Les neuf ‘dogmes’ du paganisme
Yves Kodratoff
Voici une liste de 9 règles de vie, dont l’idée originale vient de Nicolas et que j’ai reprise sur notre liste païenne, LAPF, pour une discussion sincère sur leur validité. Elles permettent de décrire un païen de façon positive, sans l’opposer aux autres choix religieux. Il est donc normal que ces règles ne soient pas toutes exclusivement païennes, elles ne font que décrire les choix religieux, écologiques et relationnels qui me semblent importants pour caractériser les païens actuels.
De grands mercis à Nicolas Prenant, Mary, Alrune, Thierry, Hetman, et à Morgane Lafey, qui m’ont aidé à trouver une forme finale plus acceptable par tous.
Dogme des dogmes : « Le mot dogme a reçu un sens très fort, celui de ‘contrainte dogmatique’, non discutable. Parlons donc plutôt d’une règle de vie solennelle, d’un engagement personnel pris face au Dieux. Chaque version du paganisme est pétrie de telles règles solennelles qui lui sont propres. Cependant, la principale étant celle de la tolérance face aux ‘dogmes’ des autres religions qui sont elles-mêmes tolérantes, cela peut donner l’impression, fausse, d’un mépris pour les règles.»
Dogme du mythe créateur de l’univers : « Il n’y a pas de dieu-créateur universel, mais des mythes de la création de l’univers et de l’humanité. Par exemple, de nombreux mythes Inuit et amérindiens décrivent la création des arbres ou des poissons, indépendamment de celle des humains. Il n’est pas impossible que certains de ces mythes nomment le créateur , sans dire que c’est un ‘Dieu’ . Vus de l’extérieur, ces mythes sont de simples légendes mais, pour le croyant, elles contiennent une part de vérité mystique, elles soulèvent une émotion religieuse. »
Dogme de la recréation des traditions : « Un païen [sous-entendu, ou une païenne, évidemment] contemporain est bien obligé de vivre dans notre monde ‘moderne’, et il serait absurde d’appliquer aveuglément une tradition qu’il connaît d’ailleurs très imparfaitement. Cependant, un païen se rattache habituellement à une tradition païenne ancienne, et donc essaie d’introduire dans le monde moderne des valeurs spirituelles ‘archaïques’ en les adaptant au mieux qu’il peut aux contraintes de la société actuelle. »
Dogme du vécu opposé au paraître : « Etre païen est avant tout faire l’expérience d’une façon de vivre, plutôt que des déclarations ou des gesticulations. Geste et parole n’ont de valeur que s’ils sont intégrés dans un vécu qui est, pour certains, avant tout un vécu spirituel. »
Dogme de l’essence et de l’existence : « C’est une conséquence importante du dogme du ‘vécu opposé au paraître’. Les dogmes, les croyances, les rituels n’ont d’intérêt que s’ils sont intégrés à la vie de tous les jours, c'est-à-dire à notre façon de faire l’expérience du monde. Pour parler philo : Notre essence c’est notre existence, mais exister c’est forger notre essence. »
Dogme de l’écologie : « Le païen est conscient d’appartenir à l’environnement naturel, qu’il respecte toujours, et même qu’il vénère ou qu’il déifie. »
Dogme des relations avec les Dieux :« Les païens acceptent une grande variété de relations entre un croyant et ses Dieux. Cela va du contact intime avec la divinité, pour les plus mystiques, jusqu’à l'incroyance dans les divinités, qui sont alors considérées au mieux comme des entités abstraites. Cependant, le fond commun du paganisme est la sensibilité à l'existence d'entités sacrées, extérieures à lui-même ou dont il sent qu'il constitue une infime partie, que le païen respecte et auxquelles il ouvre son cœur ou même s'identifie. Quel que soit son degré de mysticisme, le païen respecte la forme de relation de tous avec leurs ‘Dieux’ (ou leurs ‘non-Dieux’). Ce respect d'un large spectre d'attitudes peut conduire à des comportements sociaux proches de ceux qui sont indifférents à toute religion, mais la ressemblance est superficielle. »
Dogme de la réalité vraie : « Le monde qui nous entoure comporte évidemment de nombreux aspects. Le païen ne se contente pas des aspects rationnels de la réalité. Par le biais de la mystique et/ou de la magie, il cherche à inclure dans sa vie certains des aspects irrationnels de la réalité.
En pratique,une personne qui n’accepte que les aspects irrationnels de la réalité est considérée par la société comme un fou. De son côté, le païen considère que le rationalisme exclusif dans lequel nous vivons est une sorte de folie sociale. La réalité ‘vraie’ du païen concilie autant que possible les aspects rationnels et irrationnels de la réalité.»
Dogme du temps : « C’est l’application au Temps du dogme de la réalité vraie. Temps sacré et temps historique ont leurs réalités propres, les opposer est certainement absurde. Les concilier à tout prix est certainement une lâcheté. Le païen essaie d’être le moins lâche et le moins absurde possible. »