AURAICEPT NA N-ÉCES

LE MANUEL DES ÉRUDITS

CE SONT LES TEXTES DE LA PARTIE DÉCRIVANT LES OGHAMS

DANS LE LIVRE DE BALLYMOTE ET LE LIVRE JAUNE

DE LECAN, ET LES TEXTES DU TREFHOCUL CONTENUS

DANS LE LIVRE DE LEINSTER

ÉDITÉS À PARTIR DE

HUIT MANUSCRITS, AVEC UNE INTRODUCTION, UNE TRADUCTION

DU TEXTE DU BALLYMOTE, DES NOTES et DES INDEX

PAR

GEORGE CALDER, B.D.

Lecteur [‘maître de conférence’] en Celtique, Université de Glasgow

 

 

 

EDINBURGH: JOHN GRANT

31 GEORGE IV. BRIDGE

1917

 

[La préface a été omise ici, ainsi que le texte original en Irlandais, excepté les poèmes que je vous fournis avec un vocabulaire partiel afin que vous compreniez pourquoi ma traduction diffère de celle de Calder.

Les références donnant la place dans les manuscrits qui sont en tête du texte irlandais ont été conservées.]

 

[Pour mes commentaires sur les traductions de Calder, j’utilise principalement cinq ouvrages :

Rudolf Thurneysen, A Grammar of Old Irish, Dublin Institute for Advanced Studies, 2003.

MacBain, An Etymological Dictionary of the Gaelic Language, disponible en ligne à http://www.ceantar.org/Dicts/MB2/index.html. Il est dédié au gaélique écossais mais il contient de nombreuses formes irlandaises, galloises et bretonnes (et de nombreuses fautes d’orthographe dues à la digitalisation).

Dictionary of the Irish Language, E. G. Quin (Ed.), Royal Irish Academy, 2007. Se trouve en ligne sous le nom de ‘eDIL’ mais on ne peut alors le consulter que page à page. Ce dictionnaire est issu d’une lignée d’érudits irlandais qui lient le dictionnaire de O’Reilly (1868) à la version actuelle, encore en évolution, mais à peu près terminée en 1976. Il représente donc plus d’un siècle de travail collectif et Calder n’avait évidemment pas eu accès à toutes ces connaissances. Je le citerai sous le nom de ‘DIL’. Quand un mot de l’Auraicept n’existe pas dans cet immense dictionnaire, cela revient à dire qu’on ne lui connaît pas d’utilisation  par ailleurs. Seule l’interprétation de Calder est disponible et donc d’autres interprétations sont tout à fait possibles.

J. Vendryes, Lexique étymologique de l’Irlandais ancien, CNRS et Dublin Institute for Advanced Studies, 1974-1996 (disponible auprès de ce dernier). Très enrichissant mais ne fournit que les lettres : A, B, C, D, M, N, O, P, R, S, T, U. Je le citerai sous le nom de ‘Vendryes’.

Évidemment, j’utilise aussi l’Auraicept lui-même et, en particulier, le « glossarial index » que Calder a placé à la fin de sa traduction.]

 

 

[Notez que l’oeuvre de Calder comprend six parties.

son introduction que j’ai partiellement traduite.

la collation en Irlandais (principalement moyen mais aussi parfois ancien) et la traduction en Anglais de l’auraicept des versions du ‘Book of Ballymote’ contenus dans les manuscrits B et E. Il contient quatre version de l’auraicept : le « le premier manuel des Poètes’ », le « livre de Ferchertne », le « livre de Amairgein Glungeal », et le « livre de Fenius ». Ces quatre versions sont terminées par une sorte de résumé poétique : le Trefocal.

la collation en Irlandais de l’auraicept du ‘Yellow Book of Lecan’ et du ‘manuscrit Egerton’

la collation en Irlandais du Trefhocal contenu dans les manuscrits LL et HM

la collation du ‘De Duilib Feda’ contenu dans BB et LL

la collation et la traduction en Anglais du ‘Ogam’ contenu dans BB.]

 

 

 

 

 

AURAICEPT NA N-ÉCES

 

MSS. TRANSCRITS OU COLLATIONNÉS

 

      PREMIÈRE FAMILLE (Textes courts)

 

BB.   B. Livre de Ballymote (308 β 44-333) 14ème siècle, R.I.A. [Royal Irish Academy]

      E. MS. I., Advocates Library, Edinburgh.

      L. Livre de Lecan, R.I.A.

M.    HM. Livre de Hy Maine (Trefhocul, avec des exemples), R.I.A.

            B, E, L contiennent le poème mnémonique mais pas le Trefhocul.

 

      SECONDE FAMILLE (Textes longs)

 

YBL.  Yellow Livre de Lecan (219 α 23-241 β 13). T.C.D. [Trinity College Dublin]

Eg.   Egerton, 88 (63 1 β 26-761 α 41), British Museum.

            YBL, Eg. ne contiennent pas le poème mnémonique ni le Trefhocul.

T.    H.4.22 (pp. 159-207) T.C.D. Ce MS. est intermédiaire entre la première et la seconde famille. Il ne contient ni le Trefhocul ni le poème mnémonique, mais il présente un poème d’environ 200 strophes sur l’histoire biblique ancienne.

LL.   xii. siècle, T.C.D. Le Trefhocul avec des exemples.

Ed.   MS. vii. ii β 1-39, Advocates Library, le début d’un glossaire de l’Auraicept qui ressemble beaucoup au glossaire de Lecan.

 

[Mes commentaires sont entre crochets et en fonte Times 8 sauf les traductions depuis le Latin et l’Allemand qui sont en fonte 10. Les commentaires dans les commentaires sont en fonte 8 et italiques]

[Les parties dont la traduction a été remise à plus tard sont en Arial fonte 8, italique. Vous y trouverez quelques mots en Français dus à un remplacement global. Les parties en Latin dans cette fonte n’ont pas été contrôlées. ]

 

 

AUTORITÉS CITÉES OU AUXQUELLES IL EST FAIT RÉFÉRENCE

[Non transcrit ici]

 

INTRODUCTION [de Calder]

 

(Suivre le lien vers l’Introduction de Calder)

 

 

[Fin de l’introduction de Calder]

 

**************************************

[Début de l’auraicept. Il comprend plusieurs parties qui ne sont pas marquées dans l’original. la première partie commence juste dessous, c’est le « le premier manuel des Poètes’ ». Plus loin, on trouve le « livre de Ferchertne », le « livre de Amairgein Glungeal », et le « livre de Fenius », dont les débuts seront soulignés dans ma présentation. Il se termine par le Trefocal.]

 

 

 

AURAICEPT

BB. 314 α 16                 E. 19 β 14

 

LE MANUEL

 

      Incipit [ici commence – en Latin] le premier manuel des Poètes, c. à d., eraicept, le début des leçons, car chaque début est er. C’est le début de quoi? Pas difficile. En quoi est-ce un début. Pas difficile. C’est le début de la sélection de ce qui a été choisi dans le Gaélique car c’est le début de ce qui a été inventé par Fenius après l’arrivée depuis l’étranger d’une école de langages, chaque sonorité cachée qui existait dans chaque langue a été introduite dans le  Gaélique et ceci explique pourquoi c’est le plus compréhensible des langages. Er est alors toute sorte de début, car c’était le début pour les poètes, que chaque sonorité cachée doive arriver au début, à savoir, le Beithe Luis de l’Ogham du fait de son obscurité.

Question, pourquoi peut-on dire du Gaélique qu’il soit un langage choisi? Pas difficile. Parce qu’il a été choisi à partir de chaque langage; et du fait que chaque sonorité cachée [obscure] de chaque langage a trouvé sa place dans le Gaélique du fait de sa compréhensibilité supérieure à tout autre langue. Question, alors, le Gaélique n’existait-il pas avant d’être choisi? Bien sûr qu’il existait, car les soixante douze langages n’existeraient pas sinon. Question, dans quel pays le Gaedel est né ? Pas difficile. En Egypte. Et à quel endroit particulier? Pas difficile. Dans la plaine de Ucca de la partie Sud-ouest de l’Egypte. Qui de l’école se rendit là-bas? Pas difficile. Gaedel, fils de Ether, fils de Toe, fils de Baracham, un Grec Scythe. Question, qu’a-t-il rapporté de là-bas? Pas difficile. Il a apporté tout, sauf ce que les poètes ont ajouté pour le rendre plus obscur après qu’il eut rejoint Fenius.

 

BB. 314 β 8             AURAICEPT         E. 19 β 33

 

Question, lequel des soixante douze langages a été publié le premier par Fenius? Pas difficile. L’Irlandais ... car c’est celui qu’il préférait parmi ceux de son école, et dans lequel il a été élevé, et c’était le plus jeune des langages de son école, et du fait de sa meilleure compréhensibilité par rapport à tout autre langue, c’était le premier langage qui a été apporté depuis la Tour. Fenius connaissait l’Hébreu, le Grec, et le Latin avant son arrivée depuis la Scythie, et il n’avait pas besoin de les installer à la Tour, et c’est en conséquence qu’il [le gaélique] a été publié le premier. Question, n’y avait-il pas parmi les autres langages un autre, plus noble, qui aurait pu passer avant le Gaélique ? Pas difficile. Non, bien sûr, du fait de son aptitude, de sa légèreté, de sa douceur, et de sa compréhensibilité. Pour quelle raison le Gaélique est-il plus compréhensible que tout autre langage? Pas difficile. C’est parce qu’il est le premier langage rapporté depuis la Tour et il était tellement plus compréhensible que tout autre langue que c’est celui-ci qui a été publié le premier. Quels sont la place, le moment, la personne et la cause du Gaélique? Pas difficile. Sa place, la Tour de Nemrod, car c’est là qu’il a été d’abord inventé [J’hésite à traduire les noms … Je le ferai pour  Nimrod qui est sans doute notre Nemrod et, plus loin, Noah est certainement notre Noé, mais  vérifier la correction des francisations de ces noms est en soi un travail énorme qui, de toute façon, n’est pas mon intérêt primordial qui est de mieux comprendre le contexte dans lequel se sont développés les Ogaim]. Son temps: celui de la construction de la Tour par les enfants d’Adam. Sa personne: Sachab fils de Rochemhurcos and Gaedel fils de Ether, fils de Toe, fils de Baracham, un Grec Scythe. Quelle est sa cause? Pas difficile. La construction de la Tour  de Nemrod. D’autres disent que sa cause fut que Gaedel alla dans le pays dans lequel il était né, de sorte qu’il fut le premier à l’écrire sur des tablettes des pierres à cet endroit particulier appelé Calcanensis. C’est là que Gaedel écrivit le Gaélique. Pour quelle raison dit-on que le Gaélique est un parlé de  ce monde, puisque les sages instruits ne s’y réfèrent pas? Pas difficile. Du fait qu’il traite des questions et des cas de ce monde pour les laïcs aussi bien que pour le clergé.  Pour quelle raison est-il dit que celui qui lit le Gaélique est grossier face à Dieu? Ceci ne fait pas référence à ce qui est dit

 

BB. 315 α 8             AURAICEPT         E. 20 α 6

 

ici mais à l’ensemble de la philosophie, de la grammaire, de la dialectique, et de la versification; comme dit le poète:

[Original irlandais]

Foglaim, feallsamnacht is fas,

Legeand, gramadach, is gluas,

Litirdheacht leir ocus rim

Is beg a mbrig for nimh thuas.

 

[Traduction de Calder]

La connaissance et la philosophie sont vaines,

Lecture, grammaire et commentaires,

Littérature assidue et versification,

Faible est leur service dans les cieux là haut.

 

Question, le Gaélique n’est-il pas philosophie ? Pas difficile. (Non) bien sûr,  excepté quelques auteurs mineurs vers la fin du monde qui cherchent à se distinguer des auteurs anciens : ou bien c’est le langage de ce monde et de la philosophie vaine, nommément, l’hérésie et l’incroyance que chacun a montré contre la vérité, divine et humaine, et voilà le sens de  ‘grossier face à Dieu’.

      Quel est la place, le temps, la personne, et la cause du fait que le Manuel ait été écrit? Les quatre n’ont pas une place, car comme dit le  poète: Ce qui est en premier est le dernier, et ce qui est en dernier est le premier, à savoir que ce qui est en premier dans l’ordre du livre a été inventé en dernier; à savoir, le livre de Cennfaeladh, fils de Oilill. Pour ce qui est de la place, du temps, de la personne, et de la cause  du livre de Cennfaeladh: sa place : Derry Luran, son temps : le temps de Domnall, fils de Aed, fils de Ainmire. Sa personne : Cennfaeladh fils de Oilill; la cause du fait qu’il ait été écrit, c’est que son ‘cerveau de l’oubli’ ait été éjecté de la tête de Cennfaeladh durant la bataille de Moira. Quatre événements glorieux de cette bataille: Déroute de Conghal dans son mensonge face à  Domnall dans sa vérité; et Suibne dans sa folie, mais du fait de la quantité de poèmes qu’il a produits; l’Écossais emportant l’Irlandais  sur mer sans être remarqué, Dubh Diadh était son nom; et son ‘cerveau de l’oubli’ éjecté de la tête de Cennfaeladh, de part la quantité de poésie, de mots, et de lecture qu’il avait accumulé.

