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Nordic Magic Healing:
runes, charms, incantations, and galdr

Littauische Volkslieder

 

G. H. F. Nesselmann, "Littauische Volkslieder" ("gesammelt kritisch bearbeitet und metrisch übersetzt"), Dümmler, Berlin 1853.

Note sur la traduction:

J’ai proposé une version française à partir d’une traduction allemande de chants lituaniens à un ami lituanien, Gailius Raskinis, qui a rétabli un certain nombre de points un peu obscurs dans la version allemande. Il faut bien se rappeler que la version allemande est "metrisch übersetzt " ("métriquement traduite ") c’est à dire qu’elle conserve le rythme de la chanson qu’on peut chanter en Allemand comme en Lituanien. Par contre, la version française est plus proche du mot à mot. Par exemple, j’ai conservé " la fille " ou " une fille " pour désigner un jeune fille. Les chansons lituaniennes ne parlent pas des " filles " au sens français de prostituées. Le contexte indique aussi clairement quand la fille est celle de son père ou de sa mère, et non la jeune fille dont le garçon est amoureux. Ce souci du mot à mot explique aussi ce qui peut être pris pour une petite impropriété en Français.

Ceux qui lisent aussi bien le Français que l’Allemand verront que Gailius a fortement contribué à cette version française.

Les explications relatives à la langue lituanienne viennent toujours de lui, celles relatives à la mythologie lituanienne sont plutôt issues de mes connaissances dans cette mythologie, acquise en étudiant les charmes magiques de guérison des pays baltes.

 

# 6

Meine Tochter Simonene,
Wie kamst du zum Knaben?
Dam dam dali dam
Wie kamst du zum Knaben?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge,
Er kam mir im Schlafe.
Dam dam dali dam
Er kam mir im Schlafe.

Meine Tochter Simonene,
Worin wirst ihn hüllen?
Dam dam dali dam
Worin wirst ihn hüllen?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge
In des Kleides Zipfel.
Dam dam dali dam
In des Kleides Zipfel.

Meine Tochter Simonene,
Wer wird ihn denn warten?
Dam dam dali dam
Wer wird ihn denn warten?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge
Gottes schöne Töchter,
Dam dam dali dam
Tragen ihn auf Händen.

Meine Tochter Simonene
Worin wirst ihn legen?
Dam dam dali dam
Worin wirst ihn legen?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge
In des Thaues Decke,
Dam dam dali dam
In des Thaues Decke.

Meine Tochter Simonene
Worin wirst ihn wiegen?
Dam dam dali dam

Worin wirst ihn wiegen?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge

Wohl in Laima's Wiege,
Dam dam dali dam
Wohl in Laima's Wiege.

Meine Tochter Simonene
Womit wirst ihn speisen?
Dam dam dali dam
Womit wirst ihn speisen?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge
Mit der Sonne Brödtchen,
Dam dam dali dam
Mit der Sonne Brödtchen.

Meine Tochter Simonene
Wohin wirst du ihn senden?
Dam dam dali dam
Wohin wirst du ihn senden.

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge
Zum Bojarenheere.
Dam dam dali dam
Zum Bojarenheere.

Meine Tochter Simonene
Was wird aus ihm werden?
Dam dam dali dam
Was wird aus ihm werden?

Mutter, Mutter, hochehrwürd'ge
Hetmann wird er werden,
Dam dam dali dam
Hetmann wird er werden.

 

Fille, ma fille Simonene,
Comment cet enfant t'est-il venu?
Dam dam dali dam
Comment cet enfant t'est-il venu?

Mère, très honorée mère,
Il m'est venu en dormant.
Dam dam dali dam
Il m'est venu en dormant.

Fille, ma fille Simonene,
Dans quoi l'envelopperas-tu?
Dam dam dali dam
Dans quoi l'envelopperas-tu?

Mère, très honorée mère,
Dans un bout de tissu.
Dam dam dali dam
Dans un bout de tissu.

Fille, ma fille Simonene,
Qui s'occupera de lui?
Dam dam dali dam
Qui s'occupera de lui?

Mère, très honorée mère,
Les filles de Dieu,
Dam dam dali dam
Le porteront dans leurs bras.

Fille, ma fille Simonene,
Dans quoi le coucheras-tu?
Dam dam dali dam
Dans quoi le coucheras-tu?

Mère, très honorée mère,
Dans la couche de rosée,
Dam dam dali dam
Dans la couche de rosée.

Fille, ma fille Simonene,
Dans quoi le berceras-tu?
Dam dam dali dam
Dans quoi le berceras-tu?

Mère, très honorée mère,
Dans le berceau de Laima,

Dam dam dali dam
Dans le berceau de Laima.

Fille, ma fille Simonene,
Avec quoi le nourriras-tu?
Dam dam dali dam
Avec quoi le nourriras-tu?

Mère, très honorée mère,
Avec les petits pains du soleil,
Dam dam dali dam
Avec les petits pains du soleil.

Fille, ma fille Simonene,
Où l'enverras-tu?
Dam dam dali dam
Où l'enverras-tu?

Mère, très honorée mère,
Dans l'armée des boyards.
Dam dam dali dam
Dans l'armée des boyards.

Fille, ma fille Simonene,
Qu'adviendra-t-il de lui?
Dam dam dali dam
Qu'adviendra-t-il de lui?

Mère, très honorée mère,
Il deviendra Hetman.
Dam dam dali dam
Il deviendra Hetman.

 

Notes:

Laima: déesse païenne dont le nom évoque le bonheur car "laime" signifie "le bonheur".
Hetman: une sorte de commandant en chef des troupes au royaume de Pologne et en Ukraine.

# 11

Welches Wunder, welches große Wunder!
In dem Sommer ist der Teich gefroren.
Wo werd' ich mein braunes Roß nun tränken?
Wo ausspühlen meinen lind'nen Eimer?
Da gab einen Sonnentag uns Laima,
Und es thaute auf das Eis im Teiche.
Da werd' ich mein braunes Roß nun tränken,
Da ausspühlen meinen lind'nen Eimer.

Quelle merveille, quelle grande merveille!
L'étang a gelé au milieu de l'été.
Où mènerai-je boire maintenant le cheval brun?
Où laverai-je mon seau en bois de tilleul?
Laima (ou: La fortune) a donné un jour ensoleillé
Et de fondre la glace de l'étang.
Là j'abreuverai maintenant le cheval brun,
Là je laverai mon seau de bois de tilleul.

# 21

Heute trinken Meth (Lit: Midus) wir,

Morgen ziehen aus wir

In das Land der Franken.

Steht ein grünes Wäldchen

Im Franzosenlande,

Im Franzosenlande.

Durch das grüne Wäldchen

Fließt ein schnelles Flüßchen,

Fließt ein schnelles Flüßchen.

Über jenes Flüßchen

Führt 'ne blanke Brücke,

Führt 'ne blanke Brücke.

Unter dieser Brücke

Schwimmt ein buntes Fischlein,

Schwimmt ein buntes Fischlein.

Wer den Fisch wird fangen,

Der wird Polens König,

Der wird Polens König.

Und der Sachse fing ihn,

Der ward Polens König,

Der ward Polens König.

Buvons l'hydromel (Lit: Midus) aujourd'hui,

Demain nous partons en France,

Demain nous partons en France.

Il y a une petite forêt verte

Au pays des Français,

Au pays des Français.

Dans cette forêt verte,

Coule un rapide petit flot,

Coule un rapide petit flot.

Sur ce petit flot

Passe un pont en cuivre,

Passe un pont en cuivre.

Sous ce pont en cuivre

Nage un petit poisson bariolé,

Nage un petit poisson bariolé.

Qui attrapera le poisson

Sera roi de la Pologne,

Sera roi de la Pologne.

Et le Saxon l'attrape,

Le voilà roi de la Pologne,

Le voilà roi de la Pologne.

Notes:

"Midus" est une boisson alcoolisée à base de miel semblable à l'hydromel.

# 22

Wohl unter Rasen
Da schläft der Knabe;
Wo seine Füße,
Blüh'n Majorane,
Und wo sein Kopf liegt,
Da blüht 'ne Lilie,
Thauthränen weinend.

Sous le vert gazon
Là dort le garçon;
Où sont ses pieds,
Fleurit la marjolaine,
Et où gît sa tête,
Là fleurit le lys,
Pleurant des larmes de rosée.

# 23

Ach, von blanken Schwertern. 

Große Dämme aufgeschüttet
Da von schwarzen Hüten,
Ach und ganze Ströme flossen
Da von rothem Blute.
O mein Gott, mein liebes Gottchen,
Da ist ja mein Ringlein!
Mein Geliebter kehrt nicht wieder!
Fließet nun, ihr Thränen!

De grands remblais
Là faits de chapeau noirs
Hélas et de vraies rivières coulaient
Là faites de sang rouge.
Oh mon Dieu, Dieu bien-aimé
Mais c'est là mon anneau!
Mon bien-aimé ne retournera jamais!
Coulez donc, vous, les larmes!

Note:

Kastrynas en Lituanien, Küstrin en Allemand semblent désigner un lieu. Le mot "Küstrin" pourrait désigner aussi un femme assistante d’un prêtre, mais l’original Lituanien, n’a pas ce sens du tout. Une traduction plus mot à mot du Lituanien serait:

Au delà de Kastrynas, à Kastrynas,
J'étais dans la grande guerre ...

# 30

Stehn Soldaten auf der Wacht,

Leiden Kälte, leiden Roth,

Leiden Kälte, leiden Roth.

Officiere auf und nieder

Sprechen so zu den Soldaten,

Sprechen so zu den Soldaten.

Watet immer nur im Blut,

Das sicht uns gar wenig au,

Das sicht uns gar wenig au.

Als die Franken unterlagen,

Liefen alle durch einander,

Liefen alle durch einander.

Als der Russ' begann zu ziehen

Stürzten alle Mauern nieder,

Stürzten alle Mauern nieder.

Als die Preußen aufmarschirten,

Jagten sie davon die Franken,

Jagten sie davon die Franken.

York bei Wartenburg versetzte

Bertrand heft'ge Nippenstöße,

Bertrand heft'ge Nippenstöße.

Kleist bekam im Sack gefangen

Den Spitzbuben, den Baudamme,

Den Spitzbuben, den Baudamme.

Bülow steckt 'ne lange Lanze

Von Berlin aus, daß die Franken

Sich die Nase dreimal stießen.

Vater Blücher eins versetzte

Bonaparten in den Nacken,

Daß das Wehren er verlernte.

Darum, Burschen, fragt gar nichts,

Achtet nur auf eure Fahne,

Die führt euch zu Ehr' und Ruhm.

Montent la garde les soldats,

Se plaignent du froid, se plaignent de la faim,

Se plaignent du froid, se plaignent de la faim.

