythological Poems I, 1997, Vol. III Mythological Poems II, 2011.

Lee M. Hollander, The poetic Edda, 1962.

W. H. Auden et Paul B. Taylor, Norse Poems, Faber and Faber London 1981. J’ai aussi consulté, sans vraiment les utiliser, les traductions de

Carolyne Larrington, The Poetic Edda, Oxford University Press, 1996, et de

Peter Hallberg, Old Icelandic Poetry, University of Nebraska Press, 1972.

 

Il n’existe pas de traduction exhaustive de la poésie scaldique à part celle, en Danois, de

Finnur Jónsson, Den Norsk-Islandske Skjaldedigtning, volumes B, cité plus haut.

Des traductions partielles sont disponibles dans :

Lee M. Hollander, The Skalds, (A selection) Univ. of Michigan Press, 1945.

E. O. G. Turville-Petre, Scaldic Poetry, Clarendon Press, 1976.

 

Le point sur la littérature scaldique est fait dans

R. Simek, H. Pálsson, Lexikon der altnordischen Literatur, Kröner, 1987.

Pour comprendre les poèmes scaldiques, il est indispensable d’être capable de comprendre des métaphores quelques fois très complexes (les ‘kennings’ scaldiques) d’autant plus que les mots sont dans un ordre correspondant plutôt au rythme de la poésie qu’au sens : le début d’un kenning peut être dans le premier vers et sa fin dans le dernier vers d’une strophe. Le point sur ce sujet a été fait par

R. Meissner, Die Kenningar der Skalden, Olms, 1984. Notez cependant qu’il utilise le corpus ‘B’ de Finnur Jónsson et qu’il accepte donc implicitement que les interprétations de ce dernier sont valides.

 

 

***************** Edda en prose, Gesta Danorum, et ouvrages d’initiation

 

On appellait Edda en prose (et maintenant on préfère Edda de Snorri) la réunion de trois œuvres de Snorri Sturluson  écrites vers 1220-25: Gylfaginning (‘La tromperie de Gylfi’), Skáldskaparmál (‘Le langage de la poésie’), Háttatal (‘liste de formes poétiques’). Notez que l’analyse moderne pense que Snorri a composé son œuvre dans la sens inverse de clui de l’écition, c. à d. en commençant (vers 1220) par le Háttatal.

Rask a fait une édition de l’Edda en prose en 1818 mais je n’ai pas pu la trouver. Par contre, j’ai utilisé:

Thorleifr Jónsson, Edda Snorra Sturlusonar, Hegel, 1875.

Snorri Sturluson, Edda, collationnée par Finnur Jónsson, Nielsen & Lydiche, 1900

En ligne, l’Edda de Snorri est sur le site de ‘heimskringla’ où on trouve de nombreux textes en Vieux Norrois, http://vsnrweb-publications.org.uk/ .

 

On trouvera une très bonne traduction du Gylfaginning, et des extraits du Skáldskaparmál et du Háttatal dans

Arthur Häny, Snorri Sturluson Prosa-Edda, Manesse Verlag, 1990.

La seule traduction complète que je connaisse est

Snorri Sturluson, Edda, trad. Antony Faulkes dont le seul défaut est de suivre étroitement le Codex Regius.

Les traductions anglaises en ligne ne comportent pas le Háttatal, voir http://www.sacred-texts.com/neu/pre/ , et les traductions de Faulkes.

Snorri Sturluson, Skáldskaparmál, Antony Faulkes ed., 1998, Viking Society for Northern Research, téléchargeable à http://vsnrweb-publications.org.uk/ .

Snorri Sturluson, Háttatal, Antony Faulkes ed., 2007, Viking Society for Northern Research, téléchargeable à http://www.vsnrweb-publications.org.uk/Edda-3.pdf .

 

Aux débutants, plutôt que de lire des vulgarisations plus ou moins bien fondées, je recommande sans réserve la lecture de l’excellente traduction française :

Snorri Sturluson, L’Edda, trad. F. X. Dillmann,  Gallimard, 1991.

Les notes de Dillmann, à elles seules, constituent une petite encyclopédie des mythes nordiques. Le français est clair (pas prétentieux du tout !). Malheureusement cette traduction s’arrête au milieu du Skáldskaparmál, juste avant la Þórsdrápa. Il faut utiliser l’édition de Antony Faulkes pour avoir une traduction complète de l’Edda de Snorri.

Une traduction d’un intérêt historique mais utile pour celui qui veut approfondir l’histoire des traductions :

Frédéric-Guillaume Bergmann, La Fascination de Gulfi (GYLFAGINNING) Traité de mythologie scandinave, Chez J. Cherbuliez, 1871.

 

Pour approfondir vos connaissances sur la civilisation scandinave, je vous recommende, à nouveau sans réserves François-Xavier Dillmann, Les magiciens dans l’Islande ancienne, Académie pour la culture populaire suédoise, 2006 (disponible sur le site de la librairie De Boccard, http://www.deboccard.com/ ). Vous voyez que Dillmann n’a pas pu trouver un éditeur français connu si bien que son ouvrage n’est pas facile à trouver. Il nous fournit une étude minutieuse de tous les textes Vieux Norrois qui traitent de la sorcellerie dans l’Islande ancienne, avec une traduction française impeccable. Il respecte tellement la langage qu’il traduit que, malgré son style universitaire rigoureux, il est capable lui aussi de faire revivre cette civilisation disparue.

 

Une version très latinisée des mythes nordiques se trouve dans

Saxo Grammaticus, Gesta Danorum, (écrite entre 1186 et 1208), traduction J.-P. Troadec, Gallimard 1995. Comme celle de Dillmann, c’est une excellente traduction que les anglophones peuvent nous envier (la traduction anglaise en ligne est une horreur !). Cependant, dans ce texte, écrit environ 30 ans avant l’Edda en prose, les Dieux sont systématiquement décriés et ridiculisés par Saxo qui était le ‘protégé’ d’un évêque. De plus, on l’a surnommé ‘Grammaticus’ à cause de ses connaissances profondes de l’antiquité gréco-latine qui s’insinuent partout dans cet ouvrage. Inversement, c’est aussi pourquoi les traces indiscutablement païennes et nordiques, heureusement fort nombreuses, que Saxo a conservées, sont celles qui étaient tellement évidentes encore au début du 13ème siècle, qu’elles doivent en effet refléter une tradition fort ancienne.

 

L’érudit islandais Ari Thorgilsson (dit l’instruit) est sans doute le plus ancien des contributeurs au Landnámabók, le livre des ‘installations’ en Islande, qui contient un grand nombre d’informations et dont la rédaction à commencé peu après 1100. En Vieux Norrois j’ai consulté un exemplaire de la bibliothèque nordique (cette bibliothèque est située rue Valette à Paris):

Einar Arnorsson, Landnámabók Islands, Helgafell, Reykjavik 1948.

J’ai aussi utilisé deux traductions :

Islands Besiedlung und älteste Geschichte, Thule, Band 23, Eugen Diederichs Verlag, 1967,

The Book of Settlements, traduit par H. Palsson and P. Edwards, University of Manitoba Press, 1972.

Sur la toile, vous trouverez une traduction anglaise partielle à http://en.wikisource.org/wiki/%C3%8Dslendingab%C3%B3k

Ari Thorgilsson est aussi à l’origine du Íslendingabók (Le livre des Islandais) écrit vers 1130. J’ai utilisé l’édition de Finnur Jónsson qu’on trouve sur la toile à

http://www.heimskringla.no/dansk/finnurjonsson/islendingabok/ .

