Branwen uerch Lyr.

 

____________

BRANWEN*,

fille de Llyr

 

Traduction de Joseph Loth (1913), et comprenant ses notes en bas de page

 

 

 

 

 

 

BENDIGEIDURAN uab Llyr, a oed urenhin coronawc ar yr ynys hon, ac ardyrchawc o goron Lundein.

Voici la seconde branche du Mabinogi.

 

Bendigeit Vran** fils de Llyr***, était roi couronné de toute cette île, dignité rehaussée encore par la couronne de Llundein (Londres).

 

 

*Branwen. Il y a eu, disent les Triades, trois soufflets causés par la colère : celui que donna l'Irlandais Matholwch à Branwen, celui de Gwenhwyvach, à Gwenhwyvar, femme d'Arthur, ce qui amena la bataille de Camlan; le soufflet de Golyddan Vardd, ou le barde, à Cadwaladyr le béni (Triades Mabin., p. 301, I. 16; la triade 51, Myv. arch., p. 392, fait donner le deuxième soufflet à Medrawt par Arthur. (Voy. la note à Arthur, dans le Mab. de Kulhwch et Olwen). Un poète de la fin du XIVème siècle, Yr Iustus Llwyd, fait une allusion aux noces de Branwen (Myv. arch., p. 367, col. 2). Dafydd ab Gwilym compare le teint d'une de ses maîtresses à celui de Bronwen, fille de Llyr. Lady Guest rapporte, d'après le Cambro-briton, II, p. 71,1821, qu'on découvrit, en 1813, sur les bords de l'Alaw, en Anglesey, dans un endroit appelé Ynys Bronwen, ou l'île de Bronwen, sous un tumulus, une urne funéraire contenant des cendres et des ossements.

 

**Bran le béni doit son surnom, d'après les Triades, à ce qu'il apporta le premier la foi chrétienne aux Kymry, de Rome, où il avait passé sept années comme otage avec son fils Caradawc (Caratacos), pris par les Romains à la suite de la trahison d'Aregwedd Voeddawg. Les deux autres inspirés et bénis sont: Lleirwg ab Coel ab Cyllin, surnommé Lleuver mawr, grande lumière, qui bâtit la première église à Llandaf, et Cadwaladr le béni, qui accorda un refuge sur ses terres et sa protection aux chrétiens fuyant les Saxons (Myv. arch., p. 401, 35). Il est rangé aussi à côté de Prydain ab Aedd Mawr, et Dyfnwal Moelmut, parmi les trois fondateurs et législateurs du royaume de Bretagne (Ibid. ; p. 404, 36). Le Mabinogi de Branwen, plus bas, nous le montre ordonnant de lui couper la tête, et de la cacher dans la colline blanche, à Londres. Ce fut, disent les Triades, une des trois bonnes cachettes, avec les os de Gwerthevyr (cf. Nennius, Hist., 47 ; cf. Gaufrei de Monm., Hist., VI, 14) enfouis dans les principaux ports de l'île, et les dragons cachés par Lludd à Dinas Emreis (voy. le Mab. de Lludd et Llevelys). Ce fut une des trois mauvaises découvertes, quand on la découvrit. Ce fut Arthur qui la déterra, ne voulant devoir la défense de l'île qu'à sa valeur : il ne devait pas y avoir d'invasion tant qu'elle resterait cachée. Ce fut Gwrtheyrn qui, par amour pour la fille de Hengist, déterra les dragons et les os de Gwerthevyr (Triades Mabinog., p. 300). Bran est la tige d'une des trois grandes familles de saints; Cunedda et Brychan sont les deux autres (Rees, Welsh saints, p. 77; Iolo mss., p. 100, p. 8, p. 40). Un poème des Iolo mss., p. 307, attribué à Rhys Goch, poète du XIVème siècle, fait cacher la tête de Bran dans le bois de Pharaon, ou Dinas Emrys, près Beddgelert, Carnarvonshire, et non les dragons. Son nom revient souvent chez les poètes (Livre Noir, ap. Skene, Four anc. books, p. 55 : dans le dialogue de Gwyn ab Nudd et de Guiddnev, un des interlocuteurs dit qu'il a été là où Bran fut tué). Taliesin prétend qu'il a été avec Bran en Iwerddon, et qu'il a vu tuer Morddwyd Tyllon, (Skene, 154, 27); Llywarch ab Llywelyn, poète du XIIème siècle, compare Gruffudd ab Cynan à Bran, fils de Llyr, (Myv. arch., p. 205, col. 1). Bran, corbeau, est un nom fort commun chez tous les Celtes (On trouve sept ou huit Bran et des noms qui en sont dérivés dans le Cartul. de Redon).

 

*** Llyr Lledieith, ou au demi-langage, ou au langage à moitié étranger, est un personnage dont il est fréquemment question. D'après les Triades (Mab., II, p. 306, 9), c'est un des trois principaux prisonniers de l'île de Bretagne (Voir Kulhwch, et Olwen, note à Mabon, fils de Modron). Il aurait été emprisonné avec sa famille par Euroswydd et les Romains. Les Iolo mss. lui font chasser les Romains du sud de l’île, les Gaëls du nord du pays de Galles, les Armoricains de Cornouailles (p. 83). On distingue plusieurs Llyr : Llyr Lledieith, Llyr Merini, et enfin Llyr, fils de Bleidyt, que Gaufrei de Monmouth a popularisé, surtout grâce à l'histoire de ses filles Gonorilla, Regan et Cordélia (Hist., II, 11; Brut. Tysilio, Myv. Arch. p. 440 et suiv.). L'histoire des enfants de Lir est une des trois histoires douloureuses chez les Irlandais (O'Curry. On the manners, II, p. 325). Llyr, chez les Gaëls comme chez les Bretons, signifie les flots, la mer. Était-ce le Neptune celtique ? Le passage cité plus haut, du Livre Noir, tendrait à le confirmer : « Bran, fils de Y Werydd, à la gloire étendue. » Y Werydd signifie l'Océan, et semble s'appliquer plus spécialement au canal de Saint-Georges.

 

A frynhawngueith yd oed yn Hardlech yn Ardudwy, yn llys idaw. Ac yn eisted yd oedynt ar garrec Hardlech, uch penn y weilgi, a Manawydan uab Llyr y urawt y gyt ac ef, a deu uroder un uam ac ef, Nissyen, ac Efnyssyen, a guyrda y am hynny, mal y gwedei ynghylch brenhin.

 

Une après-midi, il se trouvait à Harddlech*, en Ardudwy**, qui lui servait de cour, assis au sommet du rocher au-dessus des flots de la mer, en compagnie de Manawyddan***, fils de Llyr, son frère, de deux autres frères du côté de sa mère, Nissyen et Evnissyen, et, en outre, de beaucoup de nobles, comme il convenait autour d'un roi.

 

* Harddlech, aujourd'hui Harllech, sur la côte, dans le Merionethshire. Suivant lady Guest, Harlech porterait aussi le nom de Twr Bronwen, ou la tour de Bronwen.

 

** Ardudwy était un cymwd faisant partie du cantrev de Dinodic en Arvon (Myv. arch., p. 735). Silvan Evans, dans son English-Welsh Dict., donne à l'article sea-side, à Ardudwy, le sens de bord de la mer.

 

*** Voy. le Mabinogi qui porte son nom.

 

 

 

Y deu uroder un uam ac ef, meibon oedyn y Eurosswyd o'e uam ynteu Penardun, uerch Ueli uab Mynogan. A'r neill o'r gueisson hynny, gwas da oed ; ef a barei tangneued y rwg y deu lu, ban uydynt lidyawcaf; sef oed hwnnw Nissyen. Y llall a barei ymlad y rwng y deu uroder, ban uei uwyaf yd ymgerynt.