Les officiers sans cesse

Disent aux soldats,

Disent aux soldat.

Ne pataugez jamais que dans le sang,

Vous n'aurez pas de raison de vous plaindre,

Vous n'aurez pas de raison de vous plaindre.

Lorsque le Français a sonné la trompette,

Ses soldats ont couru tout ensemble,

Ses soldats ont couru tout ensemble.

Quand les moscovites se mirent en marche,

Tous les murs tombèrent à terre,

Tous les murs tombèrent à terre.

Quand les prussiens sont arrivés,

Les français sont partis,

Les français sont partis.

York près de Wartenburg a donné

Un coup douloureux au flanc de Bertrand,

Un coup douloureux au flanc de Bertrand.

Kleist prit dans un sac

Ce méchant Wandam,

Ce méchant Wandam.

Bülow sortit une grande barre

Au delà de Berlin, pour que les français

S'y heurtent le nez trois fois.

Le père Blücher une fois saisit

Bonaparte à la nuque,

Afin qu'il apprenne à se défendre.

C'est pourquoi, les gars, ne demandez rien,

Surveillez seulement votre bannière,

Qui vous conduit à l'honneur et la gloire.

 

# 32

Kosciutzko's Sohn im Walde liegt erschossen;
Es ist ihm recht, er liegt im Wald' erschossen.
Er war von je ein eigensinn'ger Bursche,
Gehorchte nicht dem Vater, nicht der Mutter,
Noch irgend Einem seines hohen Stammes.
So schreibet schnell denn an Kosciutzko's Vater,
Ein buntes Briefchen schreibe uns wieder,
Er schreibe uns, wo man ihn soll begraben.
Auf hohem Berge, unter einer Eiche,
In weißem Sande, ja in weißem Sande.

Dort unter'm Eichbaum, in dem weißen Sande!
Der grüne Eichbaum wird sein Vater werden,
Der weiße Sand wird werden seine Mutter,
Die grünen Ahornbäume seine Brüder,
Die zarten Linden werden seine Schwestern.

Le fils de Kosciutzko gît fusillé dans la forêt;
Cela lui va bien, il gît fusillé dans la forêt.
C'était un garçon bien censé,
N'obéissait pas à son père, pas à sa mère,
Ni à aucun de sa haute lignée.
Écrivez donc vite au père de Kosciutzko,
Pour qu'il écrive une lettre,
Pour qu'il écrive où on devait l'enterrer,
En haut sur la montagne, sous un chêne,
Sous les grains de sable blanc, sous les grains de sable blanc.

Là-bas sous un chêne, dans le sable blanc!
Le chêne tout vert deviendra son père,
Les grains de sable blanc seront sa mère,
Les érables verts ses frères,
Les blancs tilleuls seront ses soeurs.

Note:

En haut sur la montagne, en Lituanien, "ant auksto kalno" se rencontre assez souvent dans ces chansons, nous en verrons d’autres exemples où le héros de la chanson ne veut pas être enterré ainsi. Le fait d’être enterré "là-haut sur la montagne" n’évoque rien de péjoratif pour la montagne. A mon avis, cela évoque simplement un éloignement du mort de sa communauté.

#36

Ich möchte gehen

Gleich hin nach Memel,

Dort auf die grünen Schanzen.

Da möcht' ich lernen

Vernünftig reden,

Mich zierlich unterhalten

Ach Vater, Vater

Mein lieber Vater

Wozu hast mich erzogen?

Zu bittern Leiden?

Zu Müh' und Sorgen?

Zu schwerer Händearbeit.

Mich kümmert's wenig

Ich zage nimmer,

Ein ruhig Herz ja hab' ich.

Bin ich auch Diener,

Doch arbeitkundig,

Des alten Vaters Söhnchen.

Si je m'en allais

De suite au loin vers Klaipeda,

Là-bas sur les verts retranchements.

Là j'apprendrais

A parler judicieusement,

A converser de belle façon

Ah père, mon père

Mon bien-aimé père,

En vue de quoi m'as-tu élevé?

Pour l'amer misère?

Pour la peine et les soucis?

Pour le dur travail des mains?

Jr n'ai peur de rien,

Je ne me désespère pas

J'ai le coeur tranquille.

Bien que je sois le serviteur,

Mais travailleur,

Le fils de son vieux papa chéri .

Note:

L’Allemand "Memel" se dit "Klaipeda" dans la version lituanienne pour désigner la ville, et on dit "Nemunas" pour désigner le fleuve.

#55

Auf Vaters Hofe

Wächst eine Linde,

Der hat neun Zweige,

Drüber einen Wipfel.

Auf jeden Zweige

Ein gold'nes Aeuglein

Und auf dem Wipfel

Sißt ein bunter Kukuk.

Er rief am Morgen,

Er rief am Abend,

Bis er herausrief

Vaters liebe Tochter,

Der Alten Mutter

Behende Botin,

Der jungen Brüder

Liebende Anwaltin,

Der grünen Rauten

Getreue Sä'rin,

Der bunten Nelken

Aufmerksame Gät'rin, [Lit: Nurawetojyte]

Die Blondgelockte,

Die Fleiß'ge Spinn'rin,

Die Webekund'ge,

Nähterin und Stick'rin.

Dans la cour du père

Veille un tilleul.

Il a neuf branches

Et une cime en plus.

Sur chaque branche

Un oeil en or

Et sur la cime

Se tient un coucou bariolé.

Il chante le matin,

Il chante le soir,

Jusqu'à faire sortir

La fille bien-aimée de son père,

De la vieille mère

La messagère,

Des jeunes frères

L'avocate,

De la rue verte

La petite semeuse,

Des oeillets multicolores

La petite sarcleuse, [Lit: Nurawetojyte]

Celle à la tête couleur de lin,

La petite fileuse,

La petite tisseuse,

La petite brodeuse.

Note:

Nurawetojyte est un diminutif construit à partir du verbe "raveti" = arracher de mauvaises herbes, sarcler. Ainsi "nurawetojyte" = "la petite dame qui arrache de mauvaises herbes", d’ou ma traduction "petite sarcleuse" que j’invente à partir du verbe "sarcler"qui ne correspond pas à l’Allemand "Gäterin" évoquant plutôt une maîtresse de maison.

# 59

O meine Mutter,

Geliebte Alte,

Wozu hast mich erzogen?

Zu schwerer Arbeit?

Zu bittrer Trübsal?

Ob zum Gespött der Menschen?

Nicht für die Arbeit,

Nicht für die Trübsal,

Nur zum Gespött der Menschen.

Wenn du mich hassest

So sehr, O Mutter,

Hätt'st mich nicht sollen groß ziehn.

Hätt'st sollen tragen,

Hätt'st sollen werfen

Mich in des Teiches Tiefe.

Geworden wär' ich

Ertrunk'nes Kindchen

Der Fische Spielgefährtin.

Dann hätten Fischer

Daselbst gefischet

Mit seinem seidnen Netze.

Gefischet hätten,

Gefangen hätten

Sie mich statt eines Hechtchens.

Ich wäre worden

Ein Fischermädchen,

Der Strandleut' Schwiegertochter.

O ma mère,

Vieille bien-aimée,

Pour quoi m'as tu élevée?

Pour le dur travail?

Pour l'affliction amère?

Sinon pour être la risée des humains?

Non pas pour le travail,

Non pas pour l'affliction,

Mais bien pour être la risée des humains.

Si tu me haïssais

Autant, O ma mère

Tu n'aurais pas dû me laisser grandir.

Tu aurais dû me porter,

Tu aurais dû me jeter

Dans le lac profond.

Je serais devenue

Une enfant noyée,

Compagne [ou amie] des poissons.

Alors les pêcheurs

Auraient pêché là-bas

Avec leurs filets de soie.

Ils auraient pêché là-bas

Ils auraient attrapé là-bas

Moi en place de brochets multicolores.

Je serais devenue

Une fille-pêcheur,

La belle-fille des gens de la grève.

# 61

Morgens stand ich früh auf,

Öffnetet die Thüre,

Und ich ging, ich ging nach Wasser,

Aber nicht alleine.

Hinter'm (hinter dem) grünen Walde

Ist ein klarer Heller,

Da, da fand ich den Geliebten,

Seine Pferde tränkend.

Stelle weg die Eimer,

Lege weg die Trage,

Komm und hilf mir, liebes Mädchen

Meine Pferde tränken.

Nicht die Eimer stell't ich,

Auch weg die Trage,

Half auch nicht dem lieben Knaben

Seine Pferde tränken.

Auch stand ich nicht lange,

Sprach nur wen'ge (wenige) Worte,

Und da welkte doch mein Kränzchen

Ach, auf meinem Kopfe.

Meine Schwester sah es,

Hinterbracht's der Mutter,

Heftig schalt mich meine Mutter,

Daß ich sprach den Knaben.

+++++++++++++++++++++++++++++++

Morgens stand ich früh auf,

Öffnetet die Thüre,

Und ich ging, ich ging nach Wasser,

Aber nicht alleine.

Hinter'm grünen Walde

Ist ein klarer Heller,

Da, da fand ich meinen Bruder,

Seine Pferde tränkend.

Stelle weg die Eimer,

Lege weg die Trage,

Komm und hilf mir, liebe Schwester

Meine Pferde tränken.

Weg stell't ich die Eimer,

Legte weg die Trage,

Und ich half dem lieben Bruder

Seine Pferde tränken.

Ziemlich lange stand ich,

Sprach mit ihm manch nur Wörtchen,

Und es blühte frisch das Kränzchen

Hier, auf meinem Haupte.

Meine Schwester sah es,

Hinterbracht's der Mutter,

Herzlich freute sich die Mutter,

Daß ich sprach den Bruder.

Le matin je me suis tôt levée,

J'ai entr'ouvert la porte,

Et je m'en allai chercher de l'eau,

Mais je n'étais pas seule.

Derrière la forêt verte

Se trouve un lac limpide

Là, j'ai retrouvé le bien-aimé,

Qui abreuvait ses chevaux.

Laisse là les seaux,

Pose à terre ta barre,

Viens et aide-moi, chère jeune fille,

A abreuver mes chevaux.

Je ne laissais point mon seau

Ni je ne posais à terre ma barre,

Ni je n'aidais le cher garçon

A abreuver ses chevaux.

Aussi bien ne resté-je pas longtemps,

Dis seulement quelques mots,

Et là flétrit ma couronne,

Hélas, sur ma tête.

Ma soeur le vit,

Le rapporta à la mère,

Violemment ma mère gronda,

De ce que j'avais parlé au garçon.

+++++++++++++++++++++++++++++++

Le matin je me suis tôt levée,

J'ai entr'ouvert la porte,

Et je m'en allai chercher de l'eau,

Mais je n'étais pas seule.

Derrière la forêt verte

Se trouve un lac limpide

Là, là j'ai retrouvé mon frère,

Qui abreuvait ses chevaux.