      Maintenant  les auteurs du Gaël disent: Pourquoi a-t-il dit que les auteurs qui sont venus avant lui ‘disent’ ? Car

 

BB. 315 α 39            AURAICEPT         E. 20 α 29

 

c’est Cennfaeladh qui a inventé ce livre, nommément, le Prologue du Manuel. Et les auteurs du peuple Gaël, c’est à dire Fenius Farsaidh, et Iar des nombreux langages, fils de Nema. Pas difficile [2ème réponse]. Du fait de la noblesse du temps où il l’a dit, c. à d., le temps présent, car il utilise le  temps présent pour tous les temps: ut dixit: Praesens tempus pro omnibus temporibus ponitur, [ainsi dit-il (ut dixit): le temps présent est placé pour tous les temps – Note: je ne retraduirai plus ‘ut dixit’, ni les textes latins traduits sans ambiguïté par l’auteur du texte irlandais, ni les ut dicitur (ainsi dit-on) rencontrés ensuite] c. à d., le temps présent est mis pour tous les temps. Comment est-ce possible ? parce qu’il dit d’un mot fait de deux syllabes qu’elles ne sont pas prononcées en même temps, ut dicitur, lego [contenant les deux syllabes : ‘le’ et ‘go’], je lis, quando dicis le - futurum est - go [quando dicis - go] praeteritum est le - c. à d., quand tu prononces la première syllabe, la dernière syllabe est le futur pour toi, et  (quand tu dis la dernière,) la première syllabe est prétérit [passé] pour toi. C. à d. qu’il est naturel, comme disent les Latins: Tempus non dividitur sed opera nostra dividuntur, c. à d., ce n’est pas le temps qui est divisé ici mais nos actions. Cependant, dans  “les Gaël disent”, Cennfaeladh ne fait pas référence aux  auteurs de son propre temps.  Pourquoi a-t-il placé la lettre ‘a’ en premier ici?  Parce que c’est la plus ancienne des lettres et la plus noble des voyelles.

      Et ceci est la raison pour laquelle la langue irlandaise (c. à d. le langage de Fenius), une réalisation merveilleuse, hors la loi, c. à d., quelque chose d’inhabituel, inhabituel par sa rareté, hors la loi par sa  fierté, un essai pour atteindre le paradis en restant dans son corps mortel sans la permission de Dieu.

      Ce qui est arrivé ici, c. à d., la construction de la Tour de Nemrod. Ce Nemrod était le champion de tous les rejetons d’Adam en son temps, Nemrod, fils de Cush, fils de Ham, fils de Noé. Il n’y avait alors aucun roi en ce monde jusqu’au temps de Nin, fils de Bel, mais jusqu’à cette époque il n’existait que des conseillers et des chefs. Ainsi, soixante douze conseillers existaient

 

BB. 315 β 22            AURAICEPT         E. 20 β 1

 

au moment où la Tour fut construite. L’un de ces 72 était Nemrod. Un homme puissant, un fameux chasseur, à savoir, pour les cerfs; et à la course, à savoir, pour les lièvres; et aux pièges, à savoir, pour les sangliers; et aux lacets, à savoir, pour les oiseaux. De la sorte de très nombreux hommes l’ont suivi si bien qu’il était celui qui disposait de la plus grande armée et de la sorte il était plus puissant qu’un conseiller. C’est ainsi qu’il a uni ces 72 conseillers en une seule assemblée pour faire la Tour avec le petit-fils du frère de son père, à savoir, avec le  fils du petit-fils du frère de son grand-père, à savoir, avec Peleg fils de Ragau, fils de Arphaxad, fils de Shem, fils de Noé. Et il était aussi l’un des  72 conseillers, à cette époque. Et ils disent aussi que Peleg était le conseiller qui était parent avec tous les autres. Se pose ici la question du nom des 72 conseillers qui ont construit la Tour, mais les écrits  n’énumèrent que les nom de 17 d’entre eux qui furent les plus célèbres, à savoir, Peleg, Nemrod, Eber, Latinus, Rabiath Scot, Nabgodon, Assur, Ibath, Longbardus, Bodbus, Brittus, Germanus, Garath, Scithius, Gotius, Bardanius, and Sardain. Mais en tous cas, après le Déluge, le premier roi selon la nature fut Nemrod. Le premier roi selon l’art, fut ce Peleg dont nous venons de parler. D’après les autorités, cependant, c’est Nin fils de Bel, fils de Plosc, fils de Pluliris, fils de Agomolis, fils de Fronosis, fils de Gitlis, fils de Tiras, fils de Assur, fils de Shem, fils de Noé. Il obtient, ainsi, ce titre. Nemrod a dit que c’est son nom qui devrait être toujours associé à cette œuvre. Adrodamas, c. à d., à lui aussi fut attribuée cette chose. Trois choses, donc, de par lesquelles la construction de cette Tour a été accomplie par les enfants d’Adam, à savoir, par crainte d’un nouveau déluge, et qu’ils

 

BB. 315 β 49            AURAICEPT        E. 30 β 23

 

puissent rejoindre le ciel dans leurs corps terrestres et qu’ils rendent illustres leurs noms après eux, de sorte que le Roi du ciel puisse dire au peuple du (316): Venite ut videamus et confundamus linguas eorum, c. à d., venez que nous puissions voir et fondre ensemble [‘confondre’: to confound peut avoir aussi, en Anglais formel, le sens de to mix up] le langage de ces hommes. Le pouvoir des descendants  d’Adam et leur force en construisant la Tour étaient grands, mais afin qu’ils puissent savoir si le pouvoir du Roi du ciel était au-dessus du leur, Il les confondit, c. à d., Il les remplit de confusion.  Quand l’un disait à un autre de lui apporter une pierre, c’était un bâton qu’il apportait, à savoir, les blocs sur lesquels on mélangeait le mortier et les maillets avec lesquels il était mélangé, c’était les bâtons et les pierres dont ils parlaient. Alors les poètes arrivèrent de Scythie un peu après cela pour chercher à apprendre les nombreux langages de la Tour car ils pensaient, c. à d. ils supposaient c. à d. ils s’attendaient à une place d’où partaient et où avaient été inventés les nombreux langages par les enfants d’Adam, de sorte qu’ils restent à cet endroit en leur perfection. Ainsi, ils allèrent à la plaine de Shinar vers la Tour, c. à d., la plaine de Ucna ou la plaine de Doraimh au Nord Ouest de la plaine de Shinar, un nom spécial de l’endroit où se trouve la Tour. Les poètes étaient au nombre de soixante quinze [sic, irlandais ancien: coigur ar sechtmogat], c. à d., un pour chaque langage, plus les trois sages, à savoir, un sage pour chacun des langages principaux, Hébreu, Grec, et Latin. Soixante quatorze [sic, irlandais ancien: ceithri berla sechtmogat] langages, ce sont tous les langages qui étaient répandus là-bas.

      Fenius Farsaidh était le nom de leur chef, et il était un sage dans les principaux langages même avant qu’il arrive du Nord, de la Scythie. La raison de la supériorité accordée à ces trois langages est au due au nombre d’oeuvres composées dans ces trois langues,

 

 BB. 316 α 23           AURAICEPT         E. 20 β 44

 

et du fait des mélanges en cet endroit, ils mélangèrent les langages, ou encore c’était dû à l’inscription surmontant la Croix en ces trois langues. Comme Fenius ne put obtenir la perfection des langages dans la Tour, il dispersa à l’étranger son école et ses disciples, pour qu’ils en apprennent les langues, de tous les côtés de terre dans les villes et les territoires et Fenius leur fournit nourriture et habillement pendant qu’ils apprenaient ainsi, à savoir, sept langages [Calder rajoute ici au texte en vieil irlandais après ‘sept langages (secht mberla) un [1. years] que je ne comprends pas], et Fenius est resté dans la Tour jusqu’à ce que son école le rejoigne depuis toutes les  directions, et il continua pendant ce temps à instruire dans la Tour les nombreuses races du monde. De là, il dit dans le corps du livre que Fenius lui-même resta là dans la Tour où il habitait. D’autres auteurs disent que les enfants de Ionan fils de Japheth fils de Noé dont les Grecs sont issus et dont  Fenius est issu, n’étaient pas là lors de la construction de la Tour.

      C. à d. c’est normal car Jonan n’eut aucun enfant, ou Japheth n’a pas eu ce fils lui-même, ut Hieronymus dixit.[ainsi le dit Hieronymus] Question, quelle est la généalogie de Fenius? Pas difficile. Farsaidh, alors, fils de Baath, fils de Magog, fils de Japheth, fils de Noé. Ou Fenius Farsaidh, fils de Eogan, fils de White-knee, fils de White-hand, fils de Ether, fils de Agnoman, fils de Toe, fils de Bonb, fils de Semh, fils de Mar, fils de Ethecht, fils de Aurtecht, fils de Abodh, fils de Aoi, fils de Ara, fils de Iara, fils de Sru, fils de Esru, fils de Boath, fils de Riafath, fils de Gomer, fils de Japheth, fils de Noé, etc. Et de plus, Fenius est Scythe, et eurs généalogies portent les Scythes et les Goths jusqu’à lui. Et ils étaient tous la semence de Noé. L’Hébreu est la langue qui existait avant qu’on commence à construire la Tour et c’est aussi celle qui existera après le jugement dernier et,

 

BB. 316 α 49            AURAICEPT         E. 21 α 12

 

selon certains, celui qu’avaient les peuples du ciel. Après que les  disciples fussent revenus vers Fenius, et après avoir montré leurs voyages, à savoir, leurs déplacements et leurs travaux, à savoir, leurs études, alors ils demandèrent au sage, à savoir Fenius, de sélectionner pour eux parmi les nombreux  langages, un langage que personne n’avait mais qui puisse être le leur en propre. Pour cette raison a été inventé le Langage Choisi avec ses additions supplémentaires, le Langage Irlandais, et le Langage Additionnel, et le Langage Distribué parmi les lettres principales ainsi qu’il est relaté dans le Livre des Bois [Woods peut être ici un nom propre, ce dont je doute, ou signifier ‘les bois’, voir quelques lignes plus loin.], et le Langage des Poètes avec lequel ils communiquent, et le Langage Commun qui sert à chacune des nombreuses races. Gaedel, fils de Ether, fils de Toe, fils de Baracham, un Grec, était l’un des deux sages accompagnant Fenius, si bien que le Gaélique fut nommé d’après son nom , à savoir, ealg signifie noble, à savoir, Gaedel l’a ennobli. Gaedeal Glas aussi, fils de Agnon or Aingin, fils du frère aîné de Fenius; et lui aussi il était un  sage, même lui. C’est lui qui attribua ce langage à Gaedel, fils de Ether; pour cette raison, Gaedealg est de Gaedel, fils de Ether. Et Gaedil vient de Gaedel, fils de Agnon ou Aingin. Le Langage des Irlandais a été inventé alors, et le  Langage Additionnel, et Langage Distribué parmi les arbres [on comprend maintenant l’allusion aux ‘Bois’: il s’agit du langage ‘distribué parmi les arbres’ c. à d. composé à partir des lettres de l’Ogam], et le Langage des Poètes est le quatrième, et le Langage Commun qui sert à tous, le cinquième. Maintenant Fenius Farsaidh fils de Eugenius, et Iar fils de Nema, et Gaedel fils de Ether sont les trois sages qui ont choisi ces langages, et ils ont été  inventés dans la ville de Eotenam, ou Athènes.

      Question, quels sont les noms de 72 races d’après lesquelles les nombreux langages ont été appris? Pas difficile. [Rappel :! je n’ai pas traduit ces noms placés entre ***] *** Bithynians, Scythians, Scots, Germans, Medes, Sicilians,

 

BB. 316 β 25 AURAICEPT E. 21 α 33

 

Hyrcanians, Goths, Pontians, Morini, Lyonese, Cyprians, Gauls, Pamphylians, Lydians, Oigii, Cycladians, Cretans, Corsicans, Sardinians, Sicilians, Rhetians, Rheginians, Rhodians, Romans, Ináir, Massilians, Moors, Macedonians, Morcain, Náir, Nármáis, Narbonians, Noricans, Nubians, Barais, Bithynians, Britons, Boeotians, Magogians, Armenians, Amuis, Goircc, Galatians, Aquitanians, Athenians, Thessalians, Ardair, Alanians, Albanians, Hyrcanians, Italians, Spaniards, Goths, Getae (?) [Irlandais: Guith], Gruind, Saracens, Franks, Frisians, Langobards, Lacedemonians, Elisaeans (?)[Irlandais: Essil], Thracians, Trojans, Dardanians, Dalmatians, Dacians, Ethiopians, Egyptians, Brahmans, and Indians. ***  Ceci est le nom des 72 races ayant les 72 langages. Et donc, un homme pour chacun de ces langages, c’est ce qu’a ajouté l’école, et trois sages, et chacun d’entre eux à été envoyé vers son propre langage, et la place où chacun s’est rendu n’est pas toujours habitée par des gens de leur race, comme par exemple, Cai Cainbrethach, beau-fils de Fenius, l’un des 72 disciples de l’école. Il était Hébreu par sa naissance et il a été envoyé aux Egyptiens parce que ses parents avaient vécus là-bas, et là-bas il a été élevé depuis sa jeunesse, et c’est ainsi qu’il [Fenius, je crois] le dit dans le corps du livre: Chacun de la même langue fut envoyé là-bas mais non chacun de la même race, du même lieu de naissance. Les élèves étudièrent pendant sept ans et ils montrèrent leurs connaissances pendant trois ans après être retournés chez eux, de sorte qu’ils furent ainsi dix [ans]. Pour cette raison voici ce qu’il dit plus loin dans le corps du livre: Dix ans après leur dispersion depuis la Tour, ce langage fut choisi pour eux. Maintenant, il y avait 25 personnes qui étaient les plus nobles d’entre

 

BB. 317 α 3             AURAICEPT         E. 21 α 36

 

eux. C’est d’après leurs noms que sont nommés les voyelles et les consonnes de l’Ogam. Voilà leurs noms : Babel, Lot, Pharaoh, Saliath, Nebuchadnezzar, Herod, David, Talamon, Cae, Kaliap, Muiriath, Gotli, Gomers, Stru, Ruben, Achab, Oise, Urith, Essu, Iachim, Ethrocius, Uimelicus, Iudonius, Affrim, Ordines.