 

Il existe de nombreux ouvrages qui présentent les Dieux nordiques et germaniques. Presque tout le monde s’appuie, sans toujours le dire, sur les travaux de

Jakob Grimm, Deutsche Mythologie, 1835. L’édition dont je dispose est celle de 1968, faite par Akademische Druck-u. Verlagsanstalt. La traduction anglaise a été mise en ligne et se trouve à l’adresse : http://www.nordic-life.org/nmh/Grimyth.htm

Cet ouvrage est quand même très dur à lire du fait de l’abondance de citations non traduites en Latin, Vieux Français, dialectes hollandais etc. Je participe à la création (interrompue – les ajouts obtenus sont à l’adresse http ci-dessus) d’une version traduisant en Anglais ces incidentes que le traducteur de Grimm a laissées comme elles étaient dans l’original.

Un ouvrage plus moderne et original est celui de

Jan de Vries, Altgermanische Religions-Geschichte, (2 vol.) Walter de Gruyter, 1970.

Une version réduite à l’essentiel est celle de

R. I. Page, North Myths, British Museum Press, 1994.

Un chapitre de

Georges Dumézil, Les dieux souverains des Indo-Européens, Gallimard, 1986 (éd. originale, 1977), est consacrée aux dieux nordiques.

Pour ceux qui veulent tout savoir sur le Dieu Loki, je recommande chaudement l’ouvrage de

Georges Dumézil, Loki, Flammarion, 1986.

 

Enfin, un dictionnaire des Dieux et mythes nordiques se trouve dans

R. Simek, Dictionary of Northern Mythology, Brewer, 1993. L’édition allemande originale, Lexicon der germanischen Mythologie, date de 1984.

 

Le tout a été vulgarisé au-delà de toute espérance par

K. Crossley-Holland, The Penguin Book of Norse Myths, Penguin, 1980, que je recommande sans réserve à ceux qui peuvent se débrouiller en Anglais. Ce livre, tempéré des notes de Dillmann et de Troadec, constitue la meilleure initiation possible aux mythes nordiques.

 

***************** Sagas

 

Les sagas islandaises ont été traduites avec soin (y compris les poèmes scaldiques cités dans les sagas, ce qui est exceptionnel) et publiées en 5 volumes dans

Editeur en chef : Viðar Hreinsson, The Complete Sagas of Icelanders, Leifur Eiríksson, 1997.

 

Les principales sagas se trouvent en français dans la collection de la Pléiade, Sagas Islandaises, traduites par

Régis Boyer, Sagas islandaises, La Pléiade, 1987.

Notez cependant que la plupart des ‘Sagas des Islandais’ ne sont disponibles qu’en Anglais, voir ci-dessus.

Voici les principales sagas dont je dispose (une liste complète constituerait un petit livre):

La saga des Féroïens, traduction de J. Renaud, Aubier Montaigne 1983.

La saga d'Óláf Tryggvason, traduction de R. Boyer, Imprimerie Nationale 1992.

La saga des alliés, traduction de A. Marez, Editions du Porte-Glaive, 1989.

La saga des Ynglingar (Ynglinga saga), de Snorri Sturluson, traduction de I. Cavalié, Éditions du Porte-Glaive, 1990.

Egil's Saga, Penguin Classics, 1976.

Eyrbyggja saga, Penguin Classics, 1972.

Hrafnkel's Saga, Penguin Classics, 1971

King Harald's Saga, Snorri Sturluson, Penguin Classics, 1966

Laxdaela Saga, Penguin Classics, 1969

Njal's Saga, Penguin Classics, 1960

Orkneyinga Saga, Penguin Classics, 1978.

The Vinlands Sagas, Penguin Classics, 1965.

Eirik the Red and other Icelandic Sagas, World Classics, Oxford Univ. Press, 1981. Cette édition contient la saga du roi Hrolf et de ses champions, qui rassemble un nombre important de mythes, en particulier celui du roi Arthur (le roi Hrolf a douze berserk et douze champions). Elle donne une version non christianisée de ces mythes.

Gautreks saga, traduite par Robert Nedoma, Kümmerle Verlag, Göppingen 1990.

Die saga vom Grettir Asmundarson, traduite par R. Simek, Verlag K. M. Halosar, 1981.

The Sagas of Fridthjof the Bold, trad. Ben Waggoner, The Troth, 2009

Dans l'ensemble, il faut bien dire que ces sagas décrivent les luttes politiques dans la Norvège, le Danemark, l'Islande et la Grande-Bretagne aux environs de l'an mil et qu'elles sont donc souvent lassantes. En particulier, la saga des marquis des Orcades, (Orkneyinga Saga), est un modèle d'ennui. Ici et là, la description presque ordinaire d'une opération magique est une paillette d'or. Les sagas d’Egil, de Njal et de Gretti sont beaucoup plus vivantes et peuvent être lues même sans chercher à y trouver des traces de magie. Les sagas décrivant la découverte de l'Amérique par les Islandais, Vinlands saga, sont vraiment passionnantes. On y rencontre un Éric le Rouge, le découvreur du Groenland (ce qui veut dire «le pays vert»), en une espèce de promoteur immobilier malhonnête qui a nommé ainsi le Groenland, dont il sait bien qu'il ne verdoie guère, parce que, comme il le dit, «les gens seront plus tentés d'émigrer là-bas, si le pays porte un nom attractif».

 

***************** Les ouvrages universitaires sur la tradition nordique

 

Comme vous pouvez vous y attendre, les deux ouvrages qu’il me semble impossible de ne pas lire quand on s’intéresse tant soit peu aux traces des anciennes civilisations germaniques sont ceux dont j’ai déjà parlé dans le texte, de Mme Jesch et de Dillmann. Ne vous y trompez pas, ce sont des ouvrages universitaires qui ne vous donneront pas des recettes magiques, ils exigent une lecture attentive.

Judith Jesch, Ships and Men, in the Late Viking Age, The Boydelll Press, 2001. Malgré son titre assez spécialisé, Mme Jesch, en s’appuyant à la fois sur les inscriptions runiques et sur les poèmes scaldiques composés entre 950 et 1120, précise le sens de mots vieux norrois de façon tellement vivante qu’elle, exactement, fait revivre cette civilisation devant nous.

Snorri Sturluson, traduction de François-Xavier Dillmann, Histoire des rois de Norvège, (Heimskringla) Première partie. Gallimard 2000. Là encore, la traduction soignée de Dillmann fait merveille. Au lieu de massacrer les poésies que Snorri a incluses dans son histoire, Dillmann les traduit scrupuleusement et avec des explicartions sur les hésitations possibles. Ses notes sont un ouvrage de commentaires à elles seules.

I. Paulson, A. Hultktantz, K. Jettmar, Les religions arctiques et finnoises, Payot (1965). Cet ouvrage académique présente de façon approfondie les multiples aspects des religions des tribus sibériennes et des peuples finnois (Paulson), de façon rapide la religion des Lapons (Hultkranz), l’archéologie sibérienne (Jettmar) et celle du grand nord américain (Hultkranz).

Dag Strömbäck, The Conversion of Iceland, Viking Society, 1997 (isbn : 0 903521 07 5)  nous donne une description précise de l’Islande juste avant la conversion et des détails sur l’état d’esprit dans lequel cette conversion s’est effectuée.

Les aspects magiques de la vie nordique sont aussi discutés dans la série d’articles publiée par

Venetia Newall (Ed.), The Witch in History, Barnes & Noble, NY 1996.

 

 

Une source d’informations universitaires sur la vie nordique se trouve dans le journal alvíssmál qu’on trouve en ligne à : http://userpage.fu-berlin.de/~alvismal/ .

J’ai trouvé particulièrement significatifs les articles de

Alison Finlay, sur les insultes dans l’Islande médiévale,

Anatoly Liberman qui discute l’étymologie de 10 termes scandinaves et Anglais dont le mot Edda,

Carolyne Larrington qui donne une vue féministe du poème Skírnismál.