Laisse là le seau,

Pose à terre ta barre,

Viens et aide-moi, chère soeur,

A abreuver mes chevaux.

Je délaissais mes seaux

Je posais à terre ma barre,

Et j'aidais le cher frère

A abreuver ses chevaux.

Aussi bien resté-je longtemps,

Dis avec lui maints mots,

Et ma couronne fleurit fraîchement,

Ici, sur ma tête.

Ma soeur le vit,

Le rapporta à la mère,

De tout coeur ma mère se réjouit,

De ce que j'avais parlé au frère.

Note:

la "barre" dont il s'agit (Lit. nasztelius) est une barre qu'on porte sur la nuque et qui supporte un seau à chaque extrémité.

# 62

Ach Mutter, ich will schlafen,
Lieb' Alte, ich will schlafen,
Ich weiß nicht, wo mich betten,
Noch wo der Ruhe pflegen.
Geh, Tochter, in den Garten
Geh in den grünen Obstland,
Da wirst gar sanft schlafen,
Gar süß der Ruhe pflegen.
Ach Mutter, liebe Alte,
Ich bin nicht eingeschlafen,
Da zirpt betrübt das Heimchen,
Und weckt mich aus dem Schlafe.

Geh Tochter, in die Kammer,
Geh in die neue Klete,
[Lit.: I naujaje kletuze]
Da wirst gar sanft du schlafen,
Gar süß der Ruhe pflegen.
Ach Mutter, liebe Alte,
Da bin ich eingeschlafen,
Auf des Geliebten Knieen
Bei süßen Liebeswörtchen.

Ah ma mère, je veux dormir,
Chère vieille, je veux dormir,
Je ne sais où me coucher,
Pour trouver le repos.
Vas ma fille dans le jardin,
Va dans le verger vert,
Là tu dormiras calmement
Tu trouveras un doux repos.
Ah ma mère, chère vieille,
Je ne peux m'endormir,
Ici grésille le grillon affligé
[Lituanien: Chante tristement "l'oiseau", et c'est un oiseau particulier dont Gailius ne connait pas le nom en Français]
Et il m'éveille de mon sommeil.

Vas ma fille, dans la chambre,
Vas dans la nouvelle maisonnette,
[Lit.: I naujaje kletuze]
Là tu dormiras calmement
Tu trouveras un doux repos.
Ah ma mère, chère vieille,
Là je me suis endormie,
Sur les genoux du bien-aimé
Après les mots d'amour doux.

Note:

Kletuze est le diminutif de "kletis", la grange, l'entrepôt à céréales. Peut être pris comme synonyme de "petite maison".

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# 84

An dem Haff, dem Meere,
Wuschen einst zwei Schwestern,
Ei daina, daina
Wuschen einst zwei Schwestern.

Da erhob ein Sturm sich,
Heft'ger Sturm aus Norden,
Ei daina, daina
Heft'ger Sturm aus Norden.
Blies herab das Kränzchen
Mir von meinem Haupte,
Ei daina, daina
Mir von meinem Haupte,
Kamen angeritten
Drei Junge Ulanen,
Ei daina, daina
Drei Junge Ulanen.
Wer, ihr Lieben, möchte
Nach dem Kranze schwimmen,
Ei daina, daina

Nach dem Kranze schwimmen.
Einer übernahm es,
Nach dem Kranz zu schwimmen,
Ei daina, daina
Nach dem Kranz zu schwimmen.
Oben schwimmt das Kränzchen,
Der Ulan geht unter,
Ei daina, daina
Der Ulan geht unter.
Laßt mich nicht begraben
Auf dem hohen Berge,
Ei daina, daina
Auf dem hohen Berge.

Lasset mich begraben
In dem Rautengarten,
Ei daina, daina
In dem Rautengarten.

Près de la mer, près de la mer
Deux soeurs lavaient leur linge,
Ei daïna, daïna
[Fr.: Eh! chanson, chanson; s'écrit "daina" en Lit.]
Deux soeurs lavaient leur linge.

S'éleva un vent du nord,
Violent petit vent du nord,
Ei daïna, daïna
Violent petit vent du nord.
Souffla en bas ma couronne
L'ôta de ma tête,
Ei daïna, daïna
L'ôta de ma tête.
Arrivent à cheval
Trois jeunes uhlans,
Ei daïna, daïna
Trois jeunes uhlans.
Qui de vous, chers, désire
Nager après ma couronne,
Ei daïna, daïna

Nager après ma couronne.
Un l'entreprit,
De nager après la couronne,
Ei daïna, daïna
De nager après la couronne.
En haut flotte la couronne,
S'enfonce le uhlan,
Ei daïna, daïna
S'enfonce le uhlan.
Ne m'enterrez pas
Sur la haute montagne,
Ei daïna, daïna
Sur la haute montagne.

Faites-moi enterrer
Dans le jardin de rue,
Ei daïna, daïna
Dans le jardin de rue.

 

# 88

Sandte mich die liebe Mutter
Zum Meeresstrand nach Wasser,
Ei Ei,

Zum Meeresstrand nach Wasser.

Ich nun, als ich ging nach Wasser,
Setzte mir auf das Kränzchen,
Ei Ei,

Setzte mir auf das Kränzchen.

Ja, ich setzte mir mein Kränzchen
Auf's glattgekämmte Köpchen,
Ei Ei,

Auf's glattgekämmte Köpchen.

Auf das glattgekämmte Köpchen,
Auf meine blonden Zöpfe,
Ei Ei,

Auf meine blonden Zöpfe.

Da erhob sich Sturm aus Norden,
Blies mir herab das Kränzchen,
Ei Ei,

Blies mir herab das Kränzchen.

Blies herab das grüne Kränzchen,
Von meinem glatten Kopfe,
Ei Ei,

Von meinem glatten Kopfe.

Von dem glattgekämmten Kopfe,
Von meinen blonden Zöpfen,
Ei Ei,

Von meinen blonden Zöpfen.

Längst dem Strande ging das Mägdlein,
Das Kränzchen aufzusuchen,
Ei Ei,

Das Kränzchen aufzusuchen.

Und da kamen drei Gesellen,
Drei junge Krügersöhne,
Ei Ei,

Drei junge Krügersöhne.

Ei, ihr meine wackern Burschen,
Ihr jungen Krügersöhne,
Ei Ei,

Ihr jungen Krügersöhne.

Wer will schwimmen nach dem Kranze
Hinaus, auf's hohe Meer hin?
Ei Ei,

Hinaus, auf's hohe Meer hin?

Ei, mein Mädchen, zarte Lilie,
Was willst du dafür geben?
Ei Ei,

Was willst du dafür geben?

Einen seidnen Gürtel schenk' ich
Dem einen der Gesellen,
Ei Ei,

Dem einen der Gesellen.

Schenk' ein zierlich goldnes Ringlein
Dem andern der Gesellen,
Ei Ei,

Dem andern der Gesellen.

Doch den dritten nehm ich selber,
Der soll mein Liebster werden,
Ei Ei,

Der soll mein Liebster werden.

Als der Knabe schwimmen wollte,
Da legt' er ab sein Röckchen,
Ei Ei,

Da legt' er ab sein Röckchen.

Legte ab sein feines Röckchen,
Und auch sein schwarzes Hütchen,
Ei Ei,

Und auch sein schwarzes Hütchen.

Immer weiter schwamm das Kränzchen,
Der Knabe sank zu Grunde,
Ei Ei,

Der Knabe sank zu Grunde.

An das Ufer kam das Kränzchen,
Der Knabe auf den Meergrund,
Ei Ei,

Der Knabe auf den Meergrund.

Untersinkend hob der Knabe
Empor noch seine Hände,
Ei Ei,

Empor noch seine Hände.

Eile, Eile, liebes Mädchen,
Zum Vater, zu der Mutter,
Ei Ei,

Zum Vater, zu der Mutter.

Bring' die Kunde meinem Vater
Und meiner alten Mutter,
Ei Ei,

Und meiner alten Mutter.

Daß ertrunken sei ihr Söhnchen
Auf hohem Meer ertrunken,
Ei Ei,

Auf hohem Meer ertrunken.

Ma mère m'envoya
Chercher de l'eau à la mer,
Eh! Eh!

Chercher de l'eau à la mer.

Mais moi, en allant chercher l'eau
J'installai ma couronne,
Eh! Eh!

J'installai ma couronne.

Oui, j'installai ma couronne
Sur ma tête lisse,
Eh! Eh!

Sur ma tête lisse.

Sur la tête lisse,
Sur mes tresses blondes,
Eh! Eh!

Sur mes tresses blondes.

Alors s'éleva le vent du Nord,
Souffla au loin ma couronne,
Eh! Eh!

Souffla au loin ma couronne.

Souffla au loin ma couronne,
De ma tête lisse,
Eh! Eh!

De ma tête lisse.

De ma tête lisse,
De mes tresses blondes,
Eh! Eh!

De mes tresses blondes.

La jeune fille marcha sur la grève,
Afin de chercher sa couronne,
Eh! Eh!

Afin de chercher sa couronne.

Et arrivent là trois garçons
Trois jeunes fils d'une bistroquète,
Eh! Eh!

Trois jeunes fils d'une bistroquète.

Eh, vous mes braves garçons
Vous les trois fils d'une bistroquète,
Eh! Eh!

Vous les trois fils d'une bistroquète.

Qui nagera après la couronne,
Là-bas, au profond de la mer?
Eh! Eh!

Là-bas, au profond de la mer?

Eh, jeune fille, doux lys,
Que donneras-tu pour cela?
Eh! Eh!

Que donneras-tu pour cela?

J'offre une ceinture de soie,
A l'un des garçons,
Eh! Eh!

A l'un des garçons.

J'offre avec grâce un anneau d'or,
A l'autre garçon,
Eh! Eh!

A l'autre copain.

Et au troisième, lui, je le prends,
Il sera mon amoureux,
Eh! Eh!

Il sera mon amoureux.

Alors que le garçon voulait nager,
Là sa veste ôte,
Eh! Eh!

Là sa veste ôte.

Ôte sa fine veste,
Et aussi son chapeau noir,
Eh! Eh!

Et aussi son chapeau noir.

Toujours plus loin nage la couronne,
Le garçon s'en va par le fond,
Eh! Eh!

Le garçon s'en va par le fond.

Au bord vient la couronne,
Le garçon par le fond,
Eh! Eh!

Le garçon par le fond.

Le garçon coule au fond,

En haut encore ses mains,
Eh! Eh!

En haut encore ses mains.

Cours, cours, chère fille
Vers le père, vers la mère,
Eh! Eh!

Vers le père, vers la mère.

Porte le nouvelle à mon père,
Et à ma vieille mère,
Eh! Eh!

Et à ma vieille mère.