      Ce sont les noms des 25 personnes les plus nobles de l’école de Fenius. D’autres disent que l’alphabet a été inventé en Achaidh sur la voie du Grand Estuaire, c’est là que Amergen, fils de Mil, inventa le Beithe Luis de l’Ogam.

      Quelle lettre, quel caractère, quel son est tel qu’il ne termine aucun mot? dinin disail, ou ‘. Et quel son tranchant est tel qu’il ne commence aucun mot fort? ‘ng’. Cependant, les cinq principales voyelles de l’Ogam ont été nommée d’après les noms des cinq plus nobles personnes, a, o, u, e, i. aura00.jpg. D’autres disent qu’il y a sept principales voyelles ont été nommées d’après les sept les plus nobles personnes, et que deux voyelles furent ajoutées au cinq premières, elles sont ea, oi aura01.jpg. [Ces deux figures sont omises dans la traduction de Calder, mais données à cette place de l’original]

      Question, quels sont les nombres exacts de Tour de Nemrod ? Pas difficile. Il y en huit au total, à savoir, 72 conseillers, 72 élèves, 72 races d’humains, 72 langages, les langages dans son école, 72 peuples qui étaient ces langages, et les races, 72 artisans pour y travailler, 72 matériaux de construction incluant la chaux, le bitume, la terre, et le ciment en couches égales, 72 pas de largeur, comme il a dit:

[Original irlandais]

Airimh in tuir togaidhi

Nemruaidh, ba din do dhainib,

Ceithri cemeand sechtmogat,

Coic cemend ar choic milib.

 

Da chomairlib sechtmogat

Tugsat saithiu for sluaighedh ;

Da berla for sechtmoga[i]t

Rothidhnaic Dia fria mbuaidhred.

 

Da cenel saer sechtmogat

Dona dainib, ba dodhraing ;

Da descipul sechtmogat

Faete Fenius fri foghlaim.

 

Da thuaith saera sechtmogat

Forofoglaid, fir talman ;

Da primshaer ar sechtmogait

Fri heladhain na n-adhbar.

 

Da aicde for sechtmoga[i]t,

Inna cumhat, roghnathaigh,

Eter ael is bitumain

Ocus talmhain is tathluibh.

 

Seacht cumat deg demnighthi

Ag nim suas im gaeth ngairigh,

Is da cheim ar sechtmoga[i]t

Inna leitheat fria airim.      Airim in tuir.

 

[Traduction de Calder]

Le nombre de la Tour choisie

De Nemrod, un abri pour les hommes,

Soixante quatorze pas,

Cinq pas, et cinq mille.

 

Soixante douze conseillers,

Ils prirent des compagnons pour une expédition,

Soixante douze langages

Dieu leur donna pour les  confondre.

 

BB. 317 α 34            AURAICEPT         E. 21 β 8

 

Soixante douze races libres

Pour les hommes, cela fut dur;

Soixante douze élèves,

Fenius les envoie pour apprendre.

 

Soixante douze peuples libres

Il les divisa, hommes de la terre;

Soixante douze chef stratèges

Pour le travail habile des matériaux.

 

Soixante douze matériaux de construction,

En égale quantité, il utilisa,

Y compris la chaux et la poix 

Et la terre et le ciment.

 

Dix-sept coudées garanties,

Vers le haut vers le ciel dans un vent rugissant,

Et soixante douze  pas

De large pour l’estimer.

 

      D’autres disent, cependant, que seulement neuf matériaux furent utilisés dans la Tour, à savoir, argile et eau, laine et sang, bois et chaux, acacias, fils de lin et bitume, de quibus dicitur:[desquels il est dit]

[Original irlandais]

Cre, uisgi, oland is fuil,

Ross is ael is lin lanchuir,

Sechim, bitumain go mbuaidh

Nai n-adhbair in tuir Nemruaidh.

 

[Traduction de Calder]

Argile, eau, laine et sang,

Bois, chaux, fils de lin bien tordu,

Acacia, bitume avec avantage,

Les neuf matériaux de la Tour de Nemrod.

 

à savoir, nom, pronom, verbe, adverbe, participe, conjonction, préposition, et interjection sont leurs noms: Nomen,pronomen, verbum, adverbium, participium, conjunctio, interjectio …

[La Tour de Nemrod est ici décrite comme (aussi?) composée de mots et ses ‘matériaux’ sont les formes grammaticales principales.]

***[suit une description grammaticale des liens entre les langues irlandaises et latines. On y parle voyelles et consonnes, semi-voyelles, consonnes muettes. Suivent quelques extraits du texte dont je n’ai pas respecté l’ordre original.]***

[SUR LES VOYELLES]

Gutta (voyelle), c. à d., fondation de la voix, c. à d., fondation de la voix est ceci: ou bien l’envoi de la voix, du fait que les voix sont envoyées par elles [par les voyelles], ou bien les chemins des voix du fait qu’il y a des chemins des voix, ut Priscianus dixit: Dicitur autem litera vel quasi legitera quod legendi iter praebeat, c. à d., la lettre est un chemin pour la lecture en ce sens qu’elle prépare le chemin pour la lecture …

Qu’est-ce qui est particulier, propre, commun et impropre à la voyelle? Pas difficile. Particulier à elle, le chemin de la voix, car elle trouve la voix par elle-même … Pourquoi dit-il qu’une voyelle est fondation de la voix, ou une voyelle est une voix qu’ils énoncent, car la voix n’est pas fondation d’elle même, et elle ne trouve pas de voix par d’elle même.

 

[SUR LES CONSONNES]

Consonnes, c. à d., les beaux sons, c. à d., les sons brillants: ou ‘consonnants’ d’après le mot consonnees, résonnant ensemble, c. à d., ils sonnent en même temps qu’une voyelle …

 

[LE BOIS NATUREL/ARTIFICIEL]

Il y a ainsi deux divisions dans le Beithe Luis Nin [commentaires ci-dessous en **] de l’Ogam, c. à d., voyelles et consonnes. Dano i-da n-ui, deux d’elles, c. à d., da n-ui, il y a ici deux questions. N-ae est question, c. à d., la question sur le Beithe Luis Nin de l’Ogam, c. à d., ind oguamma de la parfaite allitération, ou bien sur l’éternelle  connaissance littéraire de l’Ogam. Quant aux fedha, les voyelles du bois [semblables au bois] , en plus, on en compte deux différentes, à savoir, l’arbre artificiel et l’arbre naturel. L’arbre artificiel, c. à d., l’arbre de l’Ogam; et  l’arbre naturel, l’arbre de la forêt. Au sujet des bois artificiels, de plus, ils sont considérés comme ayant deux sortes d’origine. Fidh, bois, donc, vient du mot funo [Φωνέω], ‘je sonne’, ou du mot fundamentum, c. à d., fondation, et cette dérivation, à savoir, fundamentum est commun au bois artificiel et au bois naturel. Maintenant, quant à fid, bois, son sens est ‘bonne loi’, à la fois pour l’artificiel et le naturel. Fondation, cependant, c’est son usage, à la fois pour l’artificiel et le naturel. C’est étrange ce qui fait que le bois artificiel ait ainsi deux dérivations, et le bois naturel une seule, à savoir, funo, et fundamentum. Pas difficile. Funo est relatif au son, et fundamentum est relatif à la fondation; et la fondation est commune au bois artificiel et naturel.

      Fid, bois, c. à d., fedh ae, leur étendue, car cinq formes de ae existent, ae qui nourrit, ae qui chante, ae qui intente [un procès], ae qui juge et ae qui siège. Alors, le ae qui nourrit, c. à d., lorsqu’on l’a dans l’esprit, et le ae qui chante lorsqu’on le donne [le prononce], et le ae qui intente lorsqu’on demande une récompense pour lui, et le ae qui juge de sa grandeur ou de sa petitesse, et le ae qui siège après avoir reçu sa récompense.

** [Nous rencontrons pour la première fois l’expression utilisée par l’Auraicept pour désigner l’ensemble des lettres de l’Ogam, c'est-à-dire, en, Irlandais : beithi-luis-nin in ogaim. Voici l’ensemble des instances de cette expression dans le texte.

BB. 314 α 16 : beithi-luis ind ogaim :

BB. 317 α 3 : in mbeithi-luis in oghaim

BB. 318 α 28 : Atat dano di ernail forsin beithi-luis-nin in oghaim -i-

feadha 7 taebomnai ; (= Il y donc deux divisions dans le beithe-luis-nin de l’Ogam, c.à d., les voyelles et les consonnes.)

            forsin beithi-luis-nin in ogaim : (= pour le beithi-luis-nin dans les Ogams.)

BB. 318 α 48 : forsin beithi-luis-nin in ogaim. Cuin is aenda in beithi?

 

BB. 319 α 24 : beithi-luis-nin in oghaim

BB 324 α 20 : isin beithi-luis-nin in ogaim

BB 324 β 37 beithi-luis-nin in ogaim 7 is airi is certiu in dedenach -i-

in beithe air is fo deoidh arricht; (= Le Beithe Luis Nin de l’Ogham, et c’est pour cette dernière raison, c'est-à-dire qu’il a été découvert en dernier.)

 in beithi-luis-nin eter fedha 7 taebomna

BB  325 β 13 : beithi-luis-nin in ogaim

BB. 326 β 39 : is[in] bethi-luis-nin

            isin beithi-luis-nin

 

YBL 223 α 29 : forsan mbeithi-luis-nion an ogaim.

forsin mbeithi-luis-nion an ogaim

            foirithned in beithi luis

            forsan mbeithi-luis-nin an ogaim

Bethi-luis-nion ainm aipgitri an ogaim

YBL 223 β 34 : Cuin is aonda in beithi-luis-nion ? Ni ansa. Uile. (= Quand y a-t-il unité dans le beithi-luis-nion ? Pas difficile. L’ensemble.)

YBL. 225 α 7 : uile beithi-luis-nin an ogaim

YBL 228 α 11 : sic est in beithi-luis

YBL 234 β 30 : in beithi-luiss-nion an ogaim

YBL 236 α 45 : isin beithi-luis-nin an ogaim

 isin beithi-luis-nin an ogaim

Ainsi, on rencontre 15 ‘beithi-luis-nin’, 5 ‘beithi-luis-nion’, 3 ‘beithi-luis’ et 1 ‘beithi’ (qui est visiblement une abréviation) pour désigner l’ensemble des lettres de l’Ogam. Les statistiques semblent donc être en faveur de la version ‘beithe-luis-nin’ comme un groupe indissociable. Mais il faut examiner le sens du mot ‘nin’. Entre autres, il signifie, selon les dictionnaires, le frêne, la lettre n, ou toute lettre de l’Ogam. Cependant, Fenius en donne une définition très précise dans son Auraicept (BB. 328 α 38 et E. 27 β 21) : « Nin est le nom, commun à toutes les lettres qu’elles soient des voyelles ou des consonnes ». Dans la mesure où l’auraicept distingue sans cesse les voyelles et les consonnes, le fait qu’on parle ou non de toutes les lettres est important. C’est pourquoi je pense qu’il faut traduire ‘nin’, dans les ‘beithi-luis-nin an ogaim’ si souvent rencontrés par ‘toutes les lettres’ et non pas par ‘la lettre n’ si bien qu’on lirait : ‘toutes les lettres de l’Ogam beithe-Luis’. Cette interprétation est même la seule en accord avec le reste des textes qui, lorsqu’ils décrivent un ordre des lettre de l’Ogam, classent systématiquement en cinquième la lettre ‘n’, nin.]**

 

*****la partie sautée est partiellement traduite ci-dessus *****

 

      Quant aux genres, combien y en a-t-il en Irlandais? (c. à d., la voie du groseiller à maquereau (le i)) [Calder utilise une expression imagée: gooseberry (i) way, mot à mot: la voie du groseiller à maquereau . Malheureusement cette expression anglaise à le sens figuré de ‘un importun’ ou bien ‘celui qui tient la chandelle’ qui n’a rien à voir ici. L’original Irlandais dit : ‘ifin che’, ifín ou iphín :est bien le nom d’un arbuste portant des baies, mais aussi le nom des diphtongues commençant par un ‘i’ et le ‘i’ long. Le sens de cette « gooseberry way » est donc : la voie du ‘i’ long]. Pas difficile. Il y en a trois en Gaélique, c. à d., les genres masculin, féminin, et neutre, à savoir, en Latin masculin, féminin, et neutre. Question, quelle est la différence entre eux? Pas difficile. Les trois principaux mots de genre  différent, à savoir, hic, haec, hoc; c. à d., il, elle, ised [nous n’avons pas de neutre en Français, l’Anglais utilise ‘it’, je le rendrai par ‘il-elle (neutre)’]; il, l’homme; elle, la femme; ‘il-elle (neutre)’, le ciel.

