AURAICEPT NA N-ÉCES

LE MANUEL DES LETTRÉS

CE SONT LES TEXTES DE LA PARTIE DÉCRIVANT LES OGHAMS

DANS LE LIVRE DE BALLYMOTE ET LE LIVRE JAUNE

DE LECAN, ET LES TEXTES DU TREFHOCUL CONTENUS

DANS LE LIVRE DE LEINSTER

ÉDITÉS À PARTIR DE

HUIT MANUSCRITS, AVEC UNE INTRODUCTION, UNE TRADUCTION

DU TEXTE DU BALLYMOTE, DES NOTES et DES INDEX

PAR

GEORGE CALDER, B.D.

Lecteur [‘maître de conférence’] en Celtique, Université de Glasgow

 

 

 

EDINBURGH: JOHN GRANT

31 GEORGE IV. BRIDGE

1917

 

[La préface a été omise ici, ainsi que le texte original en Irlandais, excepté les poèmes que je vous fournis avec un vocabulaire partiel afin que vous compreniez pourquoi ma traduction diffère de celle de Calder.

Les références donnant la place dans les manuscrits qui sont en tête du texte irlandais ont été conservées.]

 

[Notez que l’oeuvre de Calder comprend six parties.

son introduction que j’ai partiellement traduite.

la collation en Irlandais (principalement moyen mais aussi parfois ancien) et la traduction en Anglais de l’auraicept des versions du ‘Book of Ballymote’ contenus dans les manuscrits B er E.

la collation en Irlandais de l’auraicept du ‘Yellow Book of Lecan’ et du ‘manuscrit Egerton’

la collation en Irlandais du Trefhocul contenu dans les manuscrits LL et HM

la collation du ‘De Duilib Feda’ contenu dans BB et LL

la collation et la traduction en Anglais du ‘Ogam’ contenu dans BB.]

 

 

 

 

 

AURAICEPT NA N-ÉCES

 

MSS. TRANSCRITS OU COLLATIONNÉS

 

      PREMIÈRE FAMILLE (Textes courts)

 

BB.   B. Livre de Ballymote (308 β 44-333) 14ème siècle, R.I.A. [Royal Irish Academy]

      E. MS. I., Advocates Library, Edinburgh.

      L. Livre de Lecan, R.I.A.

M.    HM. Livre de Hy Maine (Trefhocul, avec des exemples), R.I.A.

            B, E, L contiennent le poème mnémonique mais pas le Trefhocul.

 

      SECONDE FAMILLE (Textes longs)

 

YBL.  Yellow Livre de Lecan (219 α 23-241 β 13). T.C.D. [Trinity College Dublin]

Eg.   Egerton, 88 (63 1 β 26-761 α 41), British Museum.

            YBL, Eg. ne contiennent pas le poème mnémonique ni le Trefhocul.

T.    H.4.22 (pp. 159-207) T.C.D. Ce MS. est intermédiaire entre la première et la seconde famille. Il ne contient ni le Trefhocul ni le poème mnémonique, mais il présente un poème d’environ 200 strophes sur l’histoire biblique ancienne.

LL.   xii. siècle, T.C.D. Le Trefhocul avec des exemples.

Ed.   MS. vii. ii β 1-39, Advocates Library, le début d’un glossaire de l’Auraicept qui ressemble beaucoup au glossaire de Lecan.

 

[Mes commentaires sont entre crochets et en fonte Times 8 sauf les traductions depuis le Latin et l’Allemand qui sont en fonte 10. Les commentaires dans les commentaires sont en fonte 8 et italiques]

 

[Les parties dont la traduction a été remise à plus tard sont indiquées par un ***]

 

 

 

AUTORITÉS CITÉES OU AUXQUELLES IL EST FAIT RÉFÉRENCE

[Non transcrit ici]

 

INTRODUCTION [de Calder]

 

Voir le texte sous ce titre

 

 

AURAICEPT

 

BB. 314 α 16                 E. 19 β 14

 

LE MANUEL

 

      Incipit [ici commence – en Latin] le premier manuel des Poètes, c. à d., eraicept, le début des leçons, car chaque début est er. C’est le début de quoi? Pas difficile. En quoi est-ce un début. Pas difficile. C’est le début de la sélection de ce qui a été choisi dans le Gaélique car c’est le début de ce qui a été inventé par Fenius après l’arrivée depuis l’étranger d’une école de langages, chaque sonorité cachée qui existait dans chaque langue a été introduite dans le  Gaélique et ceci explique pourquoi c’est le plus compréhensible des langages. Er est alors toute sorte de début, car c’était le début pour les poètes, que chaque sonorité cachée doive arriver au début, à savoir, le Beithe Luis de l’Ogham du fait de son obscurité.

Question, pourquoi peut-on dire du Gaélique qu’il soit un langage choisi? Pas difficile. Parce qu’il a été choisi à partir de chaque langage; et du fait que chaque sonorité cachée [obscure] de chaque langage a trouvé sa place dans le Gaélique du fait de sa compréhensibilité supérieure à tout autre langue. Question, alors, le Gaélique n’existait-il pas avant d’être choisi? Bien sûr qu’il existait, car les soixante douze langages n’existeraient pas sinon. Question, dans quel pays le Gaedel est né ? Pas difficile. En Egypte. Et à quel endroit particulier? Pas difficile. Dans la plaine de Ucca de la partie Sud-ouest de l’Egypte. Qui de l’école se rendit là-bas? Pas difficile. Gaedel, fils de Ether, fils de Toe, fils de Baracham, un Grec Scythe. Question, qu’a-t-il rapporté de là-bas? Pas difficile. Il a apporté tout, sauf ce que les poètes ont ajouté pour le rendre plus obscur après qu’il eut rejoint Fenius.