Que noyé est leur fils,
Noyé dans la profondeur de la mer,
Eh! Eh!

Noyé dans la profondeur de la mer.

Note: la "bistroquète" est une femme propriétaire d'un débit de boisson où l'on vend de la bière.

# 89

Wächst die Linde, wächst die grüne

Auf der grünen Wiese,

Auf der grünen Wiese.

Unter jener grünen Linde

Sprudelt eine Quelle,

Strömt die tiefe Düna. [= die Donau]

Sandte mich die liebe Mutter

Wasser dort zu schöpfen,

Wasser dort zu schöpfen.

Und ein Morgenwind erhob sich,

Weht herab mein Kränzchen

Mitten in die Düna.

Kamen an zu Roß drei Burschen,

Wollten Pferde tränken,

Wollten Pferde tränken.

Uebernahm's der eine Bursche,

Nach dem Kranz zu schwimmen,

Nach dem Kranz zu schwimmen.

Kommst du glücklich an das Ufer,

Sollst du mein Liebster werden,

Sollst du mein Liebster werden.

Wenn du auf den Grund versinkest,

Wirst im Himmel jubeln,

Wirst im Himmel jubeln.

Obenauf da schwamm das Kränzchen,

Knabe sank im Moor ein,

Knabe sank im Moor ein.

Und das Kränzchen war am Ufer,

Knabe auf dem Grunde,

Knabe auf dem Grunde.

Kränzchen war in ihren Händen,

Knabe auf dem Brette,

Knabe auf dem Brette.

Kränzchen hing daheim am Nagel,

Knabe lag im Sarge,

Knabe lag im Sarge.

Saget nicht, daß ich, der Knabe,

Um den Kranz ertrunken,

Um den Kranz ertrunken.

Saget nur, daß ich, der Knabe,

Meinen Braunen tränkte,

Meinen Braunen tränkte.

Und begrabt nicht mich, der Knaben,

Auf dem hohen Berge,

Unter grüner Linde.

Nein, begrabet mich, den Knaben,

In den Rautengarten,

Unten grünen Rauten.

Wenn du junge Rauten säest,

Wirst du mein Gedenken,

Wirst du mein Gedenken.

Wenn du grüne Rauten pflückest,

Wirst du mich erblicken,

Wirst du mich erblicken.

Wenn du das Kränzchen windest,

Wirst du mich berühren,

Wirst du mich berühren.

Wenn du ihn auf's Haupt dir setzest

Wirst du um mich weinen

Heiße bittre Thränen.

Croît le tilleul, croît le vert,

Sur la prairie verte,

Sur la prairie verte.

Sous ce tilleul vert,

Une source froide,

Le Danube profond.

La mère bien-aimée m'envoya

Puiser de l'eau là-bas,

Puiser de l'eau là-bas.

Et s'éleva un vent du matin,

Emporta ma couronne

Au milieu du Danube.

Arrivèrent trois garçons à cheval,

Pour abreuver les chevaux,

Pour abreuver les chevaux.

Entreprit l'un des garçons,

De nager après la couronne,

De nager après la couronne.

Si tu reviens au bord,

Tu seras mon amour,

Tu seras mon amour.

Si tu sombres au fond,

Tu seras heureux en paradis,

Tu seras heureux en paradis.

En haut nage la couronne,

S'enfonce le garçon dans la baie,

S'enfonce le garçon dans la baie.

Et la couronne fut au rivage,

Le garçon sur le fond,

Le garçon sur le fond.

La couronne était dans tes mains,

Le garçon sur la planche,

Le garçon sur la planche.

La couronne pendait là au clou,

Le garçon dans le cercueil,

Le garçon dans le cercueil.

Ne dites pas, que moi, le jeune,

Je me suis noyé pour la couronne,

Je me suis noyé pour la couronne.

Dites seulement, que moi, le jeune,

J'ai abreuvé mon cheval,

J'ai abreuvé mon cheval.

Et ne m'enterrez pas, moi le jeune,

Sur la haute montagne,

Sous le tilleul vert.

Non, enterrez-moi, le jeune,

Dans le jardin à rue,

Parmi les rues vertes.

Quand tu sèmes la rue,

Tu te souviendras de moi,

Tu te souviendras de moi.

Quand tu ramasses la rue,

Tu m'apercevras,

Tu m'apercevras.

Quand tu tresses la couronne,

Tu me toucheras,

Tu me toucheras.

Quand tu la mettras sur ta tête

Tu pleureras pour moi,

Chaudes amères larmes.

Note:

Le nom lituanien du fleuve dont parle cette chanson est Dunojus, le Danube.

# 96

 

Hinüberschreitend.

# 98

Ach, das schöne, holde Mädchen,
Wie des Blumensträußchens Kern!
Ach, die süßen, schönen Lippen,
Wie ein Apfel zart und süß.
Geh' ich sie vor Augen nicht,
Weiß nicht, wo ich bleiben soll,
Kann nicht essen, kann nicht trinken,
Leide, wie ein Kranker, Schmerz.

Ah! la belle fille,
Comme le centre d'une fleur!
Ah! les lèvres douces,
Comme la pomme sucrée.
Quand je ne la vois pas,
Je ne sais, où je devrais aller,
Peu m'importe de manger, de boire,
Comme un malade, je me sens.

# 99

Es grünt, es grünet

Dort eine Eiche

Seitab dort von der Straße.

Und diese Eiche,

Der Hundertäst'ge,

Sprach also mit dem Winde:

Herkommen will man,

Man will mich fällen,

Will mich nach Hause fahren.

Was wirst du machen,

Aus meinen Aesten,

Aus meinem starken Stamme?

Aus deinen Aesten

Mach' einen Schlitten,

Aus deinem Stamm ein Boot ich.

Im Winter brauch' ich

Wohl Roß und Schlitten,

Im Sommer dann das Bootchen.

Ich ritt durch's Feld hin,

Besah mir alle,

Dies Mädchen, das begehrt' ich.

Bekäm ich sie nicht,

Dann würd' ich traurig,

Dann wär' ich ganz verloren,

Um ihretwegen,

Um dieses junge,

Um dies geliebte Mädchen.

Jetzt bin ich lustig,

Hoch und in Freuden,

Zur Seite meines Mädchens.

Croît, croît

Là-bas un chêne

Tout près du bord de la route.

Et ce chêne,

Aux cent branches,

Parlait ainsi au vent:

On viendra,

On m'abattra,

On m'emmènera à la maison.

Que feras-tu,

De mes branches,

De mon petit tronc?

De tes branches,

Ferai-je un traîneau,

De ton tronc un bateau.

En hiver j'ai besoin

D'un cheval et d'un traîneau,

En été alors le bateau.

Je chevauche au travers du champ,

J'observe toute

Cette fille, que je désire.

Si je ne l'obtiens pas,

Alors serai-je triste,

Alors serai-je tout perdu.

A cause de cette fille,

A cause de cette femme,

A cause de ma bien-aimée.

Maintenant, je suis heureux,

Ryli railuzi, [onomatopées exprimant la joie]

Au côté de ma jeune fille.

# 105

Ach Gott verhüte,

Daß so sich's füge,

Daß hier im Dorfe,

Mein Mädchen wohne.

Nichts hätt' zu thun ich,

Als Rößlein füttern,

All' liebe Tage

Parade reiten.

O gebe Gott nur,

Daß so sich's füge

Daß fern ein Meilchen

Mein Mädchen wohne.

Könnt dann mit Muße

Das Rößlein füttern,

Jedweden Sonntag

Parade reiten.

* * *

O Gott verhüte,

Daß so sich's füge,

Daß hier im Dorfe,

Mein Liebster wohne.

Nichts hätt' zu thun ich,

Als Weißzeug waschen,

All' liebe Tage

Geputzt einhergehn.

O gebe Gott nur,

Daß so sich's füge

Daß fern ein Meilchen

Mein Liebster wohne.

Könnt dann mit Muße

Das Weißzeug waschen,

Jedweden Sonntag

Geputzt einhergehn.

Ah! Dieu m'en garde,

Qu'il s'arrange ainsi,

Que dans le même village,

Habite ma fille.

Je n'aurais le temps,

De nourrir le cheval,

Tous les jours

De chevaucher à la parade.

Oh! Dieu donne seulement

Qu'il se fasse ainsi

Qu'au moins à un mille

Habite mon amoureuse.

Alors j'aurai le temps

De nourrir le cheval,

Toutes les semaines,

De chevaucher en parade.

* * *

Oh! Dieu m'en garde,

Qu'il s'arrange ainsi,

Qu'ici dans le village,

Habite mon bien-aimé.

Je n'aurais le temps,

Quand je lave le linge,

Tous les jours

De me promener tout de blanc vêtue.

Oh! Dieu donne seulement

Qu'il se fasse ainsi

Qu'au moins à un mille

Habite mon amoureux.

Alors j'aurai le temps

De laver le linge,

Toutes les semaines,

De me promener tout de blanc vêtue.

 

# 116

Ausgeht, heimkehrt der geliebte Jüngling.

Besuche mich, mein Mädchen,

Besuche mich, mein Schätzchen,

Heute, heute Abend.

Gern möcht' ich, Geliebter, dich besuchen,

Allein mich schmerzt mein Köpfchen,

Mich schmerzt, mich schmerzt mein Herzchen,

Wenn ich dich besuche.

Von der Raute träust, es träust vom Kranze,

Es träust von meinem Antlitz,

Es träust vom glänzend klaren

Manche bittre Thräne.

Sors, reviens jeune homme bien-aimé.

Visite-moi, ma fille,

Visite-moi, ma jeune,

Aujourd'hui, ce soir.

J'aimerais, mon amour, te visiter,

Seule ma tête me fait mal,

Me fait mal mon coeur,

Que je te visite.

Cela coule de la rue, cela goutte de la couronne,

Goutte de mon visage,

Goutte de mon luisant, [le visage est luisant de larmes]

Les larmes tristes.

# 117

In Vaters Hofe

Im neuen Stalle

Da sattelt sich der Bruder

Das braune Rößlein.

Es kommt das Mägdlein

Vom Rautengarten:

Wo reitest hin, mein Knabe?

Nimm mich doch mit dir!

Mein liebes Mädchen,

Du junge zarte,

Klein ist ja nur mein Rößlein,

Der feine Sattel.

Mein lieber Knabe,

Mein junger zarter,

Ist auch nur klein dein Rößlein,

Der feine Sattel,

Auf ebnem Felde

Gehn wir zu Fuße,

Und durch des Flusses Strömung

Wir beide schwimmen.

Und sieh, wir schwammen

Bis an den Berg hin,

Steht auf dem hohen Berge

'ne grüne Linde.

Steh still, mein Mädchen,

Bei dieser Linde,

Und ich, der junge Knabe,

Dort bei der Eiche.