 

 

Ac ual yd oedynt yn eisted yuelly, wynt a welynt teir llong ar dec, yn dyuot o deheu Iwerdon, ac yn kyrchu parth ac attunt, a cherdet rugyl ebrwyd ganthunt : y gwynt yn eu hol, ac yn nessau yn ebrwyd attunt.

 

“Mi a welaf longeu racco,” heb y brenhin, “ac yn dyuot yn hy parth a’r tir. Ac erchwch y wyr y llys wiscaw amdanunt, a mynet y edrych pa uedwl yw yr eidunt.”

Y gwyr a wiscawd amdanunt ac a nessayssant attunt y wayret. Gwedy guelet y llongeu o agos, diheu oed ganthunt na welsynt eiryoet llongeu gyweirach eu hansawd noc wy. Arwydon tec, guedus, arwreid o bali oed arnunt.

Ac ar hynny, nachaf un o'r llongeu yn raculaenu rac y rei ereill, ac y guelynt dyrchauael taryan, yn uch no bwrd y llong, a swch y taryan y uynyd yn arwyd tangneued.

 

Ac y nessawys y gwyr attunt, ual yd ymglywynt ymdidan:

Ces deux frères étaient fils d'Eurosswydd*, mais ils étaient de la même mère que lui : Penardim, fille de Beli, fils de Mynogan**. L'un de ces jeunes gens était bon; il mettait la paix au milieu de la famille quand on était le plus irrité : c'était Nissyen. L'autre mettait aux prises ses deux frères quand ils s'aimaient le plus.

 

 

Pendant qu'ils étaient ainsi assis, ils aperçurent treize navires venant du sud d'Iwerddon (l’Irlande)*** et se dirigeant de leur côté; leur marche était facile, rapide; le vent, soufflant en poupe, les rapprochait d'eux rapidement.

« Je vois là-bas des navires, » s'écria le roi, « venant vite vers la terre; commandez aux hommes de la cour de se vêtir, et d'aller voir quelles sont leurs intentions. »

Les hommes se vêtirent et descendirent dans leur direction. Quand ils purent voir les navires de près, ils furent bien convaincus qu'ils n'en avaient jamais vu qui eussent l'air mieux équipés. De beaux étendards de paile flottaient au-dessus d'eux. Tout à coup un navire se détacha en avant des autres, et on vit se dresser au-dessus du pont un écu,

 

l'umbo**** en haut, en signe de paix.

 

Les hommes de Bran avancèrent vers lui, de façon à pouvoir converser.

 

 

* Beaucoup d'écrivains gallois, lady Charlotte Guest notamment, ont identifié ce personnage avec le général romain Ostorius; l'identification des deux noms est phonétiquement impossible. Voy. la note à Llyr.

 

** Beli le Grand, fils de Mynogan, aurait régné en Bretagne trente-neuf ou quarante ans. C'est le père de Lludd et de Caswallawn, dont on peut identifier le nom avec celui de Cassivellaunus. De la mort de Beli jusqu'à Llyr, dont le fils apporta la foi en Bretagne, il se serait écoulé cent vingt ans (Iolo mss. p. 37, 38 ; Brut Tysilio, Myv, p. 448, col. 1; Gaufrei de Monmouth, Hist., III, 20). Une triade lui attribue l'honneur d'avoir étouffé une conspiration contre la sûreté de l’île (Myv. arch., p. 401, 11). Taliesin le célèbre (Skene, Four ancient books of Wales, 204, 28) ; il lui attribue sept fils (ibid., 202, 9). Voy. le début du Mabinogi de Lludd et Llevelys.

 

*** Iwerddon est aujourd'hui le nom gallois de l'Irlande. Il dérive de la même forme vieille celtique que le nom que les Irlandais eux-mêmes donnent à leur pays : nominatif Ériu, accus. Erinn.

 

****Mot à mot, le soc: swch, proprement soc de charrue et primitivement aussi probablement groin, comme l'irlandais socc. Dans l'épopée irlandaise le bouclier dans le combat mugit. V. J. Loth. Revue celt. 1911: Le bouclier de Tristan.

 

 

Bwrw badeu allan a wnaethont wynteu, a nessau parth a'r tir, a chyuarch guell y'r brenhin. E brenhin a'e clywei wynteu o'r lle yd oed ar garrec uchel uch eu penn,

“Duw a rodo da ywch,” heb ef, “a grayssaw wrthywch. Pieu yniuer y llongeu hynn, a phwy yssyd pennaf arnunt wy ?”

“Arglwyd,” heb wynt, “mae ymma Matholwch brenhin Iwerdon, ac ef bieu y llongeu.”

“Beth,” heb y brenhin, “a uynnhei ef ? A uyn ef dyuot y'r tir ?”

 “Na uynn, Arglwyd,” heb wynt, “negessawl yw wrthyt ti, onyt y neges a geif.”

“By ryw neges yw yr eidaw ef ?" heb y brenhin.

“Mynnu ymgyuathrachu a thidy, Arglwyd,” heb wynt, “Y erchi Branwen uerch Lyr y doeth, ac os da genhyt ti, ef a uyn ymrwymaw ynys y Kedeirn ac Iwerdon y gyt, ual y bydynt gadarnach.”

 

“Ie,” heb ynteu, “doet y'r tir, a chynghor a gymerwn ninheu am hynny.” Yr atteb hwnnw a aeth ataw ef.

“Minheu a af yn llawen,” heb ef. Ef a doeth y'r tir, a llawen uuwyt wrthaw ; a dygyuor mawr uu yn y llys y nos honno, y rwng e yniuer ef ac yniuer y llys.

Yn y lle trannoeth, kymryt kynghor. Sef a gahat yn y kynghor, rodi Branwen y Uatholwch.

A honno oed tryded prif rieni yn yr ynys hon ; teccaf morwyn yn y byt oed. A gwneuthur oed yn Aberfraw y gyscu genti, ac odyno y kychwyn.

 

Ac y kychwynassant yr yniueroed hynny parth ac Aberfraw, Matholwch a'y yniueroed yn y llongheu, Bendigeituran a'y niuer ynteu ar tir, yny doethant hyt yn Aberfraw.

Les étrangers jetèrent des canots à la mer, se rapprochèrent du rivage et saluèrent le roi. Il les entendait du haut du rocher où il était assis, au-dessus de leurs têtes.

« Dieu vous donne bien, » dit il, « soyez les bienvenus. A qui appartiennent ces navires et quel en est le chef? »

« Seigneur, » répondirent-ils, « Matholwch*, roi d'Iwerddon, est ici, et ces navires sont à lui. »

« Que peut-il désirer? Veut-il venir à terre? »

« Comme il vient en solliciteur auprès de toi, il n'ira pas, s'il n'obtient l'objet de son voyage. »

« Quel est-il? »

« Il veut, seigneur, s'allier à toi : c'est pour demander Branwen, fille de Llyr, qu'il est venu. Si cela t'agrée, il établira entre l'île des Forts** et Iwerddon, un lien qui augmentera leur puissance. »

 

« Eh bien, qu'il vienne à terre, et nous délibérerons à ce sujet.» Cette réponse fut portée à Matholwch.

« Volontiers. » dit-il. Et il se rendit à terre. On lui fit bon accueil, et il y eut cette nuit-là un grand rassemblement formé par ses troupes et celles de la cour.

