Éthique runique en trois mots

 

«  … in spite of their natural politeness, (the Todas) could sometimes not refrain from showing their contempt for conduct which we are accustomed to look upon as an indication of a high level of morality. It is in the matter of ethical standards that the difference between the Todas and ourselves comes out most strongly. »

«  … En dépit de leur politesse naturelle, il arrivait que (les Todas) ne puissent pas se retenir de montrer leur mépris pour des conduites que nous avons l’habitude de considérer comme indiquant un niveau élevé de moralité. C’est au sujet des standards de l’éthique que la différence entre les Todas et nous se manifeste le plus fortement » W. H. R. Rivers, The Todas, MacMillan, 1906 , p. 23

 « [les héros des sagas islandaises sont animés par] des valeurs morales et des idées, dont de nombreuses étaient d’origine très ancienne, préchrétiennes et mêmes opposées à l’enseignement chrétien ». Jónas Kristjánsson, Icelandic sagas and manuscripts, 1980, p. 50.

 

Vous n'avez pas à approuver ou non cette éthique qui est devenue mon éthique. Elle est seulement celle dans laquelle baignent les runes. Pour les interpréter, oubliez votre éthique personnelle et utilisez l'éthique runique.

 

Les trois piliers sur lesquels se construit l’éthique associée à la connaissance des runes germaniques et de la mythologie scandinave sont le respect, l’amitié et la générosité. Ces mots sont pris dans un sens un peu particulier qui demande explication. Pour ceci, il nous faut examiner ou utiliser aussi les notions d’amour, de fidélité à la parole donnée, de compassion, de fatuité méprisante, de connaissance et d’ignorance, de sagesse et de ‘non sagesse’. Pour ne pas trop traîner en longueur, je pars du principe simplificateur que vous connaissez le sens habituel de ces mots. Je vais en préciser le sens dans notre contexte germanique ancien, et surtout vous montrer que leurs liens respectifs, dans ce contexte, sont très différents de ceux que nous supposons habituellement. Par exemple, nous sommes habitués à opposer respect et mépris alors que nous allons voir qu’ils procèdent de la même attitude et ne diffèrent que par la générosité avec laquelle ils sont appliqués. Par exemple encore, j’ai pu constater que même des personnes très cultivées confondent en pratique générosité et compassion alors qu’ils sont pour nous aux antipodes l’un de l’autre.

Il est évident que toutes ces idées ne peuvent pas être « placées dans de petites boîtes » et qu’on peut passer de l’une à l’autre de façon continue. Je ne répèterai pas cela chaque fois que nous examinerons deux concepts, ce serait rabâcher sans cesse, mais voici un exemple. Je m’efforce de vous montrer la différence entre respect et amour, mais en dehors d’un amour strictement sans respect et d’un respect strictement sans amour, la vérité se place toujours quelque part entre ces deux extrêmes. L’éthique runique recommande de donner plus d’importance au respect qu’à l’amour, non d’oublier leur présence simultanée dans chaque individu. Une autre évidence à ne pas oublier est qu’il existe de très nombreux facteurs qui influent la moralité d’une relation entre deux personnes. Certains sont si importants dans notre société qu’il vaut mieux que je rappelle tout de suite leur aspect très secondaire ou même négligeable, en éthique runique, ne vous étonnez donc pas que je n’y fasse jamais allusion. Il est presque sans importance, pour évaluer la moralité d’une relation entre deux humains, de prendre en compte les faits suivants : quels sont leurs âges respectifs, quel est leur prospérité financière, ont-ils des relations sexuelles ou non, honorent-ils ou non les mêmes dieux ou le même Dieu, à quelle culture ils appartiennent (pour nous ceci se dit : « quel est leur héritage ancestral ? »).

Note pratique : toutes les citations sont placées entre guillemet, «  », elles proviennent toujours de textes rédigés en Vieux Norrois et traduites par mes soins.

 

1. Le moi et le ‘autre’ : s’évaluer et évaluer les autres, se ‘juger’ et ‘juger’ les autres

 

Avant même de parler des piliers de l’éthique, il est nécessaire de se poser la question du rapport de son égo avec les autres. Contrairement aux éthiques orientales qui prêchent l’oubli de soi et un certain rejet de l’égo, l’éthique runique recommande de bien se connaître – ce qui ne signifie pas gonfler son ‘égo’ mais de l’examiner avec attention – afin de bien connaître le ‘autre’. En fin de compte, le solitaire, et surtout celui qui se complait dans sa solitude est considéré comme incapable de bien se connaître lui-même. Ceci revient à dire que la connaissance du ‘autre’ est une condition nécessaire à la connaissance du moi.