Der Reif gefrieret,

Der Thau fällt nieder

Auf meine Rauten alle

Und auf mein Kränzchen.

Und als ich trabte

Durch's grüne Wäldchen,

Da zitterte mein Pferdchen

Wie Espenblätter.

Gieb Acht, mein Mädchen,

Gieb Acht, du junge,

So wirst auch du einst zittern,

Wirst du die Meine.

Mein lieber Knabe,

Mein junger zarter,

Mag zittern auch dein Pferdchen,

Ich werd' nicht zittern.

Es blies ein Lüftchen,

Ein kalter Nordwind,

Die grünen Rauten schwankten

Und auch die Lilien.

Gieb Acht, mein Knabe,

Gib Acht, du junger,

So wirst auch du einst schwanken,

Wirst du die Meine.

Mein liebes Mädchen,

Du junge zarte,

Die Rauten mögen schwanken,

Ich werd' nicht schwanken.

Dans la cour du père,

Dans l'étable neuve,

Là selle le frère

Le cheval brun.

Sort le fille

Du jardin à rue:

Où chevauches-tu, mon garçon?

Prends-moi donc avec toi!

Ma chère fille,

Ma chère jeune,

Petit est mon cheval,

Et sa selle élégante.

Mon cher garçon,

Mon cher jeune,

Si ton cheval est petit,

Et sa selle élégante,

Les champs plats,

Traverserons à pied,

La rivière rapide

Traverserons en nageant.

Et vois, nous avons nagé

Jusqu'à la montagne haute,

Se dresse sur la montagne haute

Un tilleul vert.

Reste, jeune fille,

Au dessous de ce tilleul vert,

Et moi, le jeune garçon,

Au dessous du chêne.

Le frimas gèle,

La rosée tombe

Toute sur ma rue,

Et sur ma couronne.

Et tandis que je trottais

Au travers de la verte forêt,

Voilà que tremble mon cheval

Comme une aubépine.

Regarde, ma fille,

Regarde, toi la jeune,

Ainsi trembleras-tu

Quand tu seras mienne.

Mon cher garçon,

Mon jeune doux,

Que tremble ton cheval,

Point ne tremblerai-je.

Il a soufflé le vent,

Un vent froid du Nord,

Les rues vertes ont chancelé,

Tout comme les lys.

Regarde, mon garçon,

Regarde, le jeune,

Ainsi chancelleras-tu,

Quand tu sera mien.

Ma chère fille,

Ma chère jeune,

Que chancelent les rues,

Je ne chancellerai pas.

Note : " les rues vertes qui chancellent " évoquent le fait que la couronne de rue que porte une jeune fille reste verdoyante et bien ferme sur se tête quand elle conserve sa virginité.

# 118

Ich trat den Boden,
Der Grund erdröhnt
Mein liebes Mädchen
Saß an dem Tische.
Komm, komm, o... [Lit: mamuze]
Komm, komm, br...[Lit.: baltoji]
[illisible dans la version allemande]
Setz' mir zurechte
Das Rautenkränzch.

Setz' mir zurechte
Das Rautenkränzch
Gieb mir's Geleite
Nur über's Feld hi(n?)
[Lit.: Ben per laukeli]

Ich ging soweit mit,
Bis ich gewahrte
Das Rautenkränzchen
Im Winde wanken.

Noch gar gegangen
Ich nicht halbweges,
So poltern, dröhnen
Da braune Rosse.

Es poltern, dröhnen
Da braune Rosse,
Es klagt und weinet
Das junge Mägdlein.

Und als ich hinging
Durch's Dörfchen Minge,
[Lit.: per Mines kema]
Da sah'n die Burschen
Auf mich, die Minger.

Ob ihr da sehet,
Ob ihr nicht sehet,
Ihr wißt doch selber,
Ich werd' nicht euer.

Dem, den ich wünschte
Und trug im Herzen,
Dem hab' gegeben
Die weiße Hand ich.

Dem hab' gegeben
Die weiße Hand ich,
Dem hab' geschenkt ich
Das gold'ne Ringlein.

Mein lieber Knabe
Hat schwarze Augen,
Ihm ist nicht bange,
In Nacht und Dunkel.

Als zu den Pferden
Er in den Stall ging,
Da braucht' er nimmer
Ein helles Lichtchen.

Ein Auge leuchtet
Wie helle Kerzen,
Ein Antlitz strahlet
Gleich der Päonie.

Gieb acht, O Knabe,
Daß nicht anzünden
Die dunkeln Augen
Mein armes Herzchen.

J'ai marché sur le sol,
La terre trembla
Ma chère fille
Etait assise à la table.
Viens, viens, petite maman
Viens, viens, ma blanche
Remets en place,
Ma couronne de rue.

 

Remets en place,
Ma couronne de rue
Accompagne moi,
Au moins à travers le champ.

Je m'en allais en compagnie,
[la mère accompagne sa fille]
Jusqu’à ce que je vois
La couronne de rue
Chanceler dans le vent.

Je n’ai même pas fait
La moitié du chemin,
Ainsi sont bruyants, et tremblent
Les chevaux bruns.

Ils font du tapage, il tremblent
Ici les chevaux bruns,
Elle se lamente et pleure
La jeune fille.

Et comme je m'en allais
Par le hameau de Mine,
Ici les garçon de Mine,
Me regardaient, moi la fille.

Que vous me regardiez,
Que vous ne me regardiez pas,
Vous savez bien même,
Que je ne serai pas votre.

Lui, que je désirais
Et portais en mon coeur,
A lui j'ai donné
Ma blanche main.

A lui j'ai donné
Ma blanche main,
A lui j'ai offert
L'anneau d'or.

Mon garçon chéri
A les yeux noirs,
Il n'avait pas de crainte
Face à la nuit obscure.

Lorsqu’il allait
Dans l'étable aux chevaux,
Il n'avait pas besoin
D'une torche claire.

Ses yeux luisent
Comme deux lueurs claires,
Son visage rayonne
Comme une pivoine.

Cache toi, O garçon,
Qu’ils n’enflamment pas
Tes yeux,
Mon coeur.

Notes:

Plusieurs mots sont illisibles dans la version allemande. Je donne une traduction du Lituanien.
"mamuze" est un diminutif de "mère, maman"
"baltoji" signifie "la blanche". La couleur blanche est associée à la bonne santé dans les charmes de guérison Lituaniens.
"Ben ("bent" en Lituanien moderne) per laukeli" signifie "à travers le champ au moins"
"Per Mines kema" ("kiema" en Lituanien moderne)" se traduit plus exactement comme suit. "Mines" est le génitif de "Mine" qui est un hameau tellement petit que Gailius n’en a jamais entendu parler. Le mot "kema" est l'accusatif de "kiemas". "Kiemas" n'est pas tout a fait le hameau, le petit village ("Dörfchen"). C'est plutôt un espace autour d'une maison; entre la maison, la grange, l’étable, etc.

 

# 129

Ei, ei, du schlanke, schwanke Fichte,
Du wiegst dich immer spät und frühe
Neun Aeste hast du schon getrieben,
Und diesen zehnten in der Spitze.

Die neune hat der Sturm gebrochen,
Gott lasse mir nur stehn die Spitze,
Damit der bunte Kukuk hockend
Drauf früh und spät sein Kuku rufe.

Es ruft der Kukuk auf dem Wipfel,
Das Morgenbrodt bringt her die Schwester.
Das Morgenbrodt in einem Händchen,
Und in der andern Hand das Handtuch.

Was Schwester bringt, mag ich nicht essen,
Noch an dem Tuch den Mund mir wischen.
Es ruft der Kukuk auf dem Wipfel,
Das Morgenbrodt bringt die Geliebte.

Das Morgenbrodt in einem Händchen,
Und in der andern Hand das Handtuch.
Was die Geliebte bringt, das ess' ich,
Und wische mir den Mund am Handtuch.

Eh, Eh, toi, le pin chancelant
Tu te balances du matin au soir.
Tu as neuf branches
Et cette dixième au sommet.

La tempête brisa les neuf,
Dieu, garde-moi la pointe.
Pour que le coucou ait où se poser
Et chanter le matin et le soir.

Le coucou chante sur la cime,
La soeur apporte le petit déjeuner.
Le petit déjeuner dans une main,
Et dans l'autre main, une serviette.

Ce qu'apportera la soeur, je ne le mangerai pas,
Ni m'essuyerai à la serviette.
Chante le coucou sur le sommet,
Apporte la bien-aimée petit déjeuner.

Le petit déjeuner dans une main,
Et dans l'autre main, une serviette.
Ce que la bien-aimée apportera, ça je le mangerai
Et je m'essuierai à la serviette.

# 135

Mein liebes Mädchen,
Die ganze Nacht durch
Hab' ich gewatet
Im kalten Thaue,
Dein'twegen nicht geschlafen,
Umhergeirrt im Nebel.
[Lit.: Po migluze klejojes]

Ganz ward vom Regen
Durchnäßt mein Brauner,
Der feine Sattel
Und die Schabracke,
Durchnäßt ward auch der Rock mir
Und auch mein schwarzes Hütchen.

Bin ich zu schlecht denn,
Des Vaters Söhnchen?
Und ist lieberwerth nicht
Mein braunes Pferdchen?
Am Gartenheck zu stehen,
Zu hören viele Worte?
Bist du verunglückt?
Bist du erzürnet?
Bist du im Schlafe?
Bist du noch wachend?
Willst du mich denn nicht haben?
Nicht öffnen mir die Kammer?

Bin nicht verunglückt,
Bin nicht erzürnet,
Bin nicht im Schlafe,
Bin auch nicht wachend,
Nur dich will ich nicht haben,
Die Kammer dir nicht öffnen.
Die eine Mutter
Macht' auf das Heckthor,
Die andre Mutter
Hat's schnell geschlossen.

Es giebt noch viele Mädchen,
Mehr Töchter solcher Mutter.
Seid nicht verwundert,
Daß ich so lustig,
Ich werde singen
Auch unbetrunken.

O singet, singet, Schwestern!
Was trauert ihr, ihr Nelken?
Ich hab' ein Herzchen
Ganz ohne Sorgen,
Wer' noch bekommen
Ein braves Mädchen,
Das Vater hat und Mutter
Und eine gute Sippschaft.

Mein junges Herzchen
Ist ohne Sorge,
Werd' noch bekommen
Ein herz'ges Mädchen,
So herzig zu umarmen,
Wird wissen, mich zu fesseln.

Ma jeune fille chérie,
Tout au long de la nuit
Dans la rosée froide,
J'ai pataugé
A cause de toi, [je n’ai] pas dormi,
[J’ai] Erré dans le brouillard.

Par la pluie tout était
Mon brun détrempé,
Le belle selle
Et la couverture de selle,
Détrempé aussi mon habit,
Et aussi mon chapeau noir.