Dès le lendemain on tint conseil, et il fut décidé qu'on donnerait Branwen à Matholwch.

C'était une des trois premières dames de cette île***, et la plus belle jeune fille du monde. On convint d'un rendez-vous à Aberffraw**** où Matholwch coucherait avec elle.

On se mit en marche, et toutes les troupes se dirigèrent vers Aberffraw, Matholwch et les siens par mer, Bendigeit Vran et ses gens par terre.

 

 

 

*Voir la note à Branwen, et le Mabinogi de Math.

 

** Ynys y Kedyrn, « l'île des Forts. » Ce nom revient souvent dans les Mabinogion, et semble ailleurs d'un emploi assez rare. Suivant une triade (Myv. arch., p. 400, 1), l'île a porté trois noms : celui de Clas Merddin avant d'être habitée ; celui de Y vel ynys, « l’île de miel », après, et enfin, le nom de Ynys Prydein, après sa conquête par Prydain ab Aedd mawr. D'après une autre triade (Myv. arch., p. 388, 1), on lui donna, après sa colonisation par Bryt (Brutus), le nom d'Ynys Bryt.

 

*** Les Triades ne la nomment pas parmi les dames célèbres de l'île.

 

****Aberffraw, au sud de l'île d'Anglesey, à l'embouchure d'une petite rivière comme l'indique le mot aber, « embouchure », a été au moins depuis le VIIIème siècle jusqu'à la chute de l'indépendance galloise, la résidence principale des rois de Gwynedd ou Nord-Galles. C'était le chef-lieu d'un cantrev du même nom. Mon, que les Anglais appellent Anglesey, avait une importance considérable surtout à cause de sa fertilité qui, au témoignage de Giraldus Cambrensis, l'avait fait surnommer la mère de la Cambrie.

 

 

 

Yn Aberfraw dechreu y wled, ac eisted. Sef ual yd eistedyssant, brenhin Ynys y Kedeirn, a Manawydan uab Llyr o'r neill parth idaw, a Matholwch o'r parth arall, a Branwen uerch Lyr gyt ac ynteu.

 

Nyt ymywn ty yd oydynt, namyn ymywn palleu. Ny angassei Uendigeituran eiryoet ymywn ty.

A’r gyuedach a dechreussant. Dilit y gyuedach a wnaethant ac ymdidan. A phan welsant uot yn well udunt kymryt hun no dilyt kyuedach, y gyscu yd aethant. A'r nos honno y kyscwys Matholwch gan Uranwen. A thrannoeth, kyuodi a orugant pawb o niuer y llys ; a'r swydwyr a dechreusant ymaruar am rannyat y meirych a'r gweisson. Ac eu rannu a wnaethant ym pob kyueir hyt y mor.

 

 Ac ar hynny dydgueith, nachaf Efnyssen [y] gwr anagneuedus a dywedassam uchot, yn dywanu y lety meirch Matholwch, a gouyn a wnaeth, pioed y meirch.

 

“Meirych Matholwch brenhin Iwerdon yw y rei hyn,” heb wy.

“Beth a wnant wy yna ?” heb ef.

“Yma y mae brenhin Iwerdon, ac yr gyscwys gan Uranwen dy chwaer, a'y ueirych yw y rei hynn.”

“Ay yuelly y gwnaethant wy am uorwyn kystal a honno, ac yn chwaer y minheu, y rodi heb uyghanyat i ? Ny ellynt wy tremic uwy arnaf i,” heb ef.

 

Ac yn hynny guan y dan y meirych, a thorri y guefleu wrth y danned udunt, a'r clusteu wrth y penneu, a'r rawn wrth y keuyn; ac ny caei graf ar yr amranneu, eu llad wrth yr ascwrn. A gwneuthur anfuryf ar y meirych yuelly, hyd nat oed rym a ellit a'r meirych.

E chwedyl a doeth at Uatholwch. Sef ual y doeth, dywedut anfuruaw y ueirych ac eu llygru, hyt nat oed un mwynyant a ellit o honunt.

“Ie, Arglwyd,” heb un, “dy waradwydaw yr a wnaethpwyt, a hynny a uynhir y wneuthur a thi.”

“Dioer, eres genhyf, os uy gwaradwydaw a uynhynt, rodi morwyn gystal, kyuurd, gyn anwylet gan y chenedyl, ac a rodyssant ym.”

 

 “Arglwyd,” heb un arall, “ti a wely dangos ef. Ac nyt oes it a wnelych, namyn kyrchu dy longeu.”

Ac ar hynny arouun y longeu a wnaeth ef.

 

 

A leur arrivée à Aberffraw, le banquet commença. Ils s'assirent, le roi de l'île des Forts et Manawyddan d'un côté, Matholwch de l'autre, et Branwen avec eux.

 

 

Ce n'est pas dans une maison qu'ils étaient, mais sous des pavillons. Bendigeit Vran n'aurait jamais pu tenir dans une maison.

On se mit à boire, et on continua, en causant, jusqu'au moment où il fut plus agréable de dormir que de boire. Ils allèrent se coucher. Cette nuit-là Matholwch et Branwen couchèrent ensemble.

Le lendemain, tous les gens de la cour se levèrent; les officiers commencèrent à s'occuper du partage des chevaux, de concert avec les valets; ils les distribuèrent de tous côtés jusqu'à la mer.

Sur ces entrefaites, un jour l'ennemi de la paix dont nous avons parlé plus haut, Evnyssyen*, tomba sur le logis des chevaux de Matholwch, et demanda à qui ils appartenaient.

« Ce sont les chevaux de Matholwch, roi d'Iwerddon, » fut-il répondu.

« Que font-ils ici? » dit-il.

« C'est ici qu'est le roi d'Iwerddon; il a couché avec ta sœur Branwen; ces chevaux sont les siens. »

« Et c'est ainsi qu'ils en ont agi avec une jeune fille comme elle, avec ma sœur à moi ! la donner sans ma permission ! Ils ne pouvaient me faire plus grand affront.»

 

Aussitôt il fond sous les chevaux, leur coupe les lèvres au ras des dents, les oreilles au ras de la tête, la queue au ras du dos; s'il ne trouvait pas prise sur les sourcils, il les rasait jusqu'à l'os. Il défigura ainsi les chevaux, au point qu'il était impossible d'en rien faire.

 

La nouvelle en vint à Matholwch; on lui rapporta que les chevaux étaient défigurés et gâtés à tel point, qu'on n'en pouvait plus tirer aucun parti.

« Oui, seigneur, » dit un des hommes, « on t'a insulté; c'est bien ce qu'on veut te faire. »

 

« En vérité, » répondit-il, « je trouve étrange, s’ils voulaient m'outrager, qu'ils m'aient donné une pareille jeune fille, d'aussi haute condition, aussi aimée de sa nation. »

« Seigneur, » dit un autre, « tu en vois la preuve; il ne reste qu'une chose à faire, te rendre sur tes vaisseaux. »

A la suite de cet entretien, il se mit en devoir de partir sur ses navires.

 

 

*Evnys, en gallois, signifie hostile, ennemi, fâcheux.

 

 

E chwedyl a doeth at Uendigeituran, bot Matholwch yn adaw y llys, heb ouyn, heb ganhyat. A chenadeu a aeth y ouyn idaw, paham oed hynny. Sef kennadeu a aeth, Idic uab Anarawc, ac Eueyd Hir. Y guyr hynny a'y godiwawd, ac a ouynyssant idaw, pa darpar oed yr eidaw, a pha achaws yd oed yn mynet e ymdeith.