… et bien d’autres.

Une autre source (dont j’ai peur qu’elle soit maintenant tarie)  est la revue Proxima Thulé qu’on peut se procurer sur le site de la librairie De Boccard, http://www.deboccard.com/. Le volume 2 (1996) contient deux articles particulièrement intéressants pour nous : ‘Les runes dans la littérature norroise’, François-Xavier Dillmann, p. 51-89, et Carl-Martin Edsman, ‘La fête de l’ours chez les Lapons’, p. 11-49.

 

***************** Les runes, la runologie scientifique

 

Les ouvrages principaux ne sont pas traduits en français. Vous trouverez sur mon site une vulgarisation – quand même bien complexe ! – des ouvrages de base de Krause, Derolez, Moltke, Antonsen et Makaev : http://www.nordic-life.org/nmh/runinscript.htm  .

Le seul grand classique en Français reste le livre, très vieilli, de

Lucien Musset, Introduction à la runologie, Paris, Aubier 1965. Malheureusement, il est introuvable, et je dois avouer que j'ai consulté une photocopie que j'ai faite dans une bibliothèque américaine! Une version en .pdf circule aussi.

J’ai entendu dire – pardon de cette référence vague – que le livre de Wolfgang Krause, Les runes (Runen), avait été traduit en Français mais j’en ignore la référence. C’est le livre (en Allemand) dans lequel j’ai moi-même appris les runes. Il s’agit du petit livre de

W. Krause, Runen, Sammlung Göschen, 1970. On peut aussi recommander

Krause W. & Jankuhn H., Die Runeninschriften im älteren Futhark, Göttingen, 1966, qui est cité souvent dans la littérature de runologie. Un autre représentant de la runologie germanique est

Klaus Düwel, Runenkunde, Metzler, 1983, un disciple de Krause. Pour un lexique et une grammaire des inscriptions runiques voir mon site qui présente une version simplifiée, inspirée des ouvrages suivants :

W. Krause, Die Sprache der urnordischen Runeninschriften, Carl Winter-Universität sverlag, Heidelberg 1971.

Elmer H. Antonsen, A Concise Grammar of the Older Runic Inscriptions, Max Niemeyer Verlag, Tübingen, 1975. Plus récent, du même auteur: Runes and Germanic Linguistics, Mouton de Gruyter, 2002.

E. A. Makaev, The Language of the Oldest Runic Inscriptions, Kungl. Vitterhets Historie och Antikvitets Akademien, Stockholm 1996, (original Russe publié en 1965).

Erik Moltke, Runes and their Origin, Denmark and Elsewhere, The National Museum of Denmark, 1985, ISBN 87-480-0578-9.

R. Derolez, Runa Manuscripta, The English Tradition, Ed: De Tempel, Tempelhof 37, Brugge, 1954. (Copie de l’original de l’université du Missouri).

 

En anglais, j'ai consulté deux grands classiques de l'école anglaise:

R. I. Page, An Introduction to English Runes, Methuen 1973, et Runes and Runic Inscriptions, The Boydell Press, 1995. On peut aussi consulter un autre ouvrage de base :

R. W. V. Elliott, Runes : An Introduction, Mandchester University Press, 1959.

 

Les connaissances que nous avons sur l’usage magique des runes se trouvent dans les poèmes runiques et les inscriptions runiques et les Eddas et les sagas. 

Le principal ouvrage sur le sujet des poèmes islandais et norrois, et celui que tout le monde copie sans le dire, se trouve à la bibliothèque nordique, c’est celui de

Ludv. F. A. Wimmer, Die Runenschrift, (aus dem Dänischen übersetzt von Dr. F. Holthausen) Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1887. Les parties relatives aux poèmes se trouvent sur mon site, avec une traduction en Anglais (pas de traduction française) http://www.nordic-life.org/nmh/we.htm (en Allemand: ‘idem’/wd.htm). Une étude des manuscrits dans leur état présent se trouve dans:

R. I. Page, The Icelandic Rune-Poem, Viking Society for Northern research, 1999.

Pour le poème runique Anglo-Saxon (‘Old English Rune Poem’, OERP pour les spécialistes), il faut consulter le Derolez. Vous trouverez sur mon site une sorte de fac-simile de la version la plus ancienne, avec une traduction originale. Sinon, j’ai commencé par consulter une édition qui n’est guère critique, hélas :

Maureen Halsall, The Old English Rune Poem : A Critical Edition, University of Toronto Press, 1981.

 

Tous les poèmes runiques sont réunis à  http://www.nordic-life.org/nmh/IntroRunPo.htm .

 

Comme je l’ai dit, le livre de Derolez, Runa Manuscripta, contient tous les poèmes runiques classiques. Il est le plus exhaustif des ouvrages que j’ai pu consulter, avec ce défaut qu’il ne traduit en anglais aucun des textes qu’il cite, si bien que le lecteur doit lire le (bas !) latin des inscriptions aussi bien que le suédois, etc. Il donne aussi une histoire de la runologie, la science des runes, qui est extrêmement intéressante et montre l’évolution des idées depuis le 16ème siècle, quand l’étude scientifique des runes débuta.

 

Pour la forme des runes, j’ai utilisé un ouvrage qui a attiré pas mal de critiques parce que son auteur n’est pas allé lui-même sur le terrain. Les critiques les plus sévères viennent hélas du célèbre R. I. Page à qui je me permets de répondre qu’exiger d’un auteur un travail qui demanderait plus de temps qu’une vie complète relève du procès d’intention plus que d’une critique scientifique honnête. La forme graphique des runes, si souvent affirmée sans explications aussi bien par la runologie scientifique que par la mystique, se trouve ici clairement décrite, avec l'historique de ses modifications avant 750. Il s’agit du travail très intéressant de

Bengt Odenstedt, Origin and early history of runic script, Almquist 1990.

 

Les inscriptions runiques sont données dans les livres de la runologie scientifique déjà cités. Une recherche internet de « runic inscriptions » donne accès à des centaines de sites pourvus d’images de ces runes.

Il existe une collection décrivant exhaustivement les runes suédoises

Sveriges Runinskrifter, Almquist & Wiksell, 1958 (en Suédois).

 

Il existe aussi des inscriptions semblables aux runes, mais issues de la civilisation hongroise, appelées des «rovas». Encore une fois, mon site contient des informations objectives relativement aux rovas, http://www.nordic-life.org/nmh/ rovasFr.htm.

 

Enfin, une interprétation convaincante des ogaim Pictes a été fournie assez récemment par

Richard A. V. Cox, The Language of the Ogam Inscriptions of Scotland, Univ. of Aberdeen, Scotland, 1999, donne une interprétation en termes de vocabulaire runique viking des oghams pictes.

 

***************** Les runes, la runologie non scientifique

 

 

Il existe maintenant pléthore de livres mystiques sur les runes. Le premier, et le plus important, est bien évidemment celui de

Guido List, Das Geheimnis der Runen, Guido-von-List-Bücherei 1. Gross-Lichterferde : P. Zillmann, 1907/1908. Je dispose de la 2ème édition, de 1912. En appendice à ce livre, vous avez une traduction française de la partie de cet ouvrage consacrée aux runes. En Anglais :

Secret of the runes, traduction de S. E. Flowers, Destiny Books, 1988. Cette traduction contient aussi une biographie de List, et une description de ses rapports avec le nazisme. La bibliographie donne aussi une liste d’ouvrages montrant l’usage que les nazis ont fait des runes.

 

On considère souvent comme un classique le livre contenant les idées de Flowers lui-même, publié sous son nom d’emprunt,

Edred Thorsson, Futhark: A Handbook of Rune Magic, Samuel Weiser Inc., 1984. Je le trouve personnellement très imprégné des idées de Guido List. Aussi, je recommande plutôt la lecture du livre de

Freya Aswynn, Leaves of Yggdrasil, Llewellyn Publications, St Paul, Min. 1992.