Suis-je donc si mauvais,
Le fils de mon père?
Et n'est pas digne d'être aimé
Mon cheval brun?
A me tenir à la porte de derrière du jardin
Pour entendre tant de mots?
Etais-tu fatiguée?
Etais-tu fâchée?
Avais-tu dormi?
Etais-tu éveillée?
Ne me voulais-tu donc pas?

Tu ne m'ouvrais pas ta chambre?
Je n’étais pas fatiguée,
Je n’étais pas fâchée,
Je n'avais pas dormi,
Et je n’étais oas éveillée non plus,
Simplement je ne te voulais pas,
Je ne t'ouvrirai pas ma chambre.

Celle à qui une mère
A ouvert la porte,
Une autre mère
L’a fermée vite.

Il y a encore beaucoup de filles,
De filles de telles mères.
Ne vous étonnez pas,
Que je sois si joyeux,
Je chanterai
Aussi sans avoir trop bu.

Oh! Chantez, vous les soeurs!
Qu'est-ce qui vous attriste, vous les oeillets?
J'ai un coeur
Peu soucieux,
J’obtiendrai une fille
Très révérée,
Qui a père et mère
Et une bonne parenté.

Mon jeune coeur
Est libre de soucis,
J’obtiendrai une fille
Très chaleureuse,
Si chaleureuse à prendre dans ses bras
Qui saura me comprendre.

Note:

"Po migluze klejojes" ("klajojes" en Lituanien moderne)" se traduit mot à mot par "erré dans le brouillard". J’ai conservé ce mot à mot qui prend un sens explicatif plausible en Français.

# 137

Jüngling warum trauerst du?

Hast du denn die Deine nicht?

Eines Mädchen wegen sei

Immer ohne Sorgen.

Noch giebt's Eine wohl im Dorf,

Die nach deinem Sinne ist?

Wenn dir Diese nicht gefällt,

Suchen wir 'ne Andre.

Hab' ein liebes Mädchen ich,

Das an meiner Seite ruht,

Dann ist mir der Schlaf so süß

Neben meinem Mädchen.

Aus dem Schlafe wacht' ich auf,

Fand sie nicht mehr neben mir;

Da ward mir so lang die Zeit

Fern von meinem Mädchen.

Ist das Mädchen auf dem Heu,

Sitz' ich bei der Wiege still;

Wenn sie ihre Arbeit thut,

Schaukle ich die Wiege.

Jeune homme, pourquoi es-tu triste?

N'as tu pas la tienne?

Pour une jeune fille on pourrait

Toujours rester gai.

Il y en a encore une au village

Qui soit à ton goût?

Si celle-ci te déplaît,

Nous en chercherons une autre.

J'ai une fille aimée

Qui repose à mon côté,

Alors le sommeil m'est si doux

Au côté de mon aimée.

Je me suis réveillé de mon sommeil,

Je ne l'ai plus trouvée à mon côté;

Alors je suis inquiet

Sans ma jeune fille.

Quand la jeune fille sera dans un pré,

Je reste près du berceau,

Quand elle travaillera,

Je balance le berceau.

 

 

# 140

Wenn in düstrer, stiller Nacht
Schlafen alle Müden,
Dann schleich' ich mich heimlich fort
Hin zu meinem Mädchen.
Sternlein an dem Himmel ziehn,
Große und auch kleine,
Leuchten mir auf meinem Pfad
Hin zu meinem Mädchen.

Eine gute Nacht wünsch' ich
Dir, mein trautes Mädchen,
Dir, mein Liebchen, gute Nacht,

Schlafe süß und ruhig.
Ich will sagen: Liebes Kind,
Mein Heißgeliebte,
Schmiegen möcht' in Liebe ich
Mich an deine Seite.

Möcht' dich küssen tausendmal,
Wenn ich dich nur hätte.
Mädchen, ach, ich schwöre dir,
Kein' Andre frei' ich.
Nimm nicht übel, Liebster mein,
Daß ich dich nicht einlass';
In der Kammer neben mir
Schläft die liebe Mutter.

Quand dans la nuit sombre
Dorment les fatigués,
Alors je chemine silencieusement,
Vers ma jeune fille.
Les étoiles s'étendent dans le ciel,
Des grandes et des petites,
Elles éclairent mes sentiers obscurs
Vers ma jeune fille.

Je souhaite une bonne nuit
A toi, chère jeune fille,
A toi, mon amour, bonne nuit,
Dors calmement.
Je dirai: cher fille,
Ma chaudement aimée,
Je m’intallerais avec tendresse
[le texte lituanien passe du futur au conditionnel]

Moi à ton côté.

Je t'embrasse mille fois,
Je ne serai qu’à toi.
Jeune fille, je te jurerai
Que je ne me marierai à aucune autre.
[le texte lituanien passe du présent au futur]
Ne sois pas étonné, mon garçon,
Que je ne te laisse pas entrer ;
Dans la chambre près de moi
Dort ma mère bien aimée.

# 141

Ei, mein Roß, mein Rößlein,
Du mein dunkelbraunes,
Warum will nicht munden
Dir der reine Hafer?

Wird zu schwer dir etwa
Diese weite Reise,
Diese lange Reise
Von zweihundert Meilen?

Flüßchen ganze neune
Müssen wir durchschwimmen,
Und gar dieses zehnte
Tauchend noch durchwaten.

Rößlein schwamm hinüber,
Brüderchen sank unter,
Und in Sinken hielt er
Sich am Ahornbaume.

Ahorn, lieber Ahorn,
O du grünes Bäumchen,
Wirst nicht länger grünen,
Als nur diesen Herbst noch.

Ich will dich ja fällen,
Abhau'n deine Aeste,
Deinem Stamm, den fahre
Ich mich dann nach Hause.

Lass' mir dann aus Tilsit
Einen Tischler kommen,
Lass' ein Bett mir machen,
Einem bunten Knaggen.

Und wen willst du legen
In das neue Bettchen?
Und was willst du hängen
An den bunten Knaggen?

Will mein Mädchen legen
In das neue Bettchen,
Will ihr Kränzchen hängen
An den bunten Knaggen.

Und wen willst du legen
An des Mädchens Seite?
Und was willst du hängen
Neben jenes Kränzchen?

Ich will selbst mich legen
An des Mädchens Seite,
Meinen Rohrstock häng' ich
Neben ihren Kranz auf.

Von der fünften Strophe an weichen drei verschiedene Aufzeichnungen dieses Liedes so wesentlich von einander ab, daß sie sich nicht in eine Redaktion vereinigen lassen; die eine liegt der Rhesa'schen, die andre der Stanewicz-schen Ausgabe zu Grunde; ich theile daher, obgleich namentlich Rhesa's Text sehr verstümmelt ist, beide Auffassungen unter der Namen der beiden Herausgeber mit.

Eh! cheval, mon petit cheval,
Toi mon brun foncé,
Pourquoi n’as-tu pas mangé
La bonne avoine?

Sera pour toi trop difficile
Ce lointain voyage,
Ce long chemin
De deux cents milles?

C'est bien neuf rivières
A traverser à la nage
Et cette dixième
A traverser en plongeant.

Le petit cheval nagea en haut,
Le petit frère sombra en dessous,
Et en s'enfonçant s'accrocha
A un érable.

Érable, cher érable,
O toi arbre vert,
Tu ne verdiras plus
Comme cet automne.

Je t'abattrai alors,
Couperai tes branches,
Ton tronc, puis je rentrerai
Ensuite à la maison.

J’inviterai de Tilsit
Un menuisier,
Je ferai un lit,
Un billot multicolore.

Qui coucheras-tu
Dans ce nouveau lit?
Et qu'accrocheras-tu
Au nouveau billot multicolore?

Je coucherai ma fille
Dans le nouveau lit,
J’accrocherai sa couronne
Au billot multicolore.

Qui coucheras-tu
Au côté de la fille?
Et qu’accrocheras-tu
Près de sa couronne?

Je me coucherai
Au côté de la fille,
J'accrocherai ma canne de jonc
Près de sa couronne.

A partir de la cinquième strophe, trois formes différentes de cette chanson s'écartent tant l'une de l'autre, qu'elle ne se laissent pas réduire à une seule version; l'une est à la base de la version de Rhesa, l'autre de la version de Stanewicz [nom de deux éditeurs de dainos]; je divise en conséquence, quoique le texte de Rhesa soit spécialement mutilé, les deux interprétations sous le nom des deux éditeurs.

 

Rhesa

Weide, liebe Weide,

Grünest doch immer?

Wirst nicht lange grünen,

Nur noch diesen Sommer.

Denn ich will dich fällen,

Abhau'n deine Aeste,

Und aus deinem Stamme

Lass' ich Bretter schneiden.

Daraus will ich bauen

Eine weiße Wiege,

Darein will ich legen

Mein geliebtes Mädchen.

Und mit deinen Zweigen

Laß den Stall ich streuen

Für mein liebes Pferdchen,

Für den Dunkelbraunen.

Stanewicz

Faulbaum, lieber Faulbaum,

Schönes, grünes Bäumchen,

Warum grünst du nicht im

Winter, wie im Sommer?

Warum sollt' ich grünen

Winter durch und Sommer?

Wollen mich ja fällen,

Abhau'n meine Aeste.

Und was laßt ihr machen

Euch aus meinen Aesten?

Und was habt im Sinne

Ihr mit meinem Stamme?

Aus den Aesten mach' ich

Eine grüne Wiege,

Und aus deinem Stamme

Mir ein buntes Bettchen.

Und wen wollt ihr wiegen

In der grünen Wiege?

Und wen wollt ihr legen

In das bunte Bettchen?

Will mich selber legen

In das bunte Bettchen,

Will mein Mädchen wiegen

In der bunten Wiege.

Dazu brauch' ich dich nicht,

Loser, junge Bursche.

Mich hat groß gewieget

Meine alte Mutter.

Hat mich aufgetragen

Auf den weißen Armen,

Mir die Zeit vertrieben

Mit dem gold'nen Ringlein.

Sie hat mich gewaschen

Wohl mit reinem Wasser,

Hat mich abgetrocknet

Mit dem seidnen Tuche.

 

Rhesa

Saule, cher saule,

Restes-tu donc toujours vert?

Tu ne seras pas vert longtemps

Seulement encore cet été.

Car je veux t'abattre

Couper tes branches,

Et de ton tronc,

Je couperai des planches.

De cela je construirai

Un berceau blanc,

Dans lequel je coucherai

Ma jeune fille bien aimée.

Et tes plus petites branches

Je les répandrai dans l'étable

Pour mon cheval aimé,

Pour le brun sombre.

Stanewicz

Bourdaine, chère bourdaine,

Bel et vert arbrisseau,

Pourquoi n'es-tu pas vert en

Hiver, tout comme en été?

Pourquoi devrais-je verdir

Pendant l'hiver et l'été?

Vous voulez m'abattre

Couper mes branches.