      Question, quand y a-t-il harmonie entre les genres et les éléments pour les décrire? Pas difficile. Quand son  genre propre  par nature lui est applicable. Il n’y a pas d’harmonie, cependant, entre eux quand l’un des  genres peut être appliqué pour un autre, c. à d., le masculin pour le féminin, ou le féminin pour le masculin, or le neutre pour chacun d’eux. Le masculin peut être utilisé pour le féminin quand une jeune femme [banmhacsa] est appelé ‘il’, ut dixit poeta:

[Poème original en Irlandais :

Dia mbadh missi in banmacan (ban désigne un être féminin, mac(c)án = jeune garçon, masc.)

Mocechrainn cach faelmacan (fáel = loup, fáelad = apprentissage donné ou reçu, ou = ‘comme un loup’)

Fer nad fintar gu gcluinnter (fer = un homme (opposé à une femme))

Slancheill chein duib a muindter (slan = entier, sain, cheill = compréhension ; muinter = maisonnée)].

 

[Traduction de Calder:                                                                           c'est-à-dire : ]

If I were a female child,

I should love every young student;

A man that is not discovered till he is heard of,

Perfect sense for a while to you, O people.

Si j’étais une jeune fille

Je devrais aimer chaque jeune étudiant ;

Un homme qui n’est pas découvert tant qu’il n’est pas entendu,

Sens parfait quelque temps pour toi, Oh peuple.

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

Si j’étais ‘un’ garçonne

J’aimerais chacun des jeunes étudiants [ou des ‘jeunes loups’];

Un homme [mâle] n’est pas reconnu pour tel s’il est inconnu,

De loin, tu comprends cela parfaitement, Oh maisonnée.

 

Le féminin peut aussi être utilisé pour le masculin quand un cheval est appelé ‘elle’:

[Original irlandais]

Isi in gabuir uair [car, ou datif : ‘une fois’] is each,

Ise in gabur cid meighleach,

Isi in chorr cid reil nos-rel,

Ise in mintan cid banen.

 

[Traduction de Calder]

Le gabuir est ‘elle’, quand c’est un cheval, [gabair signifie : étalon]

Le gabur est ‘il’, s’il bêle, [gabor signifie : bouc]

Le héron est ‘elle’, bien qu’il se révèle clairement,

La mésange est un ‘il’, même si c’est  un oiseau femelle.

 

Le genre neutre peut aussi être utilisé pour le genre masculin ou le genre féminin quand on dit « cela est sa tête », que la tête soit celle d’un homme ou d’une femme, ut dicitur:

 

[Original irlandais]

Ceand mna romannair mo mod,

Doi-far[r]aidh don, ni deilm ndil,

Is ed ceand is grannium sain

Do neoch fil for muin fo nim.

 

[Traduction de Calder …

A woman’s head that has destroyed my work,

It has gained ground, no dear sound,

It is a head that which is the most horrible

Of any that is on a neck beneath heaven.

                               c'est-à-dire

La tête d’une femme qui a détruit mon travail,

Cela a rejoint le sol, un son peu agréable,

C’est une tête qui est la plus horrible

De toute qui est sur un cou en-dessous du ciel.]

 

[Traduction (peu différente !) de YK] :

La tête d’une femme qui a détruit mon travail,

‘Il-elle (neutre)’a rejoint le sol, un son peu agréable,

C’est la plus horrible des têtes

De toutes, celle dont le cou est sous le ciel. [la femme a été décapitée]

 

BB. 319 β 27 AURAICEPT E. 23 α 23

 

Le genre féminin aussi peut être utilisé comme genre neutre quand une pierre est ‘elle’, ut dicitur:

[Poème original en Irlandais :

Is he in lia, lith rolas,

Iar srethaib suadh in senchas ;

Is ed onn iar n-aicneadh ail,

Is i in cloch iar saerdataid.

 

Is he in lia [pierre – parfois f.], lith [fête, amusement] rolas [ro-=préfixe ‘trop de’ ; las = (Calder) lassaim, flamme ; (YK) lathe, le jour, rac. briller],

Iar srethaib [datif pluriel de sreith, ‘les rangs’] suadh [participe passé de súaith-, thème verbal ‘a été pétri’] in senchas [tradition ancienne];

Is ed onn [roc – n.]iar n-aicneadh [pour ceux qui connaissent] ail [gros rocher – f.],

Is i in cloch iar særdataid [selon l’art].

 

Traduction de Calder :                                                                                                      (c'est-à-dire : )

The flagstone is he, a feast that has flamed,

According to the threads of sages is the history ;

A block is it, according to nature, a rock,

A stone is she according to artificiality.

.

La pierre de taille est ‘il’, une fête qui a flambé,

C’est l’histoire selon les fils tissés par les sages ;

 

Un bloc est ‘il-elle’ selon la nature, un roc,

Une pierre est ‘elle’ selon l’artifice.

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

La pierre de taille est ‘il’, une fête trop lumineuse [mise dans trop de lumière]

Selon les jalons pétris par la tradition ancienne,

Un bloc, un roc est un ‘il-elle’ selon ceux qui savent,

La pierre dure est ‘elle’ selon l’art.

 

[Original irlandais]

Is e in daigh derg dighdi dath

Frisna geibthi cath na cith :

Is ed ceand is chaemu cruth

Fail gu mbruth forsmbroeniu bith.

 

Samail a dealba can chleith

Ealbha ingine Idhaidh ;

Fri goir ngreni glaine ar gurt,

Is fris samlaim a caemtucht.

 

Is e in daigh dergflamme rouge’ ou ‘incendie sanglant’] dighdi [dígde=prière pour demander pardon] dath [couleur]

Frisna [fris- = contre; na = négation] geibthi [isssu de gab = prendre] cath [bataille] na cith [averse]:

Is ed ceand [cenn, cend = tête ; cen = à côté de] is chæmu [cáem = précieux] cruth [forme, figure]

Fail [il est] gu mbruth [bruth=ferveur] forsmbrœniu [for-=super- ; broen=’bruine’] bith [l’existence, le monde].

 

Samail [samhail=’semblablité’] a [sa] dealba [delb=forme] can [quand ‘whence’] chleith [cleith=‘il cache’, soutien]}

Ealbha [foule] ingine [ingen=fille, Ogam] Idhaidh [par le tremble];

Fri [fri=à,contre (marque le cas ‘decidatif’)] goir [gort=champ] greni?grend=barbe] glaine [verre] ar gurt [fierté dans le regard, gúr o,ā sharp, keen ; sore, painful],

Is fris [fris=à,contre] samlaim [samlaid=ainsi, comparer] a cæmtucht [caem=précieux, bien-aimé, approprié ; tucht=forme].

 

[Traduction de Calder …

The red flame is " he," a prayer of colours,

Against which will not prevail battle or shower;

A head is " it " of fairest form,

A place whereon with a glow the world distills.

 

The likeness of her form, without concealment,

Of Elba, daughter of Idad,

To a bright sun’s fire on a field

Thereto I liken her beauteous shape.

                               … c'est-à-dire :

La flamme rouge est un ‘il’, une prière de couleurs,

Contre ‘lequel’ ne prévaut ni bataille ni averse ;

Une tête est un ‘il-elle’ de très belle forme

Un endroit où la monde distille

 

La ressemblance de sa forme, sans dissimulation,

d’Elba, fille de Idad,

Au feu d’un soleil brillant sur un champ

Ainsi, j’aime bien sa belle forme.]

 

 

[Traduction (provisoire) de YK] :

L’incendie sanglant est ‘il’, couleur de prière,

À lui rien ne s’oppose, ni bataille ni ondée,

Une tête est un ‘il-elle’, précieuse forme,

…

 

      Cependant, selon l’usage propre des éléments, aucun mot n’est du genre masculin ou féminin s’il n’est pas en accord avec ce qu’il engendre ou ce par quoi il est engendré; et le neutre a la nature des deux. D’un côté le genre neutre est dérivé du masculin et du féminin; De l’autre, le masculin et le féminin sont dérivés du neutre, comme dans les vers, et ceux-ci sont les neutres dérivés et les couples neutres et leurs pairs.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

      Dans la langue de la nature pour le masculin, « il » est l’homme [mâle]: langue de l’artificiel pour le masculin, « il » est le ciel.

Dans la langue de la nature pour le féminin, « elle » est la femme: langue de l’artificiel pour le féminin, « elle » est la pierre. Dans la langue de la nature pour le neutre, ‘il-elle (neutre)’ est le ciel: langue de l’artificiel pour le neutre, ‘il-elle (neutre)’ est la tête.

Il existe une nature de beauté et une nature de laideur. Nature de beauté d’abord: C’est, de la femme, son nez ou son œil. Nature de laideur, de la femme, ce sont ses dents ou sa bouche et la  qualité de la voix en est la cause, c. à d., rien d’autre qu’un mauvais usage, comme les mots d’un langage inconnu, c. à d., nous ne les trouvons pas doux [à notre oreille].

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

[Quelques lignes que je ne comprends pas vraiment:]

Il y a quatre subdivisions dans la langue artificielle, à savoir, Différence de Partie, Cause d’Euphonie, Parole Amplifiée, et Brièveté de Terminologie. Différence de Partie, ut est, « il » est la garçonne, c. à d., le

 

BB. 32o β I             AURAICEPT         E. 23 β 18

 

nom vient de la virginité qui est en la fille: Cause d’Euphonie, ut est, ‘elle’ est le gabair, étalon, et c’est un nom pour un cheval blanc, c. à d., goar, c. à d., solus dans le Feinechus, ou en Gallois, de sorte que le poète lui associe ‘ pour une raison d’euphonie: Parole Amplifiée, ut est, c’est sa tête [d’une femme] et les deux expressions sont plus longues: Brièveté de Terminologie, ut est, une écorce de beurre et un filet d’épi de blé; car il était long et difficile de dire «une écorce autour du beurre» et «un filet autour d’un épi de blé». Car ce sont les deux modes de parole qui existent, le mode naturel et l artificiel.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

      Quelle est la difference entre se, ‘c’est lui’, et uinse, ‘il est ici’ [en fait: ‘c’est bien lui’]? Uindse d’abord: la désignation d’une person particular qui est là, ut dicitur: iil est ici, cet homme en particulier, avec son nom, ut dixit poeta:

 

[Original irlandais]

Unse [c’est bien lui] chugut [vers toi] in [le] gillgugan [gilla = jeune serviteur. guga = un garcon gras et stupide],

Mac r[e]arrgugan ;

Bid cach maith lat ar cingugan,

A ceallgugan.

 

[Traduction de Calder …

Here comes to thee the dear little fellow,

Son of a dear little black-bird [Mac Lonáin].

Have thou every good prepared for him,

Dear little Cellach.

            … c'est-à-dire :

Arrive à toi, ici, le cher petit gars,

Fils d’un cher petit merle [Mac Lonáin].

Astu bien tout préparé pour lui,

Cher petit Cellach]

 

[Se] désigne le genre: il est un homme, on ne sait pas qui en particuler, mais c’est un ‘il’

 

BB. 321 α 26            AURAICEPT         E. 24 α 14

 

tantum.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

***********************

[Ici commence la deuxième version de l’auraicept qui est contenue par le BB, c’est le « livre de Ferchertne »]

***********************

 

      Incipit le livre de Ferchertne. La place de ce livre, Emain Macha. Au temps de Conchobar MacNessa. La personne qui l’a composé, Ferchertne, le poète. La raison pour le composer, conduire les faibles et les grossiers à la science.

      Le Gaélique est mesuré selon sept caractères, la lettre et le pied du vers, la déclinaison et l’accent, la syllabe et le genre, et l’inflexion [l’inflexion est décrite en grand détail dans les pages que je n’ai pas encore traduites].

 

******la traduction s’interrompt*****

[Mais voici un résumé de la description de ces sept caractères]

****Début du résumé

Ces sept caractères définissent sept sciences.

1. « Fid, la lettre, » c'est-à-dire les voyelles, les diphtongues et les consonnes « excepté ‘h’ car ce n’est pas du tout une consonne, ut est: h non est litera sed nota aspirationis, h n’est pas une lettre mais la marque d’une aspiration. »

 

2. « Ensuite deach, le mètre poétique [un ‘pied’ en poésie] ». Comme on dit que l’alexandrin contient douze pieds, le deach est la division du vers en pieds qui font que l’on va diviser une syllabe en deux pieds, par exemple.

 

3. « Reim, le parcours, » . Du point de vue grammatical, ce sont les déclinaisons (et les ‘cas’ des mots dans la phrase), du point de vue poétique ce sont les allitérations. L’auraicept illustre ce terme par deux poèmesque vous trouverz plus bas. Le premier a été traduit par Calder mais le second ne l’a pas été.

 

4. « Maintenant quant à forbaid, » c’est l’accent qui, en Irlandais, désigne les longues et les brèves. Cela s’applique aussi aux mots qui sont courts ou longs.

 

5. « Alt venant du mot altus, c. à d., noble, » ce qui est nourri et mûri dans l’esprit. S’applique plutôt à la poésie qu’à la prose. Nous dirions que c’est le ‘souffle’ de la poésie.

 

6. « Maintenant indsce, genre, » en prose, c’est le genre habituel (masc ., fém., neutre). En poésie c’est ce qui permet de reconnaître le mètre de la poésie.

 

7. « Maintenant etargaire, inflexion, » c’est ce qui permet la comparaison et qui est rendu aussi par l’inflexion de la voix. Ranger dans un ordre est aussi etargaire. Il doit désigner une personne en particulier.