“Dioer,” heb ynteu,” pei ys gwypwn, ny down yma. Cwbyl waradwyd a geueis. Ac ny duc neb kyrch waeth no'r dugum ymma. A reuedawt rygyueryw a mi.”

 

“ Beth yw hynny ?” heb wynt.

“ Rodi Bronwen uerch Lyr ym, yn tryded prif rieni yr ynys honn, ac yn uerch y urenhin Ynys y Kedeyrn, a chyscu genthi, a gwedy hynny uy gwaradwydaw. A ryued oed genhyf, nat kyn rodi morwyn gystal a honno ym, y gwneit y gwaradwyd a wnelit ym.”

 

 

“ Dioer, Arglwyd, nyt o uod y neb a uedei y llys,” heb wynt,” na neb o'e kynghor y gwnaet[h]pwyt y gwaradwyd hwnnw yt. A chyt bo gwaradwyd gennyt ti hynny, mwy yw gan Uendigeituran no chenyt ti, y tremic hwnnw a'r guare,”

Ie,” heb ef,” mi a tebygaf. Ac eissoes ni eill ef uy niwaradwydaw i o hynny.” E gwyr hynny a ymchwelwys a'r atteb hwnnw, parth a'r lle yd oed Uendigeituran, a menegi idaw yr atteb a diwedyssei Uatholwch.

 

Ie,” heb ynteu,” nyt oes ymwaret e uynet ef yn anygneuedus, ac nys gadwn.”

 

Ie, Arglwyd,” heb wy,” anuon etwa genhadeu yn y ol.”

“Anuonaf,” heb ef. “ Kyuodwch, Uanawydan uab Llyr, ac Eueyd Hir, ac Unic Glew Yscwyd, ac ewch yn y ol,” heb ef,” a menegwch idaw, ef a geif march iach am pob un o'r a lygrwyt ; ac y gyt a hynny, ef a geif yn wynepwerth*** idaw, llathen aryant a uo kyuref [a'e uys bychan] a chyhyt ac ef e hun, a chlawr eur kyflet a'y wyneb ; a menegwch ydaw pa ryw wr a wnaeth hynny, a phan yw o'm anuod inheu y gwnaethpwyt hynny ; ac y may brawt un uam a mi a wnaeth hynny, ac nat hawd genhyf i na'e lad na'e diuetha ; a doet y ymwelet a mi,” heb ef, “a mi a wnaf y dangneued ar y llun y mynho e hun.”

 

 

E kennadeu a aethant ar ol Matholwch, ac a uanagyssant idaw yr ymadrawd hwnnw yn garedic, ac ef a'e guerendewis.

 

“A wyr,” heb ef,” ni a gymerwn gynghor.” Ef a aeth yn y gynghor ; sef kynghor a uedylyssant, - os gwrthot hynny a wnelynt, bot yn tebygach ganthunt cael kywilid a uei uwy, no chael iawn a uei uwy.

 

 

A disgynnu a wnaeth ar gymryt hynny. Ac y'r llys y deuthant yn dangneuedus.

Bendigeit Vran, apprenant que Matholwch quittait la cour sans prendre congé, lui envoya demander pourquoi. Les messagers étaient Iddic, fils d'Anarawc*, et Eveydd Hir. Ils arrivèrent jusqu'à lui, et lui demandèrent ce que signifiaient ses préparatifs, et pour quel motif il partait.

 

« Assurément, » répondit-il, « je ne serais pas venu ici. J'ai essuyé l'outrage le plus complet. Personne n'a eu à subir pire attaque que moi en ces lieux. Une chose, cependant, me surprend par dessus tout. »

« Laquelle? » dirent-ils.

« Qu'on m'ait donné Branwen, une des trois premières dames de cette île, la fille du roi de l'île des Forts, que j'aie couché avec elle, et qu'ensuite on vienne m'outrager. Je suis étonné qu'on ne l'ait pas fait avant de me la donner. »

 

 

            « Assurément, seigneur, ce n'est point par la volonté de celui qui possède cette cour, ni d'aucun de son conseil qu'on t'a fait cet affront. Et, si tu te trouves outragé, Bendigeit Vran est encore plus sensible que toi à cet affront et à ce mauvais tour. »

           « Je le crois, mais il ne peut pas faire que je n'aie reçu cet outrage. » Ils s'en retournèrent, là-dessus, auprès de Bendigeit Vran, et lui rapportèrent la réponse de Matholwch.

 

« Il n'y a pas moyen, » dit-il « de l'empêcher de partir avec des dispositions hostiles, quand même je ne le permettrais pas. »

           « Eh bien, seigneur, envoie encore des messagers après lui. »

           « C'est ce que je vais faire. Levez-vous, Manawyddan fils de Llyr, Eveidd Hir, Unic Glew Ysgwydd**, allez après lui, et dites-lui qu'il aura un cheval en bon état pour chacun de ceux qu'on lui a gâtés. Je lui donnerai en outre, en wynebwarth*** des verges d'argent aussi épaisses et aussi longues que lui, un plat d'or aussi large que son visage. Faites-lui savoir quelle espèce d'homme lui a fait cela, que je n'y suis pour rien, que le coupable est un frère à moi, du côté de ma mère, et qu'il ne m'est guère possible de me défaire de lui ni de le tuer. Qu'il vienne me voir; je ferai la paix aux conditions qu'il tracera lui-même. »

 

Les messagers se mirent à la recherche de Matholwch, lui rapportèrent ce discours d'une façon amicale. Après les avoir entendus, il dit :

« Hommes, nous allons tenir conseil. » Il alla tenir conseil, et ils réfléchirent que s'ils rejetaient ces propositions, il en résulterait vraisemblablement pour eux plutôt de la honte encore qu'une [sic. lire : il en résulterait vraisemblablement pour eux de la honte en plus, plutôt qu'une réparation aussi importante] réparation aussi importante. Il condescendit à accepter, et ils se rendirent à la cour en amis.

 

 

 

* Il faut peut-être lire Anarawt, nom bien connu. Les Iolo mss., p. 258, mentionnent un roi de Gwynedd, ou Nord-Galles de ce nom. D'après une triade, c'est un des trois taleithiawc, « roi porte-diadème, » avec Cadell, roi de Dinevwr ou du Sud, et Mervin, roi de Mathraval ou Powys (Myv. arch, p. 405, col. 2). Les Annales Cambriae mentionnent la dévastation de Cereticiawn et de Ystrattui . (Ystrad Tywi) par Anarawt et les Saxons. Anarawt meurt en 915; d'après le Brut y Tywysogion, c'est un fils de Rodri ; il est qualifié de Rex Britonum (Monum. Hist. brit., p. 846, 847).

 

** Unic, « seul, unique ; » glew, « vaillant; » ysgwydd, «épaule »

 

*** Wyneb-werth, mot à mot prix du visage. Visage et honneur sont synonymes chez les Celtes (voy. Kulhwch et Olwen). La compensation s'appelait, en Irlande, log enech, « prix du visage ; » l'enech ruice ou outrage était proprement la rougeur du visage causée par un acte attentatoire à l'honneur de la famille; enechgris, qui a un sens analogue, indique que le visage devient pâle ou blanc par suite d'une injure. La forme bretonne armoricaine de wynep-werth est, au IXème siècle, enep-uuert [h] (Cart. de Redon) ; mais ce mot avait chez nous un sens moins général : c'était le don offert par le mari à sa femme après la consommation du mariage, la compensation pour la virginité. Le mot actuel enebarz, « douaire », est le représentant moderne d'enep-werth. Comme l'a fait remarquer lady Guest, le Mabinogi est ici à peu près d'accord avec les lois ; la compensation pour un outrage fait au roi d'Aberfraw ou du Nord-Galles consistait en : cent vaches par cantrev, avec un taureau blanc aux oreilles rouges par cent vaches. ; une verge d'or aussi longue que lui et aussi épaisse que son petit doigt; un plat d'or aussi long que son visage et aussi épais que l'ongle d'un laboureur qui laboure depuis, sept ans (Ancient Laws, I, p. 7). On a ici wyneb-warth ; il semble qu'il y ait là une tentative d'étymologie populaire : gwarth, en effet, en gallois, signifie honte, déshonneur.