Et que ferez-vous,

Vous, de mes branches?

Et qu'avez-vous en tête

Vous, pour mon tronc?

Des branches je fais

Un berceau vert,

Et de ton tronc

Pour moi, un lit multicolore.

Et qui balanceras-tu

Dans le berceau vert?

Et qui coucheras-tu

Dans le lit multicolore?

Je me coucherai moi

Dans le lit multicolore,

Je bercerai ma jeune fille

Dans le berceau vert.

Je ne te le demande pas,

Jeune garçon.

M'a grandement balancée

Ma chère vieille mère.

Elle m'a portée

Dans les bras blancs,

Elle a fait passer le temps

Avec son anneau d'or.

Elle m'a lavée entière

Avec l'eau propre,

Elle m'a séchée

Avec la serviette de soie.

 

# 146

Hab' den Hafer eingesä't

In des lieben Vaters Feld,

Füttern wird mein Rößlein ich,

Das schwarzbraune, muntre Thier.

Reiten will ich auf den Marckt,

In die Marckstadt, groß und schmuck,

Kaufen einen blanken Zaum,

Einen schmucken Sattel mir.

Und den Sattel leg' ich auf,

Lege an den Stangenzaum,

Reiten will ich in den Hof,

Zu dem lieben Mädchen hin.

Komm, mein Mädchen, her zu mir,

Gieb mir deine weiße Hand,

Deine liebe weiße Hand,

Rostet ja das Ringlein schon

Hier an meiner weißen Hand.

Hab' zwei Brüder, Hetman find's,

Sind Gen'räle, groß und schmuck,

Doch ich Waise, so allein,

Harke Heu auf Wiesengrund.

Als ich harkte nun das Heu,

Da zerbrach mein Harkenstiel,

Und ich eilte in den Hof

Zu den lieben Bruder mein.

Bruder, laß das Schreiben sein,

Mach' die Harke mir zurecht,

Eine Wolke hebt sich schwarz,

Wird beregnen mir mein Heu.

Ich kann das nicht machen jetzt,

Eilig schreiben muß ich ja,

Muß den Brüdern, die im Krieg.

Eilig schreiben einen Brief.

J'ai semé l'avoine

Dans le champ de mon cher père,

Je nourrirai mon cheval,

Mon brun-noir.

Je chevaucherai au marché,

Dans la ville au marché,

J’acheterai une bride brillante,

Une selle élégante.

Et la selle je la mettrai,

Je l'attacherai à la tige de bride,

Je chevaucherai dans la cour,

Chez ma fille bien-aimée.

Viens, ma fille, plus près au moins,

Donne-moi ta main blanche,

Ta main blanche,

Et ton mot tendre.

[le texte Allemand diverge du Lituanien]

J'ai deux frères, se hetman,

J'ai deux frères généraux,,

Et moi une orpheline,

Je ratisse le foin dans la prairie.

Alors que je ratissais le foin

Se brisa le manche de mon râteau,

Et je me dépêchais vers la cour,

Vers mon frère bien aimé.

Frère, arrète d’écrire,

Répare mon râteau,

S'élève un nuage noir,

Il m'arrosera mon foin.

Je ne peux le faire,

Il me faut écrire vite,

Les frères sont partis à la guerre,

Il me faut écrire une lettre.

 

# 163

Ach, ich wollte gar nicht,

Nicht den Witwer nehmen

Ach, ich wollte gar nicht

Angehör'n dem Witwer.

Darum will ich gehen

In das grüne Wäldchen

Und mich da verwandeln

In den bunten Kukuk.

Hinterdrein der Witwer,

Mit der blanken Flinte,

Mich zu schießen denkt er,

Mich, den bunten Kukuk.

Doch der Witwer stutzet,

Diese Worte sprechend:

Ei, das schöne Mädchen,

Ei, der Mutter Tochter.

* * *

Ach, ich wollte gar nicht,

Nicht den Witwer nehmen

Ach, ich wollte gar nicht

Angehör'n dem Witwer.

Darum will ich gehen

In die grüne Wiese

Und mich da verwandeln

In die weiße Kleeblüth'.

Hinterdrein der Witwer,

Mit der blanken Sense,

Mich zu mähen denkt er,

Mich, die weiße Kleeblüth'.

Doch der Witwer stutzte,

Diese Worte sprechend:

Ei, das schöne Mädchen,

Ei, der Mutter Tochter.

* * *

Ach, ich wollte gar nicht,

Nicht den Witwer nehmen

Ach, ich wollte gar nicht

Angehör'n dem Witwer.

Darum will ich gehen

In des Flusses Tiefe

Und mich da verwandeln

In das bunte Hechtchen.

Hinterdrein der Witwer,

Mit dem seid'nen Netze,

Mich zu fischen denkt er,

Mich, das bunte Hechtlein.

Doch der Witwer stutzet,

Diese Worte sprechend:

Ei, das schöne Mädchen,

Ei, der Mutter Tochter.

* * *

Ach, ich wollte gar nicht,

Nicht den Witwer nehmen

Ach, ich wollte gar nicht

Angehör'n dem Witwer.

Darum will ich gehen

In den Rautengarten

Und mich da verwandeln

In die grüne Raute.

Hinterdrein der Witwer,

In den Rautengarten

Mich zu pflücken denkt er,

Mich, die grüne Raute.

Doch der Witwer stutzet,

Diese Worte sprechend:

Ei, das schöne Mädchen,

Ei, der Mutter Tochter.

Ah! je ne voulais pas,

Prendre le veuf

Ah! je ne voulais pas

Ecouter le veuf.

C'est pourquoi j’irai

Dans la forêt verte

Et là me transformerai

En un coucou bariolé.

Le veuf suit derrière

Avec le fusil clair,

Il pense me tirer

Moi, le coucou bariolé.

Mais s’arrête le veuf,

En disant ces mots:

Eh! jolie jeune fille,

Eh! fille de ta mère.

* * *

Ah! je ne voulais pas,

Prendre le veuf

Ah! je ne voulais pas

Ecouter le veuf.

C'est pourquoi j’irai

Dans la prairie verte

Et là me transformerai

En la blanche fleur de trèfle.

Le veuf suit derrière

Avec la faux claire,

Il pense me faucher

Moi, la blanche fleur de trèfle.

Mais s’arrête le veuf,

En disant ces mots:

Eh! jolie jeune fille,

Eh! fille de ta mère.

* * *

Ah! je ne voulais pas,

Prendre le veuf

Ah! je ne voulais pas

Ecouter le veuf.

C'est pourquoi j’irai

Dans la rivière rapide

Et là me transformerai

En brochet bariolé.

Le veuf suit derrière

Avec le filet de soie,

Il pense me pécher

Moi, le brochet bariolé.

Mais s’arrête le veuf,

En disant ces mots:

Eh! jolie jeune fille,

Eh! fille de ta mère.

* * *

Ah! je ne voulais pas,

Prendre le veuf

Ah! je ne voulais pas

Ecouter le veuf.

C'est pourquoi j’irai

Dans le jardin de rue

Et là me transformerai

En la rue verte.

Le veuf suit derrière

Dans le jardin de rue,

Il pense me cueillir,

Moi, la rue verte.

Mais s’arrête le veuf,

En disant ces mots:

Eh! jolie jeune fille,

Eh! fille de ta mère.

# 172

 

Ich will hersingen

Ein kleines Liedchen,

Ich muntrer Sängerknabe.

 

 

Ich will aufschließen

Das Liederschreinchen,

Heraus die Lieder lassen.

Blut fehlt dem Steine,

Dem Wasser Flügel,

Dem Farrnkraut bunte Blüthen.

Mir armem Knaben

Mir jungem Burschen,

Mir fehlt ein junges Mädchen.

Drum Roß und Sattel

Will ich verkaufen,

Mir ein Web'rin miethen.

Da widersprach mir

Das junge Mädchen,

Hinschreitend durch die Kammer:

Nicht Roß und Sattel

Sollst du verkaufen,

Ich werde für dich weben.

* * *

Ich will hersingen

Ein kleines Liedchen,

Ich muntrer Sängermädchen.

Ich will aufschließen

Das Liederschreinchen,

Heraus die Lieder lassen.

Blut fehlt dem Steine,

Dem Wasser Flügel,

Dem Farrnkraut bunte Blüthen.

Mir armem Mädchen

Mir junger Waise,

Mir fehlt ein junger Bursche.

Drum Ring und Kränzchen

Will ich verkaufen,

Mir ein Pflüger miethen.

Da widersprach mir

Der junge Bursche,

Hinschreitend durch den Pferdstall:

Nicht Ring und Kränzchen

Sollst du verkaufen,

Ich werde für dich pflügen

Je m'en vais pousser

Une petite chansonnette

Moi le gai chanteur.

[mot à mot : Je vais chanter // Une chanson, des chansons, // Moi, le garçon des chants.]

Je m'en vais ouvrir

L'armoire aux chansons

Laisser les chansons s'en aller.

La pierre n’a pas de sang,

L’eau n’a pas d’ailes

La fougère n’a pas de fleurs.

Moi le garçon,

Moi le jeune garçon,

Je n’ai pas de fille.

Je vais vendre mon cheval

Et la belle selle

Je vais embaucher une tisseuse.

Alors me contredit

La jeune fille,

Marchant au travers de la chambre.

Ne vends pas ton cheval

Ni la belle selle

Je vais être ta tisseuse.

* * *

Je m'en vais pousser

Une petite chansonnette

Moi la gaie chanteuse.

Je m'en vais ouvrir

L'armoire aux chansons

Laisser les chansons s'en aller.

La pierre n’a pas de sang,

L’eau n’a pas d’ailes

La fougère n’a pas de fleurs.

Moi la fille,

Moi jeune orpheline,

Je n’ai pas de garçon.

Je vais vendre mon anneau

Et couronne

Je vais embaucher un laboureur.

Alors me contredit

Le garçon,

Marchant au travers de l'étable.

Ne vends pas ton anneau

Ni ta couronne

Je labourerai pour toi.

Notes

"wandu ("vanduo" en Lituanien moderne) be sparnu" signifie textuellement "l'eau sans ailes". Cela peut être une simple comparaison sans prétentions mythologiques. Par contre, "la fleur multicolore" de la fougère appartient aux mythes Lituaniens. On la cueille la nuit de la Saint-Jean et elle vous apporte bonheur et richesse. La chanson dit que cette fleur miraculeuse "manque" en réalité. Ce mythe est très répandu en Europe, Frazer donne une longue liste des pays où on le rencontre (en oubliant la Lituanie).

# 173

Schon tagt der Morgen

Die Mutter wecket:

Steh auf, du junges Mädchen!

Noch eh' ich aufstand,

Fragt' ich die Mutter:

Wo ließest du mein Kränzchen?