 

BB. 314 β 8             AURAICEPT         E. 19 β 33

 

Question, lequel des soixante douze langages a été publié le premier par Fenius? Pas difficile. L’Irlandais ... car c’est celui qu’il préférait parmi ceux de son école, et dans lequel il a été élevé, et c’était le plus jeune des langages de son école, et du fait de sa meilleure compréhensibilité par rapport à tout autre langue, c’était le premier langage qui a été apporté depuis la Tour. Fenius connaissait l’Hébreu, le Grec, et le Latin avant son arrivée depuis la Scythie, et il n’avait pas besoin de les installer à la Tour, et c’est en conséquence qu’il [le gaélique] a été publié le premier. Question, n’y avait-il pas parmi les autres langages un autre, plus noble, qui aurait pu passer avant le Gaélique ? Pas difficile. Non, bien sûr, du fait de son aptitude, de sa légèreté, de sa douceur, et de sa compréhensibilité. Pour quelle raison le Gaélique est-il plus compréhensible que tout autre langage? Pas difficile. C’est parce qu’il est le premier langage rapporté depuis la Tour et il était tellement plus compréhensible que tout autre langue que c’est celui-ci qui a été publié le premier. Quels sont la place, le moment, la personne et la cause du Gaélique? Pas difficile. Sa place, la Tour de Nemrod, car c’est là qu’il a été d’abord inventé [J’hésite à traduire les noms … Je le ferai pour  Nimrod qui est sans doute notre Nemrod et, plus loin, Noah est certainement notre Noé, mais  vérifier la correction des francisations de ces noms est en soi un travail énorme qui, de toute façon, n’est pas mon intérêt primordial qui est de mieux comprendre le contexte dans lequel se sont développés les Ogaim]. Son temps: celui de la construction de la Tour par les enfants d’Adam. Sa personne: Sachab fils de Rochemhurcos and Gaedel fils de Ether, fils de Toe, fils de Baracham, un Grec Scythe. Quelle est sa cause? Pas difficile. La construction de la Tour  de Nemrod. D’autres disent que sa cause fut que Gaedel alla dans le pays dans lequel il était né, de sorte qu’il fut le premier à l’écrire sur des tablettes des pierres à cet endroit particulier appelé Calcanensis. C’est là que Gaedel écrivit le Gaélique. Pour quelle raison dit-on que le Gaélique est un parlé de  ce monde, puisque les sages instruits ne s’y réfèrent pas? Pas difficile. Du fait qu’il traite des questions et des cas de ce monde pour les laïcs aussi bien que pour le clergé.  Pour quelle raison est-il dit que celui qui lit le Gaélique est grossier face à Dieu? Ceci ne fait pas référence à ce qui est dit

 

BB. 315 α 8             AURAICEPT         E. 20 α 6

 

ici mais à l’ensemble de la philosophie, de la grammaire, de la dialectique, et de la versification; comme dit le poète:

[Original irlandais]

Foglaim, feallsamnacht is fas,

Legeand, gramadach, is gluas,

Litirdheacht leir ocus rim

Is beg a mbrig for nimh thuas.

[Traduction de Calder]

La connaissance et la philosophie sont vaines,

Lecture, grammaire et commentaires,

Littérature assidue et versification,

Faible est leur service dans les cieux là haut.

 

Question, le Gaélique n’est-il pas philosophie ? Pas difficile. (Non) bien sûr,  excepté quelques auteurs mineurs vers la fin du monde qui cherchent à se distinguer des auteurs anciens : ou bien c’est le langage de ce monde et de la philosophie vaine, nommément, l’hérésie et l’incroyance que chacun a montré contre la vérité, divine et humaine, et voilà le sens de  ‘grossier face à Dieu’.

      Quel est la place, le temps, la personne, et la cause du fait que le Manuel ait été écrit? Les quatre n’ont pas une place, car comme dit le  poète: Ce qui est en premier est le dernier, et ce qui est en dernier est le premier, à savoir que ce qui est en premier dans l’ordre du livre a été inventé en dernier; à savoir, le livre de Cennfaeladh, fils de Oilill. Pour ce qui est de la place, du temps, de la personne, et de la cause  du livre de Cennfaeladh: sa place : Derry Luran, son temps : le temps de Domnall, fils de Aed, fils de Ainmire. Sa personne : Cennfaeladh fils de Oilill; la cause du fait qu’il ait été écrit, c’est que son ‘cerveau de l’oubli’ ait été éjecté de la tête de Cennfaeladh durant la bataille de Moira. Quatre événements glorieux de cette bataille: Déroute de Conghal dans son mensonge face à  Domnall dans sa vérité; et Suibne dans sa folie, mais du fait de la quantité de poèmes qu’il a produits; l’Écossais emportant l’Irlandais  sur mer sans être remarqué, Dubh Diadh était son nom; et son ‘cerveau de l’oubli’ éjecté de la tête de Cennfaeladh, de part la quantité de poésie, de mots, et de lecture qu’il avait accumulé.

      Maintenant  les auteurs du Gaël disent: Pourquoi a-t-il dit que les auteurs qui sont venus avant lui ‘disent’ ? Car

 

BB. 315 α 39            AURAICEPT         E. 20 α 29

 

c’est Cennfaeladh qui a inventé ce livre, nommément, le Prologue du Manuel. Et les auteurs du peuple Gaël, c’est à dire Fenius Farsaidh, et Iar des nombreux langages, fils de Nema. Pas difficile [2ème réponse]. Du fait de la noblesse du temps où il l’a dit, c. à d., le temps présent, car il utilise le  temps présent pour tous les temps: ut dixit: Praesens tempus pro omnibus temporibus ponitur, [ainsi dit-il (ut dixit): le temps présent est placé pour tous les temps – Note: je ne retraduirai plus ‘ut dixit’, ni les textes latins traduits sans ambiguïté par l’auteur du texte irlandais, ni les ut dicitur (ainsi dit-on) rencontrés ensuite] c. à d., le temps présent est mis pour tous les temps. Comment est-ce possible ? parce qu’il dit d’un mot fait de deux syllabes qu’elles ne sont pas prononcées en même temps, ut dicitur, lego [contenant les deux syllabes : ‘le’ et ‘go’], je lis, quando dicis le - futurum est - go [quando dicis - go] praeteritum est le - c. à d., quand tu prononces la première syllabe, la dernière syllabe est le futur pour toi, et  (quand tu dis la dernière,) la première syllabe est prétérit [passé] pour toi. C. à d. qu’il est naturel, comme disent les Latins: Tempus non dividitur sed opera nostra dividuntur, c. à d., ce n’est pas le temps qui est divisé ici mais nos actions. Cependant, dans  “les Gaël disent”, Cennfaeladh ne fait pas référence aux  auteurs de son propre temps.  Pourquoi a-t-il placé la lettre ‘a’ en premier ici?  Parce que c’est la plus ancienne des lettres et la plus noble des voyelles.

      Et ceci est la raison pour laquelle la langue irlandaise (c. à d. le langage de Fenius), une réalisation merveilleuse, hors la loi, c. à d., quelque chose d’inhabituel, inhabituel par sa rareté, hors la loi par sa  fierté, un essai pour atteindre le paradis en restant dans son corps mortel sans la permission de Dieu.