Ces deux connaissances conjuguées ne peuvent se passer d’une forme d’évaluation, pas nécessairement chiffrée, de ce qu’on peut appeler les forces et les faiblesses de chacun. Cette évaluation est un jugement de valeur, donc très différent des jugements destinés à condamner ou acquitter une personne. Ce type de jugement peut se faire de trois façons. Le premier est le jugement objectif où l’on se compare aux autres en essayant le plus possible de se distancier de la personne jugée, que ce soit le moi ou le ‘autre’. Le plus souvent, on ne parle pas alors de jugement mais d’une simple évaluation. Le second est le jugement méprisant où l’on essaie de mettre en valeur les infériorités de la personne jugée. Quand on l’applique à soi-même, on tombe dans l’auto-flagellation et quand on l’applique aux autres, on tombe dans l’arrogance. Enfin, le troisième que j’appelle le jugement généreux est presque le même que le jugement objectif quand on l’applique à soi-même. Par contre, quand on l’applique aux autres, il consiste à rechercher dans l’autre ce en quoi il est supérieur à ‘moi’. L’expérience de la vie m’a montré que la majorité des jugements sont faits à l’inverse, chacun cherche à évaluer en quoi son moi est supérieur à l’autre. Cela se classe dans le ‘jugement méprisant’ et cela explique pourquoi chacun a une telle horreur d’être jugé.

Dans la suite nous n’emploierons jamais  les mots ‘juger’ ou ‘jugement’ sans spécifier de quel type il s’agit. 

 

2. L’amour et l’amitié

 

L’amour nous semble habituellement être un facteur fondamental des relations humaines alors que son aspect passionnel est fortement dénigré dans la mythologie scandinave. Un long poème, Hávamál, où le dieu Óðinn (« Odin ») explique d’abord son éthique dit, strophe 94, que « Le puissant besoin d’aimer transforme les sages en lourdauds ». La strophe 90 compare avec humour l’amoureux au cavalier conduisant « un étalon fougueux et mal dressé courant sans ‘fers à crampons’ sur la glace ». Un autre poème observe que, tout comme Sigurðr (Siegfried) et Brynhildr (Brunehilde), les amoureux « échangent de nombreux serments mais en tiennent bien peu ». Dans un monde où le respect de la parole donnée est un élément capital de la vie sociale, cette remarque est réellement péjorative pour l’amour.

Inversement, comme je l’ai signalé plus haut, l’amitié est un des piliers des relations humaines. Comme expliqué dans http://www.nordic-life.org/nmh/SurLesContrats.htm , l’amitié dont nous parlons est scellée par un pacte, un contrat explicite, qui décrit les devoirs et les droits de chacun des amis. La composante sentimentale que nous attribuons à l’amitié est, sinon automatiquement absente, du moins inutile. Ce que les textes en Vieux Norrois décrivent comme des ‘amis’, nous les appellerions plutôt des alliés. C’est pourquoi je vais, à partir de maintenant, les appeler des amis-alliés pour les distinguer des amis modernes. Dans ces conditions, la poursuite de l’amitié-alliance est liée au respect des termes du contrat. De plus sagesse et amitié-alliance sont liés. Un poème affirme même que le sage apporte beaucoup à son fidèle ami-allié …et le ‘fidèle ami-allié’ est précisément celui qui ne rompt pas la parole donnée. Symétriquement, un autre poème insiste sur le fait que le ‘non sage’ n’a pas d’amis-alliés.

 

3. Le respect, ses liens avec fatuité et générosité, et l’amour

 

Le respect et le mépris procèdent d’un mécanisme de comparaison entre nos propres qualités et celles des autres. Quand un individu se compare à un autre et s’il est généreux il portera des ‘jugements généreux’, alors il est cherchera à remarquer en quoi l’autre lui est supérieur, ou ne lui est pas inférieur : il saura le respecter et, surtout, pourquoi il le respecte. S’il n’est pas généreux, il  remarquera seulement ce en quoi l’autre lui est inférieur et son manque de générosité le conduira en plus à mépriser cet autre : il se comporte avec fatuité et arrogance en pratiquant le ‘jugement méprisant’.

Le respect de l’autre conduit à des relations équilibrées entre les humains : « L’humain est connu de l’autre humain par la parole, mais aussi le grognon isolé (est connu) par sa suffisance ». Ce poème explique que les relations équilibrées entre humains se font par la parole mais que ceux qui méprisent les autres se coupent de l’humanité par leur fatuité.

Un autre poème traite des estropiés et explique que malgré leurs infériorités, les estropiés ont des qualités qui doivent être respectées : « Un estropié chevauche un cheval, celui à qui manque une main conduit le troupeau, le sourd fait des prouesses au combat …”

 

Par respect pour mon lecteur (c’est le moins que je puisse faire !), je me dois de signaler que le mot ‘respect’ est rarement prononcé dans les textes et que les mots traduits par ‘respect’ expriment plutôt la déférence ou le fait d’épargner quelqu’un. L’importance du respect d’autrui est plutôt exprimée de façon implicite par le fait qu’un manque de respect se manifeste dans une situation catastrophique. Par exemple, pour annoncer le ragnarök (la fin du monde des dieux et des hommes), un poème dit que « les humains n’ont plus respect pour les autres humains ».