Freya Aswynn, Hommes runes et dieu, Ed. Vigne Claire, 1996 (cet éditeur a tout simplement disparu). Freya m’a prêté son exemplaire pour en faire une copie .pdf qu’elle devrait mettre en vente.

 

J’ai consulté beaucoup d’autres ouvrages de ce type, mais je ne crois pas qu’ils apportent beaucoup plus que ceux déjà cités. Cependant, le prix du plus mauvais livre sur les runes que j’ai consulté revient sans conteste à celui du pourtant célèbre Nigel Pennick, Rune Magic, 1992.

 

Le lien entre ogaim celtes et runes germaniques a excité les imaginations au-delà de toute mesure. Le livre le plus ‘sérieux’ sur ce sujet est celui de

Isaac Taylor, Greeks and Goths : A Study of the Runes, Macmillan, 1879. Intéressant et enthousiaste mais peu convaincant, ce travail mériterait peut-être d’être revisité. Dans une lettre inédite que j’ai le plaisir de vous présenter, datée de mai 1879, Taylor parle ainsi de sa découverte des liens entre ogaim et runes :

                       Settrington Rectory York, May 1879
My dear Cox
There are only two unsolved problems in the History of “Letters, and I have ventured a shot at both. Your studies in Greek History will give special weight to your opinion as to the adequacy of my explanation of the origin of the Runes, which as the Oghams every one connected with Ireland is bound to take interest in the earliest records and the earliest fragments of the history of that country.
If I am successful I will have removed the Tuatha de Danans from the realm of legend to the region of History.
Macmillan will send you a copy of the book in a day or two, and I shall be much gratified if I find my argument succeed in convincing you.
Do try to come to see us this summer.
        Believe me
        Yours very truly
        Isaac Taylor

 

 

***************** Autres traditions du nord et/ou germaniques

 

 

La tradition nordique ne se limite pas aux scandinaves, bien entendu. Le plus ancien témoignage sur les mœurs des Germains, est celui de

Tacite, La Germanie, Belles Lettres, 2000.

Tacitus, The Agricola and the Germania, Penguin Classics, 1970. C’est dans cette œuvre que l’on trouve une description sommaire du culte de Nerthus et la fameuse description de la façon dont les Germains étaient censés ‘tirer les runes’ alors que Tacite parle explicitement d’un tirage au sort très semblable à celui bien connu que les Latins et les Grecs pratiquaient couramment.

 

De façon un peu anecdotique, mais que Jakob Grimm semble avoir fortement appréciée, les fabliaux du Moyen-âge contiennent, au milieu de mille paillardises anti-cléricales, quelques références rares à la mythologie. Nous disposons aujourd’hui d’une édition complète en 10 volumes :

Nouveau recueil complet des fabliaux, publiés par Willem Noomen, Van Gorcum,  1983-1996.

La mythologie germanique est bien entendu représentée dans les livres de Jakob Grimm et de Vries, cités plus haut. Trois sources primaires sont :

Jordanes, The Origin and Deeds of the Goths, traduction de Charles C. Mierow est en ligne à www.acs.ucalgary.ca/~vandersp/Courses/texts/jordgeti.html.

Nibelungenlied, dont vous trouverez une version trilingue (Anglais, Allemand, Haut Allemand Moyen) sur mon site : http://www.nordic-life.org/nmh/NibLied.htm. En Français : Les Nibelungen, trad. G. Bourdoncle, Casterman.

Ulrich von Zatzikoven, Lanzelet (texte bilingue Mittel Hoch Deutsch et Français), Ellug, 2004. Je vous ai présenté cet ouvrage dans le texte: c’est la version allemande d’un ouvrage en Français disparu emporté en Autriche par un des otages pour Richard Cœur de Lion.

 

J’ai aussi trouvé très utile

Otto Reinsberg-Düringsfeld, Aberglaube-Sitten-Feste Germanischer Völker, Barsdorf, 1898 (réédition moderne), dont certaines parties sont traduites sur mon site. Ce dernier donne aussi de nombreuses indications quant aux coutumes anglaises, plus détaillées dans

Crew W. Hazlitt, Popular Antiquities of Great Britain, John Russell Smith, 1870. Ce livre est tiré du travail du révérend John Brand, qui est lui-même le successeur de

Henry Bourne, Antiquites Vulgares, Newcastle, 1725. (Je ne dispose pas de cet ouvrage). Le trio Bourne, Brand, Hazlitt représente donc une tradition ethnologique qui s’étend sur les 18ème et 19ème siècles. Ils présentent les coutumes britanniques selon un point de vue chrétien, mais sans trop de mépris. Par (contre-)exemple, Hazlitt se moque quand même du paysan qui a vérifié que certains de ses bœufs s’agenouillent la veille de Noël (selon une légende britannique) et qui a ajouté que, ce faisant, ils ont émis « un grognement douloureux comme des créatures chrétiennes » (‘a cruel moan like Christian creatures’).

Ce travail de 1870 a été remanié par son auteur pour prendre la forme d’un dictionnaire :

Faiths and Folklore, a dictionary, London, 1905.

Il existe aussi un ouvrage intéressant qui présente une sorte de compilation des dictons, charmes et citations littéraires qui expriment une croyance en la magie au sein de la culture britannique. Comme il est dû à un prêtre tout cela est fort édulcoré mais c’est hélas tout ce qui nous reste:

Rev. T. F. Thiselton Dyer, English Folk-lore, London, 1878.

 

La plus célèbre des sources primaires est le fameux poème épique anglo-saxon

Beowulf, trad. Jean Queval, Gallimard.

Beowulf, Penguin Classics, 1973, traduit en anglais par M. Alexander. Vous le trouverez sur mon site en langue anglo-saxonne (‘Old English’) accompagné de deux traductions placées phrase à phrase, en Anglais, l’une interprétée, l’autre mot à mot. Les autres sources sont peu explicites, comme

Bede, Ecclesiastical History of the English People, Penguin Classics, 1990. Et surtout, la monumentale :

English Historical Documents en 12 gros volumes. Vol. 1. c.500-1042, édité par Dorothy Whitelock, 1955. Le livre de

Gale Owen, Rites and Religions of the Anglo-Saxons, analyse les relations entre les mythologies celte et nordique, et l’influence chrétienne.

 

La tradition finnoise se trouve dans les poèmes réunis au début du 19ème siècle par Elias Lönnrot, dans le Kalevala et les Kanteletar.

Elias Lönnrot, The Kalevala, Oxford University Press (1989) et

Elias Lönnrot, The Kanteletar, Oxford University Press (1992)

Kalevala, das finnische Epos des Elias Lönnrot, Reclam (1985).

En plus de l’oeuvre de Lönnrot, la seule publication des chants populaires finlandais que j’ai pu trouver (bibliothèque nordique) est:

Matti Kuusi, Keith Bosley, Michael Branch, Finish Folk Poetry-Epic, Finnish Literature Society, qui contient une sélection de chants recueillis par des ethnologues et publiés dans

Suonen Kansan Vanhat Runot (Anciens poèmes du peuple Finlandais), 1908-1948.

Le thème et le style de ces chants sont très proches de ceux du Kalevala. Les différences entre les versions sont évidemment intéressantes pour les passionnés de culture païenne nordique.

En français, la meilleure traduction se trouve seulement d’occasion, c’est celle de

Jean-Louis Perret, Le Kalevala, Stock, Paris 1931. La traduction plus ancienne de Léouzon-le-Duc est aussi excellente, mais incomplète. J'ai été incapable de comprendre le Français de la traduction moderne, disponible en librairie, tant son langage est torturé.