      Ce qui est arrivé ici, c. à d., la construction de la Tour de Nemrod. Ce Nemrod était le champion de tous les rejetons d’Adam en son temps, Nemrod, fils de Cush, fils de Ham, fils de Noé. Il n’y avait alors aucun roi en ce monde jusqu’au temps de Nin, fils de Bel, mais jusqu’à cette époque il n’existait que des conseillers et des chefs. Ainsi, soixante douze conseillers existaient

BB. 315 β 22            AURAICEPT         E. 20 β 1

au moment où la Tour fut construite. L’un de ces 72 était Nemrod. Un homme puissant, un fameux chasseur, à savoir, pour les cerfs; et à la course, à savoir, pour les lièvres; et aux pièges, à savoir, pour les sangliers; et aux lacets, à savoir, pour les oiseaux. De la sorte de très nombreux hommes l’ont suivi si bien qu’il était celui qui disposait de la plus grande armée et de la sorte il était plus puissant qu’un conseiller. C’est ainsi qu’il a uni ces 72 conseillers en une seule assemblée pour faire la Tour avec le petit-fils du frère de son père, à savoir, avec le  fils du petit-fils du frère de son grand-père, à savoir, avec Peleg fils de Ragau, fils de Arphaxad, fils de Shem, fils de Noé. Et il était aussi l’un des  72 conseillers, à cette époque. Et ils disent aussi que Peleg était le conseiller qui était parent avec tous les autres. Se pose ici la question du nom des 72 conseillers qui ont construit la Tour, mais les écrits  n’énumèrent que les nom de 17 d’entre eux qui furent les plus célèbres, à savoir, Peleg, Nemrod, Eber, Latinus, Rabiath Scot, Nabgodon, Assur, Ibath, Longbardus, Bodbus, Brittus, Germanus, Garath, Scithius, Gotius, Bardanius, and Sardain. Mais en tous cas, après le Déluge, le premier roi selon la nature fut Nemrod. Le premier roi selon l’art, fut ce Peleg dont nous venons de parler. D’après les autorités, cependant, c’est Nin fils de Bel, fils de Plosc, fils de Pluliris, fils de Agomolis, fils de Fronosis, fils de Gitlis, fils de Tiras, fils de Assur, fils de Shem, fils de Noé. Il obtient, ainsi, ce titre. Nemrod a dit que c’est son nom qui devrait être toujours associé à cette œuvre. Adrodamas, c. à d., à lui aussi fut attribuée cette chose. Trois choses, donc, de par lesquelles la construction de cette Tour a été accomplie par les enfants d’Adam, à savoir, par crainte d’un nouveau déluge, et qu’ils

 

BB. 315 β 49            AURAICEPT        E. 30 β 23

 

puissent rejoindre le ciel dans leurs corps terrestres et qu’ils rendent illustres leurs noms après eux, de sorte que le Roi du ciel puisse dire au peuple du (316): Venite ut videamus et confundamus linguas eorum, c. à d., venez que nous puissions voir et fondre ensemble [‘confondre’: to confound peut avoir aussi, en Anglais formel, le sens de to mix up] le langage de ces hommes. Le pouvoir des descendants  d’Adam et leur force en construisant la Tour étaient grands, mais afin qu’ils puissent savoir si le pouvoir du Roi du ciel était au-dessus du leur, Il les confondit, c. à d., Il les remplit de confusion.  Quand l’un disait à un autre de lui apporter une pierre, c’était un bâton qu’il apportait, à savoir, les blocs sur lesquels on mélangeait le mortier et les maillets avec lesquels il était mélangé, c’était les bâtons et les pierres dont ils parlaient. Alors les poètes arrivèrent de Scythie un peu après cela pour chercher à apprendre les nombreux langages de la Tour car ils pensaient, c. à d. ils supposaient c. à d. ils s’attendaient à une place d’où partaient et où avaient été inventés les nombreux langages par les enfants d’Adam, de sorte qu’ils restent à cet endroit en leur perfection. Ainsi, ils allèrent à la plaine de Shinar vers la Tour, c. à d., la plaine de Ucna ou la plaine de Doraimh au Nord Ouest de la plaine de Shinar, un nom spécial de l’endroit où se trouve la Tour. Les poètes étaient au nombre de soixante quinze [sic, irlandais ancien: coigur ar sechtmogat], c. à d., un pour chaque langage, plus les trois sages, à savoir, un sage pour chacun des langages principaux, Hébreu, Grec, et Latin. Soixante quatorze [sic, irlandais ancien: ceithri berla sechtmogat] langages, ce sont tous les langages qui étaient répandus là-bas.

      Fenius Farsaidh était le nom de leur chef, et il était un sage dans les principaux langages même avant qu’il arrive du Nord, de la Scythie. La raison de la supériorité accordée à ces trois langages est au due au nombre d’oeuvres composées dans ces trois langues,

 

 BB. 316 α 23           AURAICEPT         E. 20 β 44

 

et du fait des mélanges en cet endroit, ils mélangèrent les langages, ou encore c’était dû à l’inscription surmontant la Croix en ces trois langues. Comme Fenius ne put obtenir la perfection des langages dans la Tour, il dispersa à l’étranger son école et ses disciples, pour qu’ils en apprennent les langues, de tous les côtés de terre dans les villes et les territoires et Fenius leur fournit nourriture et habillement pendant qu’ils apprenaient ainsi, à savoir, sept langages [Calder rajoute ici au texte en vieil irlandais après ‘sept langages (secht mberla) un [1. years] que je ne comprends pas], et Fenius est resté dans la Tour jusqu’à ce que son école le rejoigne depuis toutes les  directions, et il continua pendant ce temps à instruire dans la Tour les nombreuses races du monde. De là, il dit dans le corps du livre que Fenius lui-même resta là dans la Tour où il habitait. D’autres auteurs disent que les enfants de Ionan fils de Japheth fils de Noé dont les Grecs sont issus et dont  Fenius est issu, n’étaient pas là lors de la construction de la Tour.