 

 

 

A chyweiraw y pebylleu a'r palleu a wnaethant udunt ar ureint kyweirdeb yneuad, a mynet y uwyta. Ac ual y dechreuyssant eisted ar dechreu y wled, yd eistedyssant yna.

A dechreu ymdidan a wnaeth Matholwch a Bendigeituran. Ac nachaf yn ardiawc gan Uendigeituran yr ymdidan, ac yn drist, a gaei gan Uatholwch, a'y lywenyt yn wastat kyn no hynny. A medylyaw a wnaeth, bot yn athrist gan yr unben uychanet a gawssei o iawn am y gam.

A wr,” heb y Bendigeiduran,” nit wyt gystal ymdidanwr heno ac un nos. Ac os yr bychanet genhyt ti dy iawn, ti a gehy ychwanegu yt wrth dy uynnu, ac auory talu dy ueirch yt.”

 

“ Arglwyd, heb ef,” Duw a dalo yt.”

 

Mi a delediwaf dy iawn heuyt yt,” heb y Bendigeituran. “ Mi a rodaf yt peir ; a chynnedyf y peir yw, y gwr a lader hediw yt, y uwrw yn, y peir, ac erbyn auory y uot yn gystal ac y bu oreu, eithyr na byd llyueryd ganthaw.”

 

A diolwch a wnaeth ynteu hynny, a diruawr lywenyd a gymerth ynteu o'r achaws hwnnw. A thrannoeth y talwyt y ueirych idaw, tra barhawd meirych dof. Ac odyna y kyrchwyt ac ef kymwt* arall, ac y talwyt ebolyon ydaw, yny uu gwbyl idaw y dal. Ac wrth hynny y dodet ar y kymwt hwnnw o hynny allan, Tal Ebolyon**.

 

A'r eil nos, eisted y gyt a wnaethant.

 

“ Arglwyd,” heb y Matholwch,” pan doeth yti y peir a rodeist y mi ?”

 

E doeth im,” heb ef,” y gan wr a uu y'th wlat ti. Ac ni wn na bo yno y caffo.”

 

“ Pwy oed hwnnw ?” heb ef.

“ Llassar Llaes Gyfnewit,” heb ef. “ A hwnnw a doeth yma o Iwerdon, a Chymidei Kymeinuoll, y wreic, y gyt ac ef, ac a dianghyssant o'r ty hayarn yn Iwerdon, pan wnaethpwyt yn wenn yn eu kylch, ac y dianghyssant odyno. Ac eres gynhyf i, ony wdosti dim y wrth hynny,”

“ Gwn, Arglwyd,” heb ef,” a chymeint ac a wnn, mi a'e managaf y ti. Yn hela yd oedwn yn Iwerdon, dydgueith, ar benn gorssed uch penn llyn oed yn Iwerdon, a Llyn y Peir y gelwit.

A mi a welwn gwr melyngoch, mawr, yn dyuot o'r llyn, a pheir ar y geuyn. A gwr heuyt athrugar, mawr, a drygweith anorles arnaw oed ; a gwreic yn y ol ; ac ot oed uawr ef, mwy dwyweith oed y wreic noc ef.

 

A chyrchu ataf a wnaethant, a chyuarch uell im.

“ Ie,” heb y mi, “ pa gerdet yssyd arnawch chwi ?

‘Llyna gerdet yssyd arnam ni, Arglwyd,’ heb ef, ‘y wreic honn,’ heb ef, ‘ym penn pethewnos a mis, y byd beichogi idi, a'r mab a aner yna o'r torllwyth hwnnw, ar benn y pethewnos a'r mis, y byd gwr ymlad llawn aruawc.’

 

 

On leur prépara pavillons et tentes en guise de salles, et ils se mirent à table. Ils s'assirent dans le même ordre qu'au commencement du banquet,

et Matholwch commença à s'entretenir avec Bendigeit Vran. Celui-ci trouva que sa conversation languissait, qu'il était triste, à cause sans doute de l'affront, tandis qu'auparavant il était constamment joyeux. Il pensa que le prince était si triste parce qu'il trouvait la réparation trop faible pour le tort qu'on lui avait fait.

« Homme, » lui dit-il, « tu n'es pas aussi bon causeur cette nuit que les nuits précédentes. Si la réparation ne te semble pas suffisante, j'y ajouterai à ton gré; et dès demain, on te payera tes chevaux. »

 

      « Seigneur, » répondit-il, « Dieu te le rende. »

      « Je parferai la réparation en te donnant un chaudron dont voici la vertu : si on te tue un homme aujourd'hui, tu n'auras qu'à le jeter dedans pour que le lendemain il soit aussi bien que jamais, sauf qu'il n'aura plus la parole. »

 

Matholwch le remercia, et en conçut très grande joie. Le lendemain on remplaça ses chevaux par d'autres, tant qu'il y eut des chevaux domptés. On alla ensuite dans un autre kymmwt*, et on lui donna des poulains jusqu'à payement complet; ce qui fit que ce kymmwt porta, à partir de là, le nom de Tal-ebolyon**.

 

La nuit suivante, ils s'assirent en compagnie.

« Seigneur, » dit Matholwch à Bendigeit, « d'où t'est venu le chaudron que tu m'as donné? »

        « Il m'est venu, » répondit-il, « d'un homme qui a été dans ton pays, mais je ne sais pas si c'est là qu'il l'a trouvé. »

        « Qui était-ce? »

        « Llasar Llaesgyvnewit. Il est venu ici d'Iwerddon, avec Kymideu Kymeinvoll sa femme. Ils s'étaient échappés de la maison de fer, en Iwerddon, lorsqu'on l'avait chauffée à blanc sur eux. Je serais bien étonné si tu ne savais rien à ce sujet. »

 

        « En effet, seigneur, et je vais te dire tout ce que je sais. Un jour que j'étais à la chasse en Iwerddon, sur le haut d'un tertre qui dominait un lac appelé Llynn y Peir.

J'en vis sortir un grand homme aux cheveux roux, portant un chaudron*** sur le dos. Il était d'une taille démesurée, et avait l'air d'un malfaiteur. Et s'il était grand, sa femme était encore deux fois plus grande que lui.

Ils se dirigèrent vers moi et me saluèrent.

 

« Quel voyage est le vôtre? » leur dis-je.

 

        « Voici, seigneur, » répondit-il. « Cette femme sera enceinte dans un mois et quinze jours. Celui qui naîtra d'elle, au bout d'un mois et demi sera un guerrier armé de toutes pièces. »

 

 

 

* Voy. la note au mot cantrev. [Mabinogi de Pwyll]

 

** L'auteur y voit le mot tal, « payement, » et ebolyon, « poulains » (armor. ebeul). Chez un poète du XII-XIIIème siècle, Davydd Benvras, on trouve la forme Tal y bolion (Myv. arch., p. 222. col. 1. ) Talybolion ou Talebolion était un cymmwd du cantrev de Cemais on Mon (Anglesey), d'après Powell, La Myv. arch., range Cemais ou Cemmaes avec Talebolion parmi les Cymmwd du cantrev d'Aberffraw (Myv. arch., p. 735).