 

La mythologie et les Dieux baltiques ont été décrits finalement assez souvent, mais dans des ouvrages rares. A force de me démener, j’ai pu mettre la main sur

- pour les Lettons :

Michel Jonval, Les chansons mythologiques lettonnes, Paris, 1929.

Haralds Biezais, Die Hauptgöttinnen der alten Letten, Almqvist & Wiksells, 1955.

Haralds Biezais, Die Gottesgestalt des lettischen Volksreligion, 1961.

K. Strauberg, Latviesu buramie vardi (‘Charmes Lettons’) [pas d’autre précision].

- pour les Estoniens :

Alan Dudes et al., Estnische Tiermärchen, Academia Scientiarum Fennica, 1986, un ouvrage ‘horriblement’ scientifique qui contient plus de références que de textes.

- pour les Lituaniens :

Un ouvrage un peu académique mais très approfondi sur tous les Dieux et les êtres surnaturels (Kaukai, Aitvarai, Laima etc.) de Lituanie est celui de

   Algirdas J. Greimas, Of Gods and Men, Indiana University Press, 1992. (Édition en Lituanien, 1977).

G. H. F. Nesselmann, Littauische Volkslieder, Dümmler, 1853, une collection très complète des fameuses dainos Lituaniennes (on dit, au singulier, une daina). On trouvera de nombreux de ces chants, sur mon site, traduits en Français à partir de cette version allemande, mais corrigés par des Lituaniens. Voir : http://www.nordic-life.org/nmh/liedtot.htm.

Le livre de Jungfer est beaucoup moins complet mais présente d’autres exemples.

V. Jungfer, Litauischer Liederschrein, Deutschen Buchhandlung, 1939.

H. Sudermann, Litauische Geschichten, Soldatenbücherei des Oberkommandos der Wehrmacht, non daté et d’authenticité plus que douteuse.

Jonas Balys, Folk Magic and Folk Medecine, et Ghost and Men, Bloomington (1951). Attention, seul le titre est en Anglais, le texte est en Lituanien. Vous trouverez quelques traductions et des références supplémentaires à : http://www.nordic-life.org/nmh/lithcharms.htm

The first Marian reader, Folktales … translated from the Lithuanian, The Lithuanian Catholic Press, Chicago, 1951.

Contes des pays baltes, Editions du progrès, Moscou [pas de date, pas d’isbn].

Lithuanian Mythological Tales, compilés par Norbertas Vélius (1979), traduits par Biruté Kiškyté, Vaga, 1998.

Lithuanian Historical Legends, compilées par Norbertas Vélius (1986), traduites par Biruté Kiškyté, Vaga, 2000.

Jonas Trinkūnas, Of Gods & Holidays, The Baltic Heritage, Tvermé, 1999. Ce livre commence par un article de la célèbre Marija Gimbutas, née en Lituanie, qui s’est donc intéressée aussi à ce sujet.

 

 

***************** Récits de voyageurs et ethnologues

 

 

De nombreuses traces de ces traditions nordiques sont aussi visibles chez les lapons, les sibériens, les groenlandais, mais qui ne sont décrites que dans des livres rares que je m’efforce de rendre partiellement accessibles sur la toile:

Le plus ancien est celui de

Olaus Magnus, A Description of the Northern Peoples, (P. G. Foote Eds.) 3 volumes, The Hakluyt Society, 1996. Il existe une édition française partielle en un volume: Histoire et description des peuples du Nord, Les Belles Lettres, 2004.

Johann G. Scheffer, Histoire de la Laponie, sa description, l’origine, les mœurs, la maniere de vivre de ses Habitans, leur Religion, leur Magie, & les choses rares du Païs. Paris, 1678 (traduction française de Lapponia, id est religionis Lapponum et gentis nova et verissima descriptio, Frankfurt, 1673).

Jean-François Regnard, Voyage de Laponie (1681) Réédité en 1992 par les Edition du Griot, et donc accessible.

Aubry de la Motraye, Voyages en Europe, Asie, et des parties de l’Afrique, (je n’ai que la version anglaise, London, 1723 - la version française coûte son poids en or!).

La collection Recueil des voiages au Nord (1727) que je n’ai pas pu me procurer vu son prix.

Abbé Prévost, Continuation de l’histoire générale des voyages, Voyage de Sibérie, t. 70 et 71, Journal de M. Gmelin, traduit de l’Allemand, Chez Rozet, 1768.

Abbé Prévost, Continuation de l’histoire générale des voyages, t. 73 et 74, Histoire du Groënland, Chez Panckoucke, 1770.

Abbé Delaporte, Le voyageur françois, tome 7, (4ème ed.) La Sibérie, La Nouvelle Zemble, La Russie, Chez Cellot, 1772. Tome 8, La Laponie, La Norvège, Le Groenland, La Baye d’Hudson, L’Isle de Terre-Neuve et ses environs, L’Acadie, Chez Cellot, 1768.

Joseph Acerbi, Travels through Sweden, Finland, and Lapland to the North Cape in the Years 1798 and 1799, Mawman, London, 1802. La version française, Voyage au Cap-Nord, par la Suède, la Finlande et la Laponie, Paris, 1804, est accessible à la bibliothèque nordique, mais cette version n’inclut pas les musiques rapportées par Acerbi.

L. Léouzon le Duc, Voyage dans les pays du nord, Delagrave, 1886.

 

Les traces de la mythologie nordique danoises ont été publiées par

Svend Grundtvig Danmarks Gamle Folkeviser, Copenhague, Thieles Bogtrykkeri, 1853. La version dont je dispose est intitulée Danmarks Folkeviser et elle est publiée par Philipsens Forlag, 1882. Une version encore plus ancienne et moins connue est celle de

Wilhelm Grimm, Altdänische Heldenlieder, Balladen und Märchen, publiée en 1811, mais je ne dispose que d’une édition de 1942.

Une version partielle en a été donnée par

Léon Pineau, Les vieux chants populaires scandinaves, Paris, 1898.

 

 

Le ‘Nord’ n’est pas exclusivement européen, évidemment. Cependant, j’ai pu constater que les sources dites ‘indiennes’ (du nord) présentent une mythologie très différente des européens.

Un ouvrage de base sur ce thème est celui de

Lewis Spence, North American Indians – Myths & Legends, 1914, ainsi que:

Ake Hultkrantz, Native Religions of North America, Harper Collins, 1987.

Je recommande aussi :

Edythe W. Newell, The Rescue of the Sun and other Tales from the Far North, Albert Whitman, 1970.

 

Je vous ai aussi parlé un peu incidemment des mythes Mayas de la création de l’humanité. Une excellente traduction moderne est :

Pierre DesRuisseaux (Traducteur), Pop Wooh, Histoire sacré des Mayas quichés, Tripryque, 2002.

 

***************** tradition celtique

 

Le sens de mots en Irlandais ancien et moyen est donné par le Dictionary of the Irish Language, Based mainly on old and middle Irish materials, 1953-2007. En ligne à http://www.dil.ie/

La Razzia des vaches de Cooley, auteur inconnu, (excellente) traduction française de Christian-J. Guyonvarc’h, Gallimard, 1994.

 

Les légendes celtiques que j’ai utilisées principalement sont tirées des livres de

Émile Souvestre, Le Foyer Breton, Coquebert, 1844 (bien que non daté) et de

Jean Markale, La tradition celtique en Bretagne armoricaine, Payot 1975.

Pour les légendes celtiques gaéliques, j’ai utilisé

The Tain, traduction en anglais de T. Kinsella, Oxford University Press, 1970.

Early Irish Myths and Sagas, Penguin Classics, 1981.

Frank Delaney, Legends of the Celts, Grafton, 1994

Barbara Ker Wilson, Scottish Folk-tales and Legends, Oxford University Press, 1992.