      C. à d. c’est normal car Jonan n’eut aucun enfant, ou Japheth n’a pas eu ce fils lui-même, ut Hieronymus dixit.[ainsi le dit Hieronymus] Question, quelle est la généalogie de Fenius? Pas difficile. Farsaidh, alors, fils de Baath, fils de Magog, fils de Japheth, fils de Noé. Ou Fenius Farsaidh, fils de Eogan, fils de White-knee, fils de White-hand, fils de Ether, fils de Agnoman, fils de Toe, fils de Bonb, fils de Semh, fils de Mar, fils de Ethecht, fils de Aurtecht, fils de Abodh, fils de Aoi, fils de Ara, fils de Iara, fils de Sru, fils de Esru, fils de Boath, fils de Riafath, fils de Gomer, fils de Japheth, fils de Noé, etc. Et de plus, Fenius est Scythe, et eurs généalogies portent les Scythes et les Goths jusqu’à lui. Et ils étaient tous la semence de Noé. L’Hébreu est la langue qui existait avant qu’on commence à construire la Tour et c’est aussi celle qui existera après le jugement dernier et,

 

BB. 316 α 49            AURAICEPT         E. 21 α 12

 

selon certains, celui qu’avaient les peuples du ciel. Après que les  disciples fussent revenus vers Fenius, et après avoir montré leurs voyages, à savoir, leurs déplacements et leurs travaux, à savoir, leurs études, alors ils demandèrent au sage, à savoir Fenius, de sélectionner pour eux parmi les nombreux  langages, un langage que personne n’avait mais qui puisse être le leur en propre. Pour cette raison a été inventé le Langage Choisi avec ses additions supplémentaires, le Langage Irlandais, et le Langage Additionnel, et le Langage Distribué parmi les lettres principales ainsi qu’il est relaté dans le Livre des Bois [Woods peut être ici un nom propre, ce dont je doute, ou signifier ‘les bois’, voir quelques lignes plus loin.], et le Langage des Poètes avec lequel ils communiquent, et le Langage Commun qui sert à chacune des nombreuses races. Gaedel, fils de Ether, fils de Toe, fils de Baracham, un Grec, était l’un des deux sages accompagnant Fenius, si bien que le Gaélique fut nommé d’après son nom , à savoir, ealg signifie noble, à savoir, Gaedel l’a ennobli. Gaedeal Glas aussi, fils de Agnon or Aingin, fils du frère aîné de Fenius; et lui aussi il était un  sage, même lui. C’est lui qui attribua ce langage à Gaedel, fils de Ether; pour cette raison, Gaedealg est de Gaedel, fils de Ether. Et Gaedil vient de Gaedel, fils de Agnon ou Aingin. Le Langage des Irlandais a été inventé alors, et le  Langage Additionnel, et Langage Distribué parmi les arbres [on comprend maintenant l’allusion aux ‘Bois’: il s’agit du langage ‘distribué parmi les arbres’ c. à d. composé à partir des lettres de l’Ogam], et le Langage des Poètes est le quatrième, et le Langage Commun qui sert à tous, le cinquième. Maintenant Fenius Farsaidh fils de Eugenius, et Iar fils de Nema, et Gaedel fils de Ether sont les trois sages qui ont choisi ces langages, et ils ont été  inventés dans la ville de Eotenam, ou Athènes.

      Question, quels sont les noms de 72 races d’après lesquelles les nombreux langages ont été appris? Pas difficile. [Rappel :! je n’ai pas traduit ces noms placés entre ***] *** Bithynians, Scythians, Scots, Germans, Medes, Sicilians,

 

BB. 316 β 25 AURAICEPT E. 21 α 33

 

Hyrcanians, Goths, Pontians, Morini, Lyonese, Cyprians, Gauls, Pamphylians, Lydians, Oigii, Cycladians, Cretans, Corsicans, Sardinians, Sicilians, Rhetians, Rheginians, Rhodians, Romans, Ináir, Massilians, Moors, Macedonians, Morcain, Náir, Nármáis, Narbonians, Noricans, Nubians, Barais, Bithynians, Britons, Boeotians, Magogians, Armenians, Amuis, Goircc, Galatians, Aquitanians, Athenians, Thessalians, Ardair, Alanians, Albanians, Hyrcanians, Italians, Spaniards, Goths, Getae (?) [Irlandais: Guith], Gruind, Saracens, Franks, Frisians, Langobards, Lacedemonians, Elisaeans (?)[Irlandais: Essil], Thracians, Trojans, Dardanians, Dalmatians, Dacians, Ethiopians, Egyptians, Brahmans, and Indians. ***  Ceci est le nom des 72 races ayant les 72 langages. Et donc, un homme pour chacun de ces langages, c’est ce qu’a ajouté l’école, et trois sages, et chacun d’entre eux à été envoyé vers son propre langage, et la place où chacun s’est rendu n’est pas toujours habitée par des gens de leur race, comme par exemple, Cai Cainbrethach, beau-fils de Fenius, l’un des 72 disciples de l’école. Il était Hébreu par sa naissance et il a été envoyé aux Egyptiens parce que ses parents avaient vécus là-bas, et là-bas il a été élevé depuis sa jeunesse, et c’est ainsi qu’il [Fenius, je crois]le dit dans le corps du livre: Chacun de la même langue fut envoyé là-bas mais non chacun de la même race, du même lieu de naissance. Les élèves étudièrent pendant sept ans et ils montrèrent leurs connaissances pendant trois ans après être retournés chez eux, de sorte qu’ils furent ainsi dix [ans]. Pour cette raison voici ce qu’il dit plus loin dans le corps du livre: Dix ans après leur dispersion depuis la Tour, ce langage fut choisi pour eux. Maintenant, il y avait 25 personnes qui étaient les plus nobles d’entre

 

BB. 317 α 3             AURAICEPT         E. 21 α 36

 

eux. C’est d’après leurs noms que sont nommés les voyelles et les consonnes de l’Ogam. Voilà leurs noms : Babel, Lot, Pharaoh, Saliath, Nebuchadnezzar, Herod, David, Talamon, Cae, Kaliap, Muiriath, Gotli, Gomers, Stru, Ruben, Achab, Oise, Urith, Essu, Iachim, Ethrocius, Uimelicus, Iudonius, Affrim, Ordines.

      Ce sont les noms des 25 personnes les plus nobles de l’école de Fenius. D’autres disent que l’alphabet a été inventé en Achaidh sur la voie du Grand Estuaire, c’est là que Amergen, fils de Mil, inventa le Beithe Luis de l’Ogam.

      Quelle lettre, quel caractère, quel son est tel qu’il ne termine aucun mot? dinin disail, ou ‘f’. Et quel son tranchant est tel qu’il ne commence aucun mot fort? ‘ng’. Cependant, les cinq principales voyelles de l’Ogam ont été nommée d’après les noms des cinq plus nobles personnes, a, o, u, e, i. aura00.jpg. D’autres disent qu’il y a sept principales voyelles ont été nommées d’après les sept les plus nobles personnes, et que deux voyelles furent ajoutées au cinq premières, elles sont ea, oi aura01.jpg. [Ces deux figures sont omises dans la traduction de Calder, mais données à cette place de l’original]

      Question, quels sont les nombres exacts de Tour de Nemrod ? Pas difficile. Il y en huit au total, à savoir, 72 conseillers, 72 élèves, 72 races d’humains, 72 langages, les langages dans son école, 72 peuples qui étaient ces langages, et les races, 72 artisans pour y travailler, 72 matériaux de construction incluant la chaux, le bitume, la terre, et le ciment en couches égales, 72 pas de largeur, comme il a dit:

 

[Original irlandais]

Airimh in tuir togaidhi

Nemruaidh, ba din do dhainib,

Ceithri cemeand sechtmogat,

Coic cemend ar choic milib.