****Fin du résumé

 

 

******la traduction recommence [Ce texte a besoin d’une grammmaire pour devenir clair. Je ne le traduis que pour introduire le sujet des poèmes qui lui sont associés]*****

 

      Il y a quatre espèces en prose, cependant, venues de reim, la déclinaison, à savoir, déclinaison de son comme fer. Alors c’est décliné. Déclinaison de sens comme Patraic. On ne trouve pas la déclinaison de son, car le mot  n’a qu’une seule forme pour le

 

BB. 322 α 3             AURAICEPT         E.24 β 9

 

nominatif et le génitif: déclinaison de son et de sens comme Fland, Flaind. Déclinaison latérale en prose, c. à d., "moi je" pour tout c. à d. que la déclinaison partielle est la déclinaison latérale. Il y a trois façons de décrire reim, déclinaison: Déclinaison ‘hors de’, ut est, fer, car c’est hors du mot que la déclinaison est effectuée. Déclinaison ‘dedans’, ut est, fir, car la déclinaison est effectuée ‘dedans’ le mot. Déclinaison à la fois ‘hors de’ et ‘dedans’, ut est, in fer, c. à d., le nominatif du mot et son  accusatif sont ici ensemble. Quant à reim, aussi, son usage est céim, le pas:

 

[Original irlandais]

Bellat mathair Niu[i]l neimnigh

Do chloind Laitin langeimligh

Fuair bas i llo grene glain,

Cele Feniusa Farsaidh.

 

[Traduction de Calder]

Bellat mother of envenomed Nél

Of the children of full-fettered Latinus

Died on the bright day of the sun,

Spouse of Fenius Farsaidh.

                   … c'est-à-dire :

Bellat, mère de Nél l’empoisonné,

Des enfants de latinus le bien enchaîné,

Mourut un jour brillant de soleil

Épouse de Fenius Farsaidh.]

 

à savoir, alliteration from letter to letter, ut est:

 

[Quatre vers non traduits par Calder qui sont des allitérations sur ‘s’]

Sian sleibi sirlata serind

Senshaill senim snechta snac

Slisiu slice samad saball

Sanaithe snithe saland sacc

 

******la traduction s’interrompt*****

 

******la traduction recommence***** [«les allitérations en Irlandais ancien»]

 

      Question, est-ce que réim, la course, une espèce ou un genre? Un genre, c. à d., il a deux espèces, à savoir, poésie et poésie bardique, c. à d. réim, allitération de lettre par lettre, et taebreim, allitération latérale de lettre par lettre, ut est:

 

[Original irlandais]

Coluim caid cumachtach 7rl

[Traduction de Calder …

Columba, pious, powerful, etc.

            … c'est-à-dire :

[Saint] Colomba , pieux, puissant, etc.]

 

Taebreim, allitération latérale, cependant, ut est:

 

[Original irlandais]

A [Fh]laind at luam in gaiscidh grinn

Co Maistin maill.

At glan, at gaeth, is garg do rind

At laech, a [Fh]laind]

 

[Traduction de Calder …

Fland, thou art the pilot of pleasant valour

Unto gentle Mullaghmast;

Art pure, art wise, rough is thy point,

Thou art a hero, Fland.

            … c'est-à-dire :

Fland, tu es un pilote de valeur agréable

Sur le calme Mullaghmast;

Sois pur, sois sage, rude est ta pointe, [c. à d.: Que tu sois pur ou sage, ton épée est acérée]

Tu es un héros, Fland.]

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

      Question, qu’est esse, l’essence des sept par lesquels le Gaélique est mesuré ? Pas difficile. D’abord, esse, essence de la lettre, feda, c. à d. le fragment d’air découpé

 

BB. 322 β 35            AURAICEPT        E. 25 α 7

 

que la voyelle occupe en formant un mot, unde poeta dixit:

 

[Original irlandais]

Esse feda is fretede

Ferr duib a aicne occaib

In blog aeoir thepide

Techtas i n-elluch focail.

 

[Traduction de Calder …

Esse feda, essence of a vowel, it is to be studied,

Better for you to have the knowledge of it,

The fragment cut off of air

Which it possesses in composing a word.

                               … c'est-à-dire :

Esse feda, essence d’une voyelle, on doit l’étudier,

Il vaut mieux pour toi que tu en aies connaissance,

Le fragment découpé dans l’air

Qui lui appartient quand il compose un mot.]

 

      Qu’est esse du pied de versification ? Pas difficile. À la fois, l’ensemble ou la partie des sons soutenus qui sont considérés pour une à huit syllabes.

Qu’est esse reime, essence de la flexion ? Pas difficile. La modification modulée, prononcée, articulée qu’on obtient en passant du nominatif singulier à l’ablatif pluriel.

Qu’est esse de l’accent? Pas difficile. L’augmentation ou la diminution du temps qu’un accent marque par l’allongement ou le raccourcissement du son.

Qu’est esse alta, essence d’un intervalle ? Pas difficile. Le silence de la langue qui repose sur le poète en passant d’une lettre à l’autre s’il s’agit du alt saorda, ou d’une syllabe à l’autre s’il s’agit du alt aicenta.

Qu’est esse du genre? Pas difficile. L’essentiel juste et parfait qui est rencontré dans les trois sortes.

Qu’est esse etargaire ? Pas difficile. La considération de la taille, petitesse, qualité, dénotation, différence, variété ou distinction que Dieu a façonné parmi les choses créées.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

      Quelles sont les deux consonnes qui prennent la force d’une voyelle ? À savoir, c et r après a, ut est, Coluim Cille cecinit:

 

[Original irlandais]

Im ba sessach im ba seng,

Im ba tresach, tuirme glonn,

A Chríst ! in congebha lind

O thi co teacht ar lind long?

 

[Traduction de Calder …

Whether it will be firm, whether it will be yielding,

Whether it will be warlike with numbers of deeds,

O Christ! wilt thou keep with us

When it will come to fare on a sea of ships?

                               … c'est-à-dire :

Que ce soit ferme ou que cela cède,

Que cela soit guerrier en un certain nombre d’actions,

Oh Christ! resteras-tu avec nous

Quand on en viendra à voyager sur une mer de navires?]

 

      Quelle est la mesure par rapport à fid, lettre de l’Ogham?

Pas difficile. De sorte que tu puisses connaître leur nombre et leur unité, leur taille et leur petitesse, leur pouvoir et leur besoin de pouvoir, leur force et leur faiblesse. Tel est leur nombre: cinq Groupes Ogmiques,

c. à d., cinq hommes pour chaque groupe, et de un à cinq pour chacun d’eux, de sorte que leur signe puisse être différencié.

Voilà leurs signes: à droite du tronc, à gauche du tronc,

 

BB. 323 α 27            AURAICEPT         E. 25 α 43

 

croisant le tronc, au travers du tronc, autour du tronc. C’est ainsi qu’on grimpe à un arbre, à savoir, s’appuyer d’abord sur les racines de l’arbre et en premier avec ta main droite, en second avec ta main gauche. Ensuite, avec le tronc, et contre lui, et au travers de lui, autour de lui. Telles sont les différentes voyelles and diphthongues, ut est: aura1.jpg

      Question, pourquoi sont-elles appelées des bois, les voyelles? Pas difficile. Parce qu’elle sont mesurées par eux et cousues avec eux. [Commentaires sur cette phrase : « Parce qu’elle sont mesurées par eux et cousues avec eux »[original:  fobith (parce que) domiter (elles sont jugées) friu (contre) 7 (et) co (que) n-uaigiter (elles sont cousues) condaib (en s’insérant dans le mot)], « ut dicitur, la » [original: luis ailme], « ba » [original: beithi ailme]. Comment sont-elles, en tant que voyelles, mesurées aux consonnes? Pas difficile. En rythme, deux consonnes pour une voyelle et chaque groupe de deux lettres dans la rime: c. à d. que pour la rime, donc, il faut que ce soit la même voyelle qu’on rencontre dans les mots en correspondance, et que les consonnes trouvés dans ces mots soit en même nombre, ut est, bas et las: bras et gras: ceand et leand: dorn et corn: dond et cond. [La rime gaélique est donc plus complexe que la française : par exemple, en « franco-gaélique », ‘ange’ ne rime pas avec ‘mange’ ni avec ‘grange’, par contre ‘mange’ et ‘change’ riment, ainsi que ‘grange’ et ‘frange’ car la voyelle est encadrée par le même nombre de consonnes. Vous comprenez maintenant le sens de condaib : la voyelle s’insère dans le même nombre de consonnes.]

      Qu’est une mesure relativement à fid, lettre de l’Ogham? À savoir, afin que tu puisses connaître leur nombre et leur unité, c. à d., leur nombre en cinq groupes et leur unité en un seul groupe; leur taille et leur petitesse, c. à d., leur taille en cinq traits et leur petitesse en traits isolés. Quelle est la différence entre leur pouvoir et leur force? Leur pouvoir d’abord: quand elles sont prononcées seules, c. à d., a, o, or u: Leur force, cependant, quand leur position première les inclut dans une syllabe, comme bais, lais. Quelle la différence entre leur besoin de pouvoir et leur faiblesse? Pas difficile. Besoin de pouvoir quand les voyelles subissent une nullification, comme par exemple fi[o]nd. C’est sûrement vrai, car les dernières lettres qui se trouvent dans ces doubles sons ne sont pas entendues, bien qu’elles soient prononcées d’un coup: faiblesse, cependant, quand elles sont en combinaisons

 

BB. 323 β 3             AURAICEPT         E.25 β 4

 

équivalentes à des diphtongues, et dans l’Ogham, des diphtongues comme fer et ben. [J’ai traduit ces phrases pour ne pas couper le texte mais il est évident que leur compréhension exige une bonne connaissance de la prononciation de l’Irlandais ancien.]

      Cinq lettres dans chaque groupe: et il y a de un [trait] à cinq [traits] pour chacune d’elles, c. à d., de un trait à cinq traits, ut est, b un seul, n cinq traits: ou encore une autre façon? Pas difficile. Besoin de pouvoir d’abord : quand elles subissent une nullification, ut quoniam quidem [‘de sorte qu’il en résulte quand même’ ( !)] en langue latine, ou quand trois voyelles se trouvent en une seule syllabe en langue gaélique, comme Briain, génitif de Brian, gliaid, un combat, feoil, la chair, beoir, la bière en langue gaélique. Faiblesse, cependant quand elles sont rendues consonnes, ut seruus, uulgus [= ut servus, vulgus] en langue latine, ut iarum, donc, cian, loin, ceir, cire, uull (ubull), pomme, et aball, pommier, en langue gaélique.

      Complète puissance, aussi en elles, aussi bien les voyelles que les consonnes, à l’exception de h [uath]. De sorte qu’on puisse les distinguer par leurs signes, c. à d., par leur apparence [leur manière d’être], à savoir, il est clair que leur condition doit varier. Voici leur manière d’être: À droite de la ‘tige’, c. à d., b à droite de la crête, c. à d. le groupe b [Le texte utilise les expressions deasdruim et deas in droma. Calder traduit  druim et drom par deux mots différents alors que dromm et druimm sont synonymes. Ils signifient 1. le dos, 2. l’arrière, 3. la crête (de montagne), 4. successivement ; et nous choisirons comme lui le sens de ‘crête’. Bien que le mot utilisé dans la suite ‘druim’ soit systématiquement traduit ‘tige’ (Anglais : stem) par Calder, je traduirai par crête] : À gauche [c’est à dire: ‘au Nord du soleil levant’. Ceci suppose que la crête soit donc orientée vers l’est.] de la crête à savoir, du côté gauche de la crête, ce qui est le groupe h: De part et d’autre [Le mot utilisé en irlandais est lesdruim.  Les ou leas, est soit un substantif sans rapport [[hum … les hanches, les cuisses ou les fesses]], soit une forme de  la préposition la, avec, signifiant ‘avec lui’. Une traduction mot à mot serait « avec la crête »] de la crête, à savoir, de part et d’autre et de toi et contre toi ou à moitié de part et d’autre de la crête, ce qui est le groupe m: Au travers de la crête, c. à d. le groupe a: Autour de la crête, c. à d. sur son côté, alors [c’est] le groupe des diphtongues. C’est ainsi qu’on y grimpe, à savoir, c’est même ainsi qu’il est gradué dans l’Ogham comme est graduée [l’ascension] d’un arbre, à savoir, ta main droite d’abord, c. à d., le groupe b: et, ta main gauche ensuite, c. à d., le groupe h: et après cela c’est [on grimpe] ‘de part et d’autre’ [je rappelle que l’original dit: ‘avec’, je trouve que le texte serait plus compréhensible ainsi] et contre, group m, à savoir, ‘de part et d’autre’ [avec] va de toi vers l’arbre [= tu t’aides de l’arbre], contre va de l’arbre vers toi [= c’est l’arbre qui t’aide]. Au travers, cependant, c’est le groupe a: Dessus, cependant, c’est le groupe des diphtongues. Ainsi sont différenciées les voyelles, les diphtongues, et les consonnes. Pourquoi sont-elles appelées voyelles? Pas difficile. Parce que les consonnes sont mesurées contre elles,

 

BB. 323 β 26            AURAICEPT         E.25 β 20

 

et les mots sont bellement tissés à partir d’elles, ut est l a, b a, à savoir, la, ba. C. à d. le possessif artificiel sans rime, sauf la rime des voyelles. Pas difficile [deuxième réponse]. Du fait qu’une seule voyelle principale est nécessaire pour référer à sept autres, ainsi sont nécessaires les consonnes existantes, [au nombre de] deux consonnes pour chaque, ut dicitur:

 

[Original irlandais]

Marcach atchonnac anne,

Etach uaime co ndath cro,

A dath is gilithear geis,

Uan tuinni dath a da o

 

[Traduction de Calder …

A rider I saw yesterday,

Round him a cloak with hue of blood,

White as a swan his colour is,

Foam of wave his two ears hue.