 

*** Sur l’importance du chaudron en Irlande, et souvent, sa valeur magique, V. Joyce, A social history of Ireland, II, p. 121-127 ; cf. Déchelette, Manuel Arch., II, p. 446.

 

 

Y kymereis inheu wyntwy arnaf, yu gossymdeithaw : y buant ulwydyn gyt a mi. Yn y ulwydyn y keueis yn diwarauun wynt ; o hynny allann y guarauunwyt im. A chyn penn y pedwyryd [mis] wynt eu hun yn peri eu hatcassu, ac anghynwys yn y wlat, yn gwneuthur sarahedeu, ac yn eighaw, ac yn gouudyaw guyrda a gwragedda.

O hynny allan y dygyuores uyg kyuoeth am ym pen, y erchi im ymuadeu ac wynt, a rodi dewis im, ae uyg kyuoeth, ae wynt. E dodeis inheu ar gynghor uy gwlat beth a wneit amdanunt.

Nyd eynt wy o'y bod ; nit oed reit udunt wynteu oc eu hanuod, herwyd ymlad, uynet.

 

Ac yna yn y kyuyng gynghor, y causant gwneuthur ystauell haearn oll ; a gwedy bot y barawt yr ystauell, dyuyn a oed o of yn Iwerdon yno, o'r a oed o perchen geuel a mwrthwl, a pheri gossot kyuuch a chrib yr ystauell o lo, a pheri guassanaethu yn diwall o uwyt a llyn arnunt, ar y wreic, a'y gwr, a'y phlant.

A phan wybuwyt eu medwi wynteu, y dechreuwyt kymyscu y tan a'r glo am ben yr ystauell, a chwythu y megineu a oed wedy eu gossot yg kylch y ty, a gwr a pob dwy uegin, a dechreu chwythu y megineu yny uyd y ty yn burwen am eu penn.

Ac yna y bu y kynghor ganthunt hwy ymherued llawr yr ystauell ; ac yd arhoes ef yny uyd y pleit haearn yn wenn. Ac rac diruawr wres y kyrchwys y bleit a'e yscwyd a'y tharaw gantaw allan, ac yn y ol ynteu y wreic. A neb ny dieghis odyna namyn ef a'e wreic. Ac yna o'm tebygu i, Arglwyd,” heb y Matholwch wrth Uendigeiduran,“ y doeth ef drwod attat ti.”

 

“ Yna dioer,” heb ynteu,” y doeth yma, ac y mes y peir y minheu.”

“ Pa delw, Arglwyd, yd erbynneisti wynteu ?”

Eu rannu ym pob lie yn y kyuoeth, ac y maent yn lluossauc, ac yn dyrchauael ym pob lle, ac yn cadarnhau y uann y bythont, o wyr ac arueu goreu a welas neb.”

 

Dilit ymdidan a wnaethant y nos honno, tra uu da ganthunt, a cherd a chyuedach. A phan welsant uot yn llessach udunt uynet y gyscu noc eisted a wei hwy, y gyscu yd aethant. Ac yuelly y treulyssant y wled honno drwy digriuwch. Ac yn niwed hynny, y kychwyn­nwys Matholwch, a Branuen y gyt ac ef, parth ac Iwerdon. A hynny o Abermenei y kychwynnyssant teir llong ar dec, ac y doethant hyt yn Iwerdon.

Yn Iwerdon, diruawr lywenyd a uu wrthunt.

 

Ny doey wr mawr, na gwreic da yn Iwerdon, e ymw[e]let a Branwen, ni rodei hi ae cae, ae modrwy, ae teyrndlws cadwedic ydaw, a uei arbennic y welet yn mynet e ymdeith. Ac ymysc hynny, y ulwydyn honno a duc hi yn glotuawr, a hwyl delediw a duc o glot a chedymdeithon. Ac yn hynny, beichogi a damweinwys idi y gael. A guedy treulaw yr amseroyd dylyedus, mab a anet idi. Sef enw a dodet ar y mab, Guern uab Matholwch.

 

Rodi y mab ar uaeth a wnaethpwyt ar un lle goreu y wyr yn Iwerdon.

        « Je me chargeai de pourvoir à leur entretien, et ils restèrent une année avec moi sans qu'on m'en fît des reproches. Mais, à partir de là, on me fit des difficultés à leur sujet. Avant la fin du quatrième mois, ils se firent eux-mêmes haïr en commettant sans retenue des excès dans le pays, en gênant et en causant des ennuis aux hommes et aux femmes nobles. A la suite de cela, mes vassaux se rassemblèrent et vinrent me sommer de me séparer d'eux en me donnant à choisir entre ces gens et eux-mêmes. Je laissai au pays le soin de décider de leur sort. Ils ne s'en seraient pas allés certainement de bon gré, et ce n'était pas non plus en combattant qu'ils auraient été forcés de partir. Dans cet embarras, mes vassaux décidèrent de construire une maison tout en fer. Quand elle fut prête, ils firent venir tout ce qu'il y avait en Iwerddon de forgerons possédant tenailles et marteaux, et firent accumuler tout autour du charbon jusqu'au sommet de la maison*.

 

Ils passèrent en abondance nourriture et boisson à la femme, à l'homme et à ses enfants. Quand on les sut ivres, on commença à mettre le feu au charbon autour de la maison et à faire jouer les soufflets jusqu'à ce que tout fut chauffé à blanc.

Eux tinrent conseil au milieu du sol de la chambre. L'homme, lui y resta jusqu'à ce que la paroi de fer fut blanche. La chaleur devenant intolérable, il donna un coup d'épaule à la paroi et sortit en la jetant dehors, suivi de sa femme. Personne autre qu'eux deux n'échappa. C'est alors, je suppose, qu'il traversa la mer et se rendit près de toi. »

 

        « C'est alors, sans doute, qu'il vint ici et me donna le chaudron. »

        « Comment les as-tu accueillis? »

 

 « Je les ai distribués de tous côtés, sur mes domaines. Ils se multiplient et s'élèvent en tout lieu; partout où ils sont, ils se fortifient en hommes et en armes les meilleurs qu'on ait vus. »

Ils poursuivirent leur entretien cette nuit-là, avec récréations artistiques et compotation, tant qu'il leur plut. Quand ils trouvèrent qu'il valait mieux dormir que de siéger plus longtemps, ils allèrent se coucher. Ils passèrent ainsi le temps du banquet dans la gaieté. Quand il fut terminé, Matholwch partit avec Branwen pour Iwerddon. Ils sortirent d'Aber Menei** avec leurs treize navires, et arrivèrent en Iwerddon, où on les accueillit avec de très grandes démonstrations de joie.

Il ne venait pas un homme de marque ni une femme noble en Iwerddon faire visite à Branwen, qu'elle ne lui donnât un collier, une bague ou un bijou royal précieux, qui leur donnait un air princier quand ils sortaient. Elle passa ainsi l'année glorieusement, et réussit complètement à acquérir gloire et amitié. Il arriva alors qu'elle devint enceinte. Au bout du temps requis, il lui naquit un fils. On lui donna le nom de Gwern, fils de Matholwch,

et on l'envoya élever chez les hommes les meilleurs d'Iwerddon.

 

 

 

*Un épisode semblable se trouve dans le morceau épique irlandais, Mesca Ulad or The intoxication of the Ultonians, Todd Lectures ser., vol. I, part. I. (J. Loth. Revue Celt., 1890, p. 345.)