 

Da chomairlib sechtmogat

Tugsat saithiu for sluaighedh ;

Da berla for sechtmoga[i]t

Rothidhnaic Dia fria mbuaidhred.

 

Da cenel saer sechtmogat

Dona dainib, ba dodhraing ;

Da descipul sechtmogat

Faete Fenius fri foghlaim.

 

Da thuaith saera sechtmogat

Forofoglaid, fir talman ;

Da primshaer ar sechtmogait

Fri heladhain na n-adhbar.

 

Da aicde for sechtmoga[i]t,

Inna cumhat, roghnathaigh,

Eter ael is bitumain

Ocus talmhain is tathluibh.

 

Seacht cumat deg demnighthi

Ag nim suas im gaeth ngairigh,

Is da cheim ar sechtmoga[i]t

Inna leitheat fria airim.    Airim in tuir.

 

[Traduction de Calder]

Le nombre de la Tour choisie

De Nemrod, un abri pour les hommes,

Soixante quatorze pas,

Cinq pas, et cinq mille.

 

Soixante douze conseillers,

Ils prirent des compagnons pour une expédition,

Soixante douze langages

Dieu leur donna pour les  confondre.

 

BB. 317 α 34            AURAICEPT         E. 21 β 8

 

Soixante douze races libres

Pour les hommes, cela fut dur;

Soixante douze élèves,

Fenius les envoie pour apprendre.

 

Soixante douze peuples libres

Il les divisa, hommes de la terre;

Soixante douze chef stratèges

Pour le travail habile des matériaux.

 

Soixante douze matériaux de construction,

En égale quantité, il utilisa,

Y compris la chaux et la poix 

Et la terre et le ciment.

 

Dix-sept coudées garanties,

Vers le haut vers le ciel dans un vent rugissant,

Et soixante douze  pas

De large pour l’estimer.

      D’autres disent, cependant, que seulement neuf matériaux furent utilisés dans la Tour, à savoir, argile et eau, laine et sang, bois et chaux, acacias, fils de lin et bitume, de quibus dicitur:[desquels il est dit]

[Original irlandais]

Cre, uisgi, oland is fuil,

Ross is ael is lin lanchuir,

Sechim, bitumain go mbuaidh

Nai n-adhbair in tuir Nemruaidh.

 

[Traduction de Calder]

Argile, eau, laine et sang,

Bois, chaux, fils de lin bien tordu,

Acacia, bitume avec avantage,

Les neuf matériaux de la Tour de Nemrod.

à savoir, nom, pronom, verbe, adverbe, participe, conjonction, préposition, et interjection sont leurs noms: Nomen,pronomen, verbum, adverbium, participium, conjunctio, interjectio

[La Tour de Nemrod est ici décrite comme (aussi?) composée de mots et ses ‘matériaux’ sont les formes grammaticales principales.]

***[suit une description grammaticale des liens entre les langues irlandaises et latines. On y parle voyelles et consonnes, semi-voyelles, consonnes muettes. Suivent quelques extraits du texte dont je n’ai pas respecté l’ordre original.]***

[SUR LES VOYELLES]

Gutta (voyelle), c. à d., fondation de la voix, c. à d., fondation de la voix est ceci: ou bien l’envoi de la voix, du fait que les voix sont envoyées par elles [par les voyelles], ou bien les chemins des voix du fait qu’il y a des chemins des voix, ut Priscianus dixit: Dicitur autem litera vel quasi legitera quod legendi iter praebeat, c. à d., la lettre est une chemin pour la lecture en ce sens qu’elle prépare le chemin pour la lecture …

Qu’est-ce qui est particulier, propre, commun et impropre à la voyelle? Pas difficile. Particulier à elle, le chemin de la voix, car elle trouve la voix par elle-même … Pourquoi dit-il qu’une voyelle est fondation de la voix, ou une voyelle est une voix qu’ils énoncent, car la voix n’est pas fondation d’elle même, et elle ne trouve pas de voix par d’elle même.

 

[SUR LES CONSONNES]

Consonnes, c. à d., les beaux sons, c. à d., les sons brillants: ou ‘consonnants’ d’après le mot consonnees, résonnant ensemble, c. à d., ils sonnent en même temps qu’une voyelle …

 

[LE BOIS NATUREL/ARTIFICIEL]

Il y a ainsi deux divisions dans le Beithe Luis Nin de l’Ogam, c. à d., voyelles et consonnes. Dano i-da n-ui, deux d’elles, c. à d., da n-ui, il y a ici deux questions. N-ae est question, c. à d., la question sur le Beithe Luis Nin de l’Ogam, c. à d., ind oguamma de la parfaite allitération, ou bien sur l’éternelle  connaissance littéraire de l’Ogam. Quand aux fedha, les voyelles du bois, en plus, on en compte deux différentes, à savoir, l’arbre artificiel et l’arbre naturel. L’arbre artificiel, c. à d., l’arbre de l’Ogam; et  l’arbre naturel, l’arbre de la forêt. Au sujet des bois artificiels, de plus, ils sont considérés comme ayant deux sortes d’origine. Fidh, bois, donc, vient du mot funo [Φωνέω], ‘je sonne’, ou du mot fundamentum, c. à d., fondation, et cette dérivation, à savoir, fundamentum est commun au bois artificiel et au bois naturel. Maintenant, quant à fid, bois, son sens est ‘bonne loi’, à la fois pour l’artificiel et le naturel. Fondation, cependant, c’est son usage, à la fois pour l’artificiel et le naturel. C’est étrange ce qui fait que le bois artificiel ait ainsi deux dérivations, et le bois naturel une seule, à savoir, funo, et fundamentum. Pas difficile. Funo est relatif au son, et fundamentum est relatif à la fondation; et la fondation est commune au bois artificiel et naturel.

      Fid, bois, c. à d., fedh ae, leur étendue, car cinq formes de ae existent, ae qui nourrit, ae qui chante, ae qui intente [un procès], ae qui juge et ae qui siège. Alors, le ae qui nourrit, c. à d., lorsqu’on l’a dans l’esprit, et le ae qui chante lorsqu’on le donne [le prononce], et le ae qui intente lorsqu’on demande une récompense pour lui, et le ae qui juge de sa grandeur ou de sa petitesse, et le ae qui siège après avoir reçu sa récompense.