Raymond Lamond-Brown, Scottish Folklore, Birlinn, 1996.

 

 

Pour les légendes galloises, on consultera :

The Mabinogion, traduction en anglais de J. Gantz, Penguin Classics, 1976. 

Joseph Loth, Les Mabinogion du livre rouge de Hergest avec les variantes du Livre Blanc de Rhydderch, t. 1 et 2, Fontemoing et Cie, 1913. Version bilingue at : http://www.nordic-life.org/nmh/TheLesMabinogion.html . Il présente les Mabinogion et tous les autres mythes gallois dans lesquels on voit apparaître un roi Arthur assez différent de celui plus connu « de la table ronde ». Cette version est presque entièrement donnée sur mon site, avec en regard la traduction anglaise de Lady Guest et ma traduction anglaise des notes de Loth. La traduction moderne de Pierre-Yves Lambert n’apporte pas grand-chose. Dans la mesure où cet auteur justifie, au moins en partie, la nécessité d’une nouvelle édition par le fait que Loth ait accepté sans discussion les affirmations du faussaire Iolo Morganwg (qui a inventé des manuscrits, les Iolo mss., par lesquels il justifiait des affirmations peut-être intéressantes par ailleurs, mais du coup devenues sans valeur), voici quelques citations qui montrent combien Loth s’en méfiait mais, comme tout le monde à son époque y croyait, il a cru bon de citer cette source :

« Les Iolo mss. forment une collection fort disparate, d’inégale valeur et d’une autorité toujours douteuse … » (Introduction, p. 78).

« Les Iolo mss., dont l'autorité, quoi qu'on en ait dit, est mince en matière historique, ne concordent pas avec les Mabinogion qui ne présentent nullement Don et ses enfants comme des Gaëls. (KULHWCH et OLWEN, note,  p. 301). »

« Les Iolo mss., p. 164. donnent cette fable; mais il est aisé de voir qu'elle a été remaniée par un arrangeur maladroit. » (KULHWCH et OLWEN, note p.  382). Etc.

En conséquence, sur mon site, j’ai mis en tout petit les citations par Loth du ‘Iolo mss.’ afin de souligner leur insignifiance – and I skipped them completely in my English translation.

 

Ouvrages généraux sur la civilisation celte :

Françoise Le Roux, Les Druides, P.U.F, 1961.

Françoise Le Roux, Christian-J. Guyonvarc’h, Les Druides, Editions Ouest-France, 1986.

Lewis Spence, The History and origins of Druidism, Newcastle Publishing, 1995.

T. W. Rolleston, Celtic, Studio Editions, 1991;

Graham Webster, The British Celts and their Gods under Rome, Batsford Ltd, 1986.

 

Pour l’archéologie gallo-romaine, l’œuvre de Hatt a été violemment critiquée pour des raisons que je trouve très superficielles. Comme Maria Gimbutas, il est un peu trop absolu dans ses conclusions : Rigani n’est peut-être pas LE nom de la grand déesse celte comme il semble le prétendre, mais il montre bien qu’il devait y avoir une divinité féminine principale; Cernunos n’est peut-être pas LE nom du Dieu cornu, mais il certain qu’il y en a un; son interprétation détaillée du chaudron de Gundestrup est peut-être discutable, mais, lui, il en propose une qui tient debout; il a osé un sourire en disant que le Dieu cornu avait été ridiculisé par les Églises chrétiennes en symbole des cocus, sans doute son plus grand crime. Par contre, comme Maria Gimbutas, ce grand spécialiste des religions de la Gaulle a réuni une documentation incomparable que ses critiques feraient bien de consulter un peu plus.

Jean-Jacques Hatt, Mythes et Dieux de la Gaule, Picard, 1989. Version web du tome 2 (paru après sa mort grâce au travail de son fils) : (a été retirée du web. J’en ai une version)

Pour ceux qui s’intéressent un peu superficiellement aux Ogams, il existe un livre célèbre mais peu sérieux :

Robert Graves, La Déesse Blanche, Ed. du Rocher, 1979, les renseignera sur les diverses versions de cet alphabet, sur les arbres associés à chacune d’elles, et donne une version de leur sens mystique.

Par contre, si vous désirez commencer une étude sérieuse, alors il vous faut étudier :

George Calder, Auraicept Na N-Éces, The Scholars’ Primer, Edinburgh, 1917. Vous trouverez la traduction anglaise éditée in extenso sur mon site ainsi que des parties traduites en Français par mes soins [en cours d’élaboration], en particulier l’introduction de Calder et les parties relatives aux Ogaim, http://www.nordic-life.org/nmh/AurFr.htm

Damian McManus, “Irish Letter-Names and their Kennings”, Ériu XXXIX (1988), p. 127-168. (Vendu par Royal Irish Academy, 19 Dawson Street, Dublin 2. ~30 euros)

Damian McManus, A Guide to Ogam, An Sagart, 1991. Contient p. 36-43 un résumé de l’article dans Ériu XXXIX. Il complète aussi l’ouvrage de base des inscriptions ogamiques:

Macalister R.A.S. Corpus inscriptionum insularum Celticarum, 1949.

 

 

 

***************** Ouvrages historiques

 

Il existe de nombreux ouvrages qui décrivent l’histoire politique et religieuse des pays nordiques. J’avoue m’être intéressé de façon relativement superficielle à cet aspect philosophique et historique. On trouvera de nombreuses analyses historiques pertinentes dans

Robert Ferguson, The Hammer and the Cross, Penguin Books (Allen Lane series) 2009.

Margaret Clunies Ross, A History of Old Norse Poetry and Poetics, D. S. Brewer Cambridge, 2005.

 

Gwyn Jones, A History of the Vikings, Oxford University Press, 1984.

Une étude plus spécifiquement dédiée aux Vikings établis sur ce qui est maintenant territoire russe se trouve dans :

E. A. Melnikova, The Eastern World of the Vikings, Gothenburg Old Norse Studies, 1996. Des ouvrages plus spécialisés et récents sont :

Judith Jesch, Ships and Men in the Late Viking Age, Boydell Press, 2001. (déjà cité plus haut)

Sarah M. Anderson, Karen Swenson (Eds.), Cold Counsel, Women in Old Norse Literature and Mythology, Routledge, 2002.

Thomas A. Dubois, Nordic religions in the viking age, Univ. of Pennsylvania Press, 1999.

 

Pour trouver une relation entre la géographie actuelle et les sagas, ainsi que le poème Beowulf, je recommande le livre de

G. R. Overing et M. Osborn, Landscape of Desire, University of Minnesota Press, 1994.

 

 

***************** Contes de Grimm

 

Pour les contes de Grimm, j’ai utilisé ma mémoire, mais aussi :

Brüder Grimm, Kinder und Hausmärchen, Band 1, 2, 3, Reclam, Stuttgart 1980.

Jacob et Wilhelm Grimm, Contes, Flammarion, 1967.

The Complete Illustrated Stories of the Brothers Grimm, Chancellor Press, 1984.

Le tome 3 (Band 3) des contes de Grimm est inclus ni dans la traduction anglaise, ni dans la française. Il contient les notes des frères Grimm eux-mêmes sur leurs sources et des comparaisons entre leurs contes et ceux d'autres recueils antérieurs (tels les contes de Perrault).

Ces contes ont été publiés dans une série de versions successives entre 1812 et 1856. C’est l’édition de 1856 qui est reproduite à l’heure actuelle. Vous trouverez sur mon site une version complète de cette édition des contes de Grimm, avec en regard l’original allemand et une traduction anglaise à http://www.nordic-life.org/nmh/GRDEUTENGL.htm . Mais il existait déjà en 1810 une version manuscrite (dont, je crois, la publication a été refusée à l’époque) et qui a été collationnée avec l’édition de 1812 par

Heinz Rölleke, Die Älteste Märchensammlung der Brüder Grimm, Fondation Martin Bodmer, 1975.