 

** Aber Menai, l'embouchure de la Menai, ou du détroit entre l'île d'Anglesey et le continent. Aber Menai désigne la sortie sud du détroit.

 

 

A hynny yn yr eil ulwydyn, llyma ymodwrd yn Iwerdon am y guaradwyd a gawssei Matholwch yg Kymry, a'r somm a wnathoedit idaw am y ueirch. A hynny y urodyr maeth, a'r gwyr nessaf gantaw, yn lliwaw idaw hynny, a heb y gelu. A nachaf y dygyuor yn Iwerdon hyt nat oed lonyd idaw ony chaei dial y sarahet, Sef dial a wnaethant, gyrru Branwen o un ystauell ac ef, a'y chymell y bobi yn y llys, a pheri y'r kygyd, gwedy bei yn dryllyaw kic, dyuot idi a tharaw bonclust arnei beunyd.

 

Ac yuelly y gwnaethpwyt y foen.

 

“ Ie, Arglwyd,” heb y wyr wrth Uatholwch, “par weithon wahard y llongeu, a'r yscraffeu, a'r corygeu, ual nat el neb y Gymry ; ac a del yma o Gymry, carchara wynt ac na at trachefyn, rac gwybot hynn.” Ac ar hynny y diskynyssant.

 

Blwynyded nit llei no their, y buant yuelly. Ac yn hynny, meithryn ederyn drydwen a wnaeth hitheu ar dal y noe gyt a hi, a dyscu ieith idi, a menegi y'r ederyn y ryw wr oed y brawt. A dwyn llythyr y poeneu a'r amharch a oed arnei hitheu. A'r llythyr a rwymwyt am uon eskyll yr ederyn, a'y anuon parth a Chymry.

 

La seconde année, il se fit tout à coup grand bruit en Iwerddon, au sujet de l'outrage qu'avait essuyé Matholwch en Kymry*, et du mauvais tour qu'on lui avait joué à propos de ses chevaux. Ses frères de lait et ses plus proches parents lui en firent ouvertement des reproches. Le tumulte devint tel en Iwerddon, qu'il ne pouvait espérer de repos s'il ne tirait vengeance de l'outrage. Voici la vengeance qu'ils décidèrent : il chasserait Branwen de sa chambre, l'enverrait cuire les aliments à la cour, et, tous les jours, le boucher, après avoir coupé la viande, irait à elle et lui donnerait un soufflet. Ce fut le châtiment qu'on imposa à Branwen.

« Maintenant, seigneur, » dirent ses hommes à Matholwch, « fais empêcher les navires, les barques et les corwg** d'aller en Kymry; tout ceux qui viendront de Kymry, emprisonne-les; ne les laisse pas s'en retourner, de peur qu'on ne le sache. » Ils s'arrêtèrent à ce plan.

Ils ne restèrent pas moins de trois années ainsi. Pendant ce temps, Branwen éleva un étourneau sur le bord de son pétrin, lui apprit un langage, lui indiqua quelle espèce d'homme était son frère, et lui apporta une lettre exposant ses souffrances et le traitement injurieux qu'elle subissait. Elle attacha la lettre à la naissance des ailes de l'oiseau***, et l'envoya vers Kymry.

 

 

 

Kymry ou Kymru, et non Kymri, le pays de Galles. Le singulier est Kymro, qui suppose en vieux celtique Com-brox, pluriel Com-broges, « gens du même pays, compatriotes », nom que se sont donné, vers le VIIème siècle, les Bretons en lutte avec les Saxons. Kymry a compris non seulement le pays de Galles actuel, mais encore le nord de l'Angleterre breton jusqu'à la Clyde ; le nom de Cumberland en vient. Cette extension du pays des Kymry a amené les auteurs des romans français de la Table Ronde à placer en Nord-Galles des villes du nord de l'Angleterre, Longtown, par exemple (Longuetown), qui est située à l'extrémité septentrionale du Cumberland (Paulin Paris, Les Romans de la Table Ronde, I, p. 280). Sur Kymro et Kymry, v. J. Loth. Revue celt. XXX, p. 384.

 

** Le corwc ou corwg était un léger bateau en usage chez les pêcheurs de Galles, d'Écosse et d'Irlande. Il avait la forme ovale, était fait d'osier ou de baguettes entrelacées et recouvert de cuir, de peau de cheval ou de toile goudronnée. Assis au milieu, le pêcheur pouvait ramer d'une main et manier ses filets de l'autre. Arrivé à terre, il emportait son corwc sur son dos Ce canot était en usage sur les rivières surtout (Richards, Welsh Dict. ). Le mot irlandais est curach.

Le corwc était uni, de forme ronde. Il vient de paraître un étude très complète sur cette question, à toutes les époques, de l’ethnographe bien connu, Rudolf Trebitsch, sous le titre de : Fellböte und Schwimmsäcke und ihre geographische Verbreitung in der Vergangenheit und Gegenwart, Braunschweig, 1912 Archiv. für Anthropologie, neue Folge, Band XI, Heft 3).

 

*** Dans le lai de Milun de Marie de France, Milun se sert d'un cygne pour le même ministère (éd. Warncke, p. 158).

 

 

A'r ederyn a doeth y'r ynys honn. Sef lle y cauas Uendigeiduran, yg Kaer Seint yn Aruon, yn dadleu idaw dydgweith. A diskynnu ar e yscwyd, a garwhau y phluf, yny arganuuwyt y llythyr, ac adnabot meithryn yr ederyn yg kyuanned. Ac yna kymryt y llythyr a'y edrych.

A phan darllewyt y llythyr, doluryaw a wnaeth o glybot y poen oed ar Uranwen, a dechreu o'r lle hwnnw peri anuon kennadeu y dygyuoryaw yr ynys honn y gyt. Ac yna y peris ef dyuot llwyr wys pedeir degwlat a seithugeint hyt attaw, ac e hun cwynaw wrth hynny, bot y poen a oed ar y chwaer. Ac yna kymryt kynghor. Sef kynghor a gahat, kyrchu Iwerdon, ac adaw seithwyr y dywyssogyon yma, a Chradawc uab Bran y benhaf, ac eu seith marchawc. Yn Edeirnon yd edewit y gwyr hynny, ac o achaws hynny y dodet Seith Marchawc ar y dref.

 

 

 

Sef seithwyr oedynt, Cradawc uab Bran, ac Euehyd Hir, ac Unic Glew Yscwyd, ac Idic uab Anarawc Walltgrwn, a Fodor uab Eruyll, ac Wlch Minasgwrn, a Llashar uab Llayssar Llaesgygwyt, a Phendaran Dyuet yn was ieuanc gyt ac wy. Y seith hynny a drigwys yn seith kynueissat y synyaw ar yr ynys honn, a Chradawc uab Bran yn benhaf kynweisyat arnunt.

 

Bendigeiduran, a'r yniuer a dywedyssam ni, a hwylyssant parth ac Iwerdon, ac nyt oed uawr y weilgi, yna y ueis yd aeth ef. Nyt oed namyn dwy auon, Lli ac Archan y gelwit.

 

A guedy hynny yd amlawys y weilgi, pan oreskynwys y weilgi y tyrnassoed. Ac yna y kerdwys ef ac a oed o gerd arwest ar y geuyn e hun, a chyrchu tir Iwerdon.

L'oiseau se rendit dans cette île. Il trouva Bendigeit Vran à Caer Seint* en Arvon** qui se trouvait être cette fois sa cour de justice. Il descendit sur son épaule et hérissa ses plumes jusqu'à ce qu'on aperçut la lettre et qu'on reconnut qu'on avait affaire à un oiseau élevé dans une maison.