 

 

***

 

 

      Quant aux genres, combien y en a-t-il en Irlandais? (c. à d., la voie de l’importun [Calder utilise une expression imagée: gooseberry way,mot à mot : la voie de la groseille à maquereau – au figuré, un importun ou bien ‘celui qui tient la chandelle’. Je suppose qu’il a traduit une expression toute faite en Irlandais ? L’original Irlandais n’est pas clair : ‘ifin che’, ifín ou iphín :est bien le nom d’un arbuste portant des baies (… ou le nom des diphtongues commençant par un ‘i’ !) et ‘che’ = ?]. Pas difficile. Il y en a trois en Gaélique, c. à d., les genres masculin, féminin, et neutre, à savoir, en Latin masculin, féminin, et neutre. Question, quelle est la différence entre eux? Pas difficile. Les trois principaux mots de genre  différent, à savoir, hic, haec, hoc; c. à d., il, elle, ised [nous n’avons pas de neutre en Français, l’Anglais utilise ‘it’, je le rendrai par ‘il-elle (neutre)’]; il, l’homme; elle, la femme; il-elle (neutre)’, le ciel.

      Question, quand y a-t-il harmonie entre les genres et les éléments pour les décrire? Pas difficile. Quand son  genre propre  par nature lui est applicable. Il n’y a pas d’harmonie, cependant, entre eux quand l’un des  genres peut être appliqué pour un autre, c. à d., le masculin pour le féminin, ou le féminin pour le masculin, or le neutre pour chacun d’eux. Le masculin peut être utilisé pour le féminin quand une jeune femme [banmhacsa] est appelé ‘il’, ut dixit poeta:

 

[Poème original en Irlandais :

Dia mbadh missi in banmacan (ban désigne un être féminin, mac(c)án = jeune garçon, masc.)

Mocechrainn cach faelmacan (fáel = loup, fáelad = apprentissage donné ou reçu, ou = ‘comme un loup’)

Fer nad fintar gu gcluinnter (fer = un homme (opposé à une femme))

Slancheill chein duib a muindter (slan = entier, sain, cheill = compréhension ; muinter = maisonnée)].

 

[Traduction de Calder]:                                          (c'est-à-dire : )

If I were a female child,

I should love every young student;

A man that is not discovered till he is heard of,

Perfect sense for a while to you, O people.

Si j’étais une jeune fille

Je devrais aimer chaque jeune étudiant ;

Un homme qui n’est pas découvert tant qu’il n’est pas entendu,

Sens parfait quelque temps pour toi, Oh peuple.

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

Si j’étais ‘un’ garçonne

J’aimerais chacun des jeunes étudiants [ou des ‘jeunes loups’];

Un homme [mâle] n’est pas reconnu pour tel s’il est inconnu,

De loin, tu comprends cela parfaitement, Oh maisonnée.

 

Le féminin peut aussi être utilisé pour le masculin quand un cheval est appelé ‘elle’:

 

[Original irlandais]

Isi in gabuir uair [car, ou datif : ‘une fois’] is each,

Ise in gabur cid meighleach,

Isi in chorr cid reil nos-rel,

Ise in mintan cid banen.

 

[Traduction de Calder]

Le gabuir est ‘elle’, quand c’est un cheval, [gabair signifie : étalon]

Le gabur est ‘il’, s’il bêle, [gabor signifie : bouc]

Le héron est ‘elle’, bien qu’il se révèle clairement,

La mésange est un ‘il’, même si c’est  un oiseau femelle.

 

Le genre neutre peut aussi être utilisé pour le genre masculin ou le genre féminin quand on dit « cela est sa tête », que la tête soit celle d’un homme ou d’une femme, ut dicitur:

 

[Original irlandais]

Ceand mna romannair mo mod,

Doi-far[r]aidh don, ni deilm ndil,

Is ed ceand is grannium sain

Do neoch fil for muin fo nim.

 

[Traduction de Calder]

A woman’s head that has destroyed my work,

It has gained ground, no dear sound,

It is a head that which is the most horrible

Of any that is on a neck beneath heaven.

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

La tête d’une femme qui a détruit mon travail,

Il-elle (neutre)’a rejoint le sol, un son peu agréable,

C’est la plus horrible des têtes

De toutes, celle dont le cou est sous le ciel. [la femme a été décapitée]

 

BB. 319 β 27 AURAICEPT E. 23 α 23

 

Le genre féminin aussi peut être utilisé comme genre neutre quand une pierre est ‘elle’, ut dicitur:

 

[Poème original en Irlandais :

Is he in lia, lith rolas,

Iar srethaib suadh in senchas ;

Is ed onn iar n-aicneadh ail,

Is i in cloch iar saerdataid.

[Explications]

Is he in lia [pierre – parfois f.], lith [fête, amusement] rolas [ro-=préfixe ‘trop de’ ; las = (Calder) lassaim, flamme ; (YK) lathe, le jour, rac. briller],

Iar srethaib [datif pluriel de sreith, ‘les rangs’] suadh [participe passé de súaith-, thème verbal ‘a été pétri’] in senchas [tradition ancienne];

Is ed onn [roc – n.]iar n-aicneadh [pour ceux qui connaissent] ail [gros rocher – f.],

Is i in cloch iar særdataid [selon l’art].

 

Traduction de Calder :                                                                                                     (c'est-à-dire : )

The flagstone is he, a feast that has flamed,

According to the threads of sages is the history ;

A block is it, according to nature, a rock,

A stone is she according to artificiality.

La pierre de taille est ‘il’, une fête qui a flambé,

C’est l’histoire selon les fils tissés par les sages ;

 

Un bloc est ‘il-elle’ selon la nature, un roc,

Une pierre est ‘elle’ selon l’artifice.

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

La pierre de taille est ‘il’, une fête trop lumineuse [mise dans trop de lumière]

Selon les jalons pétris par la tradition ancienne,

Un bloc, un roc est un ‘il-elle’ selon ceux qui savent,

La pierre dure est ‘elle’ selon l’art.

 

[Original irlandais]

Is e in daigh derg dighdi dath

Frisna geibthi cath na cith :

Is ed ceand is chaemu cruth

Fail gu mbruth forsmbroeniu bith.

 

Samail a dealba can chleith

Ealbha ingine Idhaidh ;

Fri goir ngreni glaine ar gurt,

Is fris samlaim a caemtucht.