 

 

***************** Chamanisme

 

Pour comprendre par vous-mêmes ce qu’a pu être un chamanisme antique, miraculeusement préservé au Kamchatka et dans la Sibérie jusqu’au début du 20ème siècle, je recommande les ouvrages de Czaplicka et de Krasheninnikov (traduction en Français au 18ème siècle, mais introuvable), sur le chamanisme des néo- et des paléo-sibériens, dont des extraits se trouvent en Français sur mon site, http://www.nordic-life.org/nmh/ShamSib.htm . Le livre de Krasheninnikov a été composé durant son séjour au Kamchatka entre 1735 et 1741. Les livres de Czaplicka datent de 1914 (Aboriginal Siberia) et 1916 (My Siberian Year). On en trouve des extraits sur mon site à côté de Czaplicka.

 

Il existe maintenant de nombreux ouvrages traitant du chamanisme en général.

Mircea Eliade Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase, (1951) réédité par Payot, 1992. Tout en appréciant beaucoup l’effort de Eliade pour souligner la valeur culturelle du chamanisme, j’avoue ne pas être très satisfait par cet ouvrage célèbre. D’une part, il n’y pas «d’extase » particulière à pratiquer le chamanisme, sauf pour les shamans modernes ‘new age’, surtout ceux qui croient nécessaire de se droguer au passage. D’autre part, chaque fois que j’ai vérifié une citation de Eliade, j’ai été stupéfait de constater qu’il déformait légèrement les textes originaux au lieu de les respecter. Je préfère de très loin les œuvres fondamentales de Czaplicka, elle aussi respectueuse de la tradition chamanique, mais sans en faire une théorie à défendre férocement:

M. A. Czaplicka, Aboriginal Siberia, Clarendon Press, Oxford, 1914 que chacun se doit d’avoir lu. Elle raconte son expérience personnelle dans

M. A. Czaplicka, My Siberian Year, Mills & Boon, Londres, 1916.

(traduction française de certains chapitres sur mon site)

Stepan P. Krasheninnikov, Explorations of Kamchatka 1735-1741, Original en Russe, 1755. Traduit du russe, Oregon Historical Society, Portland, 1972.

J’ai été aussi personnellement très influencé par la traduction allemande d’un ouvrage russe :

G. V. Ksenofontov, Schamanengeschichten aus Sibirien, traduites du russe par A. Friedriech and G. Buddruss, Clemens Zerling, 1987. J’ai moins aimé l’œuvre fameuse de

James G. Frazer, The Golden Bough (1890). C’est une source incroyablement riche de croyances primitives mais le manque d’objectivité de Frazer (qui visiblement méprise les ‘primitifs’) diminue la valeur de cette documentation. Pour la médecine chamanique, je n’ai pu trouver qu’un seul ouvrage, en dehors de celui de Ksenofontov, déjà cité,

Max Bartels, Medizin der Naturvölker, Urgeschichte der Medizin, Leipzig 1893, Reprint-Verlag Leipzig, ISBN : 3-8262-0204-X qui décrit un très grand nombre de techniques de médecine primitive, hors Europe.

 

Il existe pléthore d’ouvrages traitant aussi du chamanisme sibérien, bien que la plupart soient très durs à trouver. Voici les plus importants :

Stepan P. Krasheninnikov, Explorations of Kamchatka 1735-1741, Original en Russe, 1755. Traduit du Russe, Oregon Historical Society, Portland, 1972.

Georg Wilhelm Steller, Steller’s History of Kamchatka, University of Alaska Press, 2003 (Original : Beschreibung von dem Lande Kamtschtka, Johann Georg Fleischer, 1774.)

Georg Wilhelm Steller, Journal of a Voyage with Bering 1741-1742, Stanford Univ Press, 1988.

A. I. Levshin, Description des hordes et des steppes des Kirghis-Kazaks, Imprimerie royale, 1840.

Waldemar Bogoras, Chukchee Mythology, in F. Boas (Ed.) Vol. 8 de The Jessup North Pacific Expedition, American Museum of Natural History, 1910.

Waldemar Bogoras, Koryak Texts, American Ethnological Society, 1917.

Waldemar Bogoras, Tales of the Yukaghir, American Museum of Natural History, 1918.

Waldemar Jochelson, Aleut Tales and Narratives, (collected 1909-1910), University of Alaska Fairbanks, 1990.

Waldemar Jochelson, The Yakut, The American Museum of Natural History, 1933.

Waldemar Jochelson, History, Ethnology and Anthropology of the Aleut, University of Utah Press, 2002 (original 1933)

M. Suslov, Materialen zum Schamnismus der Ewenki-Tungunsen an der mittleren und unteren Tunguska, Otto Harrassowitz, 1983.

M. A. Castrén, Samojedische Volksdichtung, Suomalais-Ugrilainen Seura, 1940. Ces contes sont extraits des récits de voyage de Castrén :

M. Alexander Castrén, Nordische Reisen und Forschungen, (12 vol.) Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, 1858.

Studies in Siberian Shamanism, Henry N. Michael (Eds.), University of Toronto Press, 1963.

Eveline Lot-Falk, Les rites de chasse chez les peuples sibériens, Gallimard, 1953.

D. Zélénine, Le culte des idoles en Sibérie, Payot, 1952.

Ivan Veniaminov, Notes on the Islands of the Unalashka District, The Limestone Press, 1984. (Original en Russe, 1840). Ce dernier ouvrage est l’exemple parfait du travail d’un grand missionnaire – son auteur est mort Métropolitain (‘pape’) de l’église orthodoxe ! – qui s’intéresse profondément aux Aleutes mais pour les convertir à sa propre foi plutôt que pour comprendre la leur … mais qui donne une description de première main.

Une version très académique (plus que succincte sur le sujet des Lapons) des religions du Nord est présentée dans

I. Paulson, A. Hultkrantz, K. Jettmar, Les Religions arctiques et finnoises (Sibériens, Finnois, Lapons, Esquimaux), Payot, 1965 (traduit de l’Allemand).

 

Parmi les livres de facture moderne, je peux recommander la lecture de:

John A. Grim, The Shaman - Patterns of Siberian and Ojibway Healing, University of Oklahoma Press, 1983.

Sarangerel, Riding Windhorses – A Journey into the Heart of Mongolian Shamanism, Destiny Books, 2000.

 

Quant au chamanisme moderne, je recommande les deux livres de Sandra Ingerman:

Soul Retrieval : Mending the Fragmented Self, Harper San Francisco, 1991.

Welcome Home, Following your Soul's Journey Home, Harper San Francisco, 1993. Sandra Ingerman est la personne vivante qui a le plus influencé ma pratique chamanique personnelle. Je lui voue une admiration sans bornes.

Je vous présente ma propre version d’un chamanisme ‘moderne’ ainsi qu’une bibliographie assez complète à http://www.nordic-life.org/nmh/VisionchamTot.pdf

 

Les ouvrages suivants contiennent aussi de très utiles informations sur

- les Inuits (esquimaux) 

Robert E. Peary, La découverte du Pôle Nord, Lafitte, Paris 1911.

Waldemar Bogoras, The Eskimo of Siberia, Vol. 8, t. 3 de The Jessup North Pacific Expedition, American Museum of Natural History, 1910.

Knud Rasmussen,  Du Groenland au Pacifique, publié par le Comité des travaux historiques et scientifiques, 1994 (ISBN 2 - 0285-6).

F. Mowat, Mœurs et coutumes des esquimaux caribous, Payot, 1953.

Bernard Saladin d’Anglure, Être et renaître inuit, homme, femme ou chamane, Gallimard, 2006.