Bendigeit Vran prit la lettre et la lut. Sa douleur fut grande en apprenant les souffrances de Branwen, et il envoya sur-le-champ des messagers pour rassembler l'île tout entière. Il appela à lui toutes les forces des cent cinquante-quatre pays. Il se plaignit lui-même à eux des souffrances qu'on faisait subir à sa sœur, et tint conseil. On décida de faire une expédition en Iwerddon, et de laisser dans cette île sept hommes comme gouverneurs, et Cradawc*** à leur tête; c'étaient sept chevaliers. On les laissa en Edeirnon****, et c'est à cause de cela qu'on appela la ville Seith Marchawc***** (Sept Chevaliers).

 

 C'étaient : Cradawc, fils de Bran; Eveidd Hir; Unic Glew Ysgwydd; Iddic, fils d'Anarawc Walltgrwn; Ffodor, fils d'Ervyll; Wlch Minascwrn; Llashar, fils de Llaesar Llaesgywydd, et Pendaran Dyvet qui restait avec eux comme jeune valet. Ces sept hommes restèrent comme administrateurs pour veiller sur l'île; Cradawc était à leur tête.

 

Bendigeit Vran et tous les soldats que nous avons indiqués mirent à la voile pour Iwerddon. Les flots n'étaient pas considérables alors; il marcha à travers les bas-fonds. Il n'y avait que deux rivières appelées Lli et Archan. Depuis, les flots ont étendu leur empire. Bendigeit s'avança, portant sur son dos tout ce qu'il y avait de musiciens******, et se rendit à la terre d'Iwerddon.

 

 

* Ce nom désigne une ancienne forteresse romaine, près de la ville actuelle de Carnarvon. La rivière à l'embouchure de laquelle est située cette ville, porte le nom de Seint. Seint a été plus anciennement Segeint (Nennius ap. Petrie, Mon. hist. brit., p. 54), qui représente exactement le Segontium de l'époque romaine.

 

** Arvon, ou le territoire en face ou auprès de Mon (Mon, Anglesey) ; le mot est composé comme Arvor, territoire près de la mer. Arvon formait une des trois subdivisions de Gwynedd ou Nord-Galles ; les autres étaient Mon et Meirionydd (Merioneth). Arvon répond au Carnarvonshire actuel.

 

*** Cradawc ou Caradawc = Caratâcos ; ce nom a été maladroitement changé, par les éditeurs, en Caractacus. On a confondu sans doute plusieurs personnages sous ce nom. Les chroniqueurs gallois n'ont pas manqué de l'identifier avec le Caratacus ou Caractacus de Tacite et de Dion Cassius, le fils de Cunobelinos, le brave et généreux chef des Silures, livré au Romains par la reine des Brigantes, Cartismandua (Tacite, Ann., XII, 33-7 ; Dion Cassius, IX, 20, 21). Dans les Triades, c'est un des trois monarques de l'île, choisis et établis par serment, avec Caswallawn ab Ludd ab Beli et Owen ab Macsen Wledig (Myv. arch., p. 402, 17 ; ab ou ap a le sens de map, fils). D'après une autre triade (ibid., p. 404, 34), c'est pour diriger la défense contre les Romains qu'on lui donna la royauté. C'est aussi un des trois braves de l'île avec Cynvelyn (Cunobelinos) et Arthur (ibid., p. 403) ; un des trois chefs de guerre avec Caswallawn, fils de Beli, et Gweirydd, fils de Cynvelyn (ibid., p. 403, 24). Il est livré aux Romains par Aregwedd Voeddawg, fille d'Avarwy ab Lludd, que les chroniqueurs ont identifiée avec Cartismandua (ibid., p. 403, 22). Une triade, qui est l'écho d'une tradition semblable à celle que nous a conservée notre Mabinogi, nous dit que c'est un des Cynweisiaid ou premiers serviteurs (cf. Taliesin ap. Skene, 156, 9) de l’île. Notez qu’ici comme ailleurs, lorsque Skene est cité sans autre référence que les chiffres suivant son nom , il s’agit des Four anc. Books of Wales, tome II) que les ) de l'île ; les autres sont Cawrdaf, fils de Caradawc Vreichvras, et Owain ab Macsen Wledig ; on les appelait ainsi parce qu'il n'y avait pas en Bretagne un homme qui ne se levât à leur appel et qui ne fût prêt à les suivre (ibid., p. 404, 41). Caradawc est le héros d'un curieux récit des Iolo mss., p. 185 et suiv. Il est roi d'Essyllwg, pays des Silures, et bat les Romains. Ceux-ci attribuant leur défaite à la constitution du pays qui est couvert de bois et de fourrés, il détruit les bois pour leur montrer qu'il ne doit le succès qu'à sa seule vaillance. Manawyddan ab Llyr bâtit, à l'intention des traîtres, une prison avec les os des Romains tués (voy. Kulhwch et Olwen, note à Caer Oeth et Anoeth. )

 

**** Edeirnion, kymmwd du Cantrev y Barwn en Powys (Myv. arch., p. 35).

 

***** Seith marchawc : seith a aussi le sens de saint ; aussi le sens de Saint Marchawc, pourrait bien être le sens véritable et ancien. Saint Marchoc a donné son nom à Lo-marec en Crach (Morbihan).

 

****** Ce passage, singulier, si le texte n'est pas altéré, me semble éclairci par un poème de Iorwerth Beli, poète de la seconde moitié du XIVème siècle, à l'évêque de Bangor. Il se plaint à lui de ce qu'il néglige les poètes pour les musiciens. Il lui rapporte pour prouver la supériorité des poètes sur les musiciens, que Maelgwn, se rendant à. Caer Seion, emmena avec lui tout ce qu'il y avait de chanteurs et de musiciens (a oedd o gerdd arwest ar gerddorion), et qu'il força tous les gens de sa suite à nager pour atteindre Caer Seion. Les harpistes, dit le poète, ne valaient plus rien après cette épreuve, tandis que les poètes composaient tout aussi bien. (Myv. arch., p. 317, 318).

 

 

A meicheit Matholwch a oedynt ar lan y weilgi dydgueith, yn troi yg kylch eu moch. Ac o achaws e dremynt a welsant ar y weilgi, wy a doethant at Matholwch.

“ Arglwyd,” heb vy,” henpych guell.”

“ Duw a rodo da ywch,” heb ef,” a chwedleu genhwch ?”

“ Arglwyd,” heb wy,” mae genhym ni chwedleu ryued ; coet rywelsom ar y weilgi, yn y Ile ny welsam eiryoet un prenn.”

 

“ Llyna beth eres,” heb ef. “A welewch chwi dim namyn hynny ?”

“ Gwelem, Arglwyd,” heb wy, “mynyd mawr gyr llaw y coet, a hwnnw ar gerdet ; ac eskeir aruchel ar y mynyd, a llynn o pop parth y'r eskeir ; a'r coet, a'r mynyd, a phob peth oll o hynny ar gerdet.”

 

Ie,” heb ynteu,” nyt oes neb yma a wypo dim y wrth hynny, onys gwyr Branwen. Gouynnwch idi.” Kennadeu a aeth at Uranwen.

“Arglwydes,” heb wy, “beth dybygy di yw hynny ?”

“ Kyn ny bwyf Arglwydes,” heb hi, “mi a wnn beth yw hynny. Gwyr Ynys y Kedyrn yn dyuot drwod