[Explications]

Is e in daigh derg [‘flamme rouge’ ou ‘incendie sanglant’] dighdi [dígde=prière pour demander pardon] dath [couleur]

Frisna [fris- = contre; na = négation] geibthi [isssu de gab = prendre] cath [bataille] na cith [averse]:

Is ed ceand [cenn, cend = tête ; cen = à côté de] is chæmu [cáem = précieux] cruth [forme, figure]

Fail [il est] gu mbruth [bruth=ferveur] forsmbrœniu [for-=super- ; broen=’bruine’] bith [l’existence, le monde].

 

Samail [samhail=’semblablité’] a [sa] dealba [delb=forme] can [quand ‘whence’] chleith [cleith=‘il cache’, soutien]}

Ealbha [foule] ingine [ingen=fille, Ogam] Idhaidh [par le tremble];

Fri [fri=à,contre (marque le cas ‘decidatif’)] goir [gort=champ] greni?grend=barbe] glaine [verre] ar gurt [fierté dans le regard, gúr o,ā sharp, keen ; sore, painful],

Is fris [fris=à,contre] samlaim [samlaid=ainsi, comparer] a cæmtucht [caem=précieux, bien-aimé, approprié ; tucht=forme].

[Explication donnée par le tetxe lui-même]]

 [Edhadh, c. à d., ed uath, peine horrible, à savoir, ‘test-tree’ ou tremble]

 

[Traduction de Calder]

The red flame is " he," a prayer of colours,

Against which will not prevail battle or shower;

A head is " it " of fairest form,

A place whereon with a glow the world distills.

 

The likeness of her form, without concealment,

Of Elba, daughter of Idad,

To a bright sun’s fire on a field

Thereto I liken her beauteous shape.

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

L’incendie sanglant est ‘il’, couleur de prière,

À lui rien ne s’oppose, ni bataille ni ondée,

Une tête est un ‘il-elle’, précieuse forme,

(à suivre)

 

      Cependant, selon l’usage propre des éléments, aucun mot n’est du genre masculin ou féminin s’il n’est pas en accord avec ce qu’il engendre ou ce par quoi il est engendré; et le neutre a la nature des deux. D’un côté le genre neutre est dérivé du masculin et du féminin; De l’autre, le masculin et le féminin sont dérivés du neutre, comme dans les vers, et ceux-ci sont les neutres dérivés et les couples neutres et leurs pairs.

 

***

 

      Dans la langue de la nature pour le masculin, « il » est l’homme [mâle]: langue de l’artificiel pour le masculin, « il » est le ciel.

Dans la langue de la nature pour le féminin, « elle » est la femme: langue de l’artificiel pour le féminin, « elle » est la pierre. Dans la langue de la nature pour le neutre, ‘il-elle (neutre)’ est le ciel: langue de l’artificiel pour le neutre, ‘il-elle (neutre)’ est la tête.

Il existe une nature de beauté et une nature de laideur. Nature de beauté d’abord: C’est, de la femme, son nez ou son œil. Nature de laideur, de la femme, ce sont ses dents ou sa bouche et la  qualité de la voix en est la cause, c. à d., rien d’autre qu’un mauvais usage, comme les mots d’un langage inconnu, , c. à d., nous ne les trouvons pas doux [à notre oreille].

 

***

 

[Quelques lignes que je ne comprends pas vraiment:]

Il y a quatre subdivisions dans la langue artificielle, à savoir, Différence de Partie, Cause d’Euphonie, Parole Amplifiée, et Brièveté de Terminologie. Différence de Partie, ut est, « il » est la garçonne, c. à d., le

 

BB. 32o β I             AURAICEPT         E. 23 β 18

 

nom vient de la virginité qui est en la fille: Cause d’Euphonie, ut est, ‘elle’ est le gabair, étalon, et c’est un nom pour un cheval blanc, c. à d., goar, c. à d., solus dans le Feinechus, ou en Gallois, de sorte que le poète lui associe ‘b’ pour une raison d’euphonie: Parole Amplifiée, ut est, c’est sa tête [d’une femme] et les deux expressions sont plus longues: Brièveté de Terminologie, ut est, une écorce de beurre et un filet d’épi de blé; car il était long et difficile de dire «une écorce autour du beurre» et «un filet autour d’un épi de blé». Car ce sont les deux modes de parole qui existent, le mode naturel et l artificiel.

 

***

 

      Quelle est la difference entre se, ‘c’est lui’, et uinse, ‘il est ici’ [en fait: ‘c’est bien lui’]? Uindse d’abord: la désignation d’une person particular qui est là, ut dicitur: iil est ici, cet homme en particulier, avec son nom, ut dixit poeta:

[Original irlandais]

Unse [andsa = preferable] chugut [vers toi] in [le] gillgugan [gilla = jeune serviteur. guga = un garcon gras et stupide],

Mac r[e]arrgugan ;

Bid cach maith lat ar cingugan,

A ceallgugan.

 

[Traduction de Calder]

Here comes to thee the dear little fellow,

Fils de a dear little black-bird [Mac Lonáin].

Have thou every good prepared for him,

Dear little Cellach.

 

 

[Se] désigne le genre: il est un homme, on ne sait pas qui en particuler, mais c’est un ‘il’

 

BB. 321 α 26            AURAICEPT         E. 24 α 14

 

tantum.

 

 

***

 

 

 

      Incipit le livre de Ferchertne. La place de ce livre, Emain Macha. Au temps de Conchobar MacNessa. La personne qui l’a composé, Ferchertne, le poète. La raison pour le composer, conduire les faibles et les grossiers à la science.

      Le Gaélique est mesuré selon sept caractères, la lettre et le pied du vers, la déclinaison et l’accent, la syllabe et le genre, et l’inflexion [l’inflexion est décrite en grand détail dans les pages que je n’ai pas encore traduites].

 

 

***

 

 [Mais voici un résumé de la description de ces sept caractères]

****Début du résumé

Ces sept caractères définissent sept sciences.

1. « Fid, la lettre, » c'est-à-dire les voyelles, les diphtongues et les consonnes « excepté ‘h’ car ce n’est pas du tout une consonne, ut est: h non est litera sed nota aspirationis, h n’est pas une lettre mais la marque d’une aspiration. »

2. « Ensuite deach, le mètre poétique [un ‘pied’ en poésie] ». Comme on dit que l’alexandrin contient douze pieds, le deach est la division du vers en pieds qui font que l’on va diviser une syllabe en deux pieds, par exemple.

3. « Reim, le parcours, » . Du point de vue grammatical, ce sont les déclinaisons (et les ‘cas’ des mots dans la phrase), du point de vue poétique ce sont les allitérations. L’auraicept illustre ce terme par deux poèmes. Le premier a été traduit par Clader mais le second ne l’a pas été.