 

De façon un peu inattendue, une source intéressante de contes Inuits est un livre sur l’astronomie du Grand Nord qui nous donne aussi les contes associés aux constellations

John MacDonald, The Arctic Sky, Royal OntarioMuseam, 2000.

               - les indiens d’Amérique centrale,

Jacobo Grinberg-Zylberbaum, Rencontre avec des chamans du Mexique, Le Mail, 1994.

 

 

***************** Les divinités féminines

 

Je recommande aussi à tous ceux qui s’intéressent à notre passé matriarcal de consulter :

 

Tous les livres de

Marija Gimbutas, par exemple, The language of the Goddess, Harper Collins, 1989.

Il est bien certain que les positions de Gimbutas sont un peu extrêmes, et qu’elle attribue trop généreusement toute trace archéologique à la Déesse-Mère. Il faut donc prendre ses conclusions avec une certaine prudence. Cependant, elle nous a fourni une documentation irremplaçable et originale sur de nombreuses trouvailles archéologiques. Il me semble un peu rapide de mépriser une contribution d’une telle ampleur, comme on a un peu trop tendance à le faire aux USA.

Un ouvrage sérieux couvrant toutes formes de sorcellerie féminine réunit 12 articles de spécialistes sur ce sujet :

Venetia Newhall (Eds.), The Witch in History, Barnes & Noble, 1996.

Symétriquement, car moins ‘sérieux’ mais plus ‘amusants’, on a:

Shahrukh Husain (Eds.), The Virago Book of Witches, Virago Press, 1993.

Jeanne Achtenberg, Woman as Healer, Shambhala Publications, Boston 1990.

Buffie Johnson, The Lady of the Beast - Ancient Images of the Goddess and Her Sacred Animals, Harper and Row, 1988.

Lotte Motz, The Faces of the Goddess, Oxford University Press, 1997.

 

Toujours aussi pointue dans son analyse, Judith Jesch  nous donne une vue documentée et objective de la femme nordique :

Judith Jesch, Women in the Viking Age, The Boydell Press, 1991.

 

Pour les études plus générales relatives à la société nordique, on consultera :

Britt-Mari Näsström, Freyja - The Great Goddess of the North, Lund Studies in History of Religions, 1995, ISBN 91-22-01694-5.

Jenny Jochens, Old Norse Images of Women, Univ. of Pennsylvania Press, 1996.

 

Sans que je puisse partager toutes ses convictions, le livre de Margaret Murray est une sorte de base ‘scientifique’ de la Wicca, fondée ensuite par Gardner :

   Margaret Alice Murray, The Witch-Cult in Western Europe, Clarendon press, 1921; The God of the Witches, Oxford University Press, 1952 (original en 1931).

 

De façon plus implicite, mais peut-être encore plus convaincante, Tacite, décrivant les moeurs des Germains, souligne (avec un profond mépris) leur vénération pour des déités féminines « qui est encore plus humiliante qu’un esclavage digne ». J’ai déjà cité :

Tacitus, The Agricola and The Germania, Penguin Classics, 1971.

 

***************** Magie

 

Pour trouver une description objective des procédés magiques dans les civilisations celtes et nordiques, je (re)-recommande particulièrement

The Witch in History, Venetia Newall (Ed.) Barnes & Noble, NY 1996, qui contient un article d’Anne Ross, The Divine Hag of the Pagan Celts, un article de H. R. Ellis Davidson, Hostile Magic in the Icelandic Sagas.

Magnús Rafnsson, Tvær galdraskræður – Two Icelandic Books of Magic, bilingue. Strandgaldur ses, Hólmavik, Strandir 2008.

Je ne me suis pas servi du Galdrabok, livre des charmes magiques islandais, parce que son auteur ne cite aucune de ses sources :

S. Flowers The Galdrabok, An Icelandic Grimmoire, Samuel Weiser, 1989.

 

Les livres des inquisiteurs découvrent en négatif les pratiques magiques

Heinrich Kramer et James Sprenger, Malleus Maleficarum, 1486 dont de nombreuses éditions existent dans toutes les langues.

Pierre de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons, Nicolas Buon, 1613 qui, n’étant pas un prêtre mais un homme de loi, torturait au moins sans passion – et sans pitié, on peut le voir d’après ses ouvrages. Cet ouvrage rare constitue aussi la source principale des arguments de Margaret Murray quant à une ‘religion des sorcières’ et donc est une des bases objectives sur laquelle la Wicca s’est fondée.

Dans un genre complètement différent, l’enquête passionnante de

Robert Muchembled, Les derniers bûchers, Ramsay, Paris, 1981, relate le début de la fin des procès en sorcellerie et souligne qu’on s’est rendu compte très tôt de l’inanité des charges portées contre les sorcières.

 

Le thème de la magie est présent dans une foule de livres, celui d’Eliade sur le chamanisme décrit très bien de nombreuses pratiques magiques. Pour la magie “vue de l’intérieur”, s'il me fallait choisir un livre, ce serait le dernier de Castaneda, où il décrit honnêtement les premières étapes nécessaires à l'exercice de la magie, sans drogues ni mystérieux maître à penser : The Art of Dreaming, Aquarian, 1993.

Inversement, le livre de

Keith Thomas, Religion and the Decline of Magic, Penguin 1971, donne une description rationnelle des liens entre la magie et la religion, avec une très bonne analyse des effets des diverses sectes chrétiennes nées en Angleterre.

 

***************** Charmes et incantations

 

Les charmes Lituaniens que j’ai mis en ligne m’ont été fournis par ma correspondante Lituanienne, Neringa Jablonskyté. Elle possède :

P. Dunduliené, Lietuvos etnologia,

et elle a trouvé à la bibliothèque de Kaunas:

J. Cicénas, Daugeliskiniai burtai,

Y. Lvov, Zagorovie, oberegi i spasitelnie malitvi,

B. Meisteré, Perkuno funkcijos latviu folklore,

dont j’ai des photocopies partielles. Chaque charme est donné dans le ‘format ethnologique’ classique, avec nom de l’informant, place de recueil, et référence de la première publication.

 

On trouvera des charmes des Highlands écossaises dans:

Mary Beith,  Healing Threads, Polygon, Edinburgh, 1995.

 

Les charmes anglo-saxons ont été souvent publiés. J’ai utilisé surtout une édition qui joint l’original Anglo-Saxon:

Louis J. Rodrigues, Anglo-Saxon Verse Charms, Maxims & Heroic Legends, Anglo-Saxon Books, 1994, ainsi qu’une version due à un biologiste, non un linguiste,

M. L. Cameron, Anglo-Saxon Medicine, Cambridge University Press, 1993.

Le livre de

Karen Louise Jolly, Popular Religion in Late Saxon England, The University of North Carolina Press, 1996, contient aussi de nombreux charmes qui sont discutés dans un contexte religieux plutôt que le contexte médical du livre de Cameron.

 

Les oeuvres de  Hildegarde de Bingen sont:

Hildegard of Bingen, Holistic Healing, The Liturgical Press 1994.  Traduit depuis l’Allemand, ce livre contient de nombreux remèdes et quelques charmes. Il faut préférer, quand on le peut, les traductions faites directement depuis le Latin, comme les version allemandes et françaises.

Hildegarde de Bingen, Le livre des oeuvres divines, Albin  Michel, 1982. 

Ce livre décrit ses visions mystiques dont certaines sont relatives à la constitution organique du corps humain et aux interactions entre les ‘humeurs’.

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Jérôme Million 1988, contient la description des propriétés médicales des plantes et des pierres.

 

 

***************** Politique

 

Nicholas Goodrick-Clarke, The Occult Roots of Nazism, NY University Press, 1992.

Jeffrey Kaplan, Radical Religion in America, Syracuse University Press, 1997.