 

Voici trois exemples dans lesquels une amitié-alliance respectueuse envers l’autre se manifeste clairement, même si le mot respect n’est pas utilisé. Un poème dit : « Jeune fus-je autrefois, je voyageais seul avec moi-même, ainsi j’ai pris un mauvais chemin; je me suis jugé riche d'avoir trouvé un autre ; l'humain est le plaisir de l'humain. » Un autre poème qui peut être compris comme une louange de la pingrerie décrit au contraire une fraternité s’établissant sans problème entre deux inconnus, soutenue par très peu de moyens matériels : « Avec une demi miche de pain, je me suis fait un camarade ».

Une autre marque de respect presque incongrue dans le contexte des relations entre les dieux et les humains se trouve dans la strophe 111 du Hávamál (et vous devinez bien que la présente éthique reflète très étroitement celle d’Óðinn). Il affirme, dans cette strophe 111, qu’il va se décider à commencer sérieusement son enseignement des runes. Vous connaissez maints mythes où un Dieu s’adresse aux hommes. Comparez-les avec la façon dont Óðinn aborde l’humanité, dans la traduction suivante, exacte mais adaptée à la langue française :

Il est grand temps que j’incante

depuis le siège de la source d’Urðr,

là où se tient le sage poète conteur.

De là j’ai observé,

j’ai vu et j’ai gardé le silence,

je me suis tu et j’ai réfléchi,

j’ai compris et j’ai prêté oreille,

j’ai entendu la parole des humains.

 

Ne trouvez-vous pas stupéfiant que ce dieu s’exprime avec la dignité et même l’emphase qui sied à un dieu mais qu’il ne vienne pas pour nous enfoncer la vérité dans la gorge mais pour nous écouter ? N’est-ce pas là une manifestation unique de respect pour les humains?

 

Cette façon de juger respectueusement les autres est souvent, par principe, rejetée dans notre civilisation égalisatrice (on dit que l’on a horreur d’être ‘jugé’ même s’il s’agit d’un jugement objectif). Elle est cependant capitale pour conserver la possibilité pour chacun d’être conscient de ses motivations dans son comportement vis-à-vis d’autrui. Par parenthèse, disons encore que le ‘jugement’, tel qu’il existe dans notre société même hors des tribunaux, est principalement une évaluation de la quantité de ‘bien’ et de ‘mal’ que ‘contient’ la personne jugée qui sera toujours porteuse de culpabilité. Le remords d’actions néfastes à la société est même un critère de rédemption, alors que dans la moralité runique, culpabilité et remords sont plus dangereux qu’utiles. Il est ainsi tout à fait normal que personne ne désire être jugé en fonction de son contenu en bien/mal. C’est pourquoi, qu’elle soit généreuse ou non, une évaluation en terme de bien et de mal ne sera jamais acceptée et ne peut servir de pont entre individus.

Dans l’éthique runique, le remord est considéré comme dangereux en lui-même et les concepts de ‘bien’ et de ‘mal’ ne sont guère signifiants. Nous les remplaçons par quelques autres descripteurs qui ne portent pas avec eux la notion de culpabilité. C’est pourquoi nous évitons d’utiliser ces mots porteurs de tant de culpabilité qu’ils brouillent la nécessaire évaluation mutuelle entre individus.

Encore dans notre civilisation, la valeur éthique de l’amour est énorme (et je n’évoque  pas la sexualité ici). Ce n’est pas que le respect n’ait aucune valeur dans notre société, mais il est nettement secondaire par rapport à l’amour. Nous venons de voir qu’en éthique runique, l’amour soulève pas mal de doutes, si bien que la relation d’importance entre amour et respect est inversée : respect et amitié-alliance en premier car elles sont primordiales, amour en second car il est secondaire. Il est même possible qu’une amitié-alliance classique soit décrite en des termes qui évoquent un amour fusionnel. La strophe 44 du Hávamál déclare : « Tu sais que si tu possèdes un ami, un ami en qui tu aies bien confiance … alors tu dois fusionner en esprit avec lui. » Et la strophe 121 du Hávamál insiste : « La tristesse te mange le cœur, si ce que tu dis n’atteint pas l’âme entière de quelqu’un ». Il est frappant que ces strophes disent que l’amitié-alliance peut évoluer en ce que nous appelons une relation fusionnelle, souvent considérée comme malsaine. Dans notre civilisation, nous sommes capables d’imaginer qu’un amour puisse évoluer en amitié, rarement l’inverse. Cela illustre combien l’amitié est primordiale et l’amour secondaire dans l’ancienne civilisation scandinave alors que c’est le contraire dans la nôtre.