            … c'est-à-dire :

J’ai vu hier un cavalier

Autour de lui un manteau de teinte sang,

Blanche comme celle du cygne est sa couleur,

Teinte de ses deux oreilles, écume de vague.]

 

[Glose de YK: « J’ai vu hier un cavalier », c'est-à-dire un mot qui s’avançait dans la phrase. « Autour de lui un manteau de teinte sang”, c'est-à-dire que ce mot est plein de vie et en bonne santé. « Blanche comme celle du cygne est sa couleur » Le cavalier qui conduit le mot en est l’ossature, c. à d. la voyelle, couleur blanche comme les os. « Teinte de ses deux oreilles, écume de vague. » La voyelle est entourée de deux consonnes, comme le dit le texte au-dessus. Les consonnes n’ont pas solidité, elles ne sont qu’une sorte d’écume qui entoure la voyelle qui est la structure fondamentale du mot.]

 

      On trouve ici deux choses: l’identité combinée à la différence, comme bas et las, et cette combinaison est en accord avec la poésie trisyllabique, car la voyelle principale qu’ils contiennent est la même, ainsi que la consonne finale. Différente, cependant, est la consonne initiale, à savoir, l [et b]. Comment sont mesurées les consonnes autour des voyelles? Pas difficile. Chacune des deux consonnes est autour de la voyelle. C. à d. la proportion exacte, à savoir, c. à d. la rime parfaite, ut est, bas, las. C. à d. l’unité dans l’identité, et l’unité sans  identité: et ceci est en accord avec la correspondance poétique, car la  voyelle principale qui est au milieu d’elles est la même, et il y a le même nombre de  consonnes; et c. à d. l’arrangement propre à la poésie trisyllabique

.

      Dans l’alphabet une origine est exigée de l’un, son invention [de l’alphabet] est exigée de deux, son placement de trois, sa confirmation avec quatre,  et sa cohérence avec cinq, son amplification par six, sa division de sept, sa règle avec huit, sa  démonstration dans neuf,  son établissement en dix. En deux, Mac Etheoir avec lui; le troisième Mac Aingin; le quatrième Cae; le cinquième Amirgen fils de Naende fils de Nenual;

 

BB. 323 β 47            AURAICEPT         E. 25 β 27

 

le sixième Ferchertne; le septième, son élève,  le huitième Ceandfaelad; le neuvième, son élève; le dixième son établissement en un seul corps, à savoir, le Trefocal. [Donné à la fin de la troisième version]

 

 

***********************

[Ici commence la troisième version de l’auraicept qui est contenue par le BB, c’est le « livre de Amairgein Glungeal»]

***********************

 

 

      Ceci est le début du ‘Manuel des débutants’ selon Amairgen Blancgenou. Place de ce livre, Tochur Inbir Moir dans le territoire de Hy Enechglais Cualann: Et sa période, la période des fils de Milesius: la personne [à qui on l’attribue] Amairgen Blanc-genou, fils de Milesius. La raison de sa composition, c’est que les fils de Milesius le lui ont demandé et ainsi nous est-il parvenu.

      Qui a inventé ce langage, où et quand fut-il inventé ? Pas difficile. Fenius Farsaidh l’inventa dans la Tour of Nemrod à la fin des dix ans après que chacun ait été envoyé hors de la Tour, et chacun parlant sa langue fut envoyé dans son pays et non selon son origine [ethnique], comme p. ex., Cai Cainbreathach, élève de Fenius Farsaidh, l’un des 72 érudits de l’école. Il était Hébreux d’origine et fut envoyé en Egypte. Et Fenius lui-même demeura là, dans la Tour où il vécut et où l’école lui demanda de sélectionner un langage parmi tous ceux qu’ils avaient ramenés de l’étranger de sorte que ce langage fut en leur possession à eux seuls ou de ceux à qui ils l’enseigneraient. Alors leur langage fut sélectionné parmi de nombreux autres et ce langage fut attribué à l’un d’entre eux afin que son nom soit donné à ce langage. Cet homme fut Gaedel, fils de Angen, de sorte que Gaedil, Gaels, en dériva, de Gaedel fils de Angen, fils de Blancgenou, fils de Blanchemain, fils du Grec Agriumon. Et Gaedel fils de Aimergen est le même que Gaedel fils de Ether, à savoir, son père porta

 

BB. 324 α 20 AURAICEPT E. 25 β 43

 

deux noms, Aingen et Ether. Et c’est ainsi qu’on établit les règles de ce langage. Ce qui est le meilleur dans chaque langage et ce qui est le plus large et le plus subtil a été sélectionné pour le Gaélique; et pour chaque son non représenté dans les autres alphabets, ils [Aingen et Ether] trouvèrent un caractère d'écriture pour ce son dans le Beithe

Luis Nin de l’Ogam, ut est: aura2.jpg

Ainsi les voyelles furent  placées à part, et les consonnes aussi à part, de sorte qu’elles sont séparées. Les semi-voyelles ne le sont pas puisqu’elles n’existent pas en Grec, mais seulement les muettes. Pour chaque élément pour lequel il n’y a pas de nom dans les autres langages, on trouve des noms en Gaélique, ut est, grus, caillots; cloch, pierre; et linn, étang.

 

[Original irlandais]

Atconnac in lis

Seach a teged glas,

Inarb imda a grus

Gen gurb imda as.

lis : 1. querelle ; 2. (les) soulagement ; 3. (les) rampart, berge ; 4 (lingid) ‘il saute’, ‘il attaque’, les sauts, les attaques.

 

[Traduction de Calder …

I beheld the lis

Past which would come a stream,

In which its curds were many

Though milk was not abundant.

            … c'est-à-dire :

J’ai aperçu le lis

Au delà duquel arrive communément un ruisseau

Dans lequel les caillots sont nombreux

Bien que le lait ne soit pas abondant.]

 

[Traduction (provisoire) de YK]

J’ai contemplé le rempart, les douves,

Dans lesquels arrive d’habitude un ruisseau,

Et dans ce ruisseau, de nombreux caillots, [Je suppose : des caillots de sang]

Bien que le lait ne soit pas abondant. [et donc, ce ne sont pas des caillots de lait. Sens général:Après la bataille, un ruisseau de sang coule vers nos remparts ou dans nos douves.] ]

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

***********************

[Ici commence la quatrième version de l’auraicept qui est contenue par le BB, c’est le « livre de Fenius»]

***********************

 

      Ceci est le commencement de ce livre selon Fenius, et selon Iar mac Nema, et Gael, fils de Ether. Voilà ses personnes; et pour sa période, à savoir, quand tous les enfants d’Israël quittèrent l’Egypte. Il fut inventé en Dacie, bien que d’autres disent que ce fut dans la plaine de Shinar. La raison pour l’écrire, parce qu’il

 

BB. 324/215 AURAICEPT E. 26 α 17

 

fut demandé par la grande école à Fenius, Iar, et Gaedel fils de Ether qu’il soit sélectionné pour eux comme leur “Livre des débutants” après qu’il ait été donné par Moïse et appris de lui par Cae Cainbreathach; c’est après cela que les alphabets ont été réunis en une table, comme il dit: Quels sont les alphabets, etc. Aur est chaque début: et aussi aicce-acht, leçon, est icht aicce, nourriture pour enfant, c. à d., une action, car c’est en étant nourri que le disciple est lié à celui qui l’élève: ou aiccept c. à d. acceptus, c. à d., une acceptation, à savoir, par toi de quelque chose que tu n’as pas: na nd-egeas, des sages, des hommes dont on ne doute pas, à savoir, les poètes.

      Les six principaux chefs par qui fut faite la Tour, les voilà, Eber Mac Saile, Grecus Mac Corner d’où sont issus les Grecs, et Latinus fils de Faunus d’où sont issus les Latins, Riabad Scot fils de Gomer, Nemrod fils de Cush, et Fenius Farsaidh. Cinquante deux ans après la dispersion de la Tour, durant le règne de Nin, fils de Bel, avec son règne de cinquante deux ans. Sept cent soixante dix-sept ans depuis le règne de Nin, fils de Bel, jusqu’à la fin du règne de Tothmes, roi du monde quand Troie fut pillée complètement. La fille de Latinus, fils de Faunus, avait sept ans: de sorte qu’il s’est passé neuf cent quarante trois ans entre la dispersion de la Tour et le moment quand Eneas s’est marié à Lavinia, et Latinus lui-m^me signa un pacte avec lui. De tout ceci, il suit évidemment les gens de ce ‘Manuel des débutants’ n’ont pas progressé correctement et que Latinus fut un des sept chef dirigeants de la Tour.

 

******la traduction s’interrompt : le texte présente les trois alphabets hébreux, grec et latin.*****

 

      Question, what are the alphabets of the three principal languages, both name and character ? Pas difficile indeed. The alphabet of the Hebrews first, c. à d., Aleph Hebraeorum.

 

BB. 324 β 35 AURAICEPT

[Version gaélique]

aura4.jpg

 

THE PRIMER 87

Aleph of the Hebrews, Alpha of the Greeks and A of the Latins.

aura5.jpg

 

BB. 324 β 37 AURAICEPT E. 26 α 24

 

******la traduction recommence*****

 

      Fenius Farsaidh est celui qui a découvert ces quatre alphabets, à savoir, l’Hébreu, le Grec, et le Latin, et le Beithe Luis Nin de l’Ogam, et c’est pour cela que le dernier, à savoir, le Beithe est plus exact car il a été découvert en dernier. Dans l’école, il y avait vingt-cing personnes la plus nobles parmi les autres et ce sont leurs noms qui forment, dans le Beithe Luis Nin, les noms des voyelles et aussi des consonnes:

aura6.jpg

Et il y en avait sept qui étaient les plus nobles parmi eux, c’est d’après eux que les sept principales voyelles de l’Ogam ont été nommées, et c’est pour cela qu’elles ont été placées à part:aura7.jpg

 

D’autres disent que les dix principales voyelles sont incluses et voici leurs noms aura8.jpg

Et celles-là sont les trois qui augmentent les sept citées ci-dessus, à savoir, aura9.jpg, si bien que par cela leurs voyelles et leurs consonnes ont été mises à part, et ceux-ci sont les noms qui sont donc sur elles [et nous venons de donner leurs noms].

 

*** Du fait de la difficulté de bien rendre ce texte ambigu car il donne de nombreux mots ‘équivalents’ mais de sens différent en fait, je vais en détailler un peu la traduction.] ***

 

[Traduction de Calder en Anglais]

      Others, however, say that it is not from men at all that the Ogham vowels are named in Gaelic but from trees, though some of these trees are not known to-day. For there are four classes of trees, to wit, chieftain trees, peasant trees, herb trees, and shrub trees; and it is from these four that the Ogham vowels are named. Chieftain trees, quidem, to wit, oak, hazel, holly, apple, ash, yew, fir. Peasant trees, to wit, alder, willow, birch, elm, white thorn, aspen, mountain-ash. The shrub trees here, to wit, black-thorn, elder, spindle-tree, test-tree, honeysuckle, bird-cherry, white-hazel. Herb trees, to wit, furze, heather, broom, bog-myrtle, lecla, to wit, rushes, etc.

 

[Traduction de Calder en Français]

      D’autres, cependant, disent que ce n’est pas du tout à partir d’humains que les voyelles de l’Ogham sont nommées, mais à partir des arbres, bien que certains de ces arbres ne soient plus connus de nos jours. Car il y a quatre classes d’arbres, nommément, les arbres chefs de clan, les arbres paysans, les arbres en herbe, et les arbres en buissons ; et c’est de ces quatre là que les voyelles de l’Ogham sont nommées. Les arbres chefs de clan, quidem, à savoir le chêne, le noisetier, le houx, le pommier, le frêne, l’if, le pin. Les arbres paysans, à savoir, l’aune, le saule, le bouleau, l’orme, l’aubépine, le tremble, le sorbier des oiseleurs. Les arbres en buisson, à savoir, le prunellier, le sureau, le fusain, l’arbre test [ou ‘arbre vrai’], le chèvrefeuille [je suppose : le chèvrefeuille buisson], le griottier, le noisetier ‘blanc’ [?, il existe de nombreuses légendes relatives à ce noisetier blanc, qui doit logiquement différer du noisetier ordinaire. Cependant, j’ai été incapable de trouver une information précise au sujet d’un tel arbre dans les îles britanniques]. Les arbres herbe, à savoir, les ajoncs, la bruyère, le genêt, le galé odorant, lecla, à savoir, les joncs etc.