Ich hab' gegeben

Dein grünes Kränzchen

Im Dorf dem jungen Burschen

Ei, Knabe, Knabe

Geliebter Knabe,

Wo ließest du das Kränzchen?

Ich hab's geworfen

Da in das Wasser,

Dort in des Flusses Strömung.

Da schwamm das Kränzchen,

Die Schwäne schreien:

Das war mir lieb zu hören.

Sieh her, sieh her doch,

Mein liebes Mädchen,

Wie dieses Sträußchen zittert!

So wirst du zittern,

Mein liebes Mädchen,

Wenn du wirst sein die Meine.

Fünf ganzer Jahre,

Werd' ich nicht schelten,

So lang' ich dein mich freue.

Hab' ich erfreut mich,

Droh' ich mit Ruthen,

Mit harten Lästerwörten.

Wenn ich aufhebe

Nur einen Finger,

Willst du wie Wachs zerschmelzen.

Sprachst du also,

Du loser Knabe,

Als du mich einst schwatztest?

Nicht schelten wollt'st du,

Du wolltest lieben,

Mich auf den Händen tragen.

Bientôt point le jour,

La mère réveille: [sa fille]

Lève-toi, toi jeune fille!

Avant que je ne me lève,

J'ai demandé à la mère:

Où as-tu laissé ma couronne?

J'ai donné

Ta couronne verte

Dans la village, au jeune gars.

Eh! Garçon, garçon,

Bien-aimé garçon,

Où as-tu laissé ma couronne?

Je l'ai jetée

Là dans l'eau

Là-bas au fil de la rivière rapide.

La couronne nageait,

Les cygnes piaillaient:

Cela me plaisait de l'entendre.

Regarde, regarde donc

Ma chère fille

Combien ce bouquet tremble.

Ainsi trembleras-tu

Ma chère jeune fille,

Quand tu deviendras mienne.

Cinq années complètes,

Je ne gronderai pas

Ce temps je me réjouirai de toi.

Me serai-je réjoui,

Brandirai-je la baguette,

Avec des mot durs.

Quand je leverai

Seulement un doigt

Tu fondras comme cire.

As-tu parlé ainsi,

Toi garçon malin,

Quand tu m’as m'embobinée?

Tu ne pensais pas me gronder,

Tu voulais m’aimer,

Me porter dans tes bras.

# 189

 

 

# 192

Mütterchen, du altehrwürdge,

Mütterchen, du altehrwürdge,

Liebreich, liebreich hast du mich erzogen,

Aber liebreich hast mich nicht versprochen.

Du versprachst mich dem Soldaten,

Dem Soldaten, dem Gesellen;

Den Soldaten nehm' ich nicht zum Manne,

Des Soldaten Hausthür' öffn' ich nimmer.

Ist es nicht Soldatensitte,

Nicht von ihnen ausgesonnen,

In dem Krug' zu trinken und zu lärmen,

Mit der Schenkerin im Tanz zu schäckern?

Was der Bursche sich nur denket!

Was der Junge nur im Sinn hat!

Einen golden Ring läßt er sich schmieden,

Meinen Namen läßt er darauf schlagen!

Laß du nur das Ringlein bleiben,

Nicht verschwende den Dukaten!

Ich werd' ihn nicht nehmen, ihn nicht tragen.

Nimmer auf die weiße Hand ihn stecken.

Ich bekomm' whol einen Bessern

Der nicht ist, wie du, ein Säufer,

Der schon hundert, hundert hat vergenden

Und das Seinige schon längst vertrunken.

So bedenke doch, mein Mädchen,

Meine liebe, zarte Nelke!

Werde nicht mehr gehen, nicht mehr trinken,

Nicht des Kruges Thüre wieder öffnen.

Hättest du's vorher gesagt nur,

Nur ein Wort mit mir gesprochen,

Hätt' ich ihn genommen und getragen,

Und mit dir, mein Knabe, mich vereinigt.

Petite mère, ancienne vénérée,

Petite mère, ancienne vénérée,

Avec amour, avec amour tu m'as élevée

Mais tu ne m'as pas promise avec amour.

Tu m'as promise au soldat,

Au soldat, au garçon;

Le soldat je ne prendrai pas comme mari,

Du soldat la porte je n'ouvrirai jamais.

N'est-il pas inventé par un soldat,

N'est-il pas imaginé par un soldat,

De boire à la cruche et de faire tapage,

Avec la cabaretière de flirter en dansant?

Que se croit-t-il ce garçon!

Quelle pensée a ce jeune!

En forgeant un anneau d'or,

En y frappant mon nom!

Ne forge pas cet anneau,

Ne gaspille pas les ducats!

Je ne le prendrai pas, ne le porterai pas.

Jamais je ne le mettrai sur les blanches mains.

Je trouverai bien un meilleur

Qui n'est pas comme toi,

Qui a déjà gaspillé des centaines de ducats,

Pour s’acheter de l’alcool.

Change ton avis ma jeune fille,

Mon doux oeillet bien-aimé!

Je n'irai plus, je ne boirai plus,

Je n'ouvrirai plus la porte de la cruche.

Tu m'aurais dit cela avant,

Seulement parlé un mot avec moi,

Je l’aurais pris et porté [l’anneau]

Et avec toi, mon garçon, je me serais entendue.

# 193

Ist meine grüne Seide.Notes:

Le mot pour bière est "alus" en Lituanien moderne, désignat aussi bien la blonde que la brune. Bien entendu cela rappelle l’expression magique ALU que l’on trouve sur tant d’inscriptions runiques.

L’Allemand "rothäugig" rend mal le Lituanien 'margoji' qui signifie ‘multicolore’ avec la nuance d’amplifier les variations de couleur.

La traduction allemande utilise le mot " Haff ", le port, pour rendre le fait que deux mots signifient " la mer " en Lituanien.

# 199

Ging im Regen, ging im Schnee hin,

Suchend einen braven Burschen.

O mein Gott, meine liebes Gottchen,

Einen schlechten Burschen fand ich.

Mit halbleinenem Gewande

Und dasselbe ohne Aermel.

Ach, mein Mädchen, meine zarte,

Eine Pferdedecke kauf' ich,

Laß hinein mit Aermel stechen,

Um den Rock zurechtzustutzen.

Je m'en allais dans la pluie, dans la neige,

Cherchant un gentil garçon.

Oh! mon Dieu, mon Dieu bien-aimé,

J'ai trouvé un si mauvais garçon.

Ses vêtements pendent à moitié,

Et sont sans manches.

Ah! ma jeune fille, ma douce,

J'achète une couverture de cheval,

Que je puisse y coudre des manches,

Afin de raccourcir correctement mon vêtement.

# 203

O rauschet, klaget,

Ihr Bäum' im Walde,

Noch klein sind meine Brüder.

Es werden wachsen

Die kleine Brüder,

Die Bäum' im Walde fällen.

Im Walde fällten,

Am Wald' behauten,

Am Wege sie es führten.

Und sie erbauten

Ein buntes Höfchen,

Der Ecken hatt' es achte.

An jeder Ecke

Ein Lindenbäumchen

Mit neun belaubten Zweigen.

Auf jedem Zweige

Ein bunter Kukuk

Mit lieblich süßer Stimme.

Und diese Kukuk

Die schönen Vögel,

Sie riefen jeden Morgen.

Bis weg sie riefen,

Bis weg sie locken,

Die Tochter von der Mutter.

Weg von der Mutter

Die zarte Tochter,

Die Schwester von den Brüdern.

Ei, so besuchet

Die Schwester, Brüder,

Sei's auch auf Sommerwegen.

Ei, so besuchet

Die Schwester, Brüder,

Sei's auch auf Winterwegen.

Auf Sommerwegen

In dunklen Nachen

Mit schönen, seidnen Segeln.

Auf Winterwegen

Im neuen Schlitten

Mit dunkelbraunen Rosse.

Oh bruissez, résonnez,

Vous les arbres de la forêt,

Petits encore sont mes frères.

Oh ! Grandiront, grandiront

Mes frères

S’abattront les arbres dans la forêt.

Ils ont abattu dans la forêt,

Coupé près de la forêt,

Sur le chemin l'ont mené.

Et ils ont construit

Une grande demeure

Des coins il en a huit.

A chaque coin

Un tilleul

Avec neuf branches.

Sur chaque branche

Un coucou

A la voix douce.

Et ces coucous

Les beaux oiseaux,

Chantent chaque matin.

Tant chantent-ils

Tant qu'ils détachent

La fille de la mère.

Partie de la mère,

La douce fille,

La soeur de ses frères.

Eh! ainsi visitez-vous

La soeur, les frères,

Fût-ce même par un chemin d'été.

Eh! ainsi visitez-vous

La soeur, les frères,

Fût-ce même par un chemin d'hiver.

Le chemin de l'été

Dans un canot noir

Avec de belles voiles de soie.

Le chemin de l'hiver

Dans un traîneau neuf

Avec des chevaux brun foncé.

Note:

Le "chemin d’été" ou "d’hiver" évoque l’état des routes en été et en hiver.

# 205

 

In den bunten Herrnhof.

# 211

 

Ließ ein Schifflein bauen,

Setzte drauf ein Segel,

Zog mir auf ein Mägdlein

Weit in fremder Gegend.

Will das Steuer richten

Nach Rautengarten,

Fest den Nachen schließen

An dem Thor des Schwiegers.

Seid gegrüßt, ihr Lieben,

Schwiegervater, Mutter!

Ist daheim das Mädchen,

Meine zarte Nelke?

Setz' dich, Schiegersöhnchen,

An den weißen Tisch hin,

Kommen wird das Mädchen,

Aus dem Rautengarten.

Bringet auch ein Sträußchen

In den weißen Händen,

Grüne Majorane

Voller lauter Knospen.

Wenn das Sträußchen grünet

In den weißen Händen,

Dann bleibst du noch Mädchen

Zwei, vielleicht drei Jahre.

Wenn das Sträußchen welket

In den weißen Händen,

Bleibst du nur noch Mädchen

Diesen einen Herbst durch.

J’ai construit un bateau,

J’ai installé une voile,

J’ai fait grandir une jeune fille

Loin en pays étranger.

Je vais tourner le gouvernail

Vers le jardin à rue,

J’attacherai mon bateau

A la porte des beaux-parents.

Bon matin, bonne soirée,

Beau-père, et belle-mère!

La jeune fille est-elle là,

Mon doux oeillet?

Assieds-toi, beau-fils,

A la table blanche,

La jeune fille va venir,

Depuis le jardin à rue.

Elle porte un bouquet,

Dans les blanches mains,

La marjolaine verte

Toute en bourgeons.

Si le bouquet verdoie

Dans les mains blanches,

Tu resteras jeune fille

Deux ou trois ans.

Si le bouquet se fane

Dans les mains blanches

Tu ne resteras plus jeune fille

Même pas cet automne.

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