 

Quant à reim, lui, son usage est céim, le pas:

[Original irlandais]

Bellat mathair Niu[i]l neimnigh

Do chloind Laitin langeimligh

Fuair bas i llo grene glain,

Cele Feniusa Farsaidh.

[Traduction de Calder]

Bellat mother of envenomed Nél

Of the children of full-fettered Latinus

Died on the bright day of the sun,

Spouse of Fenius Farsaidh.

 

à savoir, alliteration de lettre en lettre, ut est:

[Original irlandais]

Sian sleibi sirlata serind

Senshaill senim snechta snac

Slisiu slice samad saball

Sanaithe snithe saland sacc

[Pas de traduction de Calder : ce sont quatre vers non traduits par Calder qui sont des allitérations sur ‘s’]

 

4. « Maintenant quant à forbaid, » c’est l’accent qui, en Irlandais, désigne les longues et les brèves. Cela s’applique aussi aux mots qui sont courts ou longs.

5. « Alt venant du mot altus, c. à d., noble, » ce qui est nourri et mûri dans l’esprit. S’applique plutôt à la poésie qu’à la prose. Nous dirions que c’est le ‘souffle’ de la poésie.

6. « Maintenant indsce, genre, » en prose, c’est le genre habituel (masc ., fém., neutre). En poésie c’est ce qui permet de reconnaître le mètre de la poésie.

7. « Maintenant etargaire, inflexion, » c’est ce qui permet la comparaison et qui est rendu aussi par l’inflexion de la voix. Ranger dans un ordre est aussi etargaire. Il doit désigner une personne en particulier.

****Fin du résumé

 

***

 

 

 

******la traduction recommence [Ce texte a besoin d’une grammmaire pour devenir clair. Je ne le traduis que pour introduire le sujet des poèmes qui lui sont associés]*****

 

      Il y a quatre espèces en prose, cependant, venues de reim, la déclinaison, à savoir, déclinaison de son comme fer. Alors c’est décliné. Déclinaison de sens comme Patraic. On ne trouve pas la déclinaison de son, car le mot  n’a qu’une seule forme pour le

 

BB. 322 α 3             AURAICEPT         E.24 β 9

 

nominatif et le génitif: déclinaison de son et de sens comme Fland, Flaind. Déclinaison latérale en prose, c. à d., "moi je" pour tout c. à d. que la déclinaison partielle est la déclinaison latérale. Il y a trois façons de décrire reim, déclinaison: Déclinaison ‘hors de’, ut est, fer, car c’est hors du mot que la déclinaison est effectuée. Déclinaison ‘dedans’, ut est, fir, car la déclinaison est effectuée ‘dedans’ le mot. Déclinaison à la fois ‘hors de’ et ‘dedans’, ut est, in fer, c. à d., le nominatif du mot et son  accusatif sont ici ensemble. Quant à reim, aussi, son usage est céim, le pas:

[Original irlandais]

Bellat mathair Niu[i]l neimnigh

Do chloind Laitin langeimligh

Fuair bas i llo grene glain,

Cele Feniusa Farsaidh.

 

[Traduction de Calder]

Bellat mother of envenomed Nél

Of the children of full-fettered Latinus

Died on the bright day of the sun,

Spouse of Fenius Farsaidh.

 

à savoir, alliteration de lettre en to lettre, ut est:

 

[Quatre vers non traduits par Calder qui sont des allitérations sur ‘s’]]

Sian sleibi sirlata serind

Senshaill senim snechta snac

Slisiu slice samad saball

Sanaithe snithe saland sacc

 

 

***

 

******la traduction recommence***** [«les allitérations en Irlandais ancien»]

 

      Question, est-ce que réim, la course, une espèce ou un genre? Un genre, c. à d., il a deux espèces, à savoir, poésie et poésie bardique, c. à d. réim, allitération de lettre par lettre, et taebreim, allitération latérale de lettre par lettre, ut est:

[Original irlandais]

Coluim caid cumachtach 7rl

[Traduction de Calder]

Columba, pious, powerful, etc.

 

Taebreim, allitération latérale, cependant, ut est:

[Original irlandais]

A [Fh]laind at luam in gaiscidh grinn

Co Maistin maill.

At glan, at gaeth, is garg do rind

At laech, a [Fh]laind]

 

[Traduction de Calder]

Fland, thou art the pilot of pleasant valour

Unto gentle Mullaghmast;

Art pure, art wise, rough is thy point,

Thou art a hero, Fland.

 

 

***

 

 

 

      Question, qu’est esse, l’essence des sept par lesquels le Gaélique est measuré ? Pas difficile. D’abord, esse, essence de la lettre, feda, ,: c. à d. le fragment d’air découpé

 

BB. 322 β 35            AURAICEPT        E. 25 α 7

 

que la voyelle occupe en formant un mot, unde poeta dixit:

[Original irlandais]

Esse feda is fretede

Ferr duib a aicne occaib

In blog aeoir thepide

Techtas i n-elluch focail.

 

[Traduction de Calder]

Esse feda, essence of a voyelle, it is to be studied,

Better for you to have the knowledge of it,

The fragment cut off of air

Which it possesses in composing a word.

 

      Qu’est esse du pied de versification ? Pas difficile. À la fois, l’ensemble ou la partie des sons soutenus qui sont considérés pour une à huit syllabes.

Qu’est esse reime, essence de la flexion ? Pas difficile. La modification modulée, prononcée, articulée qu’on obtient en passant du nominatif singulier à l’ablatif pluriel.

Qu’est esse de l’accent? Pas difficile. L’augmentation ou la diminution du temps qu’un accent marque par l’allongement ou le raccourcissement du son.

Qu’est esse alta, essence d’un intervalle ? Pas difficile. Le silence de la langue qui repose sur le poète en passant d’une lettre à l’autre s’il s’agit du alt saorda, ou d’une syllabe à l’autre s’il s’agit du alt aicenta.

Qu’est esse du genre? Pas difficile. L’essentiel juste et parfait qui est rencontré dans les trois sortes.

Qu’est esse etargaire ? Pas difficile. La considération de la taille, petitesse, qualité, dénotation, différence, variété ou distinction que Dieu a façonné parmi les choses créées.

 

 

***

 

 

      Quelles sont les deux consonnes qui prennent la force d’une voyelle ? À savoir, c et r après a, ut est, Coluim Cille cecinit:

[Original irlandais]

Im ba sessach im ba seng,

Im ba tresach, tuirme glonn,

A Chríst ! in congebha lind

O thi co teacht ar lind long?

 

[Traduction de Calder]

Whether it will be firm, whether it will be yielding,

Whether it will be warlike with numbers of deeds,

O Christ! wilt thou keep with us

When it will come to fare on a sea of ships?