 

 

4. Générosité et compassion

 

Comme je le disais plus haut, notre civilisation tend à confondre ces deux qualités. L’éthique runique, au contraire les distingue nettement.

Commençons par un exemple qui illustre un comportement généreux essentiel pour l’éthique runique. Nous venons de souligner l’aspect destructeur  de la culpabilité. Une propriété capitale de la générosité peut s’exprimer comme suit : «  Agir avec générosité consiste à se comporter de sorte à éviter de culpabiliser son entourage ». Par contre, on peut faire preuve de compassion – souffrir avec ou pour – sans se préoccuper de savoir si les objets de votre compassion vont se sentir ou non  culpabilisés par elle.

Cet exemple illustre une différence plus générale que voici.  Dans la générosité, la première action est ce jugement généreux de l’autre dont j’ai parlé pour décrire le respect. Mais l’évaluation ne s’arrête pas là, elle continue pour apprécier la qualité du respect que mérite l’autre. Même si, pour diverses raisons, l’autre ne mérite pas votre respect, il est important d’essayer de le juger généreusement, non pas pour l’excuser mais pour éviter le mépris qui vous éloigne de l’humanité. Si vous êtes généreux au sens runique, et que l’autre mérite votre respect, alors vous ressentirez le besoin d’aider la personne qui vous est supérieure à réaliser ses projets, à accomplir son destin. Les envieux, les infatués, c’est-à-dire les ‘non généreux’ au sens runique vont, au contraire, tout faire pour s’opposer à ceux qui leur sont supérieurs sur un certain sujet. En somme, le généreux reconnaît ses forces et ses faiblesses et il accepte de mettre ses forces au service de l’autre lorsqu’il le trouve supérieur à lui. L’infatué, bien évidemment, ne reconnaît la supériorité de personne.

La compassion passe aussi, dans le meilleur des cas, par un jugement généreux de l’autre, mais elle fonctionne exactement dans le sens inverse. Le compassionné reconnaît une infériorité chez l’autre ou ressent en l’autre une souffrance qu’il partage, par compassio (ce mot latin signifie ‘souffrance partagée’). Il est en état de supériorité sur l’autre et il décide de secourir son inférieur.

Comme, de fait, l’admiration pour l’autre est beaucoup plus rare que le mépris pour l’autre, il s’ensuit que la générosité ne peut s’exercer que rarement, alors que la compassion trouve de très nombreuses personnes à secourir. C’est ce qui va justifier les critiques que l’on peut adresser à l’une comme à l’autre : la générosité tend à être trop rare et la compassion tend à être trop indiscriminée.

L’absence du sentiment compassionnel est frappant dans les textes de nature runique. Un excellent exemple en est la strophe 2 du Hávamál qui me semble condenser cette caractéristique. Elle décrit comment un invité est bienvenu : « Bienvenue à ceux qui ont quelque chose à offrir ! … Il y a grande hâte, pour celui qui est près de l’âtre, à se tester lui-même ». Le début nous dit qu’un invité étant toujours un peu inférieur à son hôte, il ne sera bienvenu (l’hôte n’exercera sa générosité) que s’il apporte quelque chose d’intéressant, qui n’a pas besoin d’être matériel, d’ailleurs. La fin nous dit que celui qui est à une place remarquable doit ‘se tester’ c’est-à-dire savoir s’il est digne ou non de prendre cette place. La notion d’évaluation des qualités de chaque individu est extrêmement claire dans ce texte, et la générosité de l’hôte ne s’exercera que sur les individus qui le méritent.

Enfin, cette générosité-là peut vous sembler insuffisamment ‘généreuse’ (au sens habituel), mais c’est peut-être parce que nous vivons dans un monde aveuglément compassionnel. Peut-être est-ce que nous avons peine à reconnaître la valeur des autres.

 

Note. Les textes traduits ici sont issus d’un poème que je pense dédié à la connaissance des runes, le Hávamál, supposé écrit par le suprême maître des runes pour les humains, le dieu scandinave Óðinn, que nous appelons souvent Odin. Vous en trouverez sur mon site, à http://www.nordic-life.org/nmh/IntrohaovamolFr.htm , une traduction (qui sera terminée début mars 2014) qui cherche à respecter le point de vue païen dans son interprétation du texte et qui argumente pour y voir une magistrale leçon de magie runique. Par exemple l’aspect grotesque de certaines des strophes classées sous le nom de Loddfáfnismál se comprend comme une barrière qu’Óðinn érige pour brouiller l’intelligence des esprits superficiels qui, ainsi,  ne seront plus capables de comprendre le sens profond du texte.

 

Au cas où vous désireriez retrouver ce texte dans parmi d’autres traitant des runes, allez sur https://sites.google.com/site/futharketsesrunes/