 

[Original Irlandais partiellement traduit et commenté par YK]

Asberat immorro araile co nach o dhainibh [duine = un humain ; la terminaison en ‘ib’ marque le datif pluriel : ó dhainibh = depuis (par) les humains] itir ainmnighter fedha [cf. fedach = les branches ; mais l’auraicept définit ce qu’il entend par ‘fedha’ à la ligne 395: « Fedha : fidh immorro »  (Les fedha semblables à l’arbre) que Calder a traduit par les « voyelles du bois » (cf. la traduction ci-dessus au début du Manuel). Dans la suite, quand il rencontre le mot ‘fedha’, Calder le traduit abusivement par ‘arbre’ ou ‘bois’. Je ne suivrai pas Calder sur ce plan, et je traduirai par ‘lettre-arbre’ en inventant un mot, tout comme le fait l’Auraicept (le mot ‘fedha’ n’existe pas ailleurs en Vieil ou Moyen Irlandais)] inn n-ogaim isin Gaedhelg acht o chrandaibh gen gu haichinter anniu araile crand dibh. Air atat ceithri [quatre] hernaile [ernail = part, division] for crandaib [crann ou crand = arbre, bois (matière), bûchette pour les tirages au sort. Ici, encore un datif pluriel] -i- [c'est-à-dire] airigh [aire = ‘qui a de la valeur’, ‘homme libre’, chef ; airech = ‘celui qui est à l’avant’] fedha [‘lettre-arbre’] 7 [et] athaigfedha [aithech ou aithig = paysan, salarié (DIL) ou encore = maître de maison (Vendryes); mais aussi : athaig = espace] 7 lossa fedha [les lettre-arbres de l’herbe ; lus = herbe, génitif losa] 7 fodhla fedha [Calder traduit fodhla par buisson, arbuste, et dans son glossaire le relie à ‘feda’, mais je n’ai pas pu mettre en évidence une telle filiation dans les autres dictionnaires. Les seules pistes sont 1. déjà été signalée, fedach, branche et 2. fodelg, petite épine. fodhla fedha seraient les lettre-arbres aux petites épines ? ]; 7 is uaithibh sin a ceathrur ainmnighter fedha in oghaim.

Airigh fedha [les lettre-arbres nobles] quidem -i- dur [dair ou daur ou daire ou doire : le chêne, le bosquet de chênes, un bosquet très dense], coll [noisetier, 3ème lettre ; destruction , violation ; le cou], cuileand [cuilenn ou cuilend le houx. cuilendae : fait de houx], abhull [aball : pommier ; ubull : pomme], uindsiu [uinnius = le frêne ; dans le texte (vers 648, 705) unnsi ou uindsi = le genre féminin], ibur [ibar = l’if, le bois d’if, le texte donne aussi : ibor], gius [giús = pin, sapin]. Athaig fedha [Les lettres-arbre paysannes] -i- fern [l’aune, mais aussi (en poèsie) un homme ; aussi : bon], sail [le saule, la 4ème lettre ; mais aussi : une poutre], bethi [beithe ou beith = le bouleau ; notez l’orthographe particulière ici : betha signifie : la vie, la durée de la vie], lemh [lem = orme ; mais aussi : faible, impuissant, sans valeur], sce [scé = buisson d’épines, aubépine], crithach [crith = tremblement, crithach = le peuplier tremble], caerthand [cáer = baie, balle ; cáerthann = sorbier]. Fodla fedha [Hypothèse personnelle: les ‘lettres-buisson épineux’, de fodelg = une petite épine] andso [maintenant] -i- draighen [le prunellier], trom [le sureau ; mais aussi : lourd, pénible], feorus [feorus = une plante, vraisemblablement le fusain. Ce mot désigne aussi, dans d’autres textes, soit le roseau aromatique ou lys des marais soit la plante fournissant le papyrus (cyperus)],

 

BB. 325 α 18 (vers 1155), E 26 α 24

 

crand fir [arbre véridique], fedlend [féithleóg = chèvrefeuille grimpant ou une vigne américaine; racine : féith = un tendon, une fibre, une veine (minérale)], fidhat [fidot = peuplier tremble], finncholl [fín = vigne ; finn ou find= blanc; coll = noisetier; le mot finncoll (ou findcholl) n’existe pas ailleurs que dans l’auraicept]. Lossa fedha [Lettres-arbre de l’herbe] -i- aitean [Calder traduit par ‘ajoncs’, sans doute à partir de la racine áith = tranchant, aigu. Macbain est le seul à donner : aitenn = genévrier; tenn = fusain  et à préciser que ‘teine’ signifie ‘les ajoncs’ ou ‘le feu’ en Irlandais. Je n’ai trouvé ailleurs que le sens ‘le feu’.], fraech [fráech = bruyère ; mais aussi furie], gilcach [roseau, jonc, genêt], raid [raideóg = nom d’une plante. Vraisemblablement, la myrte des marais, appelée plutôt, en Français, galé odorant ou ‘bois-sent-bon’], lecla [une plante] -i- luachair [lúachair = les ajoncs; mais aussi: l’éclat (brillant)] 7rl [etc.].

 

*** Retour à une traduction presque ‘normale’ où les commentaires sont incorporés à la traduction***

 

Maintenant, beithe a été nommé d’après le bouleau du fait de sa ressemblance au tronc du bouleau, ut dicitur:

 

[Original irlandais]

Feocos foltchain in beithi,

 

[Traduction de Calder …

Of withered trunk fairhaired the birch,

… c'est-à-dire :

Le bouleau au tronc flétri et à la chevelure florissante,]

 

et c’est ainsi que furent écrites sur le bouleau les premières inscriptions des Ogham apportées en Irlande, à savoir, sept bouleaux furent apportés à Lugh fils de Ethleann, à savoir, ta femme te sera enlevée [sic in Calder: “thy wife”, ce qui semble sans rapport avec le reste du texte. L’explication nous est fournie au début du texte : OGAM. Notez cependant que la phrase irlandaise est ambiguë. On pouurait aussi traduire par: “ta haute charge s’écroulera”. Irlandais: berthair (que je lis : bert air) = charge haute, quoique ‘air’ soit normalement un préfixe) do bean uait (Calder lit visiblement bean comme ben où ben désigne un être féminin – On peut aussi lire ‘do ben’ qui prend le sens de ‘enlever’, ‘tomber’ d’où do-beanuait = il tombe ; cf. le glossaire de Calder : do-benaim ‘je détruis’] nisi eam custodieris, à savoir, si tu ne la surveilles pas. C’est à cause de cela que la lettre b est encore écrite au début de l’alphabet Ogam. Alors, quant à luis, il est nommé à partir d’un arbre, à savoir, le sorbier des oiseleurs, c. à d., parce que luis est le nom du sorbier des oiseleurs en Gaélique ancien, ut dicitur: Délice de l’oeil est le sorbier des oiseleurs, c. à d., le ‘rowan’ [rowan ou mountain-ash sont les deux noms en Anglais du sorbier des oiseleurs], du fait de la beauté de ses baies. Fern, aulne, encore, est nommé à partir d’un arbre, ut dicitur: L’avant-garde de la Bande-guerrière, c. à d., l’aulne, car on en fait des boucliers. Sail, saule, encore, est nommé à partir d’un arbre, ut dicitur: La couleur de celui qui est sans vie, c. à d., il n’a pas de couleur, c. à d., du fait de la ressemblance de sa teinte avec un mort. Nin aussi est nommé à partir d’un arbre, nommément, le frêne, ut dicitur: Un frein à la paix est nin, nommément, le frêne, car on fait avec lui les hampes des lances par lesquelles la paix est rompue: ou, un frein à la paix est uindis.[appelé uindsiu juste au-dessus. La forme canonique est uinnius mais le ‘nn’ est souvent écrit ‘nd’]. Nin, c. à d. une mâchoire de la barre du tisseur [ginol = 1. mâchoire, 2. partie du fuseau d’un tisseur; garmna = forme d’un outil du tisseur, anguleux?] qui est faite en frêne, c. à d., en temps de paix les barres des tisseurs sont dressées. Huath, [appelé sce juste au-dessus. le mot úath a cinq sens différents bien reconnus : 1. horreur, terreur, 2. aubépine, 3. une couleur, 4. un petit nombre, 5. la terre (matière).] encore, est nommé à partir d’un arbre, nommément, [sce] l’aubépine, ut dicitur: une meute de chiens: huath, nommément, [sce] l’aubépine; ou parce qu’il terrorise du fait de ses épines. Duir, oak, encore, est nommé à partir d’un arbre, ut dicitur: Plus haut que les buissons est le chêne. Tinne [1. barre de métal, 2. bacon, 3. lettre ‘t’, houx, 4. instrument de musique], encore, est nommé à partir d’un arbre, c. à d., le houx, un tiers d’une roue est en houx, c. à d., parce que le houx est l’un des trois bois de la roue du chariot. Coll, encore, est nommé à partir d’un arbre,

 

BB. 326 α 39 AURAICEPT E. 26 α 43

 

ut dicitur: le bel arbre [cainfidh, cain = beau; fid = arbre], c. à d., noisetier, c. à d., chacun mange ses noisettes. Queirt,[ceirt = 1. pommier et lettre ‘q’, 2. chiffon] encore, est nommé à partir d’un arbre, c. à d., un pommier [abhull], ut dicitur: abri d’un boiscill,[non traduit par Calder. baiscell ou bascall ou boiscell signifie: ‘animal sauvage, biche’. L’étymologie de ce mot est inconnue] c. à d., une biche sauvage est queirt [qu’une biche soit un pommier est absurde, c’est la traduction de Calder. Il a, je pense, raté le jeu de mot sur ceirt/cert. Le texte irlandais dit, en effet, quert et non queirt. cert = 1. correct, 2. juste, 3. droit, + des sens un peu à part: petit, pierre pour cuire le pain. Donc: “elit (biche) gelt (broutant) [[Calder lit ‘geilt’ = fou de terreur, mais le texte fourni par Calder lui-même dit bien ‘gelt’]] quert” signifie plutôt: une biche qui broute est à sa bonne place], c. à d., un pommier [aball]. [D’où la traduction que je vous propose pour cette phrase: « Queirt  abri d’une biche, encore, est nommé à partir d’un arbre, c. à d., un pommier, ut dicitur: abri de l’animal sauvage,  c. à d., une biche qui broute est à sa place, c. à d., un pommier ». Le ‘c'est-à-dire’ ne porte pas sur la biche mais sur ‘la place’.]

Muin [partie supérieure du dos ou la lettre ‘m’, la vigne], encore, c. à d., une tige de vigne [Eng. : “vine-tree”] [finemhain ; fíne = vigne ; maín = don, trésor  ou bien muin = la vigne], ut dicitur: La plus belle est muin, c. à d., parce qu’elle croît en hauteur, c. à d., une tige de vigne (“vine-tree”). Gort, encore, c. à d., le lierre:

 

[Original irlandais]

Glaisiu geltaibh gort

[Traduction de Calder …

Greener than pastures is ivy

            … c'est-à-dire :

Plus vert que les pâturages est le lierre]

 

Ngetal [getal = genêt, et lettre ‘ng’ d’où l’écriture ngetal], encore, c. à d., genêt ou fougère, ut dicitur: la force d’un médecin [« luth lega », lúth = force ou allud = renom ; líaig = médecin, celui qui réconforte] est getal, à savoir, genêt or fougère. Straiph,[straif = une plante servant en teinture ou la lettre st (ou sd) de l’Ogam] encore, c. à d., « draighen » [= le prunellier, l’Auraicept est le seul à fournir cette précision qui fait un lien entre la lettre ‘st’ et le prunellier], ut dicitur: la haie [le long d’un ?] d’un ruisseau est sraibh [= le soufre ou idem à straif], c. à d., le prunellier. Ruis [lettre ‘r’ de l’Ogam, sureau], encore, c. à d., trom [le sureau], ut dicitur: La rougeur de la honte [ruice = stupidité, honte. Le fruit du sureau noir est évidemment noir. Il existe des sureaux aux fruits rouges] est ruis, c. à d., trom [le sureau]. Ailm [lettre ‘a’ et le pin], encore, c. à d., giuis [giús = pin, sapin], à savoir, ochtach un pin [ou sapin]. Onn [1. le pin, 2. lettre ‘o’ de l’Ogam], c. à d., aiten [Calder traduit encore ‘furze’, ajoncs, mais nous avons vu cette traduction est contestable. En tous cas, le pin = les ajoncs est absurde.]. Ur [úr : 1. neuf (en bon état), 2.  lettre ‘u’ de l’Ogam et la bruyère, 3. le fait d’être bien en chair, 4. le mal, 5. le début. Finalement : úr, úir = terre (matière)], c. à d., fraech [la bruyère ou la fureur]. Edhadh [edad :  lettre ‘e’ de l’Ogam], c. à d., ed uath, horrible peine [ou frayeur], à savoir, crand giuis -i- ochtach [arbre véridique ou tremble]. Ido [idad : lettre ‘i’ de l’Ogam et nom d’un arbre], c. à d., ibhar [ibar = l’if]. Ebhadh [lettre ‘ea’ ou ‘ae’ de l’Ogam et le tremble], c. à d., crithach [le tremble]. Oir [lettre ‘oi’ de l’Ogam et le lierre ou le fusain], c. à d., feorus no edind [fusain ou edad, lierre]. Uilleand [uillenn = lettre ‘ui’ de l’Ogam et le chèvrefeuille], c. à d., edleand [edlenn = chèvrefeuille]. Iphin [lettre ‘io’ de l’Ogam et groseiller à maquereau], c. à d. spinan no ispin [groseillier à maquereau ou épine], etc.

Tous ces noms d’arbres sont trouvés dans le livre des Arbres des Ogham [Irlandais: Duilibh Fedha inn ogaim. Ce texte : DE DUILIB FEDA a été édité mais non traduit par Calder] et ne dérivent pas de noms d’hommes, ut alii dicunt [comme d’autres l’ont dit].

      Question, combien de pouvoirs ont-ils? Pas difficile. Le pouvoir plein est en eux, à la fois les voyelles et les consonnes, à l’exception du h, c’est à dire que le h peut vraiment sombrer, c. à d., selon sa nature, selon qu’il soit grand ou petit. Il est ainsi présenté dans le Livre de Ollams, à savoir, quatre divisions sont vues pour les voyelles, nommément, puissance et désir de puissance, pleine puissance et demi puissance.

Pleine puissance dans les voyelles, puissance dans les diphtongues, besoin de puissance dans les muettes et demi puissance dans les semi-voyelles. D’autres disent que ce sont trois divisions dont il faut proprement parler, nommément, pleine puissance dans les voyelles, puissance dans les diphtongues, et besoin de puissance dans les muettes; car il n’existe aucune  semi-voyelle en langue gaélique. Question, qu’est-ce qui est long dans les voyelles et les diphtongues, et

 

BB. 325 β 13 AURAICEPT E. 26 α 45

 

court dans les consonnes? c. à d. court par sa position, car la loi des diphtongues de l’Ogham est toujours celle d’un demi temps sur les consonnes.

      Question, combien de pieds de vers y a-t-il ? Pas difficile. Huit d’entre eux : dialt, une syllabe; recomrac, deux syllabes; iarcomrac, trois; felis, quatre; cloenre, cinq; luibenchossach, six; claidemnas, sept; et bricht, huit syllabes. Une voyelle principale dans dialt, deux dans recomrac, trois dans iarcomrac, quatre dans feles, cinq dans cloenre, six dans luibenchossach, sept dans claidemnas, huit dans bricht, en plus des consonnes. Question, à quelle distance s’étend une syllable, au plus et au moins ? À savoir, une syllabe avec un sens, elle contient au plus cinq lettres: la  limite inférieure est une seule lettre, est ceci est un mot, ut est, a, o, i, nommément, comme á, c. à d., la hauteur d’une montagne. Ainsi Á (Ard) Cuis, et Á (Ard) Cartaind, dans Sleeve Luachra, à savoir, noms de montagnes particulières, ut dixit Mac Da Cerda:

 

[Original irlandais]

Damh conngair eter da a,

Fon-gluaisi gaeth gulbanda,

Is uallach int arganda

Re trichait sed lurganda

 

[Vocabulaire :]

úallach 1. fier, arrogant ; 2. hurlant.

gulbanda = bec acéré, de gulba , bec ; ‘anda’, une sorte de participe présent augmentatif.

arganda = champion victorieux, de arg = champion.

lurganda = bien membré, de lurg, lorg, trace, piste, patron, troupe, ‘membrum virile’.

sed = un cerf.

 

[Traduction de Calder …

A stag bells between two heights,

A piercing wind tosses us,

Proud is the stalker (?)

Before thirty long-shanked deer.

                               … c'est-à-dire :

Un cerf brame entre deux hauteurs,

Un vent perçant nous secoue,

Fier est le rôdeur (?)

Devant trente biches (ou cerfs) aux longs jarrets.

[Traduction de YK]

Un cerf brame entre deux hauteurs,

Nous secoue un vent au bec acéré,

Fier est le champion hautain

Devant trente cerfs bien membrés.

[La traduction ‘long jarret’ pour lurganda est une pudeur victorienne évidente. Le vainqueur brame sa victoire face à ses concurrents pourtant eux aussi « bien membrés ».]

 

et o, sur une tête, à savoir, une oreille;

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

      Airdíbdud, extinction, cependant, s’abat sur deux consonnes (c. à d., les consonnes deviennent comme des voyelles), c. à d., les lettres s et f, c. à d., l’extinction est sur elles, c. à d., elles sont enlevées du fait d’être ensemble, comme l’extinction de s, à savoir, a shál, spn talon; a shúil, son œil. Extinction de f, à savoir, a fhind, sa chevelure; a fhir, Oh homme; ind fheda, de la lettre.

      Ceci est différent des rimes aura10.jpgeuad et edadh du début d’un mot (donner des exemples) que dans uinge, cingit et cuing il y a besoin de deux lettres latines pour écrire les consonnes n, g. Il n’y a besoin que de aura11.jpg pour ces deux lettres en Gaélique,

 

BB. 326 α 25 AURAICEPT E. 26 β 34 a

 

ut est, aura12.jpgc. à d., uingi, une fois aura13.jpg c. à d., cuing, joug, aura14.jpg c. à d. cingit ils marchent. Les sons ne sont pas identiques à ceux avec lesquels ils ne riment pas; aura15.jpg ut est, seeit, ils soufflent la flamme, est écrit aura16.jpg. Seit, une route, en écrivant aura17.jpg. Neim, poison d’un serpent, est écrit aura18.jpg. Min, c. à d., petit, avec un ī ici. Min, repas de blé, c. à d., aura18.jpg. Nemh,le ciel autour de la terre: neamh, avec une référence à l’eau aura19.jpg ici. Car il y a trois raisons pour lesquelles les diphtongues ont été introduites dans l’alphabet Ogham, nommément, pour correspondre à une diphtongue comme il est dit dans les jugements nemed [Calder : nemed = un dignitaire, cf. nemaide, Eng. heavenly = venant du ciel], c. à d., excepté les diphtongues de l’Ogham contenant deux sons de voyelles; et aussi pour différencier les sons des voyelles de l’Ogham, car c’est la douceur du son qui existe dans les diphtongues de l’Ogham, ut est, neamh, le ciel,aura20.jpg ea ici: naemh, saint, aura21.jpg ae ici, nem, poison, aura22.jpg i ici.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

******la traduction recommence (pour une phrase) *****

(BB. 328 α 38 AURAICEPT E. 27 β 21)

Nin est le nom, commun à toutes les lettres qu’elles soient des voyelles ou des consonnes.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

      Une dialt n-eterleme, une syllable frauduleuse [Calder traduit eterleme par interloping, c’est à dire ‘frauduleux, louche’. Le préfixe eter ou etar signifie ‘entre, parmi’ et lem signifie soit un orme (l’arbre), soit l’adjectif faible, impuissant. eter-lem signifie donc soit ‘parmi les ormes’ ou bien ‘en douceur’] est une syllable entre deux alliterations ut est;

 

[Original irlandais]

Cia leth gu brat[h] iar cuairt cros

Cosluidfea mo coblach creas?

In ba sair ba siar ri suail,

In ba tuaid no in bodes?

 

[Traduction de Calder …

To what side for ever after a course of crosses

Shall I beat my narrow fleet?

Shall it beat east or shall it lie west for a short while,

Shall it be north, or shall it be south?

            … c'est-à-dire :

De quel côté, pour toujours, après une course d’obstacles

Battrai-je ma flotte étroite?

Sear-t-elle battue à l’Est, reposera-t-elle à l’ouest un peu de temps,

Ce sera au Nord ou bien au Sud?]

 

Cia entre lond et leth est la dialt n-etarleme, la syllable frauduleuse [ou peut-être: douce]; et lorga fuach, tiges de mots, et dialt n-etarleme arrivent au milieu de la strophe, nommément, in ba, and ba.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

 

Quant aux douze flexions qui passent dans la

 

BB. 329 α 27 AURAICEPT E. 27 β 54

 

forme du nominatif et de l’accusatif, et voilà ici leurs noms:

      ar fer son défensif.         co fer son avançatif.

      i fer son ingressif.         seach fer son néglectif.

      for fer son invocatif.       fri fer son décidatif.

      la fer son commitatif.       im fer son circumdatif.

      dar fer son décédif.         frisin fer son augmentatif.

      tri fer son perforatif.      is fer son descriptif.

ut dixit poeta:

 

[Original irlandais]

Is iat sain da filltech deg,

Anndar leam nocho lanbhrec,

Tiaghait i forgnuis feda

Ainmneda ocus ainseda.

 

[Traduction de Calder …

Twelve flexions are these

Which methinks are not quite deceiving,

They pass into the letter form

Of nominative and accusative.

… c'est-à-dire :

Les douze flexions sont celles

Qui, je crois, ne sont guère trompeuses,

Elles passent dans la forme de la lettre

Du nominatif et de l’accusatif.]

 

Les sept flexions, cependant, qui passent dans la  forme du datif et de l’ablatif sont:

      i fiur son locatif.          oc fiur son dépositif.

      fo fiur son fondatif.        do fiur son privatif.

      iar fiur son progénitif.     ar fiur son ascensif.

      ria fiur son précessif.

ut dixit poeta:

[Original irlandais]

Is iad so na seacht fillti,

Nit ernaili admillti,

Tiagait i ngnuisibh glana

Tobarta ocus foxlada.

 

[Traduction de Calder …

These are the seven flexions

Which are not kinds to be destroyed,

They pass into pure forms

Of dative and ablative.

            … c'est-à-dire :

Voilà les sept flexions

Qui ne sont pas du genre à détruire

Elles passent en formes pures

Du datif et de l’ablatif.]

 

Une flexion, cependant, va dans la forme du vocatif et du génitif, ut dixit poeta:

 

[Original irlandais]

In fhir a thustidhi thiar thair

Do sealbhadh do thogartaidh

Ocus doibh ar sen ni ric

Acht mad int aen don fichit.

 

[Traduction de Calder …

In fhir its parentative to all time

For possessive, for vocative,

And to them alone there comes not

Save it be the one form from the score.

            … c'est-à-dire :

In fhir son parentatif toujours

Pour le possessif [le génitif], pour le vocatif,

Et il ne vient pas à elles seules

Excepté si c’est une forme de la partition.

 

******la traduction s’interrompt*****

 

***********************

[Ici commence le poème qui résume toutes ces connaissances. Il est appelé Trefocul ou Trefocal. Pour des raisons évidentes de sonorité, je conserverai cette dernière forme dans ma traduction française.]

***********************

 

 

      Ceci est le trefocal ainsi que les bardes et les patreni (?) [Le ‘?’ est de Calder. Je suppose que c’est une formation sur le Latin patrenus, paternel, qui signifie donc, ‘les pères (fondateurs)’] l’ont conçu, à savoir, trefocal, sans paquet d’os, sans contraction à la diction, sans plagiat, sans répétition, sans ornement inutile, sans aucune des dallbach, sans aucune des ellach, excepté une seule ellach, sans disgrâce, sans pause, sans accident dans la rime, sans accident de fausse rime, sans ces mots que les poètes appellent frisuithi, sans répétition régulière de diction, sans narration sur un autre sujet [sans digressions], sans blasphème, sans médisance, sans un mot qui dépasse la dérision, sans mètre (ae) ou de non mètre (an-ae), sans une seule syllabe mal placée pour répondre à un mot trisyllabique dans l’usage de la mesure bardique, si bien qu’il n’y a pas ici les quatrains à quatre rimes que les bardes composent, si bien qu’il n’y a pas ici de violation de la loi gouvernant les mots si c’est une mesure qui est préservée, comme il a dit: Trefocal la plaidoirie des poètes.

      Le Trefocal est sans erreur, sans trop de rimes, rien n’y est trop long, rien n’y est trop court, sans besoin d’emphase, sans trop d’emphase, sans absence d’un présent, sans un singulier pour un pluriel, sans erreur de genre [féminin, masculin ou neutre], sans erreur d’allitération, sans erreur de rime, sans erreur, à savoir, voici les douze fautes de composition.

      Il y a 24 façons de s’en protéger, à savoir, corraib [licences poétiques] : son hyperbole, son durcissement, son retard, sa duplication, son inversion, son unicité, sa plénitude, sa  réduction, son ennoblissement, son asservissement, sa louange exaltée, son humiliation, sa perte d’une lettre finale, son redoublement d’une finale, sa division interne, sa transformation d’une initiale ou d’une finale, sa subtilisation d’une longue, sa subtilisation d’une dure, son jet d’un individu, son préfixe d’un genre, sa voix mod, ses couples neutres, ses neutres sélectionnés, leurs paires, avec leurs couleurs et leurs propriétés,

 

BB. 331 β 26 AURAICEPT E. 29 β 24

 

avec la mesure relative à la lettre, le pied versifié, la course et l’accent, l’intervalle, le genre, et la comparaison pour chaque sorte de discours c. à d. produit sur des lèvres humaines;car c’est à partir de la syllabe que la double syllabe est estimée, de la double syllabe que la triple syllabe est estimée, de la triple syllabe à son tour la quadruple syllabe, de la quadruple syllabe la pentasyllabe est estimée, de la pentasyllabe l’hexasyllabe est estimée, de l’hexasyllabe l’heptasyllabe est estimée, de l’heptasyllabe l’octosyllabe est estimée: car les membres de la science sont en nombre égal aux membres de l’humain, car il y a 365 membres d’un humain, 365 mesures de poésie, 365 jours dans l’année et 365 herbes sur terre, si bien que la protection du Trefocal les englobe tous, de quibus dicitur:

[Original irlandais]

Trefocal tacrait filid.

 

Trefocul tacrait filid

Do didin a n-indligid,

Ni mo na lucht cuibrind cland

Di neoch tuirmim notuigeand

 

Sceith ocus gnuisi glana

Aincit lochta linmara,

Immar roscum Adna ogh,

Ni tarba gen a tintodh.

 

Da anocht deg is derb libh

Dlegait a fis na filid;

A main nocho n-fuair Etain,

Rofuaigh aib inn aircetail.

 

Da sciath dec is da ghnuis deg

Roordaigh dia n-imchoimet

Na lochta cen lomrim lac,

Da da comlin noscobrat.

 

Na gnuisi diten aibér

Cotut is sen nach aimger,

Saerugud daerugud des,

Na lorga fuach fria firmhes.

 

[Traduction de Calder]

Trefocal la plaidoirie des poètes.

 

*** la traduction s’